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Rassemblement
APPEL à un Rassemblement
pour rendre hommage au leader et militant
Georges HAOUI
Le vendredi 24 juin 2005 à 19 Heures
devant l’ambassade du Liban
(Place Victor Hugo à Paris)
Suite à l’ignoble assassinat de Georges Haoui, ancien secrétaire général du Parti Communiste Libanais, l’opposition libanaise en France, s’est réunie d’urgence le mardi 21 juin pour partager la détresse du peuple libanais et pour dénoncer haut et fort ce plus récent épisode de la série terroriste qui entend empêcher le peuple libanais de recouvrer sa souveraineté, son indépendance, et de se libérer du régime sécuritaire. Cette « série noire » a commencé par la prorogation du mandat du président Emile Lahoud, par la tentative d’assassinat de Marwan Hamadé et s’est poursuivie à travers les assassinats de Rafic Hariri, Bassel Fleyhane et Samir Kassir. L’opposition libanaise en France soutient l’exigence du « comité de suivi de l’opposition à Beyrouth » qui demande à l’Onu une « nouvelle résolution qui étend les prérogatives de la commission d’enquête de l’Onu afin qu’elles englobent les assassinats qui ont suivi celui de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri ». Il nous semble impératif de procéder à la restructuration de tous les services de sécurité hérités du régime de la tutelle syrienne et responsables, directement ou par omission, de la série criminelle.
L’opposition libanaise en France appelle tous les Libanais et les Français amis du Liban à une participation massive au rassemblement commémoratif devant l’ambassade du Liban à la place du Victor Hugo (paris 16°) à 19 Heures.
Vive la mémoire des martyrs pour un Liban démocratique et indépendant.
Vive le Liban, Vive la Liberté
L’opposition libanaise en France
Paris, le 22 juin 2005
L’ancien chef du PC Libanais assassiné à Beyrouth
21/06/2005 11h28

La voiture de Georges Hawi après l’attentat le 21 juin à Beyrouth
©AFP – Ramzi Haidar
BEYROUTH (AFP) – L’ancien chef du Parti communiste libanais Georges Hawi, un proche de l’opposition antisyrienne, a été tué mardi dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth, trois semaines après l’assassinat de la même manière du journaliste Samir Kassir.
Cet attentat survient au lendemain des élections législatives qui ont donné la victoire à une coalition anti-syrienne regroupée autour du fils de l’ex-Premier ministre sunnite Rafic Hariri assassiné en février, Saad Hariri.
Georges Hawi, 65 ans, se trouvait dans sa voiture, une Mercedes, près de son domicile dans le quartier très commerçant de Wata Moussaytbeh lorsque l’explosion s’est produite à 10H00 locales (07H00 GMT). Il était assis près de son chauffeur qui conduisait la voiture au moment de l’attentat, ont précisé des témoins. Le chauffeur Ali Bazzi, blessé, a été transporté à l’hôpital, selon des sources à l’hôpital américain de Beyrouth.
L’explosion a projeté le véhicule à une vingtaine de mètres de l’endroit où elle se trouvait. Les équipes de secours se sont aussitôt rendues sur place. Les forces de l’ordre ont bouclé le secteur, qu’ils ont entouré d’un cordon jaune pour tenir à l’écart la foule visiblement sous le choc. Georges Hawi se rendait à un rendez-vous avec le chef du mouvement de la Gauche démocratique Elias Atallah, élu député du Liban nord, au moment de l’explosion.

George Hawi le 31 janvier 2004
©AFP/Archives – Moustafa Hamoud
"Il était un combattant pour la démocratie", a dit M. Atallah, estimant que cet attentat "n’est pas le dernier, à moins que des mesures soient prises pour arrêter le monstre" des services de sécurité et de renseignements. "J’ai vu Georges la semaine dernière. Il disait: +ils nous tueront tous si nous ne faisons pas quelque chose+, en parlant des services de sécurité syro-libanais", a indiqué Walid Fakhreddine, membre de la Gauche démocratique. Originaire du village de Bteghrine dans la montagne du Metn, à l’est de Beyrouth, Georges Hawi est une figure importante de la gauche libanaise depuis les années 1970 et a dirigé le PC libanais de 1976 à 1992. Homme de dialogue, il était un proche ami du leader socialiste druze Kamal Joumblatt, assassiné en 1977 près d’un barrage syrien durant la guerre civile (1975-1990). Il était également un des dirigeants du mouvement national (gauche) durant la guerre et un des fondateurs du "Front de la résistance nationale" qui avait combattu les forces d’occupation israéliennes au Liban entre 1982 et 1985.

Attentat contre George Hawi le 21 juin à Beyrouth
©AFP – Ramzi Haidar
Son assassinat a été largement condamné par la classe politique. "Il s’agit d’un nouvel épisode du complot qui vise l’unité du Liban depuis l’assassinat du martyr Rafic Hariri (…) Est-ce un hasard si ce crime qui vise un combattant national intervient quelques heures après la fin des élections tenues démocratiquement"? s’est interrogé le chef de l’Etat Emile Lahoud. "A chaque fois que l’Etat accompli une avancée, il y a des gens aux aguets qui envoie des messages sanglants", a déclaré le Premier ministre Nagib Miqati.
Pour le ministre de la Justice Khaled Kabbani, il s’agit d’une "tentative de frapper l’unité et la réconciliation nationale, après la tenue des élections législatives libres et démocratiques. Mais nous ne cèderons pas". Cet attentat est très similaire à celui qui a tué le 2 juin le journaliste et écrivain anti-syrien Samir Kassir dont la voiture explosé au coeur de Beyrouth. Tous deux étaient à bord de leur voiture au moment des attentats commis en plein jour. Les deux hommes pourfendaient ouvertement les différents services de sécurité libanais, surtout l’ex-chef de la sûreté générale Jamil el-Sayyed forcé à la démission à la demande de l’opposition après la mort de Rafic Hariri.
Dans ce cadre, la commission internationale de l’Onu chargée d’enquêter sur l’assassinat de Hariri a interrogé le chef de la Garde présidentielle, le général Moustapha Hamdane, l’un des cinq chefs de la sécurité accusés par l’opposition de cet assassinat.
Saad Hariri, dont la coalition vient d’obtenir la majorité absolue au sein du nouveau Parlement libanais, a été reçu mardi matin pendant une heure par le président Jacques Chirac, a annoncé l’Elysée. "Ils ont discuté des changements survenus au Liban à la suite des élections législatives", a indiqué sans autre détail la présidence. L’opposition anti-syrienne, menée par Saad Hariri et qui comprend le chef druze Walid Joumblatt, des opposants chrétiens et de gauche, a obtenu la majorité absolue dans le nouveau Parlement, après avoir gagné dimanche la rude bataille du Liban nord.
Saad Hariri est le fils de Rafic Hariri, l’ancien Premier ministre assassiné qui était un ami proche de M. Chirac. Le président français s’était rendu à Beyrouth le 16 février pour présenter ses condoléances à la famille, deux jours après son assassinat. Il avait déjà reçu en tête-à-tête le 21 avril dernier Saad Hariri qui venait d’être désigné par sa famille pour poursuivre la "mission politique et nationale" de son père.
Etude du « P » -suite- sorry lallous!! :)
L’interprète (The Interpreter)


Mais plus ce dernier découvre le passé de la jeune femme, plus il la pense elle-même impliquée dans la conspiration. Silvia est-elle une victime ou une suspecte ?
Secrets de tournage
Tourné au siège de l’ONU
Le thriller politique d’aujourd’hui
"L’Interprète" interrompu !


Gibran Khalil Gibran
Gibran Khalil GIBRAN est né en 1883 à Bcharré au Liban, issu d’une famille chrétienne (son grand-père était prêtre maronite). En 1894 il émigre aux USA avec sa mère, retourne au Liban en 1897 pour y faire ses études à l’École de la Sagesse de Beyrouth. En 1901 il voyage en Grèce, Italie, Espagne, France, où il étudie la peinture.
Il écrit alors Les Esprits Rebelles, un livre qui sera brûlé en place publique à Beyrouth et considéré comme hérétique par les autorités maronites.
En 1908, à Paris, il travaille à l’Académie Julian et à l’École des Beaux Arts, et il fréquente Rodin, Debussy, Maeterlinck, Edmond Rostand… En 1910 il retourne définitivement aux USA (New York) pour se consacrer à la peinture et à la poésie.
C’est en 1923 qu’il écrit son chef d’oeuvre : Le prophète . Il meurt à New York en 1931; son corps sera ramené au Liban, dans sa ville natale de Bcharré.
Il m’était très dur de choisir entre toutes ses paroles, mais je crois qu’après lecture, vous chercherez à en savoir bien d’avantage…
Si tu ne comprends pas ton ami en toutes circonstances, jamais tu ne le comprendras.
Nous sommes comme les noix,
Nous devons être brisés pour être découverts.
La solitude est une tempête de silence qui arrache toutes nos branches mortes.
Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la vie à elle-même.
Fiez-vous aux rêves car en eux est cachée la porte de l’éternité.
La terre est ma patrie et l’humanité, ma famille.
C’est dans la rosée des petites choses que le coeur trouve son matin et se rafraîchit.
De même que la valeur de la vie n’est pas en sa surface mais dans ses profondeurs, les choses vues ne sont pas dans leur écorce mais dans leur noyau, et les hommes ne sont pas dans leur visage mais dans leur coeur.
N’oubliez pas que la terre se réjouit de sentir vos pieds nus et que les vents joueraient volontiers avec vos cheveux.
Si l’amour vous couronne, il vous crucifie aussi.
Pitié pour la nation où les sages sont rendus muets par l’âge, tandis que les hommes vigoureux sont encore au berceau.
Celui qui, par quelque alchimie sait extraire de son coeur, pour les refondre ensemble, compassion, respect, besoin, patience, regret, surprise et pardon crée cet atome qu’on appelle l’amour.
Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit.
Votre ami est la réponse à vos désirs.
Vous parlez quand vous cessez d’être en paix avec vos pensées.
Celui qui peut mettre le doigt sur ce qui sépare le bien du mal est celui-là même qui peut toucher les pans de la toge de Dieu.
Le désir est la moitié de la vie. L’indifférence est la moitié de la mort.
Si tu es blessé par autrui, tu peux oublier la blessure. Mais si tu le blesses, tu t’en souviendras toujours.
Plus profondément le chagrin creusera votre être, plus vous pourrez contenir de joie.
Le désaccord pourrait être le chemin le plus court entre deux opinions.
Combien généreuse est la vie pour l’homme, mais combien l’homme se tient éloigné de la vie !
Nos larmes les plus sacrées ne recherchent jamais nos yeux.
Les fleurs du printemps sont les rêves de l’hiver racontés, le matin, à la table des anges.
Tu es aveugle. Je suis sourd-muet.
Que ta main touche la mienne et que la communication soit.
Si tu chantes la beauté, même dans la solitude du désert, tu trouveras une oreille attentive.
Tu ne vois que ton ombre lorsque tu tournes le dos au soleil.
Si ton cœur est un volcan, comment espères-tu que fleurissent tes mains ?
Le seul qui ait été injuste envers moi est le frère de celui envers qui j’ai été injuste.
Quand tu chantes, sache que l’affamé t’entend avec son ventre.
La mort n’est pas plus proche du vieillard que du nouveau-né ; la vie non plus.
Si tu révèles ton secret au vent, tu ne dois pas lui reprocher de le révéler à l’arbre.
Lorsque je me tins devant toi, tel un miroir limpide, tes yeux plongèrent dans les miens et contemplèrent ton image.
Alors tu me dis : " Je t’aime. "
Mais en vérité, tu t’aimais en moi.
L’art est un pas de la nature vers l’Infini…
Rassemblement
Un autre martyr pour la liberté du Liban
SAMIR KASSIR
Journaliste franco-libanais
Suite à l’assassinat perpétré au Liban, le 2 juin 2005, de Samir Kassir, journaliste franco-libanais, collaborateur de quotidiens français et libanais.
Les Libanais en France et Reporters sans frontières
Appellent à un rassemblement le jeudi 9 juin 2005 à 18h, en face de l’Ambassade du Liban à Paris, (place Victor Hugo) de tous ceux qui veulent crier leur colère, exprimer leur peine, clamer haut et fort que la flamme de Samir ne pourra jamais s’éteindre. Sa liberté de pensée, sa liberté d’action, sa liberté de paroles resteront à jamais gravées dans la mémoire de chaque journaliste, de chaque personne luttant pour la liberté.
Vive le Liban, Vive la Liberté
John Paul II
JOHN PAUL II
Date of birth: 18/05/1920 = 1+8+5+1+9+2=26/2=13
Date of death: 02/04/2005 = 2+4+2+5=13
Time of death: 21:37 = 2+1+3+7=13
Time as Pope: 26 years and 5 months = 2+6+5=13
Time as Pope (in days): 9301 days = 9+3+1=13
This is the 13th week of the year
The attempted assassination of the Pope was on May 13
The Pope was 85 years old = 8+5=13
13 is the number of the Virgin Mary, to whom he dedicated his life.
Quelques citations sur l’art
Le triomphe de l’art est de conduire à autre chose que soi.
Simone Weil
Rien en art ne doit ressembler à un accident, même le mouvement.
Edgard Degas
Aucun art n’est aussi peu spontané que le mien. Ce que je fais est le résultat de la réflexion et de l’étude des grands maîtres.
Edgard Degas
On peut réduire une oeuvre d’art à son seul prix, mais cela ne représentera jamais sa valeur réelle.
Isabelle Jarry
L’argent n’a rien a voir avec l’art. Plus on le tient éloigné, mieux s’en porte la création.
Isabelle Jarry
Quand une femme veut réellement monter au sommet de l’art international, elle y arrive. J’en suis la preuve vivante !
Niki de Saint Phalle
Tout l’art du mariage est de savoir passer de l’amour à l’amitié, sans pour cela sacrifier l’amour.
André Maurois, Extrait des Lettres à l’inconnue
L’exercice de l’art et celui de la liberté sont en liance étroite et serrée, ils se pratiquent dans la même ascèse et le même refus des aliénations de toutes sortes.
Isabelle Jarry, J’ai nom sans bruit
Le but de l’art, c’est la délectation.
Nicolas Poussin
L’art, en général, est la réponse au futur. C’est l’entreprise la plus importante à laquelle nous puissions nous consacrer.
Francis Ford Coppola
Le vrai art, il est toujours là où on ne l’attend pas.
Jean Dubuffet
Lorsque l’art entre dans une maison, la violence en sort.
Fernando Botero
Est-ce que l’art est autre chose qu’un aveu de notre impuissance ?
Richard Wagner, Extrait de la préface de Siegfried
L’art est un refuge, mais comme tout refuge peut devenir une prison.
Pierre Hebey, Deux amis de toujours
Tout art est une imitation de la nature.
Sénèque
Les grands plaisirs, dans tous les arts, ne sont que pour les connaisseurs.
Voltaire
Etre doué pour un art et ne pas pouvoir en vivre, voilà la vraie difficulté.
Anonyme
La guerre au Liban, j’avais 11 ans
Le 13 avril 1975 éclate la guerre du Liban. Kinda Marie Elias a alors 11 ans. A l’adolescence, elle a vécu cette guerre dans sa chair en tant que secouriste engagée dans une milice. Les scènes d’horreur et la folie meurtrière engendrée par le communautarisme l’ont marquée à vie. Elle les décrit avec justesse. Au nom des 150 000 morts, des 30 000 disparus et de tous les handicapés, déplacés, prisonniers oubliés, elle demande des comptes.
Ce récit est un témoignage poignant de cette guerre dont elle ne s’explique toujours pas les causes. C’est aussi un plaidoyer pour la réconciliation communautaire. Elle réclame le droit à la sanction et incite à la conscience le monde politique libanais pour que ses futurs dirigeants soient compétents et honnêtes.
L’optimisme est de mise en ce qui concerne l’avenir du pays, car elle croit en la force de changement de la jeunesse qui a su faire ses preuves à chaque tournant de l’histoire du Liban. La remise en place de la statue des Martyrs à Beyrouth, autour de laquelle se retrouve toute la population libanaise, annonce que la réconciliation est en bonne voie. Cependant l’auteur voudrait que la jeunesse réalise le poids qu’elle peut représenter dans la balance du pouvoir au Liban.
Née en 1963, Kinda-Marie Elias a fait des études de sciences politiques, de journalisme et de communication. Elle a exercé le métier de journaliste, de 1985 à 2000. Elle est installée en France depuis 1990. Elle est à l’origine de " Asdaa’ A l’écoute du Liban ", une lettre d’information sur le Liban et les Libanais de la diaspora, de 1993 à 2000. Depuis 1999, elle est secrétaire générale adjointe de la Chambre de Commerce franco-libanaise.

Dossier de presse:
LA CONTRITION ALLEGE LA CULPABILITE MAIS N’ANNULE PAS LA RESPONSABILITE
Kinda Marie ELIAS a signé son livre sur la guerre :
"J’ai vomi ce livre" dit Kinda Marie Elias, respnsable de la communication audiovisuelle pendant le mandat du gouvernement du Général Michel Aoun. Elias est libanaise. Elle a vécu la guerre et ses atrocités. Elle a décidé de s’en débarrasser ainsi que l’ont fait de nombreux écrivains, en l’enterrant entre les deux couvertures d’un livre.
"La guerre au Liban, j’avais 11 ans" est le titre de son ouvrage, récit ou plutôt témoignage qu’elle a voulu pour une guerre aux causes multiples ainsi qu’une incitation à exiger des comptes de la part des futurs hommes politiques libanais.
En marge de la signature de son ouvrage à la librairie al Bourj hier, le quotidien An Nahar l’a rencontrée juste avant son départ pour Paris.
L’idée lui est venue suite à un dîner où ses amis avaient souligné le fait que le 13 avril 2005, 30 ans seront passés depuis la guerre du Liban. Elias déclare : "je me suis attelée à mon ordinateur juste après le départ de mes amis. J’ai vécu les deux tiers de ma vie pendant la guerre, je dois absolument raconter mon histoire". Une histoire racontée de près, qui commence par "va enlever ton treillis" et se termine par "je veux savoir, j’ai besoin de comprendre, j’exige des comptes".
150 000 martyrs, 30 000 disparus. Elle se demande comment l’homme peut devenir criminel du jour au lendemain et exige "l’histoire" au nom de tous les morts, disparus, handicapés, prisonniers, oubliés…
Quoi de neuf alors ? N’avons-nous pas assez des écritures sur la guerre ?
"Je ne tiens pas à rouvrir de vieux dossiers. Je n’ai pas de temps pour cela" répond-elle avec émotion. Puis elle ajoute : "le but est de demander aux jeunes de ne plus permettre à personne de disposer de leur devenir. S’ils veulent déléguer un quelconque responsable, ils doivent lui demander des comptes. A partir de maintenant, nous exigeons des comptes, nous devons apprendre du passé. Chaque citoyen libanais a été responsable. Les Libanais se partageaient en deux catégories : responsables et criminels. Responsables pour n’avoir pas pu empêcher les excès et les crimes perpétrés. Ils ont fermé l’œil pour mille et une raisons. La contrition allège la faute mais n’annule pas la responsabilité."
Elias a refusé la probabilité du retour à la guerre. "Elle ne pourra reprendre. Il n’y a plus d’argent. La génération d’aujourd’hui n’en veut pas. La génération de la guerre n’en veut plus non plus. Ceux qui misent dessus sont dans l’erreur. La génération d’avant guerre n’était pas habitée par la haine mais par la peur, la peur de l’autre. La peur entraîne le manque de sang froid. Quand nous sommes confrontés à des tirs, nous ne réfléchissons pas beaucoup. Les Libanais ne sont pas rancuniers. Ceux qui manipulaient les ficelles de la guerre sont ceux qui étaient habités par la haine."
Elle raconte son expérience à l’école Notre Dame de Jamhour où elle a acquis les bases des autres religions et où elle a été à la rencontre des autres confessions et de leurs valeurs respectives. Dans ce cadre, elle apprécie la proposition de l’ancien ministre de l’Education qui voulait enseigner l’histoire des religions dans les collèges et lycées.
Elias conclut en souriant : "vous êtes journaliste. Dites-vous toujours la vérité ?". Je réponds "j’essaie". Elle me donne un conseil, elle qui a été à la même école "quand vous ne pouvez pas dire la vérité, il vaut mieux ne rien dire du tout."
L’Orient le Jour ( Premier quotidien en langue française au Moyen Orient.) Article de Maya GHANDOUR 14 avril 2005 :
GUERRES ET CONFESSIONS
Vient de paraître – " La guerre au Liban, j’avais 11 ans ", de Kinda Marie Élias
Le 13 avril 1975, Kinda Marie Élias avait 11 ans. Comme la grande majorité de la génération de la guerre, elle a perdu ce jour-là ses premiers repères. Voir ses parents dans un tel état d’inquiétude, les nerfs rongés par l’angoisse, cela chamboule en effet pas mal l’esprit. Trente ans après, la journaliste n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi les événements ont pris ce tournant dramatique. Elle ne saisit pas non plus pourquoi, trois décennies plus tard, personne n’est capable d’en tirer des leçons. Elle prend donc la plume pour rédiger ces fragments de mémoire, ces mini-confessions non apologétiques pour "revivre par écrit " ce qu’elle a " exécré ou adoré". La guerre au Liban, j’avais 11 ans, ou les années de combat considérées comme étant passées au service du Liban. Car Kinda Élias n’est pas restée cloîtrée dans sa peur. Son "ounfouéne" l’a poussée à devenir d’abord membre de la jeunesse des Kataëb puis des Forces libanaises, dans le cadre des Nizamiyet, le corps féminin des FL fondé et dirigé par Jocelyne Khoueiry, et, finalement, une ardente supporter du général Michel Aoun. On suit la militante – tant bien que mal, les événements et les réflexions s’enchevêtrant de manière chaotique, mais c’est bien cela la spontanéité de l’écriture – d’un camp d’entraînement à la Bekaa Ouest, à Beiteddine où elle a entraîné une centaine de jeunes filles aux arts militaires, en passant par le palais de Baabda où elle a assisté le sit-in des "libérateurs", pour finir à Paris où elle s’est exilée après le départ du général. Militante engagée, Élias n’en est pas moins révoltée par les "débordements commis par les commandements et par les excès des petits chefs sur le terrain". Elle dénonce les luttes intestines, les conflits d’intérêt, les "intifadas", la suprématie de l’ego sur la cause nationale. En tant que jeune Libanaise qui "remplit son devoir de citoyenne jusqu’au bout", elle exige des comptes de la part des responsables. Elle les invite à un examen de conscience. Elle veut aussi savoir ce que préparent les leaders pour l’avenir de leur pays. "Les trois quarts de ma vie sont passés depuis cette date fatidique où nos rêves ont volé en éclats". Verra-t-elle un jour ces proportions inversées ?
CONFERENCE DONNEE A L’UNIVERSITE SAINT JOSEPH LE 12 AVRIL 2005 :
Abdo Kahi, sociologue, chercheur, professeur d’université, ancien directeur général du Centre d’Etudes et de Recherches pour les Chrétiens d’Orient.
Hommage à Kinda Marie Elias pour son livre " La Guerre Au Liban, j’avais 11 ans ".
- La guerre au Liban, il y a trente ans, Kinda avait onze ans, moi, j’avais trente ans.
- La guerre a arrêté son enfance.
- La guerre a enterré mes espoirs de jeunesse.
- La guerre a déstabilisé son identité, alors qu’elle était passionnée par son appartenance à " Loubnan in haka " de Saïd Akl.
- La guerre a perturbé mon engagement, à la quête d’une société, alors que je m’employais avec Mgr Grégoire Haddad à faire réunir les Libanais, non pas à partir de ce qu’ils sont, mais à partir de ce qu’ils apprennent à faire ensemble.
Kinda avait onze ans, j’avais trente ans. Kinda rêvait de fierté, j’aspirais à la rencontre humaine. Kinda a combattu pour retrouver le sens de sa vie en défendant son identité. J’ai combattu pour rechercher le sens de mon existence en requestionnant mon identité, à partir de ce qu’elle peut devenir sur le chemin de la rencontre avec ceux qui la dérangent.
Trente ans après, selon l’affirmation faite à la page 13, Kinda n’arrive pas encore à comprendre pourquoi la guerre a eu lieu.
Trente ans après, je n’arrive pas, comme elle, à savoir pourquoi cette maudite guerre n’arrête pas de guetter les Libanais.
Trente ans après, Kinda n’arrête pas de souffrir, même en voulant pardonner.
" Trente ans après, je n’arrête pas d’écouter les souffrances des Libanais, et de tenter de rechercher des solutions à leurs problèmes et difficultés, mais sans rien pouvoir leur accorder de mes promesses de société. "
" Je suis sûre ", proclame Kinda, à la page 44 que " beaucoup de jeunes engagés dans la guerre étaient aussi révoltés que moi par les débordements commis par leurs commandements respectifs et par les excès des petits chefs sur le terrain.
" J’ai toujours été aussi déçu qu’elle, par tous les chefs que j’ai eu l’occasion de fréquenter, dans les milices ainsi que dans les gouvernements et les hauts lieux de la commande politique, et Dieu seul sait le nombre de fois que j’ai été appelé à leur donner des conseils ou à leur faire état des résultats de mes recherches.
J’ai, comme elle, toujours été déçu par leurs petits calculs, au dépens de leur engagement vis à vis des gens qui ont eu confiance en eux, et qui attendaient d’eux de les porter vers le chemin de leur rencontre, en les guidant vers la place de la société, la société libanaise, tellement rêvée et attendue dans l’inconscience de chacun.
Kinda s’exclame à la page 46 en disant que, malgré tout, surtout dans le différend entre Michel Aoun et les Forces Libanaises, " le peuple libanais ne méritait pas d’être lâché dans la fosse des lions, après avoir tant sacrifié pour les seigneurs de la guerre.
" J’ai tant averti les responsables libanais sur le problème du leadership au Liban, dans mes recherches faites tout au long du projet d’étude sur la Génération de la Relève, projet mené par le Bureau Pédagogique des Saints Coeurs, sous la direction de mon ami Antoine Messara, soeur Louise Marie Chidiac et moi-même, entre 1987 et 1994.
J’ai tant averti, surtout dans l’étude faite par le CEDROC, (Centre d’Etudes et de Recherches sur l’Orient Chrétien), que j’ai eu l’occasion de diriger à l’époque du gouvernement du Général Michel Aoun, sur les attentes des jeunes en matière de leadership, en pointant du doigt le fait qu’ils recherchaient un leader charismatique, qui puisse leur inspirer confiance dans leur sens national. Mais les circonstances ont voulu que le Général Aoun, qui avait incarné pour eux cet espoir, finisse par leur donner l’impression de fosse à lion dont parle Kinda. Puisse l’avenir leur réserver un nouvel espoir ! Mais à quel prix ?
Kinda se trahit dans ses allégeances par rapport à son groupe communautaire, en se découvrant dans sa personnalité sociétale libanaise, lors de cet événement crucial de sa vie, qu’elle nous dévoile à la page 55. Il s’agit de l’histoire d’un cheikh Druze qu’elle a sauvé des griffes des " chabebs des Forces Libanaises " alors qu’ils l’accompagnaient dans une randonnée de secourisme. Elle dit : " Voyant mon embarras…, le cheikh me tend sa carte de visite et son mouchoir brodé à ses initiales. Il me remercie pour ce que j’ai fait et me demande de garder précieusement sur moi ces deux objets, en cas de danger. Si un jour j’étais kidnappé ou arrêté par des éléments du PSP, cela devrait me servir de sauf conduit.
" Je me suis toujours trahi par rapport à mes allégeances confessionnelles, et c’est à travers cette trahison, perpétrée tout au long de mes recherches, et dans tous les parcours de ma vie active, que j’ai pu comprendre ce que c’est qu’une société, et ce que serait l’exemple de la société libanaise, par rapport à l’idée d’une nation libanaise, qui risque de ramener les Libanais vers les lieux chauds de leur appartenance première.
Pendant toute ma vie, j’ai été gratifié par le regard de l’autre, l’étranger, en le sollicitant dans son étrangeté, et j’ai été mal compris par mon environnement familial, mes proches, mes voisins et mes corréligionnaires.
Ne serait-ce pas là le coût à payer pour construire une société, en général, et la société libanaise en particulier ?
Kinda s’adresse aujourd’hui à tous les Libanais et surtout aux jeunes, à la page 141, en les appelant à accepter l’idée que " l’autre a de quoi nous enrichir "… Il a aussi le droit à l’erreur… Il a le droit à notre pardon. Car, affirme-t-elle avec prestance, à ce même passage de son livre : " pardonner équivaut également à baser sa relation à l’autre sur une compréhension mutuelle et un échange permanent, loin de toute rancune et de tout ressentiment.
" Je m’adresse pareillement à tous ceux qui cherchent à rebâtir la citoyenneté sur le dialogue entre les différents, dans mon livre : le regard dialogue du sujet, page 74, en disant : Que serait la valeur de l’écoute entre les différents, si ces derniers n’avaient rien à apprendre de la vie que ce qu’ils ont déjà appris, et si la thèse de chacun d’eux ne poussait pas, l’un comme l’autre, à la réflexion et à la critique de leurs savoirs établis sur eux-mêmes et sur le monde ?
Kinda avait onze ans, moi j’avais trente ans, au début de la guerre du Liban. Kinda a trente ans de plus aujourd’hui, moi je me suis vu doubler mes années de vie.
Je la rencontrais dans les périples de ma vie, surtout à l’époque où j’étais très proche de sa mère Lina, cette grande Dame qui a aimé le Liban, son mari et ses enfants plus que tout autre chose, et que j’ai aimé comme une mère, comme une sœur et comme un compagnon dans ma recherche de sens.
Je connaissais Kinda courageuse, téméraire, aimante jusqu’au don total de soi, engagée jusqu’à la limite du sens. Je la découvre, aujourd’hui, écrivain, mariant ensemble l’art de rapporter à celui d’écrire pour dire ce qu’elle pense, pour annoncer un message et pour enrichir celui qui la lit sur la recherche de sens, et tout cela dans un habillage littéraire à défier les écrivains rompus à leur art d’écrire.
Lisez le livre de Kinda, vous vous y retrouverez comme je m’y suis retrouvé, vous vous enrichirez dans votre recherche de sens comme je m’y suis enrichi, et vous vous y plairez aussi, et par-dessus tout, comme je m’y suis plu.
* Sociologue, chercheur, professeur d’université, ancien directeur général du Centre d’Etudes et de Recherches pour les Chrétiens d’Orient.




