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Nucléarisation
30/10/2010 – Par Ziyad Makhoul
Quarante-deuxième semaine de 2010.
Le pire, ce sont les brillants cadors aounistes. Ceux-là, aucun état d’âme ne les secoue plus lorsqu’ils plongent tête la première dans le plus aveugle des suivismes et les plus crétines des surenchères. Tout y est, d’un Fady Abboud, ministre du… Tourisme, qui espère que ne soit pas imposé à la résistance un nouveau 7 mai (c’est le comble des combles) à un Nagi Gharios qui s’étonne, tout député soit-il, du viol de l’immunité du gynécée de la banlieue sud (on aura tout entendu), en passant, naturellement, par un Nabil Nicolas toujours aussi churchillien et qui croit bon de juger qu’il est du droit de Hassan Nasrallah de demander aux Libanais de ne pas coopérer avec la justice internationale, son tribunal et ses enquêteurs… Et puis Michel Aoun. Le chef du CPL ne fait plus de politique. Il a décidé désormais de se consacrer exclusivement à une seule activité : déréaliser. Chimiquement.
Le pire est là. Parce que finalement, le processus hier fascisant et aujourd’hui fasciste qu’a initié le Hezbollah cinq ans après l’explosion du 14 février et qu’il a fait passer depuis l’incident d’Ouzaï à une vitesse supérieurement criminelle n’a rien d’étonnant. Cela est même de bonne guerre : le parti de Dieu est persuadé à tort ou à raison qu’il figurera en bonne place dans l’acte d’accusation à venir du TSL. Les Libanais auraient pu comprendre cette paranoïa, la partager, envelopper le Hezb dans le placenta-bunker inexpugnable d’une unité nationale enfin retrouvée, attendre avec lui le texte biblicocoranique de Daniel Bellemare et, au cas où un ou plusieurs membres du parti s’avéraient coupable, aider le Hezb à s’autopurger.
Ils auraient pu. Ils ne le pourront jamais ni ne le voudront, tellement la détermination de la formation de Hassan Nasrallah à en finir avec la formule libanaise actuelle et à dynamiter le peu qui reste de l’Etat libanais est goulue. Tellement elle semble irréversible.
Encore une fois, ce n’est pas tant la communauté internationale qui espère utiliser le TSL et son acte d’accusation pour essayer de décrédibiliser le Hezbollah et le jeter au pied du mur que ce même Hezbollah qui a compris qu’il pouvait avant tout le monde profiter de l’attentat du Saint Georges et ses conséquences pour chambouler radicalement la donne non seulement libanaise, mais aussi régionale.
Douter jusqu’à la lie de l’acte d’accusation est une chose. Clamer sa totale innocence en se montrant totalement effrayé par le moindre indice est une chose. Se cacher derrière les femmes et les hommes travestis en femmes comme en 2006 les canons à missiles derrière les écoles et les mosquées et les maisons est une chose. Mentir comme un arracheur de dents en prétendant que le bureau beyrouthin du TSL n’a pas prévenu de la visite des enquêtrices à la clinique est une chose. Jouer aux gardiens de la vertu, de toutes les vertus offensées et s’insurger aussi droit qu’une autruche qui a avalé un balai par erreur contre l’immoralité d’une justice décidée à ne pas se laisser intimider est une chose. Imposer une ségrégation très chemises brunes (ou tchadors bruns) entre les Libanais, une espèce d’apartheid relooké qui veut ligoter à tous les bûchers l’ensemble de ceux qui exigent vérité et justice est une chose. Terrifier Walid Joumblatt au point de lui faire perdre toute échelle de valeurs et l’obliger à passer pour le dernier des imbéciles est une chose. Menacer de pires discordes, de mille autres 7 mai, d’une fitna infinie est une chose.
Vouloir pousser la sinistre logique du clonage non plus sur l’autocratie syrienne mais sur la wilayet el-faqih iranienne jusqu’à son climax, c’est-à-dire commencer à tout faire pour transformer le Liban en paria de la communauté internationale en est une toute autre. Ce n’est plus un simple appel à la désobéissance civile, une invasion du centre-ville, un camping sauvage devant le Sérail dont il s’agit là, mais d’un suicide pur et simple. Après avoir demandé aux villageois du sud de lapider la 1701 en s’en prenant aux soldats de la Finul, Hassan Nasrallah exige cette fois de tous les Libanais, dans un réflexe référendaire cannibale et absolument perdu d’avance, d’assassiner la 1757 en boycottant le TSL et en refusant de collaborer avec les enquêteurs onusiens. Dans un seul but : faire du Liban le deuxième Iran mais en pire (il n’y aura pas, là, d’Agence internationale de l’énergie atomique qui viendra contrôler quoi que ce soit) et, idéalement, obliger les Nations unis à voter une résolution 1929bis, petite sœur de celle qui avait, le 9 juin dernier, enjoint aux pays de la planète d’imposer des sanctions contre Téhéran. A ce moment-là, le Hezbollah aura gagné – et les lieutenants du CPL n’auront plus que leurs yeux pour pleurer.
Et ce constat en date du 17 septembre 1948 de Georges Naccache, ces mots qu’il a chuchotés à l’oreille de son Liban : Tu es ce pays où jamais depuis 25 ans les deux horloges officielles n’ont encore réussi à marquer la même heure.
Plus que jamais aujourd’hui.
Inauguration officielle de Jabal Moussa, troisième réserve de biosphère du Liban
Le public écoutant attentivement les explications de Mme Menassa, en l’église de Mchati.
C’est par une marche dans la nature suivie d’une cérémonie officielle qu’a été inauguré samedi, officiellement, le site de Jabal Moussa, classé par l’Unesco comme réserve de biosphère en 2009. Le moteur du processus ayant abouti à ce classement est l’Association de protection de Jabal Moussa, qui a réalisé le projet de « promotion de l’écotourisme pour la protection de la biodiversité dans la région de Jabal Moussa », avec l’appui du bureau de coopération de l’ambassade d’Italie, dans le cadre du programme ROSS.
L’inauguration a eu lieu en présence du ministre du Tourisme Fadi Abboud, des députés Farid el-Khazen et Gilberte Zouein, de l’ancien député Salah Honein, de l’ambassadrice de Grande-Bretagne Frances Guy, de l’ambassadeur de Belgique Johan Verkammen, du président du bureau de coopération italienne au Liban et en Syrie Fabio Melloni, du chargé d’affaires du bureau de l’Unesco à Beyrouth Saïd Belkachli, d’un représentant du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), du président de l’Association de Jabal Moussa Pierre Doumet et de plusieurs présidents de conseils municipaux et moukhtars de la région.
Proposition faisant de l’arabe une des langues habituelles du Vatican
Message final du synode : Sans conversion à l’Évangile, pas de communion ni de témoignage
« L’appel du Vatican est une initiative positive et constructive (…). Réagir positivement aux résultats du synode est du devoir de chaque Arabe et de chaque musulman. »
Samedi, le synode avait rendu public son message final et voté une quarantaine de propositions qui seront transmises au pape, et insérées dans une Exhortation postsynodale.
Les « spirituels » et les « pragmatiques » y trouveront tous deux leurs comptes. Le message final du synode sur les Églises catholiques du Moyen-Orient, rendu public samedi, a fait la synthèse de deux semaines de réflexion en allant droit au but et sans rien laisser dans l’ombre. Le message identifie, après le défi de la conversion et de la communion des Églises, le « deuxième défi » qui « vient de l’extérieur, des conditions politiques et de sécurité dans nos pays ainsi que du pluralisme religieux ».
Vaste tournée de Sayegh dans la Békaa-Ouest, à Hasbaya et Marjeyoun pour inaugurer des centres sociaux
La journée d’hier a été marquée par des visites dans plusieurs villages et localités de Hasbaya. M. Sayegh a notamment inauguré à cette occasion des centres de services sociaux à Rachaya al-Fakkhar, Kfeir et Kawkaba. Il était accompagné dans sa tournée de l’ancien vice-Premier ministre, le général Issam Abou Jamra, de Miss Liban 2009, Martine Andraos, et de plusieurs hauts fonctionnaires du ministère.
À Rachaya al-Fakkhar, où il a été accueilli par le général Issam Abou Jamra, le ministre Sayegh a prononcé une allocution dans laquelle il a notamment souligné qu’ « en dépit de tout ce qui se déroule au Liban, nous continuerons à vivre ensemble, chrétiens et musulmans ». « Ces régions frontalières resteront un havre de coexistence et de solidarité nationale et nul ne pourra remettre en cause cette réalité, a déclaré le ministre des AS. Nous devons œuvrer en vue du développement de l’homme dans cette région pour qu’il reste attaché à sa terre. La cause de l’homme et de sa dignité devrait nous unir. » M. Sayegh a annoncé dans ce cadre qu’il mettra sur pied prochainement, au sein du ministère des AS, un organisme spécialisé pour organiser le travail des artisans de manière à développer et renforcer l’artisanat dans le pays.
M. Sayegh s’est ensuite rendu au village de Kfeir où le général Abou Jamra a appelé à l’exécution de projets de développement dans les localités de la région, notamment au niveau des puits artésiens, de la réhabilitation des routes et du réseau électrique. Prenant la parole, le ministre des AS a souligné que « le changement réel au Liban ne pourra pas être opéré par le biais de la ligne de conduite actuelle ». « Nous avons besoin d’une véritable révolution culturelle et sociale et dans ce cadre, les projets de développement social prennent ainsi toute leur portée », a relevé M. Sayegh.
Notons enfin que l’accueil réservé au ministre à Kawkaba s’est déroulé en présence de plusieurs officiers supérieurs de la Finul.
Source: L’Orient Le Jour
9 % des Libanais âgés de plus de 40 ans souffrent d’une broncho-pneumopathie chronique obstructive
19/10/2010
De gauche à droite : les Drs Pascale Salameh, Mirna Waked, Georges Khayat et Nadim Kanj.
Maladies pulmonaires chroniques – Les résultats de la première étude sur la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) au Liban montrent que 9 % des personnes âgées de plus de 40 ans souffrent de la maladie. Quatre-vingts pour cent de ces patients n’étaient pas conscients de leur condition.
La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) affecte 9 % des personnes âgées de plus de 40 ans au Liban. C’est ce qui ressort notamment de la première étude nationale effectuée sur cette maladie et dont les premiers résultats ont été révélés à la presse au cours d’une conférence organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la spirométrie, célébrée le 14 octobre.
L’étude a englobé près de 2 000 personnes âgées de plus de 40 ans sur l’ensemble du territoire, avec pour but de déterminer la prévalence de la BPCO et des symptômes respiratoires chroniques au sein de la population libanaise. Pour ce faire, des tests de spirométrie ont été systématiquement effectués auprès de l’&eacut e;chantillon choisi. Il s’agit d’un examen qui aide à évaluer la fonction respiratoire d’une personne en mesurant le volume et/ou le débit de l’air qu’elle inspire ou expire. La spirométrie est un outil nécessaire pour évaluer les maladies bronchiques comme l’asthme et la BPCO.
Quelque 33,2 % des personnes incluses dans l’étude (51,2 % des femmes et 48,8 % des hommes) n’ont jamais fumé. Près de 31,8 % fument la cigarette et 20,8 % sont d’anciens fumeurs. De plus, 6,4 % consomment le narguilé, et 4,3 % la cigarette et le narguilé.
« La BPCO est étroitement liée au tabagisme, affirme le Dr Nadim Kanj, président de la Société libanaise de pneumologie. C’est une maladie respiratoire causée par une inflammation chronique et caractérisée par une obstruction progressive des voies respiratoires. D ans les cas avancés de la maladie, le patient peut étouffer. »
En plus du tabagisme, qui demeure la cause principale de la BPCO, le tabagisme passif et la pollution domestique et celle de l’atmosphère peuvent jouer un rôle dans son apparition. La maladie se traduit essentiellement par une toux chronique accompagnée de crachats, un essoufflement et une dyspnée. « Les symptômes sont les mêmes que ceux observés dans l’asthme, mais la cause de la maladie est différente ainsi que le terrain. Sans oublier que l’asthme survient à un âge plus jeune et il est causé le plus souvent par une allergie », explique pour sa part le Dr Mirna Waked, chef du service de pneumologie et réanimation à l’Hôpital Saint-Georges de Beyrouth, professeure de médecine à l’Université de Balamand et principale investigatrice de l’étude. Celle-ci a été conduite entre octobre 2009 et septembre 2010 avec la collaboration des Drs Pascale Salameh, professeure d’épidémiologie à l’Université libanaise, et Georges Khayat, chef du service de pneumologie et réanimation médicale à l’Hôtel-Dieu et maître de conférences à la faculté de médecine de l’Université Saint-Joseph.
Ghassan Tuéni : journalisme et munificence
Journaliste, ministre, député, Ghassan Tuéni reste l’une des grandes figures du Liban. Sa plume, son érudition, sa munificence le placent au premier rang de nos intellectuels. Portrait d’un homme fascinant. 2010 – 09 | L’Orient Littéraire
Sur la scène politico-culturelle libanaise, à son firmament plus précisément, Ghassan Tuéni n’a cessé de déployer des performances remarquables : successivement et simultanément journaliste, homme politique, éditeur, diplomate, écrivain multilingue, personnalité académique (recteur de l’université de Balamand, 1990-1993)… pour ne citer que les vecteurs principaux. Pas un de ces domaines qu’il n’ait enrichi de sa marque, pas un où son passage fut anodin, pas un où il ne s’illustra pertinemment, souvent au prix de sacrifices douloureux et d’échecs retentissants.
Le velours des masques
02/10/2010 – Par Ziyad Makhoul
Comme chaque jour ou presque, un lion, petit roitelet borgne en cette forêt de quasi-aveugles, poursuit une gazelle pour en faire son dîner. Il court, infatigable, sûr de sa suprématie, fort de ces armes (crocs, griffes, biceps…) que la petite biche n’a pas, arrogant, prétentieux, petit tyranneau de bas-étage ; il sait que la gazelle va finir par s’écrouler. Effectivement épuisée, la gazelle s’arrête net, se retourne vers le lion, bat des cils, le toise, très Lolita, et lui parle : Dis-moi chéri, toute ta vie, toi, ne se résume qu’à bouffer, bouffer et encore bouffer ? Et si tu essayais de me faire l’amour plutôt ?
S.N.
Trente-neuvième semaine de 2010.
Le problème n’est plus désormais la légendaire et délétère arrogance du Hezbollah. Aujourd’hui, on dirait que le Hezb, même s’il essaie fébrilement de préserver les apparences, a perdu la quasi-totalité de ce qui faisait hier son incroyable force : sa rigueur métallique, sa logique, sa scientificité, sa conviction. On dirait que le Hezb ne défend plus une cause, mais ce qu’il considère être sa survie. En gigotant, en tressautant, en se noyant dans d’interminables logorrhées, en se cognant aux murs, en enfilant, chose qu’il n’avait jamais faite avant, les suppositions, les éventualités et les aberrations ; bref, en n’arrivant plus à cacher ses fissures, ses brèches, ses failles, de plus en plus visibles. Cela ne le rend aucunement moins dangereux, c’est le moins que l’on puisse dire, mais juste plus imprévisible, peut-être un tantinet plus suicidaire…
Première anomalie : le Hezb est persuadé que d’Islamabad à Rabat en passant par Damas et Doha, Ankara et Koweit, on veut le rayer au mieux de l’équation, au pire de la carte. Le plus pathétique ? La satisfaction qu’il affiche lorsque l’on innocente la Syrie…
Deuxième anomalie : agissant exactement comme s’il était dans les petits secrets/papiers de Daniel Bellemare, le Hezb est convaincu que l’acte d’accusation du Tribunal spécial pour le Liban va immanquablement incriminer un ou plusieurs de ses membres.
Troisième anomalie : le Hezb menace des pires conséquences, évoque ces sept plaies d’Egypte qui s’abattraient sur le Liban en quelques secondes si ce fameux acte d’accusation le mettait à l’index, faisant croire aux Libanais et au monde qu’il est possible qu’un autre parti allume les feux extrêmement mal éteints de la guerre civile.
Quatrième anomalie : cinq ans plus tard et à la veille de la publication de ce texte-phare de la carrière de Daniel Bellemare, le Hezb s’est souvenu de ces faux témoins que tout le monde, à commencer par la Syrie et ses hommes-lige au Liban, avait essayé d’occulter – d’où l’insensée grande scène de l’acte IV signée Jamil Sayyed, qui n’en demandait pas tant, qu’une telle aubaine a laissé d’abord pantois et qui s’est ensuite totalement lâché, lui qui avait refusé, à sa sortie de prison, le moindre rapprochement avec ses coreligionnaires du parti de Dieu.
Cinquième anomalie : le Hezb fait de la contribution financière libanaise au TSL son cheval de bataille, expliquant entre les lignes qu’il serait prêt à dynamiter Doha avec, au passage, tous les S-S et toutes les effusions sentimentales entre Abdallah d’Arabie saoudite et Bachar de Syrie possibles et imaginables, sans oublier, bien sûr, le gouvernement d’union nationale si celui-ci acceptait de verser fût-ce dix livres à ce tribunal.
Sixième anomalie : ces indices et autres preuves un peu trop rachitiques que le Hezb a transmis à Daniel Bellemare via Saïd Mirza en exigeant qu’ils soient pris en compte mais qui n’existent étrangement et soudainement plus lorsque le procureur du TSL en demande davantage.
Septième anomalie : jouant aux absolues jouvencelles, aux gourgandines furieusement naïves, le Hezb, par la voix d’un Naïm Kassem inhabituellement mais très suavement low profile au cours de sa toute récente intervention télévisée, conseille à Saad Hariri rien moins que de corrompre la justice internationale et de faire en sorte que la formation chiite ne soit pas mentionnée dans l’acte d’accusation. Ubu roi lui-même n’y aurait pas pensé.
En réalité, le drame est que le Hezbollah est finalement d’une lucidité extrême : qui ne savait pas qu’en 2005, rien, absolument rien, même pas le lancement d’un feu d’artifice, ne pouvait se faire dans n’importe quelle région du Liban sans que la Syrie, le Hezb, l’Iran et Israël ne soient sinon impliqués, du moins très minutieusement au courant – que serait-ce alors de mille kilogrammes de TNT destinés à réduire Rafic Hariri en cendres… Parce que, sérieusement, qu’est-ce qui empêche le Hezbollah de jouer totalement le jeu ? A supposer que quelques uns de ses membres soient accusés, qu’est-ce qui l’empêche de traiter tout cela princièrement, avec l’assurance d’un lion, comme il le fait avec les traîtres et les espions pro-israéliens issus de ses rangs ou de ses ouailles ? Qu’est-ce qui l’empêche, tout aussi princièrement, d’attendre, le cas échéant, la réaction du 14 Mars en général et du Courant du futur en particulier, et d’agir en conséquence ? Qu’est-ce qui l’empêche, princièrement, d’en profiter pour faire une autopurge, maintenant que Bourj Abi Haïdar a emporté Mohammad Fawwaz, un mea culpa qui, quoi qu’on dise, aurait une sacrée gueule et doperait de facto la crédibilité du parti, qui n’existe plus ? Qu’est-ce qui empêche le Hezbollah, utopie ultime, de regarder les Libanais en général et les sunnites en particulier dans les yeux et de leur dire : OK, les monstres grandissent absolument partout, cette histoire nous a permis de nous débarrasser des nôtres, prenez-en bonne note et sachez faire pareil au cas où et prouvons à tous que rien ne peut altérer le tissu libanais.
Qu’est-ce qui l’empêche ? Une chose, une seule. Qu’en réalité, ce soit le Hezb qui utilise le TSL pour dynamiter les risibles restes de l’Etat libanais et s’emparer une fois pour toutes du pouvoir – pas l’inverse, pas le fait que ce soient les autres qui veulent profiter du TSL pour en finir avec le Hezb.
Le Hezb n’a (plus) rien à perdre avec l’acte d’accusation : tout ce qu’il lui restait s’est envolé en fumée un certain 7 mai 2008.


