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Et maintenant ?

27 janvier 2011 Poster un commentaire

Impression – Fifi Abou Dib, 27/01/2011

L’année n’a pas commencé que nous sommes déjà dans une ère nouvelle. C’est ça le Liban. Inutile de déguiser ce changement en vent de liberté ou de révolte. Seul compte ici le bras de fer entre deux pôles, deux sensibilités, deux cultures. Deux seulement, dans un pays pourtant connu pour sa diversité. Peut-on accuser le Hezbollah et ses affiliés d’avoir triché ? Les dés n’étaient pas pipés, c’est la règle du jeu qui était perverse. Un cabinet d’union nationale est en démocratie une solution d’urgence et non un mode de gouvernance à plein temps. Que les opposants s’en retirent, que le frêle édifice payé à prix d’or à Doha s’effondre n’était que trop prévisible, même si les événements se sont précipités, même si personne n’a vraiment vu venir.

Pas de révolution donc, pas le temps de dire ouf ! que la chose était ficelée, et faut-il dire joliment empaquetée. Pour évincer Hariri, le Hezbollah a magistralement avancé ses pions, tâtant l’eau avec prudence, soufflant ici ou là quelques avertissements bien sentis, manipulant l’opinion avec la finesse d’un marchand de bazar, pour enfin faire accepter sans trop de remous un Mikati au profil presque identique à celui du Premier ministre sortant. Le deuil en moins. Et c’est là un point qui mérite d’être retenu. Car le nouveau chef du gouvernement, dans son discours d’investiture, nous a promis rien moins que du bonheur. Oublions la tristesse, a-t-il souligné, nous invitant à la grande noce du déni, au festival du refoulement.

À l’avoir vu plus souvent qu’à notre tour, une fois de plus nous attendions le loup. Nous n’avons trouvé que la grand-mère. Il n’y a pas eu de 7 mai. Juste quelques pneus brûlés et un SNG détruit. Al-Jazira s’en remettra, bien que ça commence à bien faire, cette manie de la rue de s’en prendre systématiquement à la presse dès qu’elle est en colère.

Et maintenant quoi ? Maintenant vivre. Que les idéalistes nous pardonnent, nous avons des études à terminer, des emplois à préserver, des salaires à assurer. Nous avons un pays à panser qui, à peine relevé d’une secousse, mord à nouveau la poussière. Pour quoi, pour qui ? Les gouvernements passent, le peuple demeure. Cette pérennité oblige. Ne craignons pas pour nos libertés tant que nous en serons les gardiens. Ne craignons pas pour nos valeurs tant que nous en serons les garants. Ne craignons pas pour la justice, la vérité n’a besoin de personne pour prévaloir. Ne craignons pas pour notre dignité : ne craignons pas, c’est tout.

Source: L’Orient Le Jour

"Le Nouveau Gouvernement du monde", de Georges Corm : pour une "dé-mondialisation"

17 janvier 2011 1 commentaire

04.01.11 | 15h35

Il en a assez, Georges Corm ! Assez d’entendre parler des exigences de la mondialisation. Assez d’entendre les mêmes rengaines sur "le rôle (toujours à réduire) de l’Etat dans l’économie, la (nécessaire) flexibilité des salaires, l’adaptation (à la baisse) des régimes de retraite ou l’impact (évidemment nocif) de la fiscalité sur "l’amélioration du climat des affaires", objectif essentiel du bonheur de l’humanité". Dix-huit ans après avoir dénoncé Le Nouveau Désordre économique mondial (La Découverte, 1993), il reprend la plume, et ce n’est pas pour mettre de l’eau dans son vin.

Ce livre intelligent et décoiffant prendra beaucoup de monde à rebrousse-poil. On peut contester les idées de Georges Corm, mais pas ses compétences : économiste, historien, enseignant, consultant de divers organismes internationaux ou de sociétés privées, il a exercé, de 1998 à 2000, le poste de ministre des finances du Liban : une excellente "loupe grossissante", selon lui, pour observer le désastre.

Un pied dedans, un pied dehors, il se considère comme "un participant périphérique du système de pouvoir mondialisé". Dans ce système, il ne voit que des sociétés déstructurées, des familles éclatées par des mouvements migratoires, des crispations identitaires mortifères, des Etats progressivement dépossédés de leurs compétences… On a jeté aux orties, selon lui, toutes les bases de l’éthique héritées de la Renaissance et des Lumières.

Écran  de fumée

Mais comment se faire entendre ? L’effondrement du bloc soviétique a laissé place à un néolibéralisme triomphant. La mise en place d’un espace économique mondial, unifié et libre d’accès, apparaît irrépressible, dans l’ordre des choses. Ceux qui la mettent en question passent pour des esprits chagrins, des socialistes attardés, des anticapitalistes indécrottables.

Un totalitarisme de la pensée a été remplacé par un autre, écrit Georges Corm. Tout au plus peut-on débattre d’écologie et de réchauffement climatique. Le système ne peut être critiqué qu’à la marge. On l’a vu lors de la récente crise financière qui n’a donné lieu qu’à des mesures partielles pour contrôler les banques, limiter les bonus des traders ou entraver les paradis fiscaux.

Faire la révolution ? L’économiste libanais a passé l’âge des barricades. Il prône une "dé-mondialisation progressive" qui permettrait de "défaire les mécanismes les plus nocifs", mettre un terme aux absurdités économiques et sociales du système actuel et y "ramener de la raison et de l’éthique".

Sachant que ce ne sera pas facile, en raison notamment de la manière homogène et stéréotypée dont l’économie est enseignée à l’échelle mondiale : on forme des bataillons de défenseurs acharnés de la globalisation, munis d’un nouveau vocabulaire qui sert d’écran de fumée. Il n’y est question que de "gouvernance" améliorée, de croissance "durable" et de "transparence" à toutes les sauces…

Georges Corm n’a jamais été tendre pour les Etats-Unis, ce "gendarme du monde" qui est à l’origine de "la pensée unique", alors que "le progrès ne se déclenche que par l’interaction des cultures entre elles, les échanges de connaissances et d’expériences". Pour lui, l’oeuvre mondialisatrice a commencé… en 1492, par l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique.

Ses espoirs se tournent pourtant de ce côté-là : parmi les facteurs possibles de changement, il parie sur "un déclin continu de la puissance économique américaine". On ne sait si c’est d’abord une prédiction ou un souhait.

LE NOUVEAU GOUVERNEMENT DU MONDE de Georges Corm. La Découverte, 300 p., 19 €.

Source: Le Monde.fr

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Le Liban, éternelle victime de ses divisions

13 janvier 2011 Poster un commentaire

LEMONDE | 13.01.11 | 13h18

A l’intérieur des frontières du Liban, l’état de non-belligérance ne doit pas être pris pour autre chose que la continuation de la guerre civile par d’autres moyens. C’est l’une des leçons que l’on peut tirer de la démission de onze ministres, majoritairement proches du Hezbollah, mercredi 12 janvier. Une fois de plus, le Liban n’a plus de gouvernement.

La crise découle de la volonté du Hezbollah, parti chiite islamiste, de bloquer les travaux du Tribunal spécial pour le Liban qui doit juger les assassins de l’ancien premier ministre, Rafic Hariri, tué le 14 février 2005. Le Parti de Dieu redoute sa mise en cause dans un attentat qui remonte à l’époque où les proconsuls syriens, ses alliés, faisaient la loi à Beyrouth.

Le Hezbollah souhaitait que le premier ministre libanais, le propre fils de Rafic Hariri, Saad, prenne ses distances avec ce tribunal au nom de la stabilité du pays. Son chantage ayant échoué, le parti chiite claque la porte, entraînant avec lui ses alliés chrétiens.

Cette situation produit beaucoup de perdants : un premier ministre affaibli, y compris dans son propre camp, une opposition claquemurée dans son intransigeance, une médiation syro-saoudienne stérile… Seuls Israël, hostile à toute forme de coalition libanaise intégrant son ennemi juré qu’est le Hezbollah, et l’Iran, qui augmente sa capacité de nuisance à la veille de conversations sur le nucléaire avec les Occidentaux, peuvent s’en satisfaire.

Ces démissions vont priver le pays de gouvernement, peut-être pour longtemps. Celui-ci était né d’un accord laborieusement conclu en 2008 après un coup de force de la milice du Hezbollah dans les rues de Beyrouth.

Mais l’accord a vite montré ses limites. Ni l’élection d’un président, ni le renouvellement du Parlement, ni même la composition d’un gouvernement n’ont permis la remise en route d’institutions victimes des fractures profondes qui traversent le pays.

La démocratie "consensuelle" qui doit théoriquement régir le seul Etat de la région où les principales communautés religieuses se partagent constitutionnellement le pouvoir est depuis longtemps moribonde – sans que personne n’ose pour autant proposer le dynamitage d’un confessionnalisme qui a prouvé depuis longtemps sa nocivité. Cette faiblesse devenue consubstantielle a fait du Liban le jouet des influences extérieures et le théâtre régional de confrontations par procuration.

C’est aujourd’hui le cas entre les Etats-Unis (le Hezbollah a claqué la porte au moment où Saad Hariri était reçu à Washington par Barack Obama) et l’Iran, alors que la France se retrouve à soutenir le tribunal tout en s’accrochant, au nom de la stabilité libanaise, à un dialogue avec la Syrie qui ne veut pas entendre parler dudit tribunal. Le temps des milices est passé au Liban. Lui a succédé le règne d’une seule, celle du Parti de Dieu, ce qui fait que les affrontements fratricides d’hier ne sont peut-être plus à redouter. Mais l’incapacité des Libanais à transcender leurs clivages les condamne au triste statut d’otages des conflits du Proche-Orient.

Article paru dans l’édition du 14.01.11, LeMonde.fr

Liban : "Une crise qui prend une importance disproportionnée"

13 janvier 2011 Poster un commentaire

LEMONDE.FR | 13.01.11 | 17h45  •  Mis à jour le 13.01.11 | 18h03

Au lendemain de la chute de son gouvernement, le Liban se retrouve à nouveau plongé dans un chaos politique, jeudi 13 janvier, alors que le premier ministre, Saad Hariri, doit rencontrer Nicolas Sarkozy dans la journée. Prudente, la presse internationale ne peut cacher son pessimisme quant à l’issue de cette crise, l’espoir de trouver rapidement un compromis étant quasi inexistant tant la situation est complexe.

Nicolas Sarkozy va donc être le premier acteur international à entrer dans les discussions entre le bloc du 14-Mars (composé des sunnites du parti de M. Hariri et de plusieurs partis chrétiens) et celui du 8-Mars (auquel appartiennent dix des onze ministres démissionnaires) après l’échec de la Syrie et de l’Arabie saoudite pour apaiser les tensions autour du Tribunal spécial pour le Liban (TSL).

"La diplomatie française [...] pourrait entrer de plain-pied sur ce terrain maintenant que Damas et Riyad ont eux-mêmes constaté leur échec", écrit Elie Masboungi de L’Orient-Le Jour. Selon le journaliste, pour qui "la France peut maintenant faire mieux et plus vite", Nicolas Sarkozy serait désormais prêt à "faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard".

UNE "IMPORTANCE DISPROPORTIONNÉE"

La crise interne du Liban serait alors à nouveau exposée sur le théâtre international. "Comme souvent avec le Liban, les crises internes prennent une importance disproportionnée. Le Hezbollah est soutenu par l’Iran et la Syrie, tandis que les Etats-Unis, la France et l’Arabie saoudite soutiennent le gouvernement de M. Hariri", explique Nada Bakri, du New York Times.

D’ailleurs, selon le journal israélien Haaretz, "la démission collective du Hezbollah avait pour but de montrer à la Syrie les limites de son influence sur le mouvement et de lui dire que si elle voulait montrer à Washington qu’elle pouvait préserver la stabilité au Liban, le Hezbollah et l’Iran auraient le dernier mot ". Pour le journaliste Zvi Bar’el, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est celui qui détient les clés de la crise. "Peu enchanté de voir les relations entre la Syrie et Hariri se resserrer et craignant que cela ne ronge sa puissance, il veut maintenant remanier le gouvernement, avoir un nouveau premier ministre et briser la coalition", écrit-il.

De son côté, le président libanais, Michel Sleimane, a annoncé jeudi – après avoir chargé Saad Hariri de la gestion des affaires courantes – qu’il commencerait lundi les consultations avec les groupes parlementaires pour nommer un nouveau premier ministre. Mais Simon Salame, professeur de loi constitutionnelle libanais, rappelle au journal Now Lebanon qu’après les élections législatives de 2009, il avait fallu des mois pour qu’un accord soit trouvé sur un premier ministre.

UNE "NOUVELLE ESCALADE"

Les débats seront d’autant plus délicats que la coalition 14-Mars a rejeté tout compromis sur le TSL alors que, de son côté, le Hezbollah, qui accuse le TSL d’être "à la solde d’Israël et des Etats-Unis", fait pression sur Saad Hariri pour qu’il désavoue le tribunal.

Selon Sahar Atrache, analyste à Beyrouth pour l’International Crisis Group, cité dans le même article de Now Lebanon, cette action du Hezbollah est une réponse à la politique mené par Saad Hariri qui "essayait de gagner du temps" en attendant les conclusions du TSL. "Ces démissions sont une nouvelle manière de gérer cette impasse. C’est une nouvelle escalade."

La différence, note la journaliste du New York Times, est que, "alors que l’administration de George W. Bush soutenait ardemment M. Hariri et ses alliés, M. Obama n’a pas promis un soutien aussi large".

Source: LeMonde.fr

Le Hezbollah fait tomber le gouvernement libanais

13 janvier 2011 Poster un commentaire

12/01/2011 | Mise à jour : 20:44 – Par Sibylle Rizk

Réunis autour du ministre de l'Energie, Gebran Bassil, les membres du gouvernement Harari issus du Hezbollah et de ses partis alliés ont annoncé leur démission lors d'une conférence de presse, ce mercredi à Beyrouth. (Crédits photo: Sharif Karim/Reuters)

Les tensions autour de l’enquête sur l’assassinat du premier ministre Rafic Hariri, en 2005, ont eu raison d’un attelage instable.

 

Le gouvernement de Saad Hariri est tombé ce mercredi, avec la démission collective de onze ministres emmenés par le Hezbollah, au lendemain de l’échec des tentatives de conciliation syro-saoudiennes qui duraient depuis des mois.

Formé fin 2009, ce cabinet d’union nationale est le théâtre de confrontations sur la quasi-totalité des dossiers. Dans les faits, il était paralysé depuis plusieurs semaines déjà, le Conseil des ministres ne se réunissant plus.

Ce sont les positions irréconciliables du Hezbollah et de ses alliés d’un côté, celles de Saad Hariri de l’autre, à propos du Tribunal spécial pour le Liban qui ont accéléré la chute. L’acte d’accusation émanant de ce tribunal -chargé de juger les auteurs de l’attentat qui a tué l’ex-premier ministre Rafic Hariri en février 2005- est attendu incessamment, d’ici à la fin janvier, dit-on de source diplomatique. Le procureur Daniel Bellemare s’apprêterait à mettre en cause des membres du Hezbollah, selon de nombreuses fuites concordantes.

Confronté à cette perspective, le «Parti de Dieu» a appelé au boycott du tribunal, affirmant qu’il est un instrument aux mains des États-Unis, et que ses accusations ne sont pas crédibles car fondées, selon lui, sur de faux témoignages ainsi que des données émanant du réseau libanais de télécommunications, «contrôlé» par l’espionnage israélien.

Consultations avec Obama et Sarkozy

Le spectre d’une flambée de violences interconfessionnelles opposant partisans chiites du Hezbollah et partisans sunnites de Hariri a amené le roi Abdallah d’Arabie saoudite et le président syrien Bachar el-Assad à se réunir fin juillet dernier à Beyrouth pour se poser en garants de la stabilité libanaise.

La médiation syro-saoudienne a cherché par tous les moyens à forger un compromis. Mais son échec a été finalement entériné en début de semaine. Les explications divergent à Beyrouth quant aux raisons de cette impasse, chaque camp en rejetant la faute sur l’autre.

«Les deux pans du compromis en discussion étaient en fait respectivement inacceptables pour chacune des parties», explique-t-on de source diplomatique.

«Les Saoudiens se sont engagés à obtenir des résultats, mais ils ont finalement jeté l’éponge, Saad Hariri refusant certaines concessions. Les États-Unis, en particulier, ont fait pression pour bloquer tout cadeau éventuel à l’Iran, principal allié du Hezbollah, avant la reprise des discussions sur le nucléaire iranien fin janvier», analyse un proche du premier ministre.

D’un côté, Saad Hariri était invité à passer outre ses sentiments filiaux et à torpiller le tribunal en désolidarisant le Liban de cette institution judiciaire mixte, créée au titre du chapitre 7 de la charte de l’ONU -qui lui donne une force obligatoire. De l’autre, le premier ministre réclamait des garanties pour pouvoir exercer son autorité sur la politique libanaise- en clair, de revenir sur le droit de veto accordé au Hezbollah et ses alliés au niveau du pouvoir exécutif.

C’est justement en vertu de ce droit, consacré par l’accord interlibanais de Doha en mai 2008, que le Hezbollah et ses alliés ont pu ce mercredi signer la mort du gouvernement (ralliant à leur cause un ministre théoriquement neutre). Ils ont fait coïncider symboliquement leur retrait avec le début de la rencontre entre Saad Hariri et Barack Obama à Washington. Dans la foulée, M. Hariri s’est envolé ce mercredi soir pour Paris, où il doit s’entretenir ce jeudi avec Nicolas Sarkozy.

Une nouvelle crise institutionnelle s’ouvre au Liban, dont personne n’est en mesure de prédire à ce stade la durée ou les contours. Débarrassé en 2005 de la tutelle syrienne, qui avait été consacrée après la guerre de 1975-1990, en vertu d’un parrainage américano-saoudien, le Liban vit depuis six ans dans l’instabilité chronique, liée à l’incapacité des forces politiques libanaises -et de leurs alliés régionaux et internationaux respectifs- à trouver un nouveau modus vivendi.

Une crise liée au Tribunal international

10 juin 2007. Création du Tribunal spécial pour le Liban pour juger les auteurs de l’attentat qui a tué l’ex-premier ministre libanais Rafic Hariri le 14 février 2005.

21 mai 2008. Un accord est conclu à Doha pour mettre fin à près de deux ans de crise provoquée par la démission de six ministres chiites du gouvernement de Fouad Siniora et la vacance de la présidence de la République à l’issue du mandat d’Émile Lahoud. Michel Sleiman est élu président, un gouvernement d’union nationale est formé, dans lequel le Hezbollah et ses alliés ont un droit de veto.

9 novembre 2009. Malgré la victoire de son camp aux législatives de juin, Saad Hariri, fils de Rafic, est contraint de former un gouvernement d’union.

22 juillet 2010. Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah dit s’attendre à ce que des membres du Hezbollah soient accusés par le TSL. Il réclame ensuite le boycott du tribunal.

29 au 29 juillet 2010. Sommet syro-saoudien à Beyrouth et début d’une médiation entre Damas et Ryad pour amener leurs alliés libanais respectifs à un compromis.

9 décembre 2010. Le greffier du TSL annonce qu’un acte d’accusation va être présenté «très, très bientôt». Les tractations syro-saoudiennes reprennent de plus belle, pour finalement échouer.

LIRE AUSSI :
» Georges Ibrahim Abdallah : la mise en garde du Hezbollah à la France
» Assassinat de Hariri : les scénarios de la crise qui s’annonce
» Le Syrien Assad et le roi d’Arabie au chevet du Liban
» Assassinat d’Hariri : que veut le Hezbollah avant les inculpations ?

Source: Le Figaro.

Ce patrimoine qu’on assassine…

12 janvier 2011 Poster un commentaire

Par Khalil FLEYHANE | 11/01/2011

Le palais Bustros, chef-lieu de la diplomatie libanaise. Les Libanais risquent bientôt de ne plus le voir qu’ainsi, en noir et blanc, dans des albums de photos souvenir racontant en images l’époque révolue où le Liban avait encore une âme et savait encore préserver son patrimoine.

Le palais Bustros, chef-lieu de la diplomatie libanaise. Les Libanais risquent bientôt de ne plus le voir qu’ainsi, en noir et blanc, dans des albums de photos souvenir racontant en images l’époque révolue où le Liban avait encore une âme et savait encore préserver son patrimoine.

Après la Ahwet el-Ezzez de Gemmayzé, vouée à disparaître, et le Théâtre Ingea de Tripoli, récemment abattu, c’est maintenant le palais Bustros, dont les murs abritent depuis l’indépendance le ministère des Affaires étrangères, qui est menacé à son tour. Quand cessera donc cet assassinat en série des symboles de notre patrimoine national ?

Après Kahwet el-Ezez à Gemmayzé, qui laissera bientôt sa place à une banque, et le Théâtre Ingea à Tripoli, rasé sans vergogne en dépit des promesses du ministre de la Culture, un autre symbole du patrimoine libanais est aujourd’hui en péril. Il s’agit du palais Bustros à Achrafieh, qui abrite depuis l’indépendance, c’est-à-dire depuis 68 ans, le ministère des Affaires étrangères et qui risque de subir le même sort. Vendu il y a quelques semaines par son propriétaire, il pourrait bientôt disparaître pour permettre l’édification d’une tour si rien n’est fait pour arrêter ce crime…

Le ministère de la Culture sait-il que le palais Bustros est potentiellement en danger ? Sait-il que son ex-propriétaire, Nayla Antoine Assouad, qui l’avait acheté à Nicolas Bustros en 2005, l’a vendu dernièrement à Raymond Rahmé, après qu’elle n’eut pu mettre la main sur le terrain deux ans après la conclusion de l’achat, comme le stipulait le contrat de vente ?

Qu’attend le ministère de la Culture pour agir avant que ce palais, dont le nom s’est confondu avec les Affaires étrangères libanaises au fil du temps, ne disparaisse ? Si le prétexte invoqué pour ne rien faire est l’inexistence des fonds nécessaires pour acheter ce bâtiment, il est toujours possible de dissuader le nouveau propriétaire de le détruire pour édifier une tour sur le site, comme il en a exprimé l’intention, sitôt fini le déménagement du ministère des Affaires étrangères sur le site actuel de l’Escwa, au centre-ville. L’Escwa, dont le contrat de location finira bientôt, devrait en effet déménager pour s’installer à la Maison de l’ONU, en construction à Dbayé.

De son côté, le nouveau propriétaire du palais Bustros, qui possède le terrain jouxtant le ministère et qui sert actuellement de parking, n’a pu jusqu’à présent creuser les fondations pour l’immeuble qu’il souhaite édifier. C’est pourquoi il voudrait que le ministère déménage incessamment, quand bien même la première pierre du nouveau siège des Affaires étrangères n’a pas encore été posée. L’ancien propriétaire de ce terrain transformé en parking, Robert Moawad, avait désespéré de pouvoir construire un immeuble à la suite de pressions exercées par certaines autorités, qui lui avaient conseillé d’attendre la fin des travaux de construction du nouveau ministère au centre-ville. M. Moawad avait aussitôt demandé l’avis d’ingénieurs qui, après une étude de terrain, l’avaient prévenu que tout chantier menacerait sérieusement le palais Bustros. Il avait aussitôt abandonné son projet d’édifier une tour et avait fini par vendre le terrain à M. Rahmé.

De plus, des sources responsables ne manquent pas de poser une question parfaitement judicieuse : pourquoi le gouvernement n’achèterait-il pas le palais pour le transformer en résidence d’accueil pour les hôtes de marque en visite à Beyrouth, ce qui éviterait par la même occasion de débourser des sommes faramineuses pour les installer dans des hôtels de luxe durant toute la durée de leur séjour, comme c’est le cas actuellement ? N’est-il pas de la responsabilité de l’État de préserver le patrimoine national ? Et si le bâtiment n’est pas classé parmi les biens du patrimoine national, et qu’il n’existe aucun texte juridique pour intervenir en faveur de sa sauvegarde, n’est-il pas temps pour l’État d’intervenir pour bloquer ce processus d’annihilation de la mémoire architecturale de ce pays, en achetant les lieux qui sont associés à son histoire ?

Un pays sans mémoire n’a pas d’avenir. Les pierres sont là pour témoigner de ce que les hommes ont été et ont réalisé. Lorsqu’elles disparaissent sous la contrainte, elles nous « effacent », et toute notre histoire et notre patrimoine culturel s’en vont avec elles. Cela, il est grand temps de le réaliser.

Source: L’Orient Le Jour

Hajj Hassan veut réglementer les marchés de gros de fruits et légumes

12 janvier 2011 Poster un commentaire
11-01-2011 | par B.B. | source: Al-Markazia

La plupart des marchés de gros des fruits et légumes au Liban ne sont pas aux normes, a déclaré mardi le ministre de l’agriculture Hussein Hajj Hassan lors d’un atelier de travail consacré à ce sujet.

Une réorganisation des marchés de gros des fruits et légumes s’impose avec la coopération de tous les acteurs concernés, à savoir les agriculteurs, les commerçants, les consommateurs, les municipalités et les ministères, a souligné Hajj Hassan.

L’objectif est de rétablir l’équilibre des relations entre l’agriculteur et le commerçant, et d’assurer un meilleur contrôle des prix à la vente pour le bien du consommateur.

Source: Le Commerce du Levant.

En Tunisie, la colère tourne au drame

12 janvier 2011 Poster un commentaire

11/01/2011 18:24

Tandis que le nombre de morts ne cesse d’augmenter, le président répond par la force et les promesses d’emploi aux manifestants.

Manifestation de mécontentement face au chômage devant la préfecture de Sidi Bouzid, en Tunisie, lun di 10 janvier. (Photo AP/Hassene Dridid)

L’ordre et l’emploi. Telle a été, en substance, la réponse du président Ben Ali aux émeutes qui secouent son pays depuis près d’un mois pour réclamer le droit de travailler, contester la cherté de la vie et les inégalités entre les régions, mais aussi pour dénoncer le népotisme et revendiquer plus de libertés.

Les affrontements meurtriers se multiplient chaque jour, dans plusieurs villes, notamment Kasserine, Thala et Regueb. Ils ont mardi 11 janvier gagné Tunis. Le bilan ne cesse de s’alourdir. D’après l’antenne régionale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), l’unique syndicat tunisien, et la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), plus de cinquante morts seraient à déplorer rien qu’à Kasserine entre samedi 8 et lundi 10 janvier.

« La police a fait usage des armes dans un acte de légitime défense, lorsque les assaillants ont multiplié les attaques », a justifié mardi 11 janvier le ministère de l’intérieur.

Lire la suite…

Un chrétien tué lors d’une fusillade dans un train en Egypte

12 janvier 2011 Poster un commentaire

Publié le mardi 11 janvier 2011 à 22H45, par Mohamed Abdellah et Yasmine Saleh

© epa/7 janvier 2009 | Neuf coptes ont été blessés,en plus de sept morts, lors d’une fusillade à Nagaa Hamadi.- tdg.com

LE CAIRE (Reuters) – Un Egyptien de confession chrétienne a été abattu et au moins trois autres ont été blessés mardi par un policier musulman dans un train circulant dans le centre du pays, ont annoncé les services de sécurité.

De source médicale, on fait état de cinq blessés.

Ce meurtre survient après la mort de 23 fidèles coptes lors de l’explosion d’une bombe devant une église d’Alexandrie à la veille du Nouvel An.

Le Dr Mariam Salah a déclaré à Reuters que l’hôpital de Minieh, une ville située à mi-chemin entre Le Caire et Assiout, soignait cinq chrétiens blessés.

Elle a ajouté que l’un d’entre eux lui avait dit qu’un sixième chrétien avait été tué par balle.

Entre 200 et 400 chrétiens se sont rassemblés devant l’hôpital en réclamant une meilleure protection de la part du gouvernement. La police a eu recours à des gaz lacrymogènes pour les disperser, dit-on de source proche des services de sécurité.

Une source au sein des services de sécurité a confirmé qu’un chrétien avait été abattu et que l’agresseur était un policier musulman.

TENSIONS INTERCONFESSIONNELLES

Le ministère de l’Intérieur a précisé que ce policier s’appelait Amer Achour Abdel-Zaher, un nom à consonance musulmane.

Le ministère a aussi donné le nom du défunt et des cinq blessés, précisant qu’une blessée est l’épouse de l’homme tué. Le couple était originaire du Caire et les autres blessés sont des habitants de Minieh. Deux noms au moins donnent à penser qu’il s’agit de chrétiens.

Le ministère de l’Intérieur indique que le suspect est monté dans le train et a "ouvert le feu sur certains passagers du train avant de s’enfuir". Il ajoute que l’homme a été arrêté à son domicile et qu’une enquête est en cours.

L’agence de presse officielle Mena précise que le train circulait entre Le Caire et Assiout, dans le sud du pays.

L’Egypte est un pays majoritairement musulman qui compte 10% de chrétiens, essentiellement des coptes.

Au lendemain de l’attentat d’Alexandrie, les coptes étaient descendus dans la rue pour accuser le pouvoir de ne pas les protéger suffisamment.

Les chrétiens égyptiens se plaignent de ne pas être traités équitablement et citent en exemple des lois rendant plus facile de construire une mosquée qu’une église. Le gouvernement affirme traiter tous les citoyens sur un pied d’égalité.

Guy Kerivel, Jean-Loup Fiévet et Nicole Dupont pour le service français.

Source: La Provence.

YouTube va rémunérer les artistes israéliens

11 janvier 2011 Poster un commentaire

Conformément à un accord de coopération signé entre ACUM et Google, les artistes israéliens recevront des redevances en fonction du nombre de visionnages de leurs vidéos sur YouTube.

Ka-Ching! Voilà le son que chaque utilisateur enverra à l’artiste israélien dont il regarde les vidéos sur le site internet de partage YouTube. Google (propriétaire de YouTube depuis 2006) a signé avec la Israeli Copyright Corporation un accord concernant les artistes israéliens. Ces derniers recevront des redevances pour leurs créations regardées et téléchargées sur YouTube.

Le nouvel accord versera les redevances aux artistes en fonction du nombre d’utilisateurs qui visionnent leurs oeuvres sur le site de partage. Ces montants seront générées par les pop-up et les publicités que les vidéos engendrent. Il est important de préciser que l’accord concerne uniquement les clips visionnés par les israéliens à partir du site hébreu de YouTube.

Néanmoins cela pourrait représenter une importante hausse de salaire pour les créateurs, considérant que quelque trois millions d’Israéliens regardent YouTube chaque semaine selon un sondage datant de novembre 2010. Un autre sondage montre encore que 60% des Israéliens se connectent sur YouTube afin de regarder les clips musicaux qui sont devenus extrêmement populaires.

L’ACUM n’a pour l’instant donné aucune précision sur le montant exact que recevront les artistes, spécifiant seulement qu’ils se baseront sur des calculs utilisés partout dans le monde. En parallèle ils s’appuieront sur les contrats que chacun des artistes a passé avec eux. Tous ne seront donc pas rémunérés de la même manière, ni sur les mêmes bases.

De leurs côtés les artistes israéliens se montrent très favorables à ces nouvelles opportunités de rentrée d’argent. Jusqu’à présent les seules rémunérations qu’ils ont reçu de la mise en ligne de leurs production étaient celles provenant de l’achat de sonneries.

"Nous sommes heureux de la signature de l’accord avec l’ACUM qui aidera les artistes israéliens à recevoir la reconnaissance de leur travail original sur YouTube et encouragera la croissance de plus de talents musicaux encore", a déclaré Meir Brand, président de Google Israël.

Le fait que l’ACUM se joigne à YouTube n’est qu’une seule des facettes de la politique du site en matière de droits d’auteurs. A ses débuts, le site avait dû retirer certaines de ses vidéos pour violation des droits d’auteurs, aujourd’hui il préfère payer pour ceux-ci.

En signant cet accord, Israël emboîte le pas à la Grande-Bretagne, la France, l’Espagne, les Pays-Bas et l’Espagne.

Source: Guysen

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