Archive
Assassinat Hariri: Paris et Washington veulent l’arrestation des suspects syriens
NEW YORK (Nations unies) (AFP) – Les Etats-Unis et la France ont fait circuler mardi soir au Conseil de sécurité de l’Onu un projet de résolution exigeant que la Syrie arrête tout Syrien soupçonné d’être impliqué dans l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri.
Dans ce texte, le Conseil de sécurité "décide que la Syrie doit arrêter tout responsable ou citoyen ordinaire syrien que la commission d’enquête pourrait soupçonner d’être impliqué dans cet acte terroriste et les mettre totalement à la disposition de la commission" d’enquête internationale.
Le mandat de cette commission, dirigée par le magistrat allemand Detlev Mehlis, a été prolongé jusqu’au 15 décembre pour qu’elle poursuive ses investigations. Au bout de ses quatre premiers mois d’enquête, elle a remis un rapport impliquant les services de sécurité syriens et libanais dans l’assassinat.
Le texte américano-français, qui a reçu le coparrainage de la Grande-Bretagne, prévoit également des sanctions individuelles –interdiction de voyager et gel des avoirs financiers– à l’encontre de ces personnes suspectes.
Il contient également une menace discrète de sanctions économiques à l’égard de Damas, dans un paragraphe prévoyant que le Conseil "envisagera d’autres mesures, en vertu de l’article 41 de la Charte, pour assurer que la Syrie met en application les principales dispositions" du texte.
Cet article de la Charte des Nations unies stipule que le Conseil peut "décider quelles mesures n’impliquant pas l’emploi de la force armée doivent être prises pour donner effet à ses décisions", autrement dit des sanctions économiques.
Ce paragraphe pourrait susciter des controverses au sein du Conseil, plusieurs délégations dont la Chine et la Russie, dotées du droit de veto, étant notoirement hostiles, par principe, à l’utilisation de menaces de sanctions.
Le projet de résolution donne en outre toute latitude à la commission d’enquête internationale pour enquêter sur le territoire de la Syrie, de laquelle il exige une coopération "totale et inconditionnelle". Pour cela, il précise que la commission devra "jouir de la liberté de mouvement dans tout le territoire syrien".
La Syrie doit notamment "permettre à la commission d’interroger tout responsable ou citoyen syrien qu’elle estime utile d’interroger, hors du territoire syrien et/ou hors de la présence de responsables syriens", dit encore le projet.
La Syrie "doit cesser d’interférer dans les affaires intérieures du Liban, directement ou indirectement, s’abstenir de toute tentative visant à le déstabiliser et respecter scrupuleusement sa souveraineté, son intégrité territoriale et son indépendance politique", poursuit le texte.
Le document affirme également que la Syrie "doit renoncer à toute forme d’action terroriste et s’engager définitivement à cesser tout soutien à ces actions, ainsi que toute aide à des groupes terroristes, et démontrer cet engagement par des actes concrets".
Le projet de résolution demande à la commission Mehlis de rendre compte au Conseil des progrès de son enquête, "y compris du degré de coopération reçue de la part des autorités syriennes". Il prévoit l’éventualité d’une prolongation du mandat de la commission au-delà du 15 décembre, "à la requête du gouvernement libanais".
Ce texte, distribué mardi soir par les Etats-Unis et la France aux délégations des treize autres pays membres du Conseil de sécurité, sera l’objet de négociations au cours des prochains jours.
Les Etats-Unis, qui poussent à l’organisation lundi prochain d’une nouvelle réunion du Conseil de sécurité sur l’affaire Hariri, au niveau ministériel cette fois, souhaitent manifestement une adoption ce jour-là.
Le régime syrien sous pression à l’ONU
Une résolution devrait être votée cette semaine pour donner une dernière chance à la Syrie. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit aujourd’hui à New York pour examiner les suites

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit aujourd’hui à New York pour examiner les suites qu’il entend donner au rapport d’enquête mettant en cause de hautes personnalités syriennes et libanaises dans l’assassinat de l’ex-premier ministre libanais Rafik Hariri, en février dernier. Assez formelle, cette réunion permettra aux quinze membres du Conseil d’entendre le magistrat allemand Detlev Mehlis rendre compte des investigations qu’il a menées sous l’égide de la résolution 1595.
Déjà menées en coulisses depuis plusieurs jours, des tractations s’engageront alors officiellement pour la mise au point d’une résolution donnant à la Syrie une dernière chance de coopérer à l’enquête du juge Mehlis dont le mandat a été étendu jusqu’au 15 décembre par Kofi Annan. Ce texte, dont l’application est prévue au titre du chapitre VII de la Charte onusienne, devrait avoir une dimension contraignante.
Il reviendra ensuite au juge Mehlis d’indiquer avec quelle bonne volonté Damas s’est plié aux exigences de la communauté internationale. Dans la négative, «il y aura des suites», a déclaré hier Philippe Douste-Blazy. L’hypothèse de «sanctions ciblées» (gel de comptes bancaires et des avoirs à l’étranger, interdiction de voyager) n’est pas écartée à l’encontre des Syriens et des Libanais cités dans le rapport de Detlev Mehlis.
Côté français, on insistait hier sur la nécessité de «prendre le temps d’avoir une résolution qui contente tout le monde». La mise au point et le vote de cette résolution ne devraient donc pas pouvoir intervenir avant la fin de la semaine, voire la semaine prochaine. Une réunion des ministres des Affaires étrangères du Conseil de sécurité devrait avoir lieu lundi prochain à New York. La date n’est pas anodine : ce 31 octobre devrait être présenté le rapport d’étape du Norvégien Terje Roed-Larsen concernant l’application de la résolution 1559 (adoptée en septembre 2004) qui demandait le retrait syrien du Liban. Un document qui devrait, lui aussi, incriminer l’implication persistante de la Syrie dans le jeu libanais, cette fois-ci à travers les camps palestiniens prosyriens, et notamment des trafics d’armes dont ces derniers ont pu bénéficier.
Côté américain, l’heure est à la fermeté
Côté français, on insiste pour dissocier ces deux rapports dont la sévérité à l’égard de Damas apporte de l’eau au moulin américain. Jusqu’à présent en effet, les deux partenaires ont pu conserver, bon an mal an, un semblant de convergence sur l’épineux dossier syrien. Mais cette fois, l’alchimie du consensus risque d’être particulièrement difficile à réaliser. Hier, lors d’une conférence de presse, Philippe Douste-Blazy a plaidé pour une approche progressive et strictement légaliste.
«Dans un premier temps, a-t-il dit, nous voulons la justice, toute la justice, rien que la justice. Il n’y a pas d’arrière-pensée politique.» «Restons dans le droit et l’unité de la communauté internationale sera là, y compris avec certains pays arabes», a ajouté le chef de la diplomatie française.
Côté américain, le ton de fermeté donné par George W. Bush dès la remise du rapport Mehlis, vendredi dernier, ne cesse se durcir. «L’heure est venue des vraies confessions pour le gouvernement syrien. Plus d’obstruction, plus de demi-mesures, nous voulons une coopération substantielle et nous la voulons immédiatement», a déclaré hier l’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, John Bolton.
Américains et Britanniques font chorus pour une «réaction urgente et forte». Des stratégies différentes pour un objectif commun – «amener la Syrie à coopérer pour que la justice passe» –, comme l’indiquait hier Philippe Douste-Blazy ? A Paris, on rappelait hier la priorité accordée à la «souveraineté du Liban». Façon de marquer la distance avec l’intention prêtée aux Américains de faire porter la résolution, outre l’affaire Hariri, sur le soutien syrien au terrorisme en général, ce qui pourrait concerner l’Irak, avec des sanctions économiques à la clé.
BY: LE FIGARO
Assassinat Hariri: l’Onu examine les suites à donner au rapport Mehlis

Metlev Mehlis remet son rapport le 21 octobre à l’Onu à Kofi Annan
NEW YORK (AFP) – Le Conseil de sécurité de l’Onu examine mardi les suites à donner au rapport d’enquête sur l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, avec pour objectif minimum d’exiger de Damas une pleine coopération à la suite de l’enquête.
Ce rapport, rendu public jeudi, est accablant pour la Syrie. Il met en cause de hauts responsables des services de sécurité syriens et libanais dans l’assassinat et affirme que Damas n’a pas coopéré à l’enquête.
Le Conseil doit entendre à cette occasion le magistrat allemand Detlev Mehlis, chef de la commission d’enquête dont le mandat a été prolongé jusqu’au 15 décembre. Lundi, aucun projet de résolution n’était encore en circulation, les quinze membres du Conseil étant engagés dans des consultations intenses. Celles-ci portaient tant sur la forme –une résolution ou plusieurs sur les différents aspects de la problématique libano-syrienne– que sur le contenu, ont indiqué les diplomates.
Les Etats-Unis ont exprimé en termes très clairs l’intention d’accentuer la pression sur Damas pour qu’il coopère à l’enquête. "Nous allons certainement insister sur une totale coopération de la part de la Syrie. L’heure est venue des vraies confessions pour le gouvernement syrien. Plus d’obstruction, plus de demi-mesures, nous voulons une coopération substantielle et nous la voulons immédiatement", a déclaré l’ambassadeur américain à l’Onu, John Bolton.
Le porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack, a affirmé que le Conseil de sécurité se réunirait de nouveau lundi prochain, au niveau ministériel cette fois, pour le suivi de l’affaire. M. Bolton a estimé qu’il existait "un haut degré d’unité d’objectifs" au sein du Conseil pour exiger du gouvernement syrien une coopération totale avec la commission Mehlis.
La France a souhaité une résolution de l’Onu pour "exiger" cela de la Syrie, mais qui laisserait à Damas une dernière chance avant de possibles sanctions, envisagées par Washington. Mais le Premier ministre britannique, Tony Blair, a refusé d’exclure la prise de sanctions contre la Syrie, insistant sur la gravité des faits allégués.
Source : AFP
Samir Geagea et Élias Murr de retour à Beyrouth
Après trois mois passés en France, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, est rentré hier soir à Beyrouth par l’AIB dans la plus grande discrétion et sous haute surveillance de l’armée libanaise.
M. Geagea est arrivé au Liban à 19h à bord du vol Paris-Beyrouth. Le chef des FL a été le premier à descendre de l’avion. Il a été accueilli par le député Georges Adwan. « Nous nous sommes donné l’accolade. Nous étions tous les deux très émus. Samir Geagea est très ému de retourner au Liban. Ces mois passés à l’étranger lui ont certes été bénéfiques, mais il n’en pouvait plus. Après onze ans de prison, il rêvait de rentrer dans son pays et de retrouver les siens », a affirmé M. Adwan à L’Orient-Le Jour. Ensuite, le chef des FL a quitté l’aéroport escorté par l’armée. Selon le député FL, le retour de M. Geagea est lié à des questions personnelles et non pas à un timing politique particulier. « Il est rentré dès que son lieu de résidence aux Cèdres était prêt à le recevoir », a-t-il dit.
Le ministre de la Défense, Élias Murr, est rentré lui aussi hier soir de voyage, venant de Genève, après plusieurs mois d’absence à la suite de l’attentat dont il été victime, tandis que le patriarche Sfeir devrait regagner Beyrouth aujourd’hui, venant de Rome.
Il reste que le retour de Samir Geagea et du patriarche Sfeir vont très certainement donner une impulsion nouvelle à la question de l’échéance présidentielle.
BY: L’ORIENT LE JOUR
¡Que maravillosa sorpresa por ello que se ritorono a su país el día de sus cumpleaños!
Small bomb explodes north of Beirut
Le régime syrien mobilise ses partisans contre le rapport Mehlis
DAMAS (AFP) – Damas a mobilisé lundi des dizaines de milliers de partisans contre les Etats-Unis et le rapport Mehlis, qui ont mis en cause la Syrie dans l’assassinat du dirigeant libanais Rafic Hariri.
Cette mobilisation organisée par les autorités intervient à la veille d’une réunion cruciale du Conseil de sécurité de l’Onu.
Point de convergence des manifestants, la place des Sept-Lacs, devant la banque centrale, au centre de Damas, était noire de monde en début d’après-midi. De la foule compacte émergeaient des centaines de drapeaux syriens – rouge, blanc, noir – des banderoles dénonçant le rapport Mehlis, ainsi que des portraits du président Bachar al-Assad.
Un rassemblement similaire a été organisé à Alep, deuxième ville de Syrie, où les manifestants ont clamé leur soutien au président Assad, a indiqué la télévision. La manifestation de Damas était l’une des plus importantes organisées par la Syrie ces dernières années. Etudiants, fonctionnaires, ouvriers et lycéens ont convergé vers la place des Sept-Lacs en scandant: "Dieu, la Syrie, Bachar et c’est tout", et "Par notre sang et par notre âme, nous te défendrons Bachar".
Certains brandissaient des pancartes affirmant: "Non au rapport Mehlis, qui est politisé", "Le vice-consul de l’Onu au Liban, c’est Mehlis", le président américain George W."Bush tente d’exploiter (politiquement) le rapport Mehlis au conseil de sécurité" ou encore "les accusations contre la Syrie sont sans fondement". Youssef Abdel Wahed, ingénieur, affirme être descendu dans la rue pour "dénoncer l’agression américano-israélienne" contre la Syrie et "les mensonges" du rapport de la commission d’enquête de l’Onu sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, tué le 14 février à Beyrouth
S’appuyant sur des témoins, ce rapport dirigé par le magistrat allemand Detlev Mehlis et rendu public le 20 octobre, met en cause les responsables des renseignements syriens et libanais, ainsi que des dirigeants de l’entourage du président Bachar el-Assad et le président libanais Emile Lahoud, allié de Damas. Pour Safaa, une fonctionnaire de 25 ans, la manifestation de lundi "exprime l’opposition au rapport Mehlis et à ceux qui veulent porter atteinte à la Syrie".
L’agence officielle syrienne a souligné dans son compte rendu du rassemblement, que "des centaines de milliers de personnes ont exprimé dans les rues de Damas leur soutien aux positions de la Syrie et ont protesté contre les accusations injustes contenues dans le rapport" Mehlis. Damas a rejeté le rapport Mehlis, selon lequel il existe des "preuves convergentes" montrant l’implication de responsables libanais et syriens dans l’"acte terroriste" qui a coûté la vie à Hariri.
Une partie des manifestants s’est dirigée vers le siège de l’Onu à Mazzeh, à l’ouest de Damas, pour protester contre le rapport, déjà dénoncé avec virulence par la plus haute instance politique en Syrie, le Front national progressiste (FNP). Le FNP, qui regroupe le parti Bass (au pouvoir) et plusieurs partis alliés, a mis en cause les témoins cités par Mehlis comme "manquant totalement de crédibilité (…) et connues pour leur hostilité à la Syrie". Plusieurs responsables libanais, dont le ministre Marwan Hamadé et le chef druze Walid Joumblatt, cités dans le rapport, ont fait état de menaces syriennes directes contre Rafic Hariri.
Le président Assad a envoyé des émissaires dans divers pays pour défendre le point de vue syrien. Il a adressé des lettres aux pays membres du Conseil de sécurité, a indiqué la télévision, sans dévoiler la teneur de ces lettres. Damas a accepté de coopérer avec la commission Mehlis, mais le conseiller juridique du ministère syrien des Affaires étrangères Riad Daoudi a déclaré samedi que son pays se réservait de "voir dans quel cadre et dans quelles limites". "C’est un rapport très sérieux auquel le monde doit donner les suites qui s’imposent", avait déclaré vendredi le président Bush.
L’ancien homme fort de la Syrie au Liban s’est suicidé selon Damas
DAMAS (AFP) – L’ancien homme fort de la Syrie au Liban, Ghazi Kanaan, qui avait été interrogé par la commission de l’Onu sur l’assassinat de Rafic Hariri, s’est suicidé mercredi dans son bureau à Damas, ont annoncé les autorités syriennes.
Dans un communiqué laconique, l’agence officielle syrienne Sana a annoncé que "le général Ghazi Kanaan, ministre de l’Intérieur, s’est suicidé ce matin dans son bureau à Damas" et qu’une enquête avait été ouverte. Le Conseil des ministres syriens a annoncé officiellement son "suicide".
Mais ni l’agence ni le Conseil des ministres n’ont précisé les circonstances précises de ce "suicide", qui a eu lieu dans l’imposant bâtiment du ministère de l’Intérieur, au centre de Damas.
Ghazi Kanaan, 63 ans, avait fait partie des personnalités syriennes interrogées fin septembre par la commission de l’Onu dirigée par le magistrat allemand, Detlev Mehlis, enquêtant sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en février dernier à Beyrouth.
L’assassinat de Hariri avait provoqué des manifestations populaires anti-syriennes au Liban. Elles se sont ajoutées à la pression internationale, notamment américaine et française, pour accélérer le départ des troupes syriennes qui se sont retirées fin avril après 29 ans de présence au Liban.
Selon des informations circulant à Damas et non confirmées officiellement, le général Kanaan se serait donné la mort en se tirant une balle dans la tête. Le 21 mai 2000, le Premier ministre syrien en exercice Mahmoud Zohbi s’était suicidé dans des circonstances qui n’ont pas été élucidées.
Ghazi Kanaan avait dirigé les renseignements syriens au Liban pendant 20 ans, jusqu’en 2002. A son retour à Damas, il avait été d’abord nommé directeur du département de la sécurité publique, puis ministre de l’Intérieur en octobre 2004.
Le décès de Kanaan est intervenue quelques jours avant la publication du rapport Mehlis fin octobre. Plusieurs parties libanaises ont mis en cause la Syrie dans l’assassinat de Hariri.
Quelques heures avant l’annonce de sa mort, le général Kanaan avait affirmé dans un entretien à une radio privée libanaise qu’il était "possible que (sa) déclaration soit la dernière déclaration qu’(il) donne", en recommandant à la journaliste de la diffuser auprès d’autres médias libanais.
Il démentait les informations contenues dans un reportage d’une télévision libanaise privée sur son témoignage devant la commission de l’Onu. Selon cette télévision, la NTV, Ghazi Kanaan aurait touché dix millions de dollars pour faire adopter une loi électorale qui avait donné la victoire à Rafic Hariri aux législatives de 2000 alors que ce dernier était dans l’opposition.
Les avoirs de Kanaan à l’étranger avaient été gelés à la demande des Etats-Unis en même temps que ceux d’autres personnalités syriennes, notamment son successeur au Liban Rustom Ghazali.
En septembre, à la demande de la commission Mehlis, la justice libanaise a mis en examen et en détention quatre officiers supérieurs de la sécurité libanaise, dont le général Moustapha Hamdane, qui formaient le pivot du système sécuritaire mis en place par la Syrie pour assurer sa tutelle sur le Liban.
Le 20 juillet dernier, Ghazi Kanaan, avait affirmé avant qu’il soit interrogé par M. Mehlis qu’il ne détenait "aucune information" sur l’assassinat de Rafic Hariri.
"Nous n’avons aucune information, car nos services et nos troupes sont sortis du Liban. Les services de renseignements syriens au Liban étaient concernés uniquement par la sécurité de nos troupes et la coordination avec les autorités légales", avait-il dit au journal libanais As-Safir.
Message de Chirac à May Chidiac
« Les amis du Liban se tiennent à ses côtés »
Samedi 01 Octobre 2005
L’état de santé de la journaliste a été qualifié de « stable »
Pour la cinquième journée consécutive après l’attentat terrible qui l’avait visée et au cours duquel elle a été grièvement blessée, la journaliste May Chidiac a continué de subir un traitement et son état de santé a été qualifié de stable. Et pour la cinquième journée consécutive, le flot de visiteurs à l’Hôtel-Dieu n’a pas tari. L’ambassadeur de France, Bernard Émié, a porté à la famille de la journaliste blessée un message du président Jacques Chirac, sur lequel celui-ci avait ajouté une phrase de sa main.
« C’est avec consternation que j’ai appris l’horrible attentat dont vous avez été victime le 25 septembre, déclare le président français dans son message, lu par M. Émié à l’hôpital. Cette agression dans laquelle vous avez été grièvement blessée suscite l’horreur et la plus vive indignation. En vous frappant, c’est un symbole de la liberté d’expression, fondement de la démocratie libanaise, qu’on a voulu atteindre. »
Et de poursuivre : « Dans ces circonstances particulièrement douloureuses, je tenais à vous présenter ma très chaleureuse sympathie en même temps que mes vœux de prompt rétablissement. J’espère de tout cœur que votre état de santé connaîtra une amélioration rapide. »
« Soyez assurée que les amis du Liban, en cette phase cruciale de son histoire, se tiennent fermement à ses côtés, ajoute M. Chirac dans son message. Déterminés à ne pas céder à la terreur et à l’intimidation, ils veulent continuer d’unir les efforts de tous pour que votre pays soit fort et indépendant. »
L’état de santé de May Chidiac a donc été qualifié de stable et en amélioration continue hier par le Dr Ramzi Kachouche, qui a lu le communiqué officiel de l’hôpital. Les sources médicales ont également noté qu’elle réagissait bien au traitement. Mme Chidiac a été introduite une nouvelle fois, hier, au bloc opératoire où ses blessures ont été traitées, et elle le sera une nouvelle fois lundi prochain. Par ailleurs, ses blessures sont en voie de guérison et aucun effet secondaire n’a été observé chez la patiente, qui ne pourrait vraisemblablement pas quitter l’unité des soins intensifs avant la semaine prochaine, selon le médecin responsable de cette unité.
Par ailleurs, May Chidiac a également reçu une lettre de la représentante du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Liban, Mona Hammam, qui a dénoncé l’« acte violent à l’encontre d’une grande journaliste appréciée mondialement ». Mme Hammam a demandé à Dieu de lui donner « la force et un prompt rétablissement, afin qu’elle puisse surmonter cette épreuve le plus vite possible et retrouver le contact avec le public ».
Parmi les personnalités qui se sont rendues à l’Hôtel-Dieu pour s’enquérir de l’état de santé de Chidiac, on comptait les députés Boutros Harb et Hagop Kassardjian, ainsi que Gebrane Bassil, représentant le député Michel Aoun, l’ancienne ministre Leila Solh Hamadé, une délégation d’avocats des Forces libanaises (FL), le président de l’Association des banques Joseph Torbey, accompagné du secrétaire général de la Fédération des banques arabes Habib Zoghbi, une délégation du syndicat des acteurs libanais, ainsi que de nombreuses personnalités et de nombreux citoyens. Le député Pierre Serhal a pour sa part adressé un message à la famille de Chidiac dans lequel il dénonce l’attentat et exprime ses vœux de guérison à la journaliste.
Un émissaire du ministre émirati de l’Information, cheikh Abdallah ben Zayed, Ahmed Balouche, a visité les locaux de la LBC à Adma et rencontré son PDG Pierre Daher. M. Balouche a dénoncé l’attentat dont a été victime May Chidiac, et affirmé que « les Émirats arabes unis sont solidaires des médias libanais en ces circonstances que traverse le Liban ».
Les journalistes de Zahlé et de la Békaa-Ouest ont effectué pour leur part un sit-in au Sérail de la ville, pour protester contre la tentative d’assassinat de Chidiac. Étaient présents les députés Élias Skaff, Salim Aoun, Assem Araji, Hassan Yacoub et Camille Maalouf.
L’archimandrite de Saïda et de Deir el-Qamar pour les grecs-catholiques, Mgr Nicolas Darwiche, a annoncé qu’il célébrerait une messe à l’intention de May Chidiac le dimanche prochain à 11h, en l’église Notre-Dame à Kfarhouna. Une messe a également été célébrée à l’école Saint-Georges des antonins à Baouchrieh, dédiée à la guérison de la journaliste.



