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Messe de requiem pour le repos de l’âme du Député Edmond Naïm
Pour le quarantième jour de la disparition du Député
Dr. Edmond Naïm
Les Forces Libanaises ont l’honneur de vous inviter à venir prier pour le repos de son âme
lors d’une messe qui sera célébrée
par Monseigneur Saïd Elias Saïd, vicaire patriarcal maronite en France
à l’église Notre Dame du Liban, le dimanche 26 février 2006 à 11h au 17 rue d’Ulm, Paris 5ème
Aoun et Geagea s’entendent sur la candidature de Pierre Daccache
« Pierre Daccache, connu pour son combat patriotique et pour son indépendance, est le candidat (…) que nous avons choisi », a annoncé Samir Geagea, devant la presse.
Aussi bien le général Aoun que M. Geagea ont rendu hommage au rôle-clé joué dans ce domaine par le patriarche Sfeir. Ils ont également laissé entendre que cette entente pourrait servir de « précédent » à un accord au sujet du futur chef de l’État, dans le cadre du mécanisme en cours pour obtenir la destitution du président Lahoud.
Le choix du Dr Daccache comme candidat de compromis a été accueilli avec satisfaction par le président de la Chambre, Nabih Berry, et le Premier ministre, Fouad Siniora, qui lui ont tous deux transmis leurs félicitations.
M. Geagea, qui a annoncé à partir des Cèdres la nouvelle, a rendu hommage à l’intégrité de M. Daccache, ajoutant : « Nous avons essayé, sans succès, de nous entendre sur le président du PNL, Dory Chamoun, afin que ce parti dispose au moins d’un siège parlementaire. »
M. Geagea a également rendu hommage à « la longue lutte politique » de May Chidiac, qui s’était portée candidate aux élections, à partir de Paris. « Nous aurions souhaité qu’elle soit au Parlement, où nous avons besoin de personnalités combatives », a-t-il dit à son sujet, soulignant que « c’est partie remise ».
De son côté, le général Aoun a annoncé la nouvelle à partir de Rabieh, en présence notamment du député FL Georges Adwan, qui avait effectué le va-et-vient entre les Cèdres, Rabieh et Moukhtara, entre autres, pour finaliser l’accord.
À cette occasion, le général Aoun a souhaité que « la politique de l’entente se généralise et s’étende à toutes les questions en suspens susceptibles d’entraîner des frictions. Ces questions doivent être réglées par le dialogue plutôt que par les confrontations ».
« J’espère que le dialogue qui s’est ouvert sur le pourvoi à un siège parlementaire se poursuivra sur toutes les questions en suspens », a-t-il repris. Prié de préciser si la question de la présidence figure parmi celles qu’il souhaite régler par le dialogue, le général Aoun a affirmé : « Assurément ! »
« Il existe des règles pour régler certaines questions au sein des institutions, loin des débats d’opinion », a-t-il ajouté, citant, entre autres exemples, celui de la cohabitation en France. C’est bien pour cela qu’il existe des députés, pour épargner aux gens de porter le poids des problèmes eux-mêmes.
Le général Aoun a refusé de voir le consensus inscrit à son crédit, bien qu’il ait été le premier à avancer le nom de M. Daccache comme candidat de compromis.
Pour sa part, M. Adwan s’est félicité de cet « heureux épilogue », précisant que dans un sondage effectué à Baabda-Aley, 62 % des personnes interrogées avaient préféré un candidat de compromis à une bataille électorale.
Le député a conclu en affirmant que le succès du dialogue sur un candidat de compromis à Baabda-Aley a ouvert la voie à d’autres expériences du genre. « À partir de ce jour, a-t-il assuré, nous examinerons toutes les questions avec le Courant patriotique libre. »
Dédiée au patriarche
Pour sa part, M. Daccache s’est rendu hier à Bkerké, Moukhtara et Koraytem, pour souligner symboliquement le rôle joué par chacun de ces pôles dans la décision le concernant.
Accompagné des députés Ibrahim Kanaan (CPL) et FL Georges Adwan (FL), M. Daccache a officiellement annoncé l’accord de consensus au chef de l’Église maronite, à Bkerké, et l’a remercié pour son rôle conciliateur dans cette affaire. « Nous avons dédié cette entente au patriarche Sfeir », a dit M. Adwan, à sa sortie de Bkerké. « Nous espérons que la culture du dialogue se généralise au Liban en cette étape délicate de notre vie nationale », a dit M. Kanaan, soulignant qu’il est « nécessaire d’épargner aux gens les épreuves de nos divisions ».
Pour sa part, M. Daccache a remercié le patriarche pour sa confiance et promis d’être un véritable « candidat d’unanimité ». Au programme du futur député figurent, aujourd’hui, des visites au Hezbollah et à M. Talal Arslane.
À partir de Bkerké, M. Daccache est entré en contact téléphonique avec May Chidiac, qui lui a dit toute sa confiance.
« C’est le Liban qui a triomphé, la volonté du patriarche et les forces du 14 Mars », a déclaré devant ses visiteurs M. Joumblatt, en accueillant M. Daccache à Moukhtara.
Interrogé sur l’épineuse question de la présidence de la République, M. Daccache a affirmé qu’il était « prématuré » de lui poser cette question.
Le Dr Daccache s’est également rendu à Koraytem, où il a été reçu par le député Saad Hariri. En quittant, il a tenu à souligner que l’entente sur sa personne « n’a pas été facile » et qu’il a fallu convaincre du fait
les alliés du Courant du futur et le général Michel Aoun lui-même.
Pour sa part, M. Dory Chamoun s’est félicité de ce qu’une bataille électorale ait été évitée à Baabda-Aley, affirmant que sa candidature n’avait pas d’autre objectif.
Geagea : Une idée fixe,
la présidence
Dans un long entretien accordé aux journalistes en poste aux Cèdres, le chef des FL est revenu sur le choix de Pierre Daccache comme candidat de compromis en affirmant que l’une des raisons majeures de cette entente était la nécessité de « se dégager » pour la bataille présidentielle, devenue presque une idée fixe.
« Les conditions d’une bataille électorale existaient à Baabda-Aley, mais quand nous avons lancé la bataille pour le départ du chef de l’État, les choses ont changé. Mener les deux batailles n’aurait pas été aisé », a dit M. Geagea, qui a ajouté que par le dialogue, il a cherché à « créer un climat propice à l’entente sur un nouveau président. L’entente qui s’était faite sur un plan plus réduit était une sorte de modèle ou de précédent », a-t-il ajouté. « Je souhaite qu’il y ait un accord sur le nouveau président comme il y en a eu à Baabda-Aley », a-t-il insisté.
« Toutes les questions sont susceptibles d’être examinées, a par ailleurs affirmé le chef des FL, sauf la perpétuation de l’état de paralysie de la présidence de la République. » Et d’ajouter que cette attitude est purement politique et n’a rien de personnel.
Le leader des FL a précisé, en réponse à une question, que les ministres qui le représentent au sein du gouvernement « boycotteront les réunions du Conseil des ministres » si elles sont présidées par le chef de l’État.
Par ailleurs, selon M. Geagea, il est faux de dire que c’est le Courant du futur qui déterminera qui sera le prochain chef de l’État. Aussi bien ce courant que Walid Joumblatt ont fait savoir, il y a des mois, qu’ils approuveront n’importe quel président qui ferait l’objet d’une entente entre les forces chrétiennes et aurait l’aval du patriarche, a-t-il assuré en substance.
Il a refusé toutefois de rendre publics les noms des éventuels candidats à la présidence, afin d’inclure dans le débat sur la question autant de forces et de personnalités possibles, sans avoir à les engager d’avance sur un nom. Et M. Geagea de préciser qu’il ne fallait pas le compter au nombre des candidats.
Tout en affirmant que la situation actuelle, au niveau de la présidence, convient au Hezbollah, M. Geagea a déclaré que, selon lui, Hassan Nasrallah n’engagera pas toutes ses forces dans la défense du président Lahoud, en cas de consensus pour sa destitution, ou si des marches sont organisées en direction du palais présidentiel.
Des sources de Baabda ont enfin mis en garde, hier soir, contre le recours à la pression de la rue, pour obtenir le départ du chef de l’État. « C’est là un style suivi par les milices, qui pourrait déstabiliser le pays et créer un climat d’anarchie contre lequel le chef de l’État a toujours mis en garde », ont affirmé ces sources, qui prévoient que face à la pression de la rue, d’autres pressions populaires pourraient s’exercer.
L’hommage unanime des Libanais à Rafic Hariri
Un an après la mort de l’ancien premier ministre, des milliers de manifestants ont réclamé mardi la démission du président Emile Lahoud et affirmé leur soutien au gouvernement issu du «Printemps de Beyrouth».
Rice : La communauté internationale doit empêcher la Syrie de « terroriser » le Liban
Mme Rice, interrogée par Marcel Ghanem de la LBC, a, d’autre part, réaffirmé la nécessité d’une application intégrale de la résolution 1559, soulignant que le Hezbollah doit « abandonner le terrorisme et désarmer ». Elle a en outre souhaité que la présidence de la République redevienne « un objet de fierté » pour les Libanais.
« La manifestation dans les rues de Beyrouth nous rappelle combien le peuple libanais apprécie sa liberté et sa démocratie », a déclaré Mme Rice.
« La route vers la démocratie est ardue. J’ai vu les drapeaux libanais et, à mon avis, c’était une expression stupéfiante de ce que pourrait être le Liban et de ce qu’il sera. Il y a encore des réformes économiques à mettre en œuvre et un développement politique nécessaire avec l’application intégrale de la résolution 1559 », a-t-elle ajouté.
« Nous espérons que la présidence libanaise sera un objet de fierté pour tout le peuple libanais », a-t-elle dit. « Tout le monde pense que la présidence doit représenter l’aspiration à un Liban indépendant et non à un Liban qui se remémore l’occupation et les ingérences étrangères. Il faut que la présidence symbolise l’avenir. Cela entre dans le cadre de la libération des institutions politiques libanaises des ingérences étrangères et de leur propre passé », a encore dit Mme Rice.
« Naturellement, nous resterons aux côtés du peuple libanais afin qu’il sache qu’il ne sera plus la cible de la terreur de la part de ses voisins. La communauté internationale insiste pour que la Syrie respecte la résolution 1559, qu’elle ne s’ingère plus dans les affaires libanaises et qu’elle ne cherche plus à terroriser le peuple libanais », a poursuivi la secrétaire d’État.
Selon elle, « il n’y a pas de délai fixe pour l’application de la 1559. Le Liban se doit de l’appliquer en vertu d’un engagement international. Nous comprenons que le système politique libanais est en évolution et qu’il traverse une phase transitoire, mais en fin de compte, quel que soit le cadre politique, il n’est tout simplement pas possible d’accepter le maintien d’une milice armée ».
« Notre position à l’égard du Hezbollah n’a pas changé. Il s’agit d’une organisation qui a commis des actes terroristes non seulement contre des populations du Proche-Orient, mais aussi contre des Américains. En conséquence, à notre avis, le Hezbollah doit abandonner le terrorisme et se désarmer », a-t-elle dit, avant d’ajouter : « La 1559 n’a pas établi de distinction entre des milices armées. Elle évoque la nécessaire unicité de l’autorité et de l’armée libanaises sur le territoire libanais. »
Priée de donner son opinion au sujet du document d’entente Aoun-Nasrallah, Mme Rice a évité de se prononcer directement, se contentant de souligner que « tout ce qui se décide dans le cadre de la vie politique libanaise doit tenir compte des devoirs internationaux du Liban et ces devoirs sont clairs en vertu de la 1559 ». « Cette résolution doit rester au cœur des activités des hommes politiques libanais », a-t-elle dit.
« Nous considérons que la politique de la Syrie est néfaste pour beaucoup de ses voisins. Les Syriens continuent à créer un climat de terreur et d’instabilité au Liban et cela est directement lié aux attentats visant des personnalités libanaises », a-t-elle ajouté.
Pour elle, « le message porté par la commémoration de l’anniversaire du meurtre de Rafic Hariri rappelle à la communauté internationale qu’il est de son devoir de faire comprendre aux voisins du Liban et notamment à la Syrie qu’il ne leur est plus permis de terroriser le Liban et de s’ingérer dans le système politique libanais ». « La Syrie, l’Iran et d’autres pouvoirs dans la région doivent permettre au peuple libanais de réaliser ce qu’il est descendu exprimer dans la rue », a-t-elle insisté.
Berry ou Lahoud
شدياق: راهنوا على فشلكم
شدياق: راهنوا على فشلكم فأثبتم أنكم الغالبية الحقيقية
الاعلامية الزميلة مي شدياق من باريس: "هل تسمعونني يا شباب، اشتقتولي قد ما اشتقت لكم؟
الى اكثر من مليون لبناني مجتمعين اليوم 14 شباط في ساحة الحرية في ذكرى استشهاد الرئيس رفيق الحريري ورفاقه، ذكرتونا بـ14 آذار 2005، وان شاء الله منرجع نلتقيكم بـ14 آذار. تحية من القلب الى اركان 14 آذار المجتمعين اليوم بأبهى صورة، تحية من قلب الضحية الرابعة عشرة، يللي كتب لها النجاة مع جروح عديدة مؤلمة في الجسم والقلب. ولكن المؤمن بلبنان لا يسعه الا ان يتعالى على الجروح ويتذكر الشهداء الكبار اللي سبقونا خلال السنة الماضية
مسيرة الشهداء بدأت مع الرئيس الشهيد رفيق الحريري ورفاقه وباسل فليحان، وكرّت السبحة لتأخذ بطريقها سمير قصير وجورج حاوي، واخيراً الاخ العزيز جبران تويني ورفيقيه، من دون ان ننسى الاحباء مروان حماده والياس المر
يا لبنانيي يللي اعدادكن فاقت المليون، اعدادكن مش وهمية ولا قلة عابرة، وانوار وجوهكم ليست ضوئية. انتو المجد، انتو الشعب اللي ما بيموت، لو مهما كانت التضحيات غالية. انتو جبهتكن عالية، وغلطوا اللي اعتبروا التعامل معكن من مأمور لمأمور
كتار راهنوا على فشل هالمناسبة، كتار راهنوا على الطقس الماطر، كتار راهنوا على المازوت اللي انكب على الطرق، كتار راهنو على الاحداث المفتعلة في الاشرفية، ولكن انتو اثبتوا بارادتكن انو زرع التفرقة بين اللبنانيين الاصيلين مسألة مستحيلة. اثبتوا انكم انتو الغالبية الحقيقية وليس الاستعراضية، انتو الدليل القاطع على الوفاء لقضية لم تعد ملك بعض الخونة، وانما انتقلت الى المحكمة الدولية، فأصبحت واقعاً، في حين اصبح الهروب من الحقيقة هرباً من الخيال
نحن سوا من منطلق النداء لبناء الدولة العادلة يللي بيسودها الاستقرار والامن بفضل اجهزة امنية لا غبار عليها تضبط الوضع فلا تعود تخشى متسللين، او كما يقال شاحنات محملة بالسلاح تقطع المعابر من دون اي ممانعة. نحن في حاجة الى دولة قوية، والى اجهزة شرعية قادرة على انجاز السيادة والاستقلال، ولكن في الوقت ذاته ثقتنا كبيرة باللي ائتمناهم على مصيرنا حالياً رغم بعض الشوائب، ورغم كل محاولات افشالهم، عشتم وعاش لبنان الحر والمستقل والى اللقاء
Source: ANNAHAR
SIT-IN pour soutenir la Liberté, le Respect et le Dialogue
Des manifestations violentes ont secoué notre capitale Beyrouth le dimanche 5 février 2006, et des actions similaires continuent à se dérouler, hélas, un peu partout dans le monde.
En tant que jeunes libanais vivant en Europe, nous défendons avec conviction le droit de manifester.
Cependant, nulle appartenance, fut-elle laïque ou religieuse, ne peut justifier le recours à la violence comme mode possible d’expression.
Seul le dialogue, dans un climat de confiance et de respect, peut nous permettre de comprendre les messages des uns et les susceptibilités des autres.
Tel est l’essence de la « vocation » libanaise, tel est le sens de notre culture.
L’Union Libanaise Culturelle dans le Monde
vous invite à participer au sit-in pacifique devant le Mur de la paix,
métro Ecole Militaire, Ligne 8
le Jeudi 16 février à 19h30
pour dire notre attachement à la paix, à la liberté, au respect et au dialogue
Vous pourrez soutenir ce message en signant une pétition sur place.
Le Sit-in sera animé par des chansons et musique de paix.
Le monde doit voir dans nos figures ce jour-là,
le vrai visage du Liban auquel nous croyons.
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Pour nous contacter : ulcm@online.fr
May Chidiac: «Gebran, tu nous manques»
May Chidiac:
« Gebran, tu nous manques »
Avec Marwan Hamadé et Elias el Murr, elle fait partie de ces miraculés qui ont survécu aux attentats perpétrés par les créatures de l’ombre. May Chidiac, en quelques mots simples et émouvants, nous parle de Gebran, l’ami, le passionné de la vie.
Cette tendre et affectueuse amitié entre Gebran et la journaliste vedette, May Chidiac, remonte à de longues années. Il était écrit que ces deux brillants esprits devaient se rencontrer et s’estimer mutuellement.
Un homme au grand coeur
Les premières fois où leurs chemins se sont croisés, c’était sur les plateaux de la LBC, où May voyait Gebran participer en tant que journaliste à des émissions qui regroupaient des partis et des hommes politiques. «Dès le départ, raconte May Chidiac, on sentait chez lui un grand intérêt pour la vie politique. Et, face à sa prestance distinguée et ses talents de polémiste, je n’ai pas pu ne pas éprouver aussitôt une admiration envers lui. Par la suite, j’ai eu affaire directement à lui pour une interview dans le cadre de l’hebdomadaire Le Nahar arabe et international. Ça s’est passé dans ses bureaux à Achrafieh et l’interview était destinée à paraître dans le journal de l’Université libanaise de l’information où je poursuivais mes études. C’est depuis lors qu’on a vraiment fait connaissance et mon admiration n’a eu de cesse de grandir de jour en jour, pour se transformer en amitié avec le temps. Je me souviens vaguement de sa carrière d’animateur d’émissions politiques, mais je me rappelle sa façon redoutable de dialoguer; il intimait à son interlocuteur le devoir de répondre clairement, par un oui ou un non, et imposait en quelque sorte la réponse.» Nous faisons gentiment remarquer à May Chidiac que l’utilisation de termes tels que “intimait” et “imposait” ne concorde pas parfaitement à l’image d’un Gebran démocrate, et la journaliste de répondre, mi-figue, mi-raisin: «Gebran n’est pas très démocratique, quand il s’agit de ses convictions et de la cause du Liban, et il n’a pas changé, même avec le temps. Quand je l’interviewais pour “Nharkon saïd”, ça se déroulait toujours selon le schéma suivant: je commence par lui poser des questions; mais, petit à petit, il inverse les rôles, en voulant que je donne mon avis et en lançant son fameux “Mech héké, May?” (“N’est-ce pas, May?”). Alors que, à la base, c’est lui qui est censé répondre. Un beau jour, n’en pouvant plus, je lui ai dit: “C’est moi, la journaliste. Je pose des questions, et toi, tu réponds. Point.” Chez lui, c’était la déformation professionnelle du journaliste. Dans le fond, moi, je n’avais pas de problèmes avec cette attitude; la plupart du temps, j’étais de son avis. Mais, en tant que présentatrice, ce n’était pas à moi de donner le mien. Si je voulais insinuer quelque chose, je pouvais très bien le faire à travers mes questions. Plus que ça, il voulait m’impliquer dans ses prises de position. C’était sa méthode. Cette joute, entre lui et moi était très sympathique. Sur le plateau, tout le monde pouffait de rire. On se colletait pendant toute l’émission.»
A cette évocation, May Chidiac a un rire triste, mais un rire quand même, qui vient dissiper pour un instant ces nuages sombres qui occultent son soleil, depuis le lâche attentat dont elle a été la victime et le tragique assassinat de Gebran.
Elle continue à dérouler le fil des souvenirs: «Gebran est très humain. Je donne un exemple qui illustre bien sa grandeur d’âme: à la NDU, où j’enseigne le journalisme, l’une de mes étudiantes est malvoyante. Bien qu’elle soit brillante, personne ne voulait l’embaucher à cause de son handicap. Un jour, Gebran tombe sur un reportage diffusé sur Télé Lumière; on y parlait de mon étudiante. Aussitôt, il l’appelle et lui donne rendez-vous au journal. A la fin de l’entrevue, il lui propose un poste au Nahar. C’était la joie de sa vie! Ça, c’est un exemple parmi d’autres de sa bonté, de sa générosité de cœur. Par ailleurs, j’ai entendu dire – il ne m’en a jamais parlé – qu’il subvenait aux besoins de plein de familles démunies. Cela, personne ne le savait. Quand quelqu’un était dans la gêne, il était prêt à s’endetter pour aider. Et aussi, ce que j’aime en lui, c’est sa foi profonde. Il gardait le chapelet dans sa main, tout au long de “Nharkon saïd”. Incroyable!»
Une amitié indéfectible
Au téléphone, l’interview avec May Chidiac se poursuit. Malgré sa grande tristesse, sa voix se teinte de chaudes intonations lorsqu’elle évoque Gebran, l’ami: «De son amitié, je conserverai pour toujours le dernier exemple. Le samedi 10 décembre, c’est-à-dire deux jours avant son assassinat, il était chez moi, au centre de rééducation où je me fais soigner. Il s’informe de la manière dont j’occupe mon temps, si j’arrive à lire… Je lui réponds que je ne lis pas beaucoup parce que je n’arrive pas à me concentrer. La télé? Je dis qu’il n’y a pas grand-chose à voir. Il décide alors de m’apporter quelques DVD à visionner. Mais je lui dis que je n’avais pas de lecteur. Il disparaît alors pour un certain temps. Plus tard, j’ai appris qu’il était allé à la Fnac, qu’il avait choisi un lecteur, acheté des DVD et avait fait la queue à la caisse pendant une heure. S’il ne me considérait pas vraiment comme une amie, il n’aurait pas fait une chose pareille. Il éprouvait une sympathie particulière envers moi. Peut-être parce que je suis à la fois femme et journaliste, et qu’il me trouvait intelligente; on pouvait communiquer, partager les mêmes idées, les mêmes goûts… C’était un ami fidèle. Je savais que je pouvais compter sur lui. Et son épouse, Siham, c’est vraiment l’amie par excellence. Elle aussi partageait beaucoup de qualités avec Gebran; entre autres, le courage, la générosité, l’amitié et la foi.»
Un être passionné
Ce jour fatal, où Gebran succombe, May Chidiac l’a vécu, comme beaucoup de Libanais, dans la stupeur et le déni de la réalité: «Ce jour-là, tôt le matin, on m’a prévenue, sans plus de détails, de regarder la télé. J’allume et je lis: “Un attentat aurait visé Gebran Tuéni.” Puis, un peu plus tard, la confirmation de sa mort. Complètement atterrée, j’ai fondu en larmes.… Mais j’ai continué mes exercices de rééducation, je ne voulais pas flancher. Je me suis ainsi contenue jusqu’au troisième jour, où ma douleur a entièrement débordé, et je suis tombée malade. Je ne pouvais pas accepter la réalité de sa mort.» En disant ces mots, la voix de May se brise. Un long silence, puis elle ajoute, sanglotant: «Beaucoup de martyrs sont morts, mais c’est surtout la disparition de Gebran qui m’a le plus bouleversée. Voilà pourquoi j’ai appelé les Libanais à une messe, à l’église Notre Dame du Liban, à Paris, le dimanche 15 janvier. La messe était émouvante, Gebran était sur toutes les lèvres et dans tous les cœurs. Pour moi, résidant en France, loin de mon pays, j’ai trouvé que c’était la meilleure preuve d’amour que je pouvais donner en adressant ce message à Gebran, maintenant qu’il est au ciel, pour lui dire que je pensais à lui.»
May, transie d’émotions, se ressaisit et évoque les images souriantes d’un Gebran passionné, vivant intensément: «La dernière fois où il m’a visitée, je l’ai vu très enthousiaste à l’idée de rentrer au Liban; il avait hâte de participer à la séance parlementaire, le mardi suivant. Il parlait de cette participation avec un sourire au coin des lèvres, l’air de dire: “Je vais les avoir!” En effet, il semait la pagaille, en quelque sorte, désorientait tous les parlementaires conventionnels avec son franc-parler. Sur un autre plan, Gebran s’adonnait à un hobby qu’il était en train de développer et de perfectionner de plus en plus: l’équitation. Je m’en suis étonnée en lui disant que cette réputation de cavalier, c’était surtout Siham qui l’avait et pas lui. Il me répond que c’est différent, que pour Siham, c’est les sauts, les parcours, les compétitions… tandis que lui s’occupe du dressage. Très féru de nouvelles technologies et de gadgets photos et autres, il me montre alors sur un tout petit appareil dernier cri une vidéo de lui en train de monter à cheval et de le dresser. Il voulait tout expérimenter, il voulait croquer la vie à pleines dents; il était le politicien sans peur ni reproche, le journaliste émérite, le jeune qui s’épanouissait dans ses passions; il était dans cet état d’esprit où l’on sent qu’on a encore tout à découvrir. Il était incroyable dans cette boulimie de la vie. Mais il était trop fort pour certains. Ça lui a coûté cher.» Après un instant de réflexion, May ajoute: «Et cela nous a aussi coûté à nous tous!»
Pour May, comme pour tous ceux qui l’ont connu et aimé, la pensée et l’action de ce pur parmi les purs resteront présentes dans les mémoires. A la question: qu’aimeriez-vous dire à Gebran?, May répond: «Tu nous manques! Tu as quitté très tôt tes petites jumelles; elles avaient encore besoin de toi, de te connaître… Tu t’en es allé très tôt…»
L’émotion est à son comble, surtout pour May qui se sent seule en France, loin de son pays. «Si Dieu le veut, espère-t-elle, je reprendrai mes activités à la LBC, et l’année prochaine, mes cours à la NDU. Pas cette année, parce qu’il me reste encore quelques mois pour compléter ma rééducation, mes traitements, les interventions chirurgicales. J’ai subi vingt opérations, et il m’en reste encore une ou deux. C’est dur de perdre deux membres. Si dur que, des fois, je me révolte. Mais je m’en remets aussitôt à la volonté de Dieu. Il ne voulait pas de moi. Il pense que c’est peut-être un peu trop tôt. Mais l’heure viendra, un jour…»
Johnny Karlitch
May Chidiac veut poursuivre son combat « à la télévision et à l’Assemblée »
May Chidiac nous accueille avec son beau sourire, que les tueurs n’ont pu lui effacer, pour un entretien à bâtons rompus au cours duquel ses projets politiques et professionnels se sont mêlés à ses réflexions et ses commentaires sur le terrible drame qui a failli lui coûter la vie. Sa première pensée, dit-elle, lorsqu’elle a repris connaissance après l’explosion était de se dire « Merci mon Dieu » et de réciter une prière dédiée à saint Charbel dont elle avait visité le sanctuaire le jour même. « Une fois au volant de ma voiture, je m’étais retournée avant de démarrer pour ranger sur la banquette arrière des reliques apportées de Annaya et c’est à ce moment-là que l’explosion a eu lieu. Voilà pourquoi mon visage est resté intact », raconte May Chidiac. Ce sera la seule évocation de l’horreur qu’elle a vécue. Place ensuite à la politique et à l’actualité locale.
Aoun
Priée de dire si elle accepterait de se désister en faveur d’un candidat de compromis pour éviter une bataille à Baabda-Aley, elle répond : « Dès le départ, je me suis présentée comme candidate indépendante et de compromis et j’ai essayé de prendre contact pour cela avec le général Michel Aoun qui m’avait rendu visite à l’hôpital avec des membres de sa famille. De plus, au cours de la conférence de presse que j’avais tenue pour annoncer ma candidature, j’ai essayé de lui tendre la main en lui disant que je lui serais reconnaissante s’il me soutenait. Au cours d’une récente interview télévisée, le général Aoun a confirmé que je l’avais appelé, ajoutant qu’il prendra contact avec moi. Mais le lendemain, j’ai dû subir mon énième intervention chirurgicale et les choses se sont arrêtées là. En ce qui concerne le compromis, je prendrai ma décision en temps opportun, en fonction de l’évolution de la situation. »
Et d’ajouter : « M. Pierre Daccache figurait sur la liste du général Aoun lors des dernières législatives et c’est à ce titre que je l’avais accueilli dans une de mes émissions télévisées. On ne peut donc pas dire qu’il s’agit d’un candidat de compromis. J’ai un grand respect pour lui, mais arrêtons de dire qu’il est un candidat d’entente. J’apprécie beaucoup l’aspect humain de ses activités en tant que médecin et en particulier les soins qu’il prodigue aux adhérents du Hezbollah qui le soutient. »
May est déterminée à poursuivre la lutte pour les valeurs qu’elle défend et auxquelles elle s’est consacrée au cours des précédentes années. « Je me suis battue et j’ai travaillé dans le domaine du journalisme pour la liberté et la souveraineté du Liban, dit-elle, aussi bien dans mes journaux télévisés que dans le cadre de mes “talk-shows” politiques du matin. J’avais une mission à accomplir et je le faisais dans le cadre de mon travail. J’ai fini par en payer le prix. En tout état de cause, l’idée de “faire de la politique“ n’est pas nouvelle pour moi. J’y ai toujours pensé. Après quatre mois passés ici à Valenton, loin des studios de la télévision, j’ai estimé que le moment était venu de m’enrôler dans l’action politique. J’espère que les gens qui m’ont accueillie favorablement me soutiendront et voteront pour moi. J’ai toujours été le porte-parole de tout le monde et je me mettais à leur place pour poser mes questions. Je les poserai désormais à l’Assemblée plutôt qu’à la télévision. »
L’épreuve qu’elle a traversée l’a-t-elle endurcie ou, au contraire, l’a-t-elle rendue plus sensible aux malheurs des autres ? « Elle ne m’a pas endurcie, affirme-t-elle. J’ai toujours été sensible aux malheurs du monde et j’étais souvent émue devant la caméra, notamment lorsque j’annonçais la disparition d’un collègue ou d’un être cher. J’étais secouée par les attentats qui ont visé mes confrères et qui ont fini par m’atteindre. Aujourd’hui, je pense être encore plus sensible aux malheurs des gens. J’étais un peu loin, dans mon monde à moi, aimée et adulée. Maintenant, je constate que je suis plus sensible aux problèmes que d’autres catégories de gens peuvent connaître. »
La femme
Priée de dire si elle a un message politique à adresser aux Libanais et en particulier à la femme libanaise, elle répond : « Je commencerai par le deuxième volet de la question. J’ai souvent entendu des femmes libanaises ou arabes me dire combien elles sont fières de moi en tant que femme, car celles qui osent s’exprimer comme moi dans le monde arabe ne sont pas nombreuses. Je veux dire que je ne suis pas la première à m’exprimer ainsi dans le monde arabe, mais je sais que je suis une des rares femmes candidates à me présenter aux élections sans être appuyée par un mari ou pourvoir à un siège parlementaire laissé vacant par la disparition d’un époux, d’un père ou d’un proche. La femme libanaise a réussi dans plus d’un domaine, mais en politique, cela est relativement récent. Nous avons eu des femmes ministres depuis le gouvernement Karamé seulement. »
May Chidiac estime que « sur le plan politique, la femme a encore beaucoup à faire, à divers niveaux. Lorsqu’on avait parlé d’un quota féminin à l’Assemblée, j’avais pensé que ce serait en fonction du nombre des députés actuels, puis je m’étais rendu compte qu’on proposait d’ajouter au Parlement des sièges qui seraient consacrés aux femmes, comme si celles-ci étaient une autre catégorie d’êtres humains. Je suis contre cette manière de faire, car nous sommes à égalité avec les hommes et nous n’avons pas à être classées dans une catégorie à part. Nous n’avons rien à envier aux hommes, qu’il s’agisse de capacités ou de niveau professionnel et intellectuel. Nous sommes prêtes à assumer les plus hautes fonctions ».
Achrafieh
Priée de définir ses priorités si elle est élue, May Chidiac explique : « J’ai toujours eu un objectif, celui d’œuvrer pour un pays souverain dans tout le sens du terme. Tout faire pour que le Liban recouvre une indépendance et une souveraineté réelles. Beaucoup d’hommes politiques parlent de souveraineté, mais, en même temps, font tout pour que la présence syrienne soit rétablie dans notre pays, d’une manière ou d’une autre. Je suis pour la souveraineté totale et pleine du Liban. »
« Le problème pour nous, ajoute-t-elle, est que les Syriens ont quitté le Liban à contrecœur. J’aimerais que les Libanais soient réellement convaincus un jour que la présence syrienne est terminée à jamais et qu’ils ne doivent plus œuvrer pour que les Syriens retournent chez nous sous prétexte que le peuple ne peut pas gérer ses affaires et qu’il lui faut une tutelle étrangère. Je suis hostile à toute tutelle étrangère. » Pour elle, « les événements de dimanche ont prouvé que les Libanais sont responsables et mûrs ». « Si, à Dieu ne plaise, des fidèles qui assistaient à la messe à Gemmayzé ou ailleurs avaient réagi violemment, nous aurions eu un drame atroce. Les Libanais sont assez sages pour ne plus tomber dans de tels pièges », a-t-elle insisté.
Pourra-t-elle reprendre ses activités au point d’oublier en quelque sorte son handicap ? « Je pourrais reprendre une vie normale même sur une chaise roulante. Cela n’aura aucune importance pour moi, car l’essentiel est que ceux qui ont voulu me liquider n’ont pas réussi. S’ils ont blessé des parties de mon corps, ils n’ont pas atteint l’essentiel, c’est-à-dire la tête et le cerveau. Dieu n’a pas voulu que j’aille rejoindre mes confrères, notamment Gebran Tuéni qu’il a rappelé à lui. »
Le pardon
Et le pardon ? En est-elle capable ? « Je suis chrétienne et je suis convaincue des paroles du Christ selon lesquelles il faut “tendre l’autre joue”. Mais je ne peux accepter que des gens soient tués gratuitement, sans qu’on ne sache jamais pourquoi et sans qu’on ne découvre jamais les coupables. Cela me révolte et je veux connaître la vérité à tout prix. La vérité sur tout ce qui a été commis comme crimes au cours de ces douze derniers mois. »
Émeutes : la Ligue maronite réclame les sanctions « les plus sévères »
Dans un communiqué, la Ligue réfute totalement l’argumentation de l’ex-ministre de l’Intérieur, Hassan Sabeh, selon lequel les FSI se sont comportées sagement en s’abstenant d’ouvrir le feu sur les émeutiers. « Certaines excuses sont pires que des crimes », souligne le communiqué à cet égard.
Le texte appelle en outre à l’adoption d’une loi reportant « de quelques mois » l’élection partielle de Baabda-Aley en cas d’absence d’un candidat de consensus.
Par ailleurs, elle dénonce avec virulence le niveau atteint par le discours politique dans le pays.
Voici le texte quasi intégral du communiqué de la Ligue maronite :
« La Ligue maronite exprime sa condamnation absolue de ce bas niveau auquel est parvenu ces derniers temps le discours politique, dans lequel les accusations ignominieuses ont pris la place du débat et de la rivalité d’opinions. Les Libanais n’ont jamais auparavant, ni à l’époque moderne ni contemporaine, été habitués à ce genre de discours dans la vie politique du pays.
« Ces échanges infamants sont aussi éloignés que possible de la pratique démocratique et font le plus grand mal à la liberté d’expression. Il s’agit même d’un franc assassinat de la démocratie et de la liberté, du fait du non-respect témoigné à la fois à l’égard de l’adversaire et du citoyen. Au lieu que le discours politique ne serve à renforcer l’éveil et l’esprit critique chez les citoyens, le voilà qui excite les fanatismes instinctifs et qui prend la forme d’une incitation caractérisée à l’élimination de l’adversaire et à son meurtre.
« La démocratie nous apprend que la rivalité en politique est une chose naturelle et légitime et qu’elle est l’une des facettes du droit à la différence, un droit qui est au cœur même de la pratique démocratique.
« La Ligue regrette de se voir contrainte d’attirer l’attention de tous ceux qui adoptent ce discours odieux sur le dégoût du peuple libanais tout entier à l’égard de ce style et de ces insultes visant son intelligence, sa conscience et son sens politique, national et démocratique.
« La Ligue maronite prend note de la solide détermination affichée par le ministre de l’Intérieur par intérim, Ahmad Fatfat, à poursuivre l’enquête sur l’invasion d’Achrafieh, de Saïfi, de Rmeil et de Medawar avec assiduité, fermeté et objectivité, à proclamer les vérités et à définir les responsabilités. Cette invasion a été planifiée pour être le début d’une guerre civile destructrice pour le Liban et il est apparu qu’il y a eu une ingérence extérieure claire jouant un rôle dans l’aggravation des émeutes préparées à l’avance. Le communiqué publié au sujet des arrestations en est la preuve.
« Il reste que, pour être en mesure de faire échec à la guerre civile, il est absolument insuffisant de recourir aux prétextes traditionnels à propos de l’existence d’éléments infiltrés. Les infiltrés s’infiltrent et commettent des actes de subversion. C’est leur métier. Quant à l’étranger, il continuera à saisir les occasions, et même à les inventer, pour pouvoir allumer les flammes de la discorde et déstabiliser notre patrie.
« Il existe une responsabilité certaine imputable à des parties libanaises internes. Il est indispensable de la déterminer dans les faits, faute de quoi il serait impossible de pouvoir empêcher les ennemis du Liban d’exploiter les occasions et de faire échec à leurs plans destinés à nuire à son entité, son unité, sa sécurité, son économie et sa stabilité.
« Il ne fait aucun doute qu’une responsabilité essentielle, il faut le reconnaître avec franchise, incombe à ceux qui ont appelé à la manifestation et qui l’ont organisée. Ces parties ont commis une erreur en fixant l’itinéraire de la manifestation, un itinéraire qui prend une dimension particulière puisqu’il s’agit de quartiers exclusivement chrétiens. Elles ont aussi commis une erreur dans l’évaluation des risques de faciliter la tâche aux fauteurs de troubles.
« Il aurait été possible de fixer un autre site pour la manifestation, comme par exemple la place des Martyrs, quitte à ce qu’une délégation d’organisateurs se rende à la chancellerie concernée pour y transmettre la protestation. »
« Tout le monde savait »
La Ligue maronite poursuit : « Les services et les forces de l’ordre, ainsi que l’ex-ministre de l’Intérieur assument également une part essentielle de responsabilité, ayant fait preuve d’une négligence flagrante en ne prévoyant pas ce qui allait se passer. Tout le monde au sein de ce ministère, tous services confondus, savait à l’avance que des parties déterminées et des éléments se rassemblaient et se préparaient ouvertement à provoquer des troubles. Pourquoi donc n’a-t-on pas pris les mesures préventives, comme par exemple imposer une modification de l’itinéraire ou assurer une protection, à l’aide d’effectifs suffisants et d’obstacles, des entrées des quartiers qui ont été envahis, au lieu de laisser cette manifestation suivre son cours libre, sans présence sécuritaire dissuasive ?
« Les citoyens ont rejeté de façon absolue les prétextes illusoires selon lesquels, ainsi que l’a affirmé l’ex-ministre de l’Intérieur, les forces de sécurité se sont comportées avec sagesse en n’affrontant pas les émeutiers et que, de ce fait, elles ont épargné au Liban des morts et des blessés et donc les répercussions que cela aurait pu avoir.
« Si l’on accepte une telle logique qui pousse à ligoter les mains des forces de l’ordre et de les empêcher d’accomplir leur devoir, cela conduira à une catastrophe plus grande, qui consiste à s’abstenir de protéger les citoyens, jetant de ce fait ces derniers dans les bras de l’angoisse et de la terreur.
« Certaines excuses sont pires que des crimes. Car si des mesures préventives renforcées avaient été prises, comme cela s’était produit par exemple dans les manifestations de Awkar et du Sérail, il n’aurait pas été question d’ouvrir le feu sur les manifestants, et d’ailleurs il ne devrait jamais en être question.
« Non. Ce qui s’est passé ne se limite pas à des erreurs ou à des failles de discipline. C’est un péché mortel qui a failli emporter dans une grande explosion l’unique patrie de la coexistence dans la région. Voilà pourquoi les demandes de comptes, tout comme la sanction à tous les niveaux, sont des devoirs à assumer jusqu’au bout, avant qu’il ne soit trop tard et pour que nous ne retombions pas à nouveau dans l’enfer de la guerre civile.
« Il y a une véritable responsabilité nationale, de la part de tout le monde au Liban, à l’égard des citoyens des zones envahies, qui ont fait preuve d’un sens national libanais hautement civilisé, épargnant réellement et sincèrement au Liban de choir dans le piège de la guerre civile destructrice. Cette responsabilité consiste à protéger cet exemple de patriotisme qu’ils ont concrétisé. Car ils restent attachés à leur refus absolu de tout appel les invitant à recourir à l’autosécurité. Ils ne veulent et n’acceptent que la seule sécurité légale libanaise. L’État est donc censé, par le biais de tous ses services concernés, rassurer tous les citoyens de façon palpable sur le fait qu’il les protège. Le premier signe de cette protection sera de punir le plus sévèrement possible tous ceux qui sont impliqués dans ces attaques délibérées, planificateurs et exécutants, et de sanctionner fermement tous les responsables ayant fait preuve de négligence, loin de tout laxisme et de toute tergiversation.
« La Ligue maronite se voit contrainte, tant sur le plan national que chrétien, d’attirer l’attention de tous sur le fait que la tenue de l’élection partielle de Baabda-Aley dans le contexte actuel fortement crispé et tendu, qu’il soit apparent ou non, porte en elle le risque de transformer la bataille concurrentielle en une guerre d’insultes, d’accusations de trahison et jusqu’à la confrontation sanglante. De sorte que seront ainsi rétablis, hélas, les anciens climats, les positionnements et les éléments de défi entre les courants rivaux. S’il est impossible de parvenir à un candidat de consensus, l’élection ne se fera que sur la base d’un vainqueur et d’un vaincu. Le cas échéant, nous serons tous vaincus et il n’y aura point de vainqueur (…).
« C’est pourquoi, en cas d’absence de consensus, la Ligue maronite appelle à l’adoption d’une loi reportant de quelques mois cette élection. »


