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Hommage à la publicité au Liban
Par Carla Henoud | 01/03/2012

Une pub publiée dans les années 60 dans Magazine.
VIENT DE PARAÎTRE 50 ans déjà que l’International Association Advertising (IAA) a été créée. Un anniversaire que son président actuel Nagi Boulos a voulu célébrer à travers un ouvrage « Lebanon Communicating – IAA Lebanon chapter-50 years of history and achievements »* dédié à tous ceux, acteurs et témoins, qui aiment la publicité.
À l’occasion de son jubilé d’or, l’International Association Advertising (IAA) a lancé à Beyrouth son ouvrage Lebanon Communicating. Le livre, en anglais, retrace histoire de l’association et de la publicité au Liban.
Fils de pub, fils de Jean-Claude Boulos également, homme de pub, de télé et longtemps président de la IAA chapitre Liban et international, Nagi Boulos, comme de nombreux autres, participe à la belle aventure de ce média. Démarrée au Liban avec le génial Fouad Pharaon en 1930, la publicité a connu les frémissements des débuts, l’explosion de l’âge d’or, le ralentissement des années de crise et l’enthousiasme de la reconstruction.

À l’occasion de son jubilé d’or, l’International Association Advertising (IAA) a lancé à Beyrouth son ouvrage Lebanon Communicating. Le livre, en anglais, retrace histoire de l’association et de la publicité au Liban.
Pour conserver cette mémoire et la partager avec la nouvelle génération de publivores, Boulos a retracé les 50 ans de l’association, ses présidents, ses objectifs, ses défis et ses accomplissements. À l’aide de documents d’archives et de photos, il ramène à la mémoire de tous ceux qui les ont connu, des personnalités exceptionnelles tels les regrettés Maroun Takchi, fondateur de l’IAA – Lebanese Chapter, Samir Farès, Mohammad Choucair, Jean Rizk ou encore Antoine Choueiri. Tous d’importants protagonistes qui ont façonné l’IAA et la publicité au Liban.
Lebanon Communicating – IAA Lebanon chapter-50 years of history and achievements passe également en revue les grandes agences, les belles campagnes, la naissance de la télévision et des télévisions, les inoubliables slogans. Les réclames en noir et blanc dans les quotidiens de l’époque, L’Orient et Le Jour, témoignent d’une grande créativité et d’un humour léger qui ressemble à cette belle époque. Publicités de lingerie, de voitures, de bières, de vêtements, elles sont toutes le reflet d’époques différentes.

«Nous ne pouvions pas laisser passer les cinquante ans sans retracer l’histoire de l’IAA et rendre un hommage à tous les pionniers dans le domaine ainsi qu’aux grandes agences. Nous avons choisi des publicités significatives des différentes décennies, pas forcément les plus belles, mais les plus insolentes. Celles que l’on ne peut plus faire aujourd’hui, comme la publicité comparative ou celle de médicaments ou de cigarettes.»

Rédigé en anglais, «la langue des affaires», précise-t-il, et constitué de 220 pages, le livre a nécessité sept mois de labeur. Un travail de recherches qui n’était pas facile (les archives de l’IAA ayant brûlé en 1975), mais rendu possible par les témoignages de quelques-uns de ces «collaborateurs» qui ont offert leurs souvenirs. Il réunit des informations importantes, ignorées ou simplement oubliées. Des informations rafraîchissantes qui décrivent également l’évolution de la créativité et des mentalités au Liban, des années 30 à nos jours. «La créativité se perd, déplore Naji Boulos. La cause: la globalisation des marques de vêtements, de produits de luxe, qui unifie les campagnes et des clients frileux qui privilégient le résultat immédiat à un travail de long terme.»
*«Lebanon Communicating – IAA Lebanon chapter-50 years of history and achievements » est en vente dans toutes les librairies à 100 000LL. Lire la suite…
La «khaizaran» relookée par Samer al-Amin
Par Zéna ZALZAL | 14/01/2012

Les « khaizaran » de Samer el-Amin versions « Solid » et « Dots ».
DESIGN La traditionnelle et si commune chaise « khaizaran », en bois et cannage, s’offre un relooking à la pointe de la tendance grâce aux bons soins et – au bon goût – de Samer al-Amin.
Elles étaient restées à la traîne de la modernité ces fameuses chaises «khaizaran» de notre enfance. Confinées dans les cuisines des anciennes maisons de montagne ou dans les arrières salons de condoléances des églises… Elles menaçaient même de disparaître avec l’abandon progressif des «ahawe el-ezzez» et autres restos traditionnels libanais! Mais c’était sans compter sur la créativité de Samer el-Amin.
Ce graphic-designer de formation, à la longue expérience de publicitaire reconverti depuis quelques années dans l’événementiel, a jeté son dévolu sur cette chaise, si commune qu’elle pourrait être un symbole du patrimoine libanais (au même titre que les maisons à arcades et tuiles rouges), mais aussi si banale qu’elle passe totalement inaperçue. «J’ai une sorte d’attachement à cette chaîse et, en même temps, j’en avais marre de la voir inchangée. C’est le fauteuil “Ghost” de Philippe Stark qui m’a donné l’idée de la relooker.» Plutôt que le plexiglas – dont la production au Liban n’est pas encore au point pour ce genre d’articles, et «je tiens à fabriquer du made in Lebanon», indique-t-il –, Samer al-Amin se tourne vers l’acier inoxydable en le combinant avec toutes sortes de motifs, matières et couleurs. Lire la suite…
La Harvard Business School se penche sur le cas Aïshti
10/06/2011

Le PDG d’Aïshti, Tony Salamé, au cours de la conférence à la Harvard Business School.
Liban – Conférence Dans un Moyen-Orient en proie à des bouleversements inédits, avec pour conséquence une économie en berne, le Liban, fort de sa longue traversée des crises, a une expertise à partager. Les clubs « Luxe et distribution » et « MENA » de la Harvard Business School ont récemment organisé leur table ronde annuelle, conviant le PDG d’Aïshti, Tony Salamé, à parler de son expérience de commerçant de luxe dans un pays en guerre.
La concurrence, au secours du pouvoir d’achat
17/05/2011 – Analyse D’Emmanuel COMBE*
À l’heure de la hausse durable du prix des matières premières et alimentaires, la question du pouvoir d’achat revient logiquement sur le devant de la scène politique. Comment répondre aux attentes légitimes de la population sur ce sujet si sensible, sans tomber dans les remèdes aux effets limités, tels que les hausses de salaires, ou illusoires, tel que le blocage des prix ?
Il existe en réalité des marges de manœuvre, pour peu que l’on accepte d’élargir les termes du débat. L’enjeu aujourd’hui pour les ménages n’est pas tant de voir leur « fiche de paie » augmenter que leur pouvoir d’achat : l’important, ce n’est pas tant ce que l’on gagne, c’est ce que l’on peut acheter avec ! Pour augmenter le pouvoir d’achat, à défaut de jouer sur les salaires nominaux, les pouvoirs publics peuvent agir sur une autre variable, aux effets plus pérennes : la concurrence.
En premier lieu, une concurrence accrue fait baisser durablement les prix. Ainsi, dans le transport aérien, l’arrivée en France de compagnies low cost sur des lignes jusqu’ici en monopole a conduit à de fortes baisses du prix des billets, y compris chez l’opérateur historique, contraint de s’adapter à cette nouvelle donne concurrentielle. De même, dans la téléphonie mobile, l’entrée prochaine de Free en France devrait se traduire par une diminution des prix de l’ordre de 7 % sur l’ensemble du marché, ce qui représente pour les consommateurs un gain annuel supérieur au milliard d’euros. Au niveau européen, la conclusion du cycle de Doha et l’ouverture concomitante des marchés qui en résulterait conduirait à de substantielles baisses de prix, notamment sur des produits très protégés comme la viande, engendrant pour les consommateurs européens un gain estimé à 20 milliards d’euros.
En second lieu, la concurrence crée du pouvoir d’achat en augmentant le volume global d’emplois. Contrairement aux idées reçues, toutes les études économiques convergent pour montrer que la concurrence, si elle détruit des emplois chez les « insiders », en crée davantage chez les nouveaux entrants, en augmentant la taille du marché. Le cas du transport aérien est à cet égard exemplaire : l’entrée des low cost en France a fait exploser la demande sur certaines lignes comme Londres-Bergerac, créant ainsi nombre d’emplois indirects dans le tourisme et l’économie locale. Dans les secteurs régis par un numerus clausus ou un rationnement, l’ouverture à la concurrence permettrait d’accroître l’offre et de créer ainsi de nouvelles opportunités d’emplois : qui ose encore soutenir que le nombre de taxis parisiens – 16 500 contre plus de 40 000 à Londres – est aujourd’hui suffisant pour satisfaire la demande ?
Bref, stimuler la concurrence permet d’engranger un triple dividende économique : du pouvoir d’achat en plus, de l’emploi en plus, de l’inflation en moins.
Si la concurrence génère de tels gains pour la collectivité, comment expliquer que les pouvoirs publics restent si hésitants à engager des réformes proconcurrentielles ? La réponse est à chercher du côté de l’économie politique : les perdants d’une ouverture à la concurrence sont peu nombreux mais bien organisés tandis que les gagnants, pourtant majoritaires, apparaissent dispersés ; a-t-on déjà vu des consommateurs protester en faveur d’une plus grande concurrence dans le secteur pharmaceutique ? Plus encore, les gains de la concurrence se révèlent à long terme et de manière diffuse, alors que les coûts se manifestent à court terme et sont très visibles. Il est donc politiquement tentant de privilégier le statu quo.
Mais l’histoire n’est jamais écrite à l’avance : en dépit des obstacles, des pays comme la France ont réussi à faire souffler un vent nouveau de concurrence dans des secteurs jusqu’ici protégés. Et si le Liban s’engageait sur la même voie ?
(*) Professeur à l’Université de Paris 1,
Professeur affilié à ESCP Europe
En coopération avec :ESA
Source: L’Orient Le Jour
L’agence nationale d’information change son site
L’agence nationale d’information libanaise, qui célèbre cette année ses 50 ans, a changé lundi 1er mai son site internet. La nouvelle maquette est réalisée par l’agence Fingerprints. Outre une refonte complète du design du site, le logo de l’agence a été changé, des animations ont été introduites dans les bannières, des espaces pour vidéos et photos sont même prévus. « Les journalistes qui recherchent des informations sur le site auront la possibilité de télécharger des photos en haute résolution pour illustrer leurs articles », explique Salim Sawaya, fondateur et directeur de l’agence de 15 personnes. Une application mobile est également en cours de développement.
Source: Le Commerce du Levant
La situation politique pèse sur la confiance des consommateurs
04-05-2011 | par M.E.R. | source: Lebanon This Week, Bayt.com
L’indice de confiance des consommateurs a baissé en mars de 6,7 % en rythme annuel, à 107,1 points, selon le site de recrutement en ligne, Bayt.com.
Cet indicateur tend à confirmer les craintes exprimées par différents instituts de recherche concernant l’impact de la situation politique sur l’économie libanaise.
Dans son dernier rapport sur le Liban, l’institut de recherche affilié à la revue britannique The Economist prévoit un taux de croissance en baisse à 4,6% en 2011, contre 7,5% l’année précédente.
Economist Intelligence Unit (EIU) souligne que le retard pris dans la formation du nouveau gouvernement sape la confiance des consommateurs et des investisseurs et retarde les réformes nécessaires, surtout au niveau des finances publiques et du secteur de l’électricité.
L’instabilité politique dans les pays arabes risque également d’affecter le tourisme et les exportations libanaises, ajoute-t-il, en prévoyant un déficit record du compte courant à 11,5% du PIB en 2011.
Toujours selon le même rapport, l’inflation devrait croitre à 5,3% en 2011 tirée par la hausse des prix des produits de première nécessité, notamment ceux du blé qui ont augmenté de 31%.
Pour la société de recherche Capital Economics aussi, l’incertitude politique contribue en grande partie au ralentissement économique observé depuis le début de l’année.
Si la situation perdure, cela pourrait affecter les recettes fiscales, qui représentent 75% des revenus de l’Etat, ainsi que les investissement directs étrangers, le tourisme et les transferts des expatriés, a-t-elle prévenu.
Source: Le Commerce du Levant
Le système confessionnel : un gouffre économique
13/04/2011
Le régime confessionnel au Liban engendrerait chaque année des pertes estimées à quelque 3 milliards de dollars, soit environ 9 % du PIB, selon une étude réalisée par un économiste à l’AUB… Des chiffres alarmants qui soulignent l’urgence d’un passage à un système laïc.
La facture du système confessionnel estimée à 9 % du PIB par an

Ce dernier a alors réalisé une étude pour quantifier les coûts du système confessionnel libanais – dont les conclusions ont été exposées au cours de la conférence organisée hier. S’appuyant sur des données brutes issues d’études du PNUD, de la Banque mondiale (BM) ou de l’Administration centrale des statistiques (ACS), le chercheur a réalisé une estimation économétrique du coût marginal du confessionnalisme. Il a compilé les coûts engendrés par le système confessionnel pour un individu lambda tout au long de sa vie, de sa naissance à sa mort. Devant la salle comble de l’Institut Issam Farès pour les affaires internationales et les politiques publiques, venue écouter les conclusions de l’étude, le chercheur estime que « chaque individu né au Liban aujourd’hui devrait engager au moins 114 000 dollars tout au long de sa vie à cause du système confessionnel ». Au total, les coûts économiques subis par la société libanaise chaque année atteindraient presque 3 milliards de dollars, soit 9 % du PIB. « Cela équivaut à environ 2 $ par personne par jour », précise Jad Chaaban. Pour atteindre ces résultats, l’économiste a agrégé les coûts causés par des facteurs aussi divers que la prévalence du système confessionnel dans le système éducatif et au travail, l’absence de mariage civil dans le pays, le système des quotas dans l’administration ou encore les habitudes communautaires sur le marché de l’immobilier…
Secteur immobilier : des coûts estimés à 800 millions de dollars en 2010
Ainsi, dès la naissance, les parents du nouveau-né doivent l’enregistrer dans le lieu de registre civil de la famille et pas sur leur lieu de résidence. Le transfert des certificats de naissance du lieu de naissance au lieu d’enregistrement coûte en moyenne 50 dollars. Pour les nouveau-nés de la région du Grand Beyrouth, cela représente chaque année 460 000 dollars de coûts. « Ce fardeau supplémentaire équivaut au budget annuel nécessaire à la vaccination de tous les nouveau-nés du pays pour une immunisation de base », compare Jad Chaaban.
Lorsque l’enfant grandit et qu’il entre plus tard sur le marché de l’emploi, il pâtit aussi du système confessionnel. Lors de son mariage également. Jad Chaaban estime qu’un mariage civil obligatoire permettrait à la société d’économiser 5,6 millions de dollars par an, puisque les 35 000 couples qui se marient chaque année (2008) économiseraient en moyenne 160 $ (en termes de frais liés strictement à la cérémonie), le coût d’une cérémonie civile étant estimée à 100 dollars.
Sur le marché de l’immobilier aussi, le système confessionnel serait responsable d’une hausse des prix de l’ordre de 11 %, causée par la ségrégation résidentielle confessionnelle et la hausse conséquente de la demande immobilière dans certaines régions, considérées comme les fiefs de communautés particulières (Achrafieh, banlieue sud, Ras Beyrouth, etc.). Selon l’étude, le coût global engendré par cette ségrégation est estimé à 533 millions de dollars en 2008 et à près de 800 millions de dollars en 2010.
Dans le secteur public, Jad Chaaban considère que « 16 % des fonctionnaires représentent un fardeau supplémentaire engendré par le système confessionnel ». Ces fonctionnaires « superflus » coûteraient 396 millions de dollars par an. De plus, les politiciens exercent des pressions pour éviter que leurs partisans – de la même confession – ne payent leurs factures. Les pertes engendrées à ce niveau s’élèveraient ainsi à 67,5 millions de dollars dans le secteur de l’eau, et à 150 millions de dollars dans le secteur de l’électricité, chaque année, selon l’économiste.
Par ailleurs, le chercheur s’est penché sur les effets de la loi sur les agences exclusives, « qui protège les intérêts des grandes entreprises ». La plupart des contrats de représentations sont attribués sur une base confessionnelle. Cette concentration excessive du marché dans les mains de chefs d’entreprise confessionnels constituerait d’après l’étude de Jad Chaaban un fardeau de 850 millions de dollars par an.
Mais pour l’auteur de l’étude, « au final, ces coûts restent très prudents, car ils ne tiennent pas compte des dépenses d’investissement gaspillées du fait de la duplication de projets visant à maintenir l’équilibre confessionnel. Au-delà du mouvement citoyen demandant la chute du régime confessionnel, il y a une urgence à passer à un système laïc, vu les coûts additionnels engendrés par le système confessionnel. »
Hajj Hassan veut réglementer les marchés de gros de fruits et légumes
La plupart des marchés de gros des fruits et légumes au Liban ne sont pas aux normes, a déclaré mardi le ministre de l’agriculture Hussein Hajj Hassan lors d’un atelier de travail consacré à ce sujet.
Une réorganisation des marchés de gros des fruits et légumes s’impose avec la coopération de tous les acteurs concernés, à savoir les agriculteurs, les commerçants, les consommateurs, les municipalités et les ministères, a souligné Hajj Hassan.
L’objectif est de rétablir l’équilibre des relations entre l’agriculteur et le commerçant, et d’assurer un meilleur contrôle des prix à la vente pour le bien du consommateur.
Source: Le Commerce du Levant.
Beyrouth renaît de ses cendres
La crise a jusqu’ici épargné le Liban, destination touristique de choix dans la région et récepteur de transferts d’argent records envoyés par ses ressortissants à l’étranger. Engagé dans la reconstruction depuis la « guerre des 33 jours » (2006), Beyrouth craint que l’instabilité politique de la région ne mette à mal la pérennité de son développement.

Mohamed Choucair, président de la Chambre de commerce de Beyrouth
À la tête d’une chocolaterie familiale devenue une société multinationale de produits de luxe, Mohamed Choucair, 42 ans, préside la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Beyrouth et du mont Liban et la Fédération des CCIA du Liban depuis 2010. « La renaissance de la région méditerranéenne viendra des villes », aime-t-il répéter.
Commerce International : Comment la cité méditerranéenne peut-elle aider au dynamisme de l’arc méditerranéen ?
Mohamed Choucair : « Les cités ont un grand rôle à jouer dans l’avenir de la Méditerranée. La Renaissance en Europe fut le fait des cités-États. Nous pensons que la renaissance de la région viendra des villes. Elles réunissent en effet deux institutions importantes et que concernent l’organisation économique et le développement : la municipalité, qui assume le poids du secteur public, et la chambre de commerce, fer de lance des organisations du secteur privé. Meda City (1) l’a très bien compris et a donc invité une cinquantaine de maires et de présidents de chambres pour dialoguer ensemble sur les possibilités de coopération et les besoins du développement. Municipalités et chambres de commerce sont des institutions beaucoup moins lourdes que les administrations de l’État. »
Quel poids les PME occupent-elles dans le tissu économique du Liban ?
M. C.: « Les petites entreprises assurent 70 % de la production nationale et 80 % de l’emploi. Et en période de crise, la micro-entreprise (moins de 10 personnes, chef d’entreprise compris) est une solution pour limiter le chômage et l’émigration. Elles sont très nombreuses à Beyrouth, mais la plupart relèvent, malheureusement, du secteur informel. »
Comment les CCI comme la vôtre peuvent-elles aider les petites entreprises à se développer dans la région méditerranéenne ?
M. C.: « Les chambres ont développé une multitude de services à l’entreprise. Ces services tendent à rationaliser la petite – y compris la très petite – entreprise en lui proposant notamment des formations qu’elle pourrait autrement difficilement s’offrir. Un effort particulier est fait pour aider les entreprises à atteindre leur seuil critique, celui qui leur permettra d’affronter la concurrence internationale. Il n’est plus nécessaire aujourd’hui d’être une entreprise géante pour affronter la concurrence. »
Quels projets ou expériences menés à Beyrouth avez-vous voulu mettre en avant lors de la rencontre ?
M. C.: « La façon dont Beyrouth s’est relevée de ses cendres démontre le dynamisme de la ville. Ceux qui la connaissent vous diront qu’ils retrouvent en elle toutes les villes de la Méditerranée et qu’ils s’y sentent chez eux. C’est un aspect rassembleur, une qualité très utile dans la formation des liens et le développement de la coopération. »
Quels sont les principaux secteurs porteurs au Liban ?
M. C.: « La croissance réelle a atteint 9,5 % en 2009, contre 8 % en 2008. Le Liban n’a pas connu la crise. Son intégration à l’économie régionale a fait qu’une bonne partie des investissements directs étrangers (5,9 milliards de dollars en 2008, soit 4,4 milliards d’euros) et des placements y ont été attirés. Ces dernières années ont, d’autre part, connu un développement significatif du tourisme et des loisirs, attribuable notamment à l’amélioration du niveau de vie dans les pays arabes, dont la destination touristique privilégiée reste le Liban. Le pays a ainsi reçu environ 1,9 million de touristes en 2009, soit une progression de 18,75 % par rapport à 2008 malgré la crise. Les revenus du tourisme atteignaient 6,5 milliards de dollars en 2009, c’est-à-dire 4,9 milliards d’euros, soit l’équivalent de 20 % du PIB. Ils représentent la principale source de revenus de l’économie libanaise. »
Quels sont les secteurs d’avenir selon la Chambre ?
M. C.: « La Chambre s’occupe surtout des PME qui viennent d’une infinité de secteurs et sous-secteurs. Il est donc difficile d’en prévoir l’évolution. C’est pourquoi nous préférons privilégier l’égalité des chances dans l’assistance que nous prodiguons et laisser le marché faire la sélection. Nous sommes souvent étonnés de voir des entreprises très dynamiques naître de secteurs apparemment moribonds, comme l’industrie textile, par exemple. »
Êtes-vous satisfait de programmes de partenariats comme Meda I et II (2) établis avec l’Union européenne ?
M. C.: « Ces deux programmes avaient basé sur le revenu par habitant et le chiffre de population les critères décidant de l’attribution d’aide au développement. Or, dans ces deux cas, le Liban figure en bonne place. Le revenu par personne est l’un des plus élevés de la région et sa population limitée à 4 millions. Si nous sommes reconnaissants des efforts européens, le Liban a donc toutefois été le moins bien servi de la région dans ce cadre. Cela explique, entre autres, que son industrie et son agriculture n’aient pas été mises à niveau. »
Avez-vous établi des partenariats avec d’autres Chambres de commerce et d’industrie ?
M. C.: « Nous croyons fortement à la coopération entre Chambres de commerce. C’est l’un des forts vecteurs de coopération régionale. Mais il faut bien choisir les acteurs et les domaines de coopération pour que cela soit efficace. Nous avons déjà établi un large programme de coopération avec la Chambre de Paris, signé un accord de coopération avec la CCI de Milan et entamé des relations très étroites avec leur agence “Promos”, qui sont un modèle de dynamisme dans le service à l’entreprise. Nous développons aussi des liens avec de nombreuses Chambres en Syrie, en Jordanie, dans les pays du Golfe, en France, en Italie, en Espagne et en Turquie, dans des domaines plus spécifiques. »
Quels sont vos projets en cours ?
M. C.: « La “Chambre électronique” est sans doute l’un de nos projets actuels les plus importants : bientôt, tous nos services seront fournis sur Internet, sans que l’entreprise ait à se déplacer. Le second aspect important est l’avancée vers plus de transparence afin que les entreprises puissent mieux connaître nos activités et en tirer profit. »
Comment Beyrouth et sa région se sont-ils remis des bombardements de 2006 ?
M. C.: « Le Liban a été très affecté par les destructions de 2006 : des ponts qui venaient d’être construits, des chantiers et des immeubles ont été détruits. Cependant, la volonté de reconstruction a atteint l’obsession. L’assistance d’urgence de près de 1 milliard de dollars mise à disposition par les “pays amis” a eu un effet très positif sur le moral des Libanais. »
Un classement place le Liban au premier rang des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord dans le domaine des transferts d’argent venant des ressortissants vivant à l’étranger. Les transferts atteindraient 8,2 milliards de dollars, soit 6,2 milliards d’euros en 2010. Quelles sont les répercussions sur l’économie du pays ?
M. C.: « Nous avons assisté au Liban à une émigration de techniciens et de jeunes diplômés, émigration entraînée surtout par le manque d’investissement dans les secteurs de production. D’autre part, l’économie libanaise étant fortement intégrée à l’économie régionale, les Libanais ont toujours été fortement présents dans les pays du Golfe. Comme il s’agit le plus souvent d’une émigration temporaire, la plupart des travailleurs qui partent, laissent leurs familles au Liban, d’où l’importance des transferts d’argent. Ce qui se traduit par un excès d’importations et un déficit commercial. Cependant, la balance commerciale est trompeuse, car une bonne partie est compensée par le revenu des services. »
Différents classements internationaux ont récemment mis à mal la « crédibilité » du Liban. Cela vous inquiète-t-il ?
M. C.: « Ce sont surtout certaines dissensions politiques, qui naissent du conflit au Moyen-Orient, qui nuisent à la “crédibilité” du Liban. Et les évaluations internationales reflètent cet état de choses. Doing Business est un classement auquel nous sommes notamment attentifs (11 places perdues depuis 2009, ndlr). Le Liban occupe la 113e place sur 183 pays. Ce n’est pas idéal, mais il faut être réaliste. Les investissements étrangers ont toutefois progressé en 2009. C’est d’ailleurs l’un des rares pays où ce constat a pu être fait au plus fort de la crise mondiale. Que faut-il en conclure ? Que les classements ne prennent vraisemblablement pas suffisamment de facteurs en compte et/ou que les crises politiques provoquent des comportements atypiques que les classements saisissent mal. »
Quelles sont les perspectives pour le futur proche ?
M. C.: « Si le Liban n’a pas souffert au cœur de la crise, pourquoi rencontrerait-il des difficultés à présent ? La seule crainte reste que le conflit du Moyen-Orient ne pèse encore plus sur l’ordre intérieur. Cela aurait alors inévitablement des conséquences sur la situation économique. J’espère sincèrement que nous n’en arriverons pas là. En tout cas, nous faisons tout ce qu’il faut pour séparer l’économique du politique. »
(1) Lire notre article sur l’événement de Barcelone.
(2) “Le programme Meda vise à mettre en œuvre les mesures de coopération destinées à aider les pays tiers méditerranéens à procéder à des réformes de leurs structures économiques et sociales et à atténuer les effets du développement économique sur le plan social et environnemental.” Source : UE
Élodie Cuzin. Source: Commerce International.
La crise a jusqu’ici épargné le Liban, destination touristique de choix dans la région et récepteur de transferts d’argent records envoyés par ses ressortissants à l’étranger. Engagé dans la reconstruction depuis la « guerre des 33 jours » (2006), Beyrouth craint que l’instabilité politique de la région ne mette à mal la pérennité de son développement.
Pierre Cardin, 88 ans: "mon métier c’est ma drogue"
(AFP) – Il y a 5 jours
TOKYO — A 88 ans, le célèbre couturier français Pierre Cardin a déclaré mardi à Tokyo qu’il allait poursuivre sa carrière commencée il y a 60 ans, car, a-t-il dit, "mon métier c’est ma drogue".
Contrairement à ce que la plupart des gens peuvent penser, "c’est un métier que j’aime et que je continue encore", a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse avant un défilé de sa dernière collection organisée à l’université de mode Bunka de Tokyo.
"Mon métier, c’est ma passion, c’est ma drogue", a-t-il martelé.
Evoquant sa longue carrière, il a raconté qu’il avait voulu très vite "devenir une marque, car une griffe ça disparaît au bout de trois mois, alors qu’une marque ça reste". "C’est pour ça que j’ai réussi depuis 60 ans dans ce métier."
Avant-gardiste dans les années 1960, la mode de Pierre Cardin a vieilli, mais son entreprise, qui pèse plusieurs milliards, fait travailler 450 personnes à Paris et jusqu’à 200.000 dans le monde.
Car le couturier a été l’un des pionniers du "business model" de la licence, qui s’est depuis imposé dans l’univers de la mode: un contrat confiant la fabrication de produits à une entreprise en échange de royalties, pour l’utilisation du nom.
Aujourd’hui, il revendique près d’un millier de produits, allant des cravates à l’eau minérale, en passant par les dérivés du restaurant Maxim’s dont il est propriétaire.
Pierre Cardin juge que le métier de couturier est devenu très difficile car la mode change trop vite.
"Il y en a tellement dans le monde. Il est impossible de changer de mode chaque année, c’est stupide. Les vêtements coûtent très cher", a-t-il souligné.
Après avoir largement investi au Japon et surtout en Chine, où il est reçu quasiment comme un chef d’Etat, M. Cardin mise beaucoup sur l’Inde et pense que d’ici 10 ans, ce pays aura dépassé la Chine.
Source: AFP


