Archive

Archive for 4 janvier 2011

Menaces sur les coptes orthodoxes de France

4 janvier 2011 Poster un commentaire

Eglise Ste Marie & St Marc, Chatenay MalabryElles ont été proférées via Internet contre des églises. La section antiterroriste de la Criminelle enquête.

Après l’attentat qui fit vingt et un morts à Alexandrie, en Égypte, le soir de la Saint-Sylvestre, les menaces des islamistes radicaux contre les coptes s’étendent à la France. «La date du 7 janvier, jour où les coptes fêtent Noël, mérite une vigilance toute particulière», confie même un haut fonctionnaire de la Place Beauvau. «La menace est à prendre très au sérieux», déclare, de son côté, le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, qui a organisé lundi, à la demande du ministre de l’Intérieur, une réunion d’urgence avec ses grands subordonnés pour organiser le renforcement de la sécurité des lieux de culte fréquentés par cette communauté en Ile-de-France. Parallèlement, la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris a été chargée d’une enquête pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», à la suite de la plainte d’un curé de l’église copte orthodoxe de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine). Le père Girguis Lucas, de la paroisse Sainte-Marie-Saint-Marc, dit avoir été averti par l’un de ses fidèles sur «des menaces lancées sur Internet par des moujahidines islamiques qui annonçaient d’autres attentats en Europe et plus particulièrement en France». Des écrits qui citaient, selon lui, «son église» .

Une note d’alerte de la DRPP

Le Figaro est en mesure d’affirmer qu’une note d’alerte a été produite par la Direction du renseignement de la Préfecture de police (DRPP, ex-RG). Ce service, qui assure une veille permanente des sites islamistes les plus virulents, s’est inquiété de voir circuler la liste des paroisses coptes de France dans les messages diffusés par certains fanatiques. «Cinq à six sites Internet suspects ont été détectés en Ile-de-France», confie un agent. La paroisse de Châtenay-Malabry y serait donc mentionnée, tout comme celle de Colombes, toujours dans les Hauts-de-Seine.

Le préfet de ce département, Patrick Strzoda, a aussitôt réclamé la pose de barrières de sécurité autour des lieux concernés ainsi que des patrouilles supplémentaires. Mesures que le ministère de l’Intérieur veut étendre aux autres églises coptes d’Ile-de-France, à Villejuif (Val-de-Marne) ou Deuil-la-Barre (Val-d’Oise), mais aussi dans les villes de province où la communauté copte dispose de lieux de culte, comme Marseille, Saint-Fargeau, La Seyne-sur-Mer, Saint-Affrique, Beaulieu, Dijon, Montpeyroux ou Nîmes.

La France n’est pas la seule visée. Un message diffusé en décembre par le site Choukmoun al-Islam, l’une des chambres d’échos d’al-Qaida, liste une cinquantaine d’églises coptes comme des cibles potentielles, dont plusieurs en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. Cet appel au djihad est titré : «Lève-toi et abandonne le sommeil. C’est un avis important qui concerne des attaques à l’explosif contre des églises pendant les célébrations de Noël.» Son auteur exhorte «tout musulman qui se soucie de la réputation de ses sœurs à faire exploser» ces lieux de culte au moment où «ils seront remplis».

Source: Le Figaro

Beyrouth renaît de ses cendres

4 janvier 2011 Poster un commentaire

La crise a jusqu’ici épargné le Liban, destination touristique de choix dans la région et récepteur de transferts d’argent records envoyés par ses ressortissants à l’étranger. Engagé dans la reconstruction depuis la « guerre des 33 jours » (2006), Beyrouth craint que l’instabilité politique de la région ne mette à mal la pérennité de son développement.

Mohamed Choucair, président de la Chambre de commerce de Beyrouth

Mohamed Choucair, président de la Chambre de commerce de Beyrouth

À la tête d’une chocolaterie familiale devenue une société multinationale de produits de luxe, Mohamed Choucair, 42 ans, préside la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Beyrouth et du mont Liban et la Fédération des CCIA du Liban depuis 2010. « La renaissance de la région méditerranéenne viendra des villes », aime-t-il répéter.

Commerce International : Comment la cité méditerranéenne peut-elle aider au dynamisme de l’arc méditerranéen ?

Mohamed Choucair : « Les cités ont un grand rôle à jouer dans l’avenir de la Méditerranée. La Renaissance en Europe fut le fait des cités-États. Nous pensons que la renaissance de la région viendra des villes. Elles réunissent en effet deux institutions importantes et que concernent l’organisation économique et le développement : la municipalité, qui assume le poids du secteur public, et la chambre de commerce, fer de lance des organisations du secteur privé. Meda City (1) l’a très bien compris et a donc invité une cinquantaine de maires et de présidents de chambres pour dialoguer ensemble sur les possibilités de coopération et les besoins du développement. Municipalités et chambres de commerce sont des institutions beaucoup moins lourdes que les administrations de l’État. »

Quel poids les PME occupent-elles dans le tissu économique du Liban ?

M. C.: « Les petites entreprises assurent 70 % de la production nationale et 80 % de l’emploi. Et en période de crise, la micro-entreprise (moins de 10 personnes, chef d’entreprise compris) est une solution pour limiter le chômage et l’émigration. Elles sont très nombreuses à Beyrouth, mais la plupart relèvent, malheureusement, du secteur informel. »

Comment les CCI comme la vôtre peuvent-elles aider les petites entreprises à se développer dans la région méditerranéenne ?

M. C.: « Les chambres ont développé une multitude de services à l’entreprise. Ces services tendent à rationaliser la petite – y compris la très petite – entreprise en lui proposant notamment des formations qu’elle pourrait autrement difficilement s’offrir. Un effort particulier est fait pour aider les entreprises à atteindre leur seuil critique, celui qui leur permettra d’affronter la concurrence internationale. Il n’est plus nécessaire aujourd’hui d’être une entreprise géante pour affronter la concurrence. »

Quels projets ou expériences menés à Beyrouth avez-vous voulu mettre en avant lors de la rencontre ?

M. C.: « La façon dont Beyrouth s’est relevée de ses cendres démontre le dynamisme de la ville. Ceux qui la connaissent vous diront qu’ils retrouvent en elle toutes les villes de la Méditerranée et qu’ils s’y sentent chez eux. C’est un aspect rassembleur, une qualité très utile dans la formation des liens et le développement de la coopération. »

Quels sont les principaux secteurs porteurs au Liban ?

M. C.: « La croissance réelle a atteint 9,5 % en 2009, contre 8 % en 2008. Le Liban n’a pas connu la crise. Son intégration à l’économie régionale a fait qu’une bonne partie des investissements directs étrangers (5,9 milliards de dollars en 2008, soit 4,4 milliards d’euros) et des placements y ont été attirés. Ces dernières années ont, d’autre part, connu un développement significatif du tourisme et des loisirs, attribuable notamment à l’amélioration du niveau de vie dans les pays arabes, dont la destination touristique privilégiée reste le Liban. Le pays a ainsi reçu environ 1,9 million de touristes en 2009, soit une progression de 18,75 % par rapport à 2008 malgré la crise. Les revenus du tourisme atteignaient 6,5 milliards de dollars en 2009, c’est-à-dire 4,9 milliards d’euros, soit l’équivalent de 20 % du PIB. Ils représentent la principale source de revenus de l’économie libanaise. »

Quels sont les secteurs d’avenir selon la Chambre ?

M. C.: « La Chambre s’occupe surtout des PME qui viennent d’une infinité de secteurs et sous-secteurs. Il est donc difficile d’en prévoir l’évolution. C’est pourquoi nous préférons privilégier l’égalité des chances dans l’assistance que nous prodiguons et laisser le marché faire la sélection. Nous sommes souvent étonnés de voir des entreprises très dynamiques naître de secteurs apparemment moribonds, comme l’industrie textile, par exemple. »

Êtes-vous satisfait de programmes de partenariats comme Meda I et II (2) établis avec l’Union européenne ?

M. C.: « Ces deux programmes avaient basé sur le revenu par habitant et le chiffre de population les critères décidant de l’attribution d’aide au développement. Or, dans ces deux cas, le Liban figure en bonne place. Le revenu par personne est l’un des plus élevés de la région et sa population limitée à 4 millions. Si nous sommes reconnaissants des efforts européens, le Liban a donc toutefois été le moins bien servi de la région dans ce cadre. Cela explique, entre autres, que son industrie et son agriculture n’aient pas été mises à niveau. »

Avez-vous établi des partenariats avec d’autres Chambres de commerce et d’industrie ?

M. C.: « Nous croyons fortement à la coopération entre Chambres de commerce. C’est l’un des forts vecteurs de coopération régionale. Mais il faut bien choisir les acteurs et les domaines de coopération pour que cela soit efficace. Nous avons déjà établi un large programme de coopération avec la Chambre de Paris, signé un accord de coopération avec la CCI de Milan et entamé des relations très étroites avec leur agence “Promos”, qui sont un modèle de dynamisme dans le service à l’entreprise. Nous développons aussi des liens avec de nombreuses Chambres en Syrie, en Jordanie, dans les pays du Golfe, en France, en Italie, en Espagne et en Turquie, dans des domaines plus spécifiques. »

Quels sont vos projets en cours ?

M. C.: « La “Chambre électronique” est sans doute l’un de nos projets actuels les plus importants : bientôt, tous nos services seront fournis sur Internet, sans que l’entreprise ait à se déplacer. Le second aspect important est l’avancée vers plus de transparence afin que les entreprises puissent mieux connaître nos activités et en tirer profit. »

Comment Beyrouth et sa région se sont-ils remis des bombardements de 2006 ?

M. C.: « Le Liban a été très affecté par les destructions de 2006 : des ponts qui venaient d’être construits, des chantiers et des immeubles ont été détruits. Cependant, la volonté de reconstruction a atteint l’obsession. L’assistance d’urgence de près de 1 milliard de dollars mise à disposition par les “pays amis” a eu un effet très positif sur le moral des Libanais. »

Un classement place le Liban au premier rang des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord dans le domaine des transferts d’argent venant des ressortissants vivant à l’étranger. Les transferts atteindraient 8,2 milliards de dollars, soit 6,2 milliards d’euros en 2010. Quelles sont les répercussions sur l’économie du pays ?

M. C.: « Nous avons assisté au Liban à une émigration de techniciens et de jeunes diplômés, émigration entraînée surtout par le manque d’investissement dans les secteurs de production. D’autre part, l’économie libanaise étant fortement intégrée à l’économie régionale, les Libanais ont toujours été fortement présents dans les pays du Golfe. Comme il s’agit le plus souvent d’une émigration temporaire, la plupart des travailleurs qui partent, laissent leurs familles au Liban, d’où l’importance des transferts d’argent. Ce qui se traduit par un excès d’importations et un déficit commercial. Cependant, la balance commerciale est trompeuse, car une bonne partie est compensée par le revenu des services. »

Différents classements internationaux ont récemment mis à mal la « crédibilité » du Liban. Cela vous inquiète-t-il ?

M. C.: « Ce sont surtout certaines dissensions politiques, qui naissent du conflit au Moyen-Orient, qui nuisent à la “crédibilité” du Liban. Et les évaluations internationales reflètent cet état de choses. Doing Business est un classement auquel nous sommes notamment attentifs (11 places perdues depuis 2009, ndlr). Le Liban occupe la 113e place sur 183 pays. Ce n’est pas idéal, mais il faut être réaliste. Les investissements étrangers ont toutefois progressé en 2009. C’est d’ailleurs l’un des rares pays où ce constat a pu être fait au plus fort de la crise mondiale. Que faut-il en conclure ? Que les classements ne prennent vraisemblablement pas suffisamment de facteurs en compte et/ou que les crises politiques provoquent des comportements atypiques que les classements saisissent mal. »

Quelles sont les perspectives pour le futur proche ?

M. C.: « Si le Liban n’a pas souffert au cœur de la crise, pourquoi rencontrerait-il des difficultés à présent ? La seule crainte reste que le conflit du Moyen-Orient ne pèse encore plus sur l’ordre intérieur. Cela aurait alors inévitablement des conséquences sur la situation économique. J’espère sincèrement que nous n’en arriverons pas là. En tout cas, nous faisons tout ce qu’il faut pour séparer l’économique du politique. »

(1) Lire notre article sur l’événement de Barcelone.

(2) “Le programme Meda vise à mettre en œuvre les mesures de coopération destinées à aider les pays tiers méditerranéens à procéder à des réformes de leurs structures économiques et sociales et à atténuer les effets du développement économique sur le plan social et environnemental.” Source : UE

Élodie Cuzin. Source: Commerce International.

La crise a jusqu’ici épargné le Liban, destination touristique de choix dans la région et récepteur de transferts d’argent records envoyés par ses ressortissants à l’étranger. Engagé dans la reconstruction depuis la « guerre des 33 jours » (2006), Beyrouth craint que l’instabilité politique de la région ne mette à mal la pérennité de son développement.

Les chrétiens du Liban se sentent menacés

4 janvier 2011 Poster un commentaire

Par Sibylle RIZK. 03/01/2011 | Mise à jour : 22:42

Des Libanais allument des bougies à Beyrouth, le 2 novembre dernier, en hommage aux chrétiens irakiens victimes de l'attentat du 31 octobre dans une église catholique de Bagdad.

Des Libanais allument des bougies à Beyrouth, le 2 novembre dernier, en hommage aux chrétiens irakiens victimes de l'attentat du 31 octobre dans une église catholique de Bagdad.

Ils se considèrent en perte de vitesse sur le plan politique et économique au profit des deux principales communautés musulmanes, les sunnites et les chiites.

L’attentat dont ont été victimes les coptes d’Alexandrie résonne douloureusement au Liban, où la communauté chrétienne partage le sentiment d’être menacée à long terme, même si le danger n’y prend pas des formes violentes. La litanie des mauvaises nouvelles concernant leurs coreligionnaires d’Orient -l’exode des chrétiens d’Irak, notamment- exacerbe le sentiment d’insécurité des Libanais maronites, orthodoxes, melkites, syriaques, latins… Au point qu’un ministre a présenté la semaine dernière un projet de loi visant à interdire pendant quinze ans toute vente immobilière entre chrétiens et musulmans.

En filigrane de l’initiative du ministre du Travail, Boutros Harb, apparaît la volonté de contrer la politique d’expansion territoriale de la communauté chiite, emmenée par le Hezbollah, qui se traduit par des «achats massifs dans des zones stratégiques», explique-t-on dans son entourage. Cette nouvelle vague d’appropriations accompagne un autre mouvement d’investissements immobiliers réalisés par des Arabes du Golfe dans les montagnes libanaises, qui a conduit le législateur à imposer des quotas en la matière. Le patriarcat maronite avait déjà alerté dans un rapport dénonçant le contournement de la loi et le dépassement de ces quotas.

Logique de ghettoïsation

Le projet de loi sur l’interdiction des transactions immobilières interreligieuses a suscité de très vives réactions sur l’échiquier politique libanais, les uns le qualifiant de «folie», les autres le jugeant «anticonstitutionnel», certains dénonçant la logique de «ghettoïsation» dans laquelle s’enfermeraient les chrétiens.

Parmi les chrétiens eux-mêmes, beaucoup estiment qu’il a le «mérite d’ouvrir enfin de débat». «Il faut que les musulmans modérés comprennent que la défense des chrétiens au Liban est leur meilleure protection et inversement. Or les chrétiens du Liban n’ont pas les moyens aujourd’hui de faire face à la double pression, démographique et financière, dont ils sont l’objet, c’est pourquoi ils vendent», estime un membre de la Ligue maronite, sous couvert d’anonymat. La mixité de la société libanaise, est, poursuit-il, la seule garantie de préserver «le caractère libéral du Liban auquel nous tenons tous».

Les chrétiens du Liban font figure d’exception dans un Moyen-Orient où l’islam est majoritaire. Bien qu’ils ne soient pas les plus nombreux en valeur absolue, leur poids au sein de la population totale de leur pays est de loin la plus élevée. Elle est estimée à 34% aujourd’hui, contre moins de 10% en Égypte ou en Syrie. Ce chiffre est cependant en baisse depuis la création du «Grand Liban», en 1920, par les forces mandataires françaises. Au-delà de ce recul démographique, les chrétiens se considèrent en perte de vitesse sur le plan politique et économique au profit des deux principales communautés musulmanes, les sunnites et les chiites. Un exemple parmi d’autres: si la présidence de la République reste réservée à un chrétien maronite, les pouvoirs du chef de l’État ont été nettement amoindris dans l’accord de Taëf qui a mis fin à la guerre de 1975-1990.

Source: Le Figaro.

« Si les minorités chrétiennes d’Orient sont asphyxiées, c’est mauvais signe pour l’islam »

4 janvier 2011 Poster un commentaire

07/01/2010 16:06

J’ai trouvé cette entrevue publiée il y a un an, presque jour pour jour. J’ai jugé utile de la rediffuser.

Mgr Philippe BrizardPour Mgr Philippe Brizard, directeur général de l´Œuvre d´Orient, il est très important de faire savoir ce que les chrétiens d’Orient vivent au quotidien.

ENTRETIEN
Mgr Philippe Brizard, Directeur général de
l´Œuvre d´Orient

La Croix : Six coptes ont été tués et neuf autres blessés lors d’une fusillade, mercredi soir, dans une rue commerciale de Nagaa Hamadi, en Haute-Égypte. Comment réagissez-vous à ce nouvel acte de violence visant explicitement des chrétiens d’Orient ?

Mgr Philippe Brizzard : Dans cette région de Nagaa Hamadi, il y a un foyer de Frères musulmans qui profitent peut-être de la mollesse des autorités publiques. Sans doute ces extrémistes n’ont-ils pas résisté au plaisir de « faire un carton » – si j’ose parler ainsi – sur des chrétiens au moment du Noël oriental.

Les violences faites aux chrétiens d’Orient s’expliquent-elles seulement par les extrémismes islamistes actuels ?

Non. Il faut dire et redire que les puissances occidentales sont en grande partie responsables de cette montée de l’islam fondamentaliste et des tensions qui en résultent parce que, au nom de la raison et d’une conception rigide de la laïcité, elles ne comprennent pas et rejettent tous les phénomènes religieux.

L’Occident perçu comme incroyant fait peur à l’Orient. Et il y a indéniablement une modification des relations entre chrétiens et musulmans et une augmentation de l’intolérance depuis l’avènement de la République islamiste en Iran, en 1979. Si l’on continue d’opposer ainsi un parti pris antireligieux systématique en Occident et une montée des intégrismes dans les pays musulmans, on va vers l’explosion.

C’est tout l’enjeu aujourd’hui du rapport entre foi et raison, comme l’a si bien compris Benoît XVI, afin que l’Occident traditionnellement chrétien puisse aider l’islam à approfondir et à développer une démarche religieuse compatible avec la raison.

Paradoxalement, lorsque les chrétiens d’Orient témoignent de leur quotidien, ils ne se plaignent pas de leurs difficultés et de leur émigration massive. Comment expliquez-vous cela ?

Il y a une habitude du vivre ensemble entre musulmans et chrétiens qui fait que les difficultés sont minimisées. Le plus souvent, dans les quartiers urbains et les villages, chrétiens et musulmans se mélangent et se respectent. Si bien qu’on fait aller, pour ne pas vivre trop dans le découragement ou l’angoisse… Mais quand on interroge des familles chrétiennes qui ont été touchées par de telles violences, le discours est tout autre.

Il est vrai aussi qu’une certaine « langue de bois » règne sur le plan officiel. Un évêque oriental commencera toujours par vous dire que ses relations avec les communautés musulmanes sont excellentes, et ce n’est qu’après un certain temps qu’il osera parler en vérité et confier ses difficultés quotidiennes, dues aussi, dans bien des pays d’Orient, à la misère.

Comment aider aujourd’hui ces chrétiens d’Orient ?

En leur manifestant notre solidarité ! Si l’on veut vraiment les aider, il faut parler d’eux, faire savoir ce qu’ils vivent, réfléchir et agir avec eux. Ce que vous faites à La Croix, par exemple, est très important car cela prouve qu’on ne les oublie pas. Le pire du pire, c’est le silence !

Il faut les aider aussi à éviter toutes sortes de manipulations politiques. Enfin, il faut travailler à ce que l’opinion publique occidentale dépasse les simplismes réducteurs qui opposent le fanatisme musulman au rationalisme laïc. C’est seulement ainsi que l’on pourra aider à dépasser la violence. En n’oubliant pas que si les minorités chrétiennes d’Orient sont asphyxiées dans les sociétés majoritairement musulmanes, c’est mauvais signe pour l’islam de demain.

Recueilli par Claire LESEGRETAIN, Source: La Croix

«Céder à la peur serait une victoire pour les terroristes»

4 janvier 2011 Poster un commentaire

Chrétiens et musulmans du quartier de Shoubra, au Caire, brandissent Coran et croix pour protester contre l'attentat d'Alexandrie, samedi soir 1er janvier (Photo : AP/Ahmed Ali).

Les habitants de Shoubra, au Caire, espèrent que la cohabitation pacifique entre coptes et musulmans dans leur quartier ne sera pas remise en cause par l’attentat d’Alexandrie, mais l’inquiétude grandit.

Autour de l’église Hadra Massara, une dizaine de policiers montent la garde, tout en blaguant avec les habitants. Des barrières métalliques empêchent les véhicules de se garer devant l’édifice.

« Désolé, le patron du magasin nous a interdit de parler aux médias », s’excuse une jeune femme voilée, vendeuse dans une pâtisserie voisine, l’un des rares magasins ouverts, alors que de nombreuses boutiques ont baissé leur rideau. Le sujet tabou, c’est bien sûr l’attentat du 31 décembre contre l’église Al Qidissine d’Alexandrie, qui a fait 21 morts et plus de 80 blessés.

« Depuis deux jours, on ne parle que de ça dans le quartier », souffle Oum Andrew, qui gère une épicerie quelques mètres plus loin. Mère de deux enfants, cette femme d’une quarantaine d’années ne cache pas son angoisse. « Bien sûr que les gens ont peur. Mais nous irons à l’église pour la messe de Noël, le 7 janvier. Et s’ils veulent frapper à nouveau, qu’ils frappent », affirme-t-elle d’un air grave, tandis que des clientes voilées font leurs achats dans son magasin.

«Dans mon immeuble, presque tous les locataires sont chrétiens»

Shoubra est connue pour la bonne entente qui y règne entre coptes et musulmans. Les chrétiens y sont plus nombreux que dans le reste de la capitale égyptienne : des groupes de jeunes filles se promènent cheveux au vent, chose rare dans un pays où la quasi-totalité des femmes sont aujourd’hui voilées. Des images de saint Georges ou de la Vierge protègent les commerces, au même titre que des versets du Coran.

« Dans mon immeuble, presque tous les locataires sont chrétiens, comme la plupart de mes amis », lance Mohamed, un percussionniste d’une cinquantaine d’années. « Nous avons toujours vécu ensemble, on se rend visite lors des fêtes des uns et des autres. Il n’y a jamais eu de problème », poursuit-il, tandis que son ami Mickaël, lui-même copte, opine du chef.

C’est d’ailleurs à Shoubra que des mouvements de défense des droits de l’homme ont organisé, samedi, une manifestation contre le terrorisme réunissant coptes et musulmans. Mais certains craignent que l’onde de choc provoquée par l’attentat d’Alexandrie ne vienne perturber cette cohabitation heureuse.

«Nos amis musulmans sont tristes et choqués»

« Ce qui se passe est grave. Il faut que le gouvernement prenne en compte les tensions qui existent entre chrétiens et musulmans en Égypte », souligne ainsi Madonna, étudiante en informatique de 20 ans, venue passer un moment dans l’église Hadra Massara.

« Depuis trois ans, il y a une attaque contre les coptes à chaque Noël. L’an dernier, c’était à Nag Hamadi (NDLR : 6 coptes avaient été tués à la sortie de la messe de minuit en Haute-Égypte), il y a deux jours à Alexandrie. À chaque fois des gens meurent, des enfants, des vieillards… Évidemment que l’on est en colère ! », renchérit son ami Mina, tout vêtu de noir, en signe de deuil.

Pour Ingi, 23 ans, l’entente cordiale entre les deux communautés n’est pas forcément sincère. « Nos amis musulmans sont tristes et choqués comme nous, mais il y a aussi des gens qui se réjouissent de l’attentat, même s’ils ne le disent pas, avance-t elle. Pour nous, la première mission du gouvernement est de retrouver les coupables et de les condamner. Sinon il y aura encore un sentiment d’impunité et les terroristes peuvent recommencer tant qu’ils veulent. »

«Certaines personnes veulent déstabiliser le pays»

Tous les trois affirment qu’ils iront à l’église pour Noël. « Céder à la peur serait une victoire pour les terroristes », affirment-ils d’une seule voix. Ils craignent pourtant que l’attentat d’Alexandrie soit le début d’une escalade entre coptes et musulmans. « S’il se passe quelque chose à Noël, cette fois les coptes ne se tairont pas. Et le gouvernement non plus ne pourra pas garder le silence », prévient Mina.

Pour Ahmed, un habitant musulman du quartier, ce scénario est improbable. « Ceux qui ont fait cela n’ont pas de religion. L’islam dit qu’il faut respecter les autres “gens du Livre”, chrétiens et juifs », rappelle-t il.

Pour lui, la cohabitation ancestrale entre coptes et musulmans en Égypte n’est pas menacée. La théorie du gouvernement, accusant une « main étrangère » d’être derrière les attentats, ne lui semble pas absurde. « Certaines personnes veulent déstabiliser le pays, en profitant du fait que le président est vieux, qu’il va y avoir une élection présidentielle dans un an… »

«Nous voulons vivre ici, c’est notre pays»

Il blâme aussi les coptes de l’étranger qui aggravent les tensions en parlant du « martyre » des chrétiens d’Égypte alors qu’ils ne vivent plus dans le pays depuis des années. Et critique le pape Benoît XVI : « Il s’exprime sur la situation des coptes mais il ne voit pas ce qui se passe ici au quotidien. La plupart des gens vivent en bonne entente ! »

Pour combien de temps encore ? C’est la question que semblent se poser de plus en plus de chrétiens d’Égypte. Alors que depuis vingt ans, le nombre de jeunes coptes diplômés qui émigrent aux États-Unis, à Londres ou au Canada ne cesse de croître, l’attentat d’Alexandrie risque d’accélérer encore la vague de départs.

« Nous voulons vivre ici, c’est notre pays », affirment Mina, Ingi et Madonna. « Mais en sécurité. On veut pouvoir aller à l’église sans avoir peur de ne pas revenir », dit simplement Ingi.

Nina HUBINET, au Caire. Source: La Croix

Une délégation du Courant du futur à l’église copte de Jisr el-BachaUne délégation du Courant du futur à l’église copte de Jisr el-Bacha

4 janvier 2011 Poster un commentaire

04/01/2011

La délégation du Courant du futur dans le salon de l’église Saint-Marc. Photo Hassan Assal

La délégation du Courant du futur dans le salon de l’église Saint-Marc. Photo Hassan Assal

Une importante délégation du Courant du futur, présidée par Ahmad Hariri, s’est rendue à l’église copte à Jisr el-Bacha, pour présenter ses condoléances après l’attentat contre l’église de Tous-les-Saints à Alexandrie.
Le père Louis Orachalimi, responsable religieux des coptes du Liban, ainsi que Edmond Boutros, vice-président de la ligue copte, et d’autres responsables religieux ont accueilli la délégation qui a compté plusieurs députés, Nabil de Freige, Atef Majdalani, Ammar Houry, Bassem Chab ainsi que d’autres membres du bureau du Courant du futur.
À l’issue de la visite, Ahmad Hariri a fait part de son souci que « de tels actes barbares se propagent » dans la région et « touchent le Liban », espérant que les autorités égyptiennes feront toute la lumière sur « un acte atroce ».
« La situation est délicate, a-t-il poursuivi, et il est nécessaire, à l’ombre des incidents du Soudan et de l’Irak, de consolider notre position intérieure et de s’épauler afin de renforcer notre union, et ainsi, la stabilité de notre pays. »
Ahmad Hariri a également mis en garde contre un « plan » ourdi pour la région, estimant qu’il s’agit de préserver la vie commune, moyennant « une vigilance constante et une détermination sans faille ».
Il a ainsi évoqué l’initiative arabe exceptionnelle à l’endroit des chrétiens d’Orient, dans le but de leur assurer une protection nécessaire.
Rappelons que l’église copte Saint-Marc, à Jisr el-Bacha, célébrera jeudi prochain à 20h la messe de Noël, en présence de l’ambassadeur égyptien Ahmad el-Bidiaoui.
Source: L’Orient Le Jour

La protection des chrétiens du Moyen-Orient à l’ordre du jour du sommet de l’OCI, à l’initiative de Berry

4 janvier 2011 Poster un commentaire

04/01/2011

Le bureau du président de la Chambre Nabih Berry a publié hier un communiqué soulignant que l’Organisation de la conférence islamique (OCI), qui devrait se réunir le 19 janvier à Abou Dhabi, a ajouté deux points à son ordre du jour suite à la suggestion du chef du Parlement libanais.
En effet, M. Berry a demandé que l’OCI ajoute deux points à l’agenda de ses réunions. Il s’agit du rôle que les pays de l’OCI devraient jouer « pour préserver les chrétiens du Moyen-Orient et faire respecter leurs droits civils et politiques », ainsi que « pour affronter le plan sioniste et préserver Jérusalem ».

Source: L’Orient Le Jour

Les condamnations verbales sont insuffisantes, affirme le comité de dialogue national islamo-chrétien

4 janvier 2011 Poster un commentaire

04/01/2011

Tout en se félicitant de la vague unanime de réprobation de l’attentat contre l’église de Tous-les-Saints, à Alexandrie, le comité national pour le dialogue islamo-chrétien a jugé hier que « la campagne de dénonciations et de condamnations est insuffisante ».
« Il est nécessaire d’agir pour préserver la liberté religieuse et les fondements de la convivialité, en établissant une égalité civique entre tous, indépendamment des confessions religieuses des uns et des autres », a affirmé le comité dans un communiqué.
Et le comité de relever, dans son communiqué, que « la culture du rejet de l’autre que propagent certains programmes télévisés assume une responsabilité directe dans la diffusion de la haine religieuse et l’incitation à la haine et à l’homicide ».
Pour le comité, « sans être faux, le fait d’attribuer la responsabilité de tels crimes à un agent étranger, ennemi israélien ou autre, ne dispense pas les parties concernées d’une autocritique susceptible de couper la voie à la discorde confessionnelle ».
La tendance à faire assumer à un tiers étranger la responsabilité du drame « ne justifie pas, non plus, la légèreté dont les autorités ont fait preuve au niveau des mesures de protection des édifices religieux ».
Et le comité de mettre en question l’orthodoxie religieuse de ceux qui commettent des attentats terroristes de la sorte, rappelant que le Coran considère que « l’offense faite à un chrétien équivaut à une offense faite au Prophète », et que « tuer un homme, c’est tuer l’humanité ».
Source: L’Orient Le Jour

Funérailles du père Fady Metni à Damour

4 janvier 2011 Poster un commentaire

04/01/2011

Le père Fady Metni était âgé de 44 ans.
Le père Fady Metni était âgé de 44 ans.
L’archevêque maronite de Beyrouth, Boulos Matar, a célébré les funérailles du prêtre Fady Aziz Metni, retrouvé tué à son domicile de Kornet Chehwane jeudi dernier.
La cérémonie funêbre a eu lieu en l’église Saint-Élie des maronites à Damour en présence de nombreux notables et personnalités.
Dans son homélie, Mgr Matar a mis l’accent sur la paix de l’âme et de l’esprit, soulignant que « le père Fady a quitté sa famille et sa paroisse physiquement mais que sa prière et son amour nous accompagneront toujours ».
Mort à l’âge de 44 ans, le père Fady Metni avait suivi des études en France et enseignait auprès de deux branches du Collège de La Sagesse.
Source: L’Orient Le Jour

Gemayel : « Les agressions contre les chrétiens sont une guerre d’extermination et d’exode »

4 janvier 2011 Poster un commentaire

04/01/2011

M. Gemayel s’adressant aux journalistes à Saïfi. À gauche, on remarque le grand portrait du fondateur des Kataëb, Pierre Gemayel. Photo Sami Ayad

M. Gemayel s’adressant aux journalistes à Saïfi. À gauche, on remarque le grand portrait du fondateur des Kataëb, Pierre Gemayel.

Le président du parti Kataëb Amine Gemayel a déploré hier que « pour certains, les compromis sont devenus des concessions », réaffirmant « le droit des Libanais à connaître la vérité ».

« Il y a deux sujets qui nous occupent l’esprit, les tragédies vécues par les chrétiens dans certains pays arabes, notamment en Irak et en Égypte, et les exactions commises contre eux dans d’autres pays, qu’elles soient rendues publiques ou gardées secrètes. » Ces propos sont ceux d’Amine Gemayel, qui s’est étendu hier sur le sujet des agressions contre les chrétiens dans les pays arabes au cours d’une conférence de presse qu’il a tenue à la Maison centrale des Kataëb à Saïfi.
« Les massacres commis actuellement par des courants islamistes extrémistes n’avaient jamais été perpétrés au cours de toute l’histoire de l’islam », a-t-il dit, les qualifiant de « marque d’infamie du vingt et unième siècle qui entraînera des réactions dans divers pays, ce que nous ne voulons pas encourager ». Selon lui, « ces massacres à caractère confessionnel ne concernent pas que les chrétiens ». « Les conflits entre sunnites et chiites font partie d’une lutte pour le pouvoir, mais les agressions contre les chrétiens sont une guerre d’extermination et d’exode », a-t-il affirmé.
M. Gemayel a estimé que le Liban devait se sentir concerné par ces événements, « non par volonté d’ingérence dans les affaires d’autres pays ou par fanatisme religieux, mais par souci de préserver l’identité et l’esprit de cet Orient qui se désintégrera si le christianisme ne fait plus partie de ses composantes ».
L’ancien président de la République a insisté sur le fait que « les déclarations ne suffisent plus, ni les visites d’hôpitaux, car il faut recréer une atmosphère sécurisante », exhortant les pays arabes et islamiques à prendre une initiative à caractère international pour restaurer la stabilité. Il a considéré que « la sécurité des chrétiens dans cette partie du monde n’est pas une aumône, mais un droit ». Il a appelé le patriarcat maronite, qui accueille une réunion des évêques, à « décréter une journée de deuil national, de prière et de méditation, afin de tirer les leçons de ces événements aux niveaux régional et libanais », le rôle du patriarcat maronite « n’étant pas confiné au Liban ». Il a également espéré que « les leaders religieux du pays se retrouveront bientôt pour réaffirmer la solidité de la coexistence au Liban ».
« Ce qu’il est nécessaire d’entreprendre par le biais des initiatives espérées, c’est de redynamiser le rôle des chrétiens dans leurs pays respectifs, a ajouté M. Gemayel. Ce rôle est parfois totalement paralysé, comme cette représentation inexistante au sein du gouvernement irakien. Mais la présence chrétienne est bien réelle en Égypte, et il faudrait la renforcer. En Jordanie, les initiatives encourageant l’interaction islamo-chrétienne proviennent directement du roi Abdallah. Développer le rôle du chrétien dans ces pays confortera l’harmonie et la coopération à un niveau global. »

Pas d’autre choix que le TSL
Le président des Kataëb a longuement commenté « ce qu’on appelle les compromis à caractère libanais, régional ou international ». « Il est regrettable que pour certains, les compromis soient devenus des concessions, a-t-il dit. Il est du droit du peuple libanais de connaître la vérité. Il faudrait dialoguer sur les solutions significatives et constructives, pas sur les concessions comme cela a eu lieu par le passé. De concession en concession, les autres ne font qu’imposer des conditions supplémentaires. »
Il a déclaré « croire dans la culture du dialogue et de la paix » et martelé que « toute solution à l’avenir ne saurait être fondée que sur la vérité et la justice non politisée ». En réponse à une question, M. Gemayel s’est dit « convaincu que le Courant du futur n’est pas prêt à faire une concession sur le tribunal ou la vérité ». « Le parti Kataëb ne pourra jamais abandonner le sujet de la justice, non seulement parce que nous avons deux martyrs dans nos rangs, Pierre Gemayel et Antoine Ghanem, mais aussi parce que nous estimons qu’une telle concession signerait la perte du Liban », a-t-il ajouté. À la question de savoir pourquoi il croyait dans le tribunal international, il a affirmé « n’avoir pas le choix, la justice libanaise étant paralysée ».
Le parti Kataëb risque-t-il de se retrouver seul si tous ses alliés acceptent les concessions dont on parle actuellement ? « Cette question est hypothétique et je ne peux y répondre, dit-il. Nous sommes convaincus que notre camp croit en sa cause et qu’il n’y a pas d’autre solution que la vérité. Personne n’abandonnera ces convictions. » Et si le parti se retrouvait hors du gouvernement ? « Nous n’avons jamais aspiré au pouvoir pour le pouvoir », a-t-il répondu.

Source: L’Orient Le Jour
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 511 followers

%d bloggers like this: