Archive
Déchets à Saïda : les négociations sur le prix de la tonne au point mort
Par Suzanne BAAKLINI | 09/01/2012

Un dépotoir qui empoisonne l’air des quartiers sud depuis une quarantaine d’années.
Environnement Il y a quelques semaines, la municipalité de Saïda inaugurait les travaux sur un brise-lame controversé qui devrait contourner le dépotoir de la ville. La crise des déchets n’est pas résolue pour autant…
Le dépotoir de Saïda, capitale du Liban-Sud, continue de recevoir chaque jour des milliers de tonnes de déchets en tout genre. L’usine ultramoderne de tri et de compostage à proximité reste hermétiquement fermée. La ville ne semble donc pas sur le point de régler une crise qui traîne depuis une quarantaine d’années, et dont le résultat est un immense dépotoir qui pollue et empoisonne l’air de ses quartiers sud. Le président du conseil municipal, Mohammad Saoudi, explique pourquoi. « Le principal obstacle reste celui des négociations avec les propriétaires de l’usine, dit-il. Or, si celle-ci ne commence pas à fonctionner, nous ne pouvons pas fermer le dépotoir et entamer sa réhabilitation. » Lire la suite…
Des jardins suspendus à Beyrouth, un projet en germe
Par Rémi BOYER | 09/01/2012

Beyrouth drapée de vert, un espoir qui peut se concrétiser pour peu qu’on appuie le projet.
Aménagement urbain Un architecte envisage la plantation d’arbres sur les toits de la capitale pour assainir l’air de la ville.
Il n’est pas difficile de s’expliquer qu’une ville aussi peu industrielle que Beyrouth soit tant polluée. Ouvrir les yeux et observer les pratiques à quatre roues motrices pour un automobiliste donne sans doute une partie de la réponse. De plus, le processus d’urbanisation a ménagé peu de lieux publics réservés aux espaces verts. Quand 20 000 immeubles étouffent une poignée de parcs, l’équation ne favorise pas le bilan carbone.
Face à cette situation, la question est claire : comment domestiquer une pollution déjà essentiellement domestique ? Lire la suite…
Risico, un logiciel au service de la prévention des incendies au Liban
Le Liban s’est doté de son propre logiciel pour la prévention des incendies. Celui-ci a été présenté au siège de la Défense civile. Baptisé Risico, ce programme s’inscrit dans le cadre du projet de « renforcement de la structure nationale pour réduire les risques des incendies dans les forêts ». Il est financé par le ministère italien des Affaires étrangères – Bureau de coopération italien, en partenariat avec la Protection civile italienne, pour une valeur totale de 440 000 euros. Il a été réalisé en collaboration avec la Direction générale de la Défense civile au Liban, le Corps forestier italien et la fondation italienne CIMA pour la recherche (le Centre international pour l’environnement).
Le logiciel Risico a été conçu spécialement pour le Liban dans le but de prévenir les risques des incendies dans le pays et de renforcer la protection et la sauvegarde du patrimoine environnemental.
Le système, mis au point par la fondation italienne CIMA, est géré par la Défense civile. Il se base sur une intégration des données statiques et d’autres dynamiques. Les données statiques se basent sur les cartes officielles fournies par le gouvernement selon le Système d’information géographique (SIG). Les données dynamiques, liées aux paramètres et conditions météorologiques, sont recueillies à travers les cinquante et une stations météorologiques réparties sur l’ensemble du territoire libanais et gérées par le centre LARI (Lebanese Agricultural Research Institute). Dans le cadre de ce programme, une carte relative à la distribution des risques sera élaborée. Elle permettra aux autorités locales et aux centres de la Défense civile d’alerter la population et de prévenir les risques d’incendie.
Source : CATastrophes NATurelles
À Zghorta, des chênes centenaires abattus pour aménager un… parking
Par Suzanne BAAKLINI | 20/06/2011

Des chênes abattus et abandonnés au bord de la route.
Environnement L’aménagement d’un nouveau parking pour l’hôpital as-Saydeh à Zghorta (Nord), au cœur du bois Mar Youssef, enflamme la polémique entre les écologistes et le prêtre de la paroisse.
Des chênes abattus, des excavatrices qui piochent dans la montagne, des espaces verts perdus : l’Association de protection de Jabal Makmel s’élève contre la construction d’un parking destiné à l’hôpital as-Saydeh à Zghorta, qui a causé la destruction d’une partie d’un bois historique, portant le nom de Mar Youssef. Pierre Moawad, président de l’association, dénonce « l’abattage d’une centaine de chênes centenaires depuis un mois et demi », ajoutant qu’un « trou béant a été creusé dans la montagne ». Lire la suite…
Reboisement : 6 100 arbres seront plantés dimanche à Aïnata
11/06/2011
En partenariat avec l’ONG Jouzour Loubnan, spécialisée dans la plantation d’arbres, le contingent français de la Finul, avec la participation du contingent népalais et de l’armée libanaise, poursuivront demain dimanche une campagne de reforestation au Liban-Sud. Pour l’occasion, 6 100 arbres locaux seront plantés dans la localité de Aïnata, parmi lesquels des amandiers sauvages, des cèdres du Liban, des arbousiers d’Orient, des caroubiers siliqueux, des chênes, des pruniers, des pistachiers, des poiriers, des pins pignons, des lauriers et des frênes.
Cette initiative verte de reforestation se situe dans le cadre d’un projet d’actions civiles et militaires, initié en décembre 2010 en coopération avec les unités françaises de la Finul et l’association Jouzour Loubnan. Elle marque de façon durable l’implication de la France et de la Finul dans la restauration de la couverture forestière au Liban-Sud. Grâce à ce projet, 10 000 arbres ont déjà été plantés, fin 2010, par les contingents français et népalais de la Finul, et par l’armée.
S’inscrivant dans la durée, cette reforestation bénéficie d’un suivi pendant une période de trois ans. Menées conjointement et avec le soutien financier de Jouzour Loubnan, ces plantations ont pour but de contribuer à la restauration durable de la couverture forestière du Liban. L’association locale fournit, pour l’occasion, les arbres, le système d’irrigation et l’expertise technique. Elle supervise et assure le suivi de ce reboisement avec l’aide de la municipalité de Aïnata. Elle en garantit aussi la survie dans le temps.
Source: L’Orient Le Jour
Sur les pavés, les fleurs, avec Green the Grey
Par Ariane LECOINTRE | 09/06/2011

On fait semblant dans l’espoir de pouvoir un jour manger sur l’herbe à Beyrouth.
Environnement Le collectif Green the Grey (« Mettez du vert dans la grisaille ») milite depuis un an pour réclamer l’ouverture de parcs et de jardins à Beyrouth et ne manque pas d’idées pour se faire entendre.
Beyrouth et la Région Île-de-France mettent la capitale au vert
Par Augustin JALON | 09/06/2011
Territoire La ville de Beyrouth et la Région Île-de-France renforcent leur partenariat. Les deux entités vont partager leur savoir en termes d’aménagement de la ville, avec, en ligne de mire, un projet de réaménagement « doux » autour de la rue de Damas.
La ville de Beyrouth et la Région Île-de-France ont signé hier deux contrats de partenariat concernant l’aménagement de la capitale libanaise, dans les locaux de la municipalité. Cette collaboration a pour but de partager les savoirs accumulés par l’administration régionale francilienne et la municipalité de Beyrouth, avec, en ligne de mire, des projets de transports « doux », la mise en place d’espaces verts et une politique améliorée des équipements publics. Participent également à cet accord l’Agence française de développement (AFD), ainsi que Cités et Gouvernements locaux unis – Bureau technique des villes libanaises (CGLU-BTVL), chargés de couvrir le projet et d’en faire bénéficier les autres agglomérations libanaises.
En compagnie de Denis Pietton, ambassadeur de France, et de Béchir Odeimi, représentant du CGLU-BTLV, le président du conseil municipal de Beyrouth, Bilal Hamad, a apposé sa signature sur les deux contrats qui lient sa ville à la première des régions françaises. Le projet s’articule autour d’études sur la mise en place d’espaces verts, de modes de transports dits « doux » (marche à pied, vélo, susceptibles de remplacer efficacement la voiture), des schémas directeurs d’aménagement de l’éclairage et d’équipements publics. Via le CGLU-BTLV, les grandes agglomérations libanaises auront accès aux résultats et bénéfices de ces études, pour une possible mise en place sur leurs communes. « Nous avons ainsi accès à une expertise et une vision globale que nous ne possédons pas encore », se félicite Béchir Odeimi.
Transformer la rue de Damas
Au centre de ce projet, la transformation de la rue de Damas fait figure de locomotive. L’un des deux contrats signés prévoit la création d’une liaison douce – combinaison d’espaces vert et de modes de transports doux – entre le centre-ville et la Forêt des Pins, en passant par la rue de Damas. L’autre contrat signé concerne le schéma directeur de déplacements de modes doux sur l’ensemble du territoire municipal.
« Notre objectif n’est pas de transposer exactement la politique de la ville parisienne à Beyrouth, explique Éric Huybrechts, l’un des chefs du projet, mais bien de doter la municipalité de la capitale d’outils de planification des aménagements publics. » L’apport des institutions françaises se fera dans la méthode : « Il faut donner une approche générale, et sortir de la vision sectorielle aujourd’hui utilisée à Beyrouth pour aménager », poursuit M. Huybrechts. En d’autres termes, il ne s’agit plus de concevoir séparément les schémas de transports, de lumière et d’espaces publics, mais bien de penser ces trois éléments essentiels d’une ville tous ensemble.
Source: L’Orient Le Jour
L’épopée de la montagne de déchets de Saïda
04/06/2011 – George SABAT
J’ai reçu l’autre jour un message d’une ONG de Saïda citant le compte-rendu d’une réunion qui venait de se tenir entre le nouveau maire de la ville et ceux de la plupart des municipalités de la région. Le sujet de cette rencontre portait sur le problème du ramassage, de l’entreposage et du traitement des déchets domestiques qui, depuis plus de vingt ans, empoisonne la région, au sens propre comme au sens figuré du mot.
Ce problème, comme beaucoup d’autres au Liban, est touffu et complexe.
Selon le rapport, il semblerait que la plupart des municipalités de la région se seraient finalement entendues pour confier leurs déchets à une usine de traitement construite en 2003 mais qui, mystérieusement, à ce jour n’a jamais fonctionné. Le prix convenu avec l’État variait à l’époque entre 28$ et 40$ la tonne. Le propriétaire considère qu’il devrait être bien supérieur à l’heure actuelle. Cependant, il semblerait qu’un accord à ce sujet soit déjà intervenu entre les parties. Espérons-le.
D’autre part, il a été convenu que les frais de traitement des déchets seraient pris en charge par l’État. Celui-ci en déduirait le montant (environ quarante pour cent) des sommes que l’État est censé verser annuellement à titre d’aide aux municipalités.
Quoique un petit nombre de municipalités de la région aient refusé d’assister à cette réunion, il semblerait en définitive que le problème soit en grande partie réglé.
Cependant, beaucoup de zones d’ombre subsistent dans cette malodorante affaire. En voici quelques-unes.
- Quel est le volume de déchets que l’usine peut traiter par jour ? Est-il suffisant pour répondre aux besoins de la région tout entière ? Sinon, que devrait-on faire ?
- Quand est-ce que l’usine pourra commencer à opérer et comment résoudra-t-on le problème entre-temps ?
- Les municipalités de la région vont-elles tenter de convaincre les résidents de trier leurs déchets à domicile afin de faciliter le travail de l’usine de traitement et d’augmenter sa productivité ?
- Si ce projet d’usine est efficace, qu’attend-on pour le généraliser à travers tout le Liban ?
- Comment se fait-il que le coût de l’usine soit passé de 20 millions à 40 millions de dollars en huit ans ? La question se poserait surtout au cas où l’État voudrait construire d’autres usines semblables au Liban, ou même s’il devait faire appel au partenariat privé (PPP). Dans les deux cas, le prix de revient de transformation d’une tonne de déchets devrait faire l’objet d’une étude approfondie. Celle-ci devrait-elle être entreprise par le ministère de l’Environnement ou par celui de l’Intérieur et des Municipalités, étant entendu que ce dernier est chargé de régler la facture ?
- Que va-t-il advenir de la montagne de déchets et du terrain sur lequel ils se sont accumulés au fil des ans ?
Quelles seront les conséquences écologiques de ce désastre ?
- Quel est le rôle du ministère de l’Environnement dans cette affaire ? Le traitement et la disposition des déchets solides font-ils partie de ses attributions ? Dans l’affirmative, a-t-il établi un plan général pour traiter ce problème sur tout le territoire libanais ?
Espérons que l’État s’emploiera consciencieusement à appliquer à l’avenir les principes de transparence, de planification et de participation que nous réclamons depuis si longtemps.
George SABAT
À vélo dans le Beyrouth d’hier et d’aujourd’hui
Par Josselin Brémaud | 30/05/2011

Au premier rang parmi les cyclistes, l’ambassadeur d’Espagne, Juan Carlos Gafo.
Patrimoine À l’occasion de son cinquantième anniversaire, l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) a organisé hier un tour de la ville de Beyrouth à vélo. L’objectif? Sensibiliser la population beyrouthine à son patrimoine et valoriser les moyens de transport écologiques.
À vélo dès neuf heures du matin, un dimanche… S’il faut être levé du bon pied pour participer à l’événement organisé par l’Agence universitaire de la francophonie, les participants ne manquent pas à l’appel sous le soleil encore timide de la journée. « Deux cents cyclistes étaient inscrits sur les listes. Nous ne voulions pas qu’il y ait plus de participants, afin de gérer l’événement de manière cohérente tout en assurant la sécurité de tous », explique Salwa Nacouzi, directrice du bureau régional de l’AUF. Plusieurs associations et structures ont soutenu le projet et lui ont donné corps, telles que l’Université Saint-Joseph dans le cadre de l’opération Septième Jour, Green Wheels et Polyliban.
Sans voitures, la ville prend une autre dimension
Escorté par plusieurs motos de la police, bénéficiant d’un dispositif de sécurité impressionnant, le cortège bigarré met le pied à la pédale pour deux heures de déambulations dans les rues et ruelles de la ville. Lors des quelques haltes prévues sur le parcours, un spécialiste du patrimoine beyrouthin s’évertue à retr acer l’histoire de la capitale au travers de son héritage architectural, du petit port d’antan aux périodes les plus sombres de la guerre civile.
Après un départ organisé sur le campus des sciences médicales de l’USJ, les cyclistes entament une longue descente en crochets via Achrafieh vers le quartier de Gemmayzé, traversé d’un point à l’autre en empruntant son artère la plus sémillante, la rue Gouraud. Sans la présence de voitures, la ville prend une tout autre dimension, et l’on se prend à rêver de la beauté cachée de certains lieux une fois vidés de leur effroyable effervescence mécanique. Ce que soutient également Salwa Nacouzi : « Beyrouth a le potentiel pour être une ville de marche et de vélo. C’est une ville dans laquelle il est plaisant de déambuler malgré les obstacles incessants qui obstruent les trottoirs. À vélo, on voit Beyrouth autrement, d’un œil nouveau. » Dans la continuité du trajet, les premiers immeubles de Mar Mikha yel apparaissent. Pas le temps de s’arrêter néanmoins, les cyclistes poursuivent leur périple jusqu’à la trop célèbre place des Martyrs et les ruines esseulées d’un ancien site phénicien, couché à proximité, face à la mer.
Lancer une mode de la marche à pied ?
Après un nouvel arrêt dans le centre-ville, quartier lustré et quelque peu trop lisse -tel un musée à ciel ouvert -, la procession citoyenne emprunte les grandes voies. Direction la rue Bliss puis la Corniche, dans le but de contempler la Grotte aux pigeons sous le soleil imparable de midi. Une chaleur exponentielle les accompagne jusqu’à la dernière étape, les dix-huit marches du musée national, pour assister à une exposition de photos organisée par l’association Save Beirut Heritage, qui milite en faveur de la préservation du patrimoine architectural beyrouthin. Photographie de groupe et banquet sont au programme, une fois la descente des vélos consommé e. Des représentants de la diplomatie belge, canadienne, espagnole et tchèque sont présents. Aucun membre de l’ambassade de France ne s’est déplacé pour l’anniversaire d’une agence visant pourtant à soutenir la coopération universitaire en langue française.
La citoyenneté, mot d’ordre de la journée, continue de nourrir les débats : « Nous avons pu remarquer une nouvelle fois le comportement inacceptable de certains conducteurs. Je souhaite militer pour une véritable citoyenneté au volant, puis inciter les gens à moins emprunter leur voiture. Comme les citoyens sont assez sensibles aux modes, pourquoi ne lancerait-on pas une mode de la marche à pied ? » propose la directrice de l’AUF. Une mode qui n’a pas d’époque, et dont la simplicité la rend en effet indémodable.
Source: L’Orient Le Jour
La protection de l’environnement, une affaire de foi
24/05/2011

Le pape défunt Jean-Paul II se promenant dans la nature qu’il aimait tant.
Ouvrage On parle beaucoup des dimensions économique, sociale, sanitaire et, bien-sûr, écologique de la protection des milieux naturels. Mais qu’en est-il de la dimension religieuse ? Cette piste a été explorée par un professeur, Antoine Tyan, dans un nouveau livre.
La protection de l’environnement, une affaire de foi – L’environnement et les religions. C’est ainsi que s’intitule le nouvel ouvrage d’Antoine Tyan, qui revient, avec force exemples et citations, sur ce que les religions disent de la protection de la nature. En une région du monde où la religion joue un rôle si crucial dans la vie des populations, ce livre apporte un argument nouveau pour enrichir la lutte en faveur d’un meilleur environnement.
Le livre d’Antoine Tyan, édité en arabe, est destiné à toute sorte de public, élèves et adultes. L’auteur a pris soin de citer ses références en long et en large dans le texte, puis de placer bien en évidence des résumés ou des citations intéressantes dans des encadrés en bleu, afin de rendre la lecture de l’ouvrage plus facile et digeste. Le livre est par ailleurs abondamment illustré de photos de nature libanaise, de véritables spectacles paradisiaques. Quelques pages sont entièrement dédiées aux photos avec ce titre évocateur : Que Dieu soit loué !
Le livre s’ouvre sur une « bénédiction » du patriarche émérite Nasrallah Sfeir, qui « remercie M. Antoine Tyan pour son intérêt pour l’environnement et pour ce livre ». La préface est signée du père Ildefonse Khoury, qui écrit : « Celui qui se venge de l’environnement, qui le détruit, se venge en fait de lui-même, et se détruit lui-même. Il détruit les autres, surtout les générations futures. Comment pourront-elles vivre après vous si vous avez gaspillé les ressources de la nature, avec ses oiseaux, ses animaux, son eau, sa végétation, son atmosphère ? »
Antoine Tyan commence son livre par des définitions très didactiques de l’environnement, de la pollution, des dangers écologiques qui menacent le Liban et la planète. Il entre ensuite dans le vif du sujet par une explication du lien entre religion et environnement : ce dernier sujet étant devenu une préoccupation planétaire, il est désormais abordé par des représentants de toutes les religions de par le monde. Il s’attarde particulièrement sur la manière dont l’église fait face aux défis de l’environnement.
« La nature, un livre à lire, pas à salir »
L’auteur consacre de nombreuses pages au parcours du pape défunt Jean-Paul II, qui est jalonné, on l’apprend, de citations sur la protection de l’environnement. « Il y a un besoin pressant d’une éducation sur l’esprit de responsabilité écologique : la responsabilité de soi, des autres et de l’environnement. » « L’engagement du croyant envers l’environnement naît immédiatement avec sa foi en Dieu le créateur. » « Le respect de la vie et de la dignité humaine englobent également le respect des créatures et leur préservation, ces créatures destinées à s’unir avec l’homme pour glorifier Dieu. » « La nature est un livre que l’homme doit lire et non salir. » « Quand les êtres humains conçoivent les créatures de Dieu comme hors du cercle de leur miséricorde et leur protection, ils se comportent de même les uns envers les autres. » Etc. On redécouvre ainsi un nouvel aspect de ce pape récemment béatifié. Le pape Benoît XVI n’est pas en reste avec des citations comme : « Tout le monde doit assumer la responsabilité de la protection de l’environnement sans exception, car c’est un devoir moral pour toute l’humanité. » Ou encore : « Si tu veux cultiver la paix, protège la création. »
L’ouvrage revient sur des déclarations de personnalités religieuses locales comme le patriarche Béchara Raï, le métropolite de Beyrouth Élias Audi, le mufti Mohammad Rachid Kabbani, le défunt sayyed Mohammad Hussein Fadlallah et bien d’autres. L’auteur passe aussi en revue les actions concrètes de l’Église locale et mondiale, des écoles catholiques et des universités pour la préservation de l’environnement et l’économie d’énergie, photos à l’appui.
Antoine Tyan a signé son ouvrage lors du festival du livre à Antélias, le 10 mars dernier. Il n’en est pas à son coup d’essai en matière de promotion de l’environnement : il a en effet créé, il y a quelques années, le musée de géologie et d’écologie au Collège Sacré-Cœur de Gemmayzé, et il est le fondateur du Mouvement lassalien pour la protection de l’environnement. Son dernier projet en date est la création d’un laboratoire d’écologie sur le toit du collège à Gemmayzé.
Source: L’Orient Le Jour


