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Michel Sara et la passion du jazz
Le 26/03/2013
A travers son premier album ‘Double Time’, Michel Sara, auteur, compositeur et interprète, propose un univers original mélangeant chanson française et sonorité authentiquement jazz et faisant la part belle aux parties instrumentales.
Entouré d’un excellent quintette, Philippe Khoury au piano, Claude Brisset à la contrebasse, Etienne Brachet à la batterie, Pierre Mimran au saxophone et Bruno Simon à la guitare, il interprète à la fois ses compositions et des reprises d’artistes comme Serge Gainsbourg (période jazz) ou Bobby Lapointe. Concert le 30 mars au Sunset-Sunside à Paris.
Michel Sara, vous êtes issu d’une famille où la musique est très présente, parlez-nous de votre parcours.
J’ai eu la chance d’avoir un père féru de musique, mélomane, arrangeur aussi bien de musique dite ’’légère’’ que religieuse, membre d’un quatuor vocal… Je me souviens que, dès mon plus jeune âge, j’étais assis au piano en train d’essayer de reproduire des airs familiers. J’ai tout de même été formé à la musique classique mais ma réticence à ingurgiter du solfège ne m’a pas aidé… J’ai néanmoins suivi ce cursus classique jusqu’à mon adolescence où l’émigration de Beyrouth à Paris a généré une rupture. J’ai continué à jouer au piano, mais sans un ’’but précis’’, si l’on peut dire. Lire la suite…
L’étourdissante actualité du compositeur libanais Bechara el-Khoury
Le 25/03/2013
Considéré comme un véritable monument de la composition contemporaine en France, en Europe et aux Etats-Unis, et relativement rarement joué dans son pays d’origine, le Liban, Bechara el-Khoury nous parle de son étourdissante actualité pour l’année 2013.
Vous êtes un compositeur très productif et vous êtes l’un des Libanais les plus joués à travers le monde. D’où vous vient votre inspiration ?
Mon inspiration me vient de mes souvenirs, de mes lectures, de l’actualité, de l’art et surtout de mon moi intérieur. Nietszche et Gibran notamment sont une grande source d’inspiration pour moi. Parfois des titres d’ouvrages de ces grands écrivains constituent les titres de mes pièces orchestrales : ‘Le voyageur et son ombre’, ‘Les dieux de la terre’, ‘La nuit et le fou’… La peinture m’inspire aussi énormément. Une de mes récentes compositions, ‘Sept pièces picturales brèves’ pour flûte, clarinette et piano, se rapporte directement à sept tableaux de Turner, Strinberg, Monet, Cézanne, Klimt, Klee et Kandinsky. Lire la suite…
Ghada Shbeir à l’IMA : "Un concert est toujours le fruit d’une longue recherche"
Le 18/02/13
Spécialiste de musique classique arabe, qu’elle soit profane ou sacrée, interprète, théoricienne et chercheuse, Ghada Shbeir de passage à Paris pour donner un concert à l’Institut du Monde arabe, nous parle de son parcours et de sa vision du chant oriental. Cette chanteuse hors du commun, dont la voix à la vélocité incandescente côtoie le dépouillement le plus absolu, prépare très longuement chacun de ses passages sur scène.
Comment êtes-vous venue à la musique et quel a été votre parcours ?
Mes parents étaient très mélomanes et, depuis ma toute petite enfance, j’ai été bercée par la musique d’Asmahane, Oum Koulsoum, Nazem el Ghazali et les Rahbani. A l’école je chantais dans le chœur, mais petit à petit, on a commencé à me confier des solos pour les grandes occasions, la fête des mères, la fête de l’école… Mais c’est à 17 ans que j’ai vraiment commencé à travailler ma voix et à étudier la musicologie à l’Université Saint Esprit de Kaslik. A l’époque, je ne savais pas très bien si je voulais être interprète, musicologue ou professeur. Le père Louis Hage, à l’époque doyen de la faculté de musicologie dont il est le fondateur, qui était un merveilleux musicien et pédagogue, a remarqué que j’avais une voix à couleur orientale et traditionnelle ainsi qu’une excellente diction et une très bonne prononciation de la langue syriaque et de la langue arabe.
Vous êtes donc en même temps chanteuse, chercheuse et musicologue. Parlez-nous de cette triple orientation.
Très attirée par la littérature de l’époque arabo-andalouse, je me suis naturellement intéressée aux Mouachahat, qui sont des poèmes chantés. J’ai réalisé au fil de l’approfondissement de mes recherches à quel point, en musique arabe, la langue appelait la musique. Elle en est totalement indissociable. Cette langue tellement riche peut être interprétée de milliers de façons, qu’il s’agisse de musiques sacrées chrétienne ou musulmane ou encore de chants d’amour. J’ai constaté la même chose avec la langue syriaque qui était la langue du Christ. La musique se confond dans la langue. La langue du Christ et la langue arabe du Coran portent en elles toute la tradition musicale orientale et le rapport de la langue à la musique est une véritable philosophie en tant que telle.
En somme vous avez tiré de l’oubli un répertoire que l’on n’interprétait plus. Et dans ce sens vous avez effectué un travail comparable à celui de la cantatrice Italienne Cécilia Bartoli qui donne une seconde vie à des compositeurs italiens totalement oubliés de l’époque baroque. Sauf que pour vous la difficulté est plus grande car la musique que vous ressuscitez n’a jamais été écrite.
Un travail très important avait déjà effectué sur cette musique classique arabe lors du Congrès du Caire qui s’est tenu en 1932. On peut considérer qu’en ce domaine, il y a l’avant et l’après congrès du Caire.
Mais il est vrai que pour tirer cette musique des limbes, il a fallu effectuer un travail de recherche colossal car la musique n’était pas écrite et elle se transmettait oralement. Comme on ne dispose pas d’enregistrements, la seule façon d’avoir des informations est de consulter les traités de l’époque tel Kitab el aghani qui au Xe siècle, en 24 volumes décrit et analyse très en détail les interprètes de l’époque. Au XXe siècle, la revue Raoudat el Balabel, fondée au Caire et dirigée par le compositeur libanais Iskandar Chalfoun, est une mine d’information extraordinaire sur la musique arabe.
Dans votre concert à l’Institut du Monde Arabe vous chantez a cappella et avec instruments et vous faites la part belle à l’improvisation.
Oui en effet je fais beaucoup d’improvisation sur scène. Un chanteur doit pouvoir apporter sa touche personnelle à une interprétation. La manière de chanter est différente selon le texte que l’on porte. On peu chanter de façon nasale, gutturale, buccale, en voix de tête. En musique orientale, nous avons la chance d’avoir cette liberté d’interprétation et d’improvisation que la musique occidentale, qui est beaucoup plus codifiée, ne connaît pas. On ne chante pas seulement parce qu’on a une belle voix. Il faut laisser un message, une interprétation, savoir ce que l’on chante et pourquoi on le chante. Comment porter un texte, le comprendre, le mettre en musique et enfin le chanter. Un chanteur ne doit pas perdre son identité.
Propos recueillis par Zeina Kayali à Paris
Source : Agenda Culturel
Lyrisme du bel canto et scintillements de Noël avec Rima Tawil
Edgar DAVIDIAN | 18/12/2012

Rima Tawil, port altier et sens solennel et dramatique de la scène. Photo Sami Ayyad
Le parvis et le devant du campanile de la cathédrale Saint-Georges des maronites, au centre-ville, ont une allure de fête. Immense sapin illuminé et guirlandes électriques au dehors tandis que devant l’autel, la soprano Rima Tawil, l’OPL et les chœurs de l’UA et de la NDU ont fait miroiter, dans un heureux mariage, lyrisme du bel canto et scintillements de Noël.
Une foule nombreuse. Non seulement en coude-à-coude jusqu’aux derniers bancs, mais aussi accroupie à même le tapis du sol de l’allée centrale. Comme un poulailler de théâtre, les espaces des nefs supérieures ont même été pris d’assaut. Défiant les rambardes en fer forgé, où chauffent les spots dardés, des grappes humaines, jeunes et beaucoup moins jeunes, sont là pour une écoute docile, debout et sagement serrées en rang d’oignons…
Au menu, adroitement concocté pour l’occasion des fêtes, sans ignorer la qualité ou céder à la facilité, des pages de Verdi, Miserachs, Poulenc, Mascagni, Massenet et un bouquet de cantiques de Noël.
Sous la baguette de Manfred Mûsauer, chatoiement orchestral avec l’Orchestre philharmonique libanais qui entame, en grande pompe, le quinzième concert de Beirut Chants Festival avec l’ouverture de La Forza del destino de Verdi. Trois coups funestes pour parler des revirements du destin humain placé toujours sous l’angoisse et l’imprévision. Musique ample et grandiose, sinueuse comme un fleuve aux eaux menaçantes, qui transporte l’auditeur libanais dans les volutes de son quotidien tourmenté et ses lendemains incertains…
Accompagné des chœurs de l’Université antonine et de l’Université Notre Dame (sous les férules du père Toufic Maatouk et Khalil Rahmé), a flotté par la suite, comme de grandes vagues enveloppantes, le Va Pensiero de Nabucco. Chant émouvant, somptueux et suave qui chatouille les cordes patriotiques. Où non seulement les Italiens se reconnaissent mais tous les peuples du monde aspirant à l’indépendance, l’union, la liberté et la souveraineté…
Pour la fin, le Gloria all Egitto d’Aïda (quand on songe à la misère et la déconfiture actuelle de l’Égypte !), toujours de Verdi, a fait résonner les trompettes du triomphe. Trompettes et chants sublimes à qui les anges, dessinés sur les murs de la nef centrale, ont prêté avec grâce, non seulement oreilles attentives, mais également leurs musettes, pour un hymne aux mesures encore plus insaisissables et divines…
Moulée dans une robe noire sirène à petite traîne rehaussée d’un bustier tout en dentelle et discrets brillants, les cheveux relevés en catogan troyen au dessus de la nuque avec deux bouclettes sur les tempes, Rima Tawil a le port altier et la prestation qui n’oublie jamais le sens solennel et dramatique de la scène.
Du Gloria de Poulenc aux Souvenez-vous Vierge Marie et Rêve infini de Massenet (le nouveau cheval de bataille de Rima Tawil), la cantatrice a eu des modulations puissantes, caressantes, ferventes comme un chapelet de buis, lisses et luisantes comme un collier de perles, et d’une radieuse et limpide beauté sonore.
Pour Noël, la soprano sprinto a réservé, à côté de cette superbe crèche de la Nativité, dressée au cœur de la nef qui jouxte son pupitre, les accents les plus tendres, les plus séraphiques. Chants de Noël traditionnels avec un compositeur anonyme mais aussi avec le Minuit chrétiens et d’Adam, et l’Adeste fideles de Wade-Mercurio.
Une tempête d’applaudissements pour un concert qui a jeté du baume sur l’auditoire et l’a fait voyager dans une boule de cristal comme celle que les enfants renversent pour voir, émerveillés et transportés dans un monde différent, les flocons de neige sur des maisons souriantes et accueillantes, calfeutrées dans un manteau d’hermine…
Révérence des musiciens, du chef d’orchestre et de la cantatrice. Rima Tawil, qui a plus d’un tour de magie vocale dans son gosier, a surpris son auditoire. Non seulement en lui resservant les chants de Noël de circonstance, mais aussi cette sémillante Valse de Giudetta de Franz Lehar. Valse populaire en langue allemande, mais au corset éminemment « carménien » avec ses « espagnolades » sensuelles et ondoyantes. Au grand plaisir des auditeurs, déjà debout pour l’ovationner, voilà une « fiesta » pour une mélodie aux notes prestement et gracieusement enlevées…
Source : L’Orient Le Jour
Rima Tawil chante, au cœur de Beyrouth, Verdi, les fêtes et la vie…
Edgar DAVIDIAN | 15/12/2012

Rima Tawil : « Chanter, pour moi, c’est comme respirer. » Photo Michel Sayegh
RENCONTRE Ses deux derniers CD consacrés aux mélodies de Massenet et son dernier concert, récemment à la salle Gaveau à Paris, ont séduit les mélomanes. Rima Tawil, soprano spinto, sera au cœur de Beyrouth pour deux récitals phares*. Rencontre pour des bribes de confidences-vocalises…
Le regard pétillant, avec des lueurs de séduction, entre celui de Salomé et de Thaïs, les cheveux lisses en mèches volubiles et rebelles sur le front et les épaules, Rima Tawil a de l’allure, de la prestance, de l’élégance. Sanglée dans un tailleur veston-pantalon anthracite sur talons aiguilles, elle arbore en toute grâce un foulard style Hermès ramagé qui cache une petite croix en or blanc et brillants au cou. Chaleureuse et souriante, elle manifeste avec vivacité son plaisir de retrouver Beyrouth en période de fêtes. Une ville quittée déjà depuis plus de vingt-sept ans pour mener une carrière de cantatrice internationale à partir de Paris.
À son programme, pour ce séjour de plus de trois semaines, deux concerts dans le cadre de «Beirut Chants Festival». On l’applaudira tout d’abord demain dimanche, 16 décembre, pour ce quinzième maillon musical d’un festival voué à la musique sacrée et profane, à la cathédrale maronite Saint-Georges. Elle sera accompagnée par l’Orchestre philharmonique libanais sous la direction de Manfred Mûssauer, ainsi que des chorales de l’Université antonine et de la NDU sous la houlette des pères Toufic Maatouk et Khalil Rahmé.
«Sous le titre de “Viva Verdi” choisi pour cette soirée, souligne Rima Tawil, il est bon de préciser que le diminutif de cette désignation renvoie au célèbre thème de l’époque, “Vittorio Emanuele Re d’Italia”. Mais on célèbre à travers ce récital non seulement l’année du bicentenaire de la naissance de Verdi, mais aussi le cent cinquantième de la naissance de Mascagni et le cinquantième de la mort de Poulenc. Pour cela, un panaché de partitions groupant des pages du boléro des Vêpres siciliennes, l’ouverture de La forza del Destino et le Va pensiero de Verdi. La mélodie Souvenez-vous Vierge Marie de Massenet ainsi que la divine extase de La Vierge, extrait de Rêve infini toujours de Massenet. Et un Ave Maria, celui de l’intermezzo de Mascagni. Et on saupoudre, pour les fêtes, outre un fervent Credo de Yad Kannaan, avec un bouquet de chants de Noël. En chapelet, respirant la sainte période de la Nativité, les images sonores de O Holy Night, Adeste Fideles et d’autres refrains favoris de la saison…»
Petite pause pour une cantatrice d’une énergie décapante, qui a chanté en plus de dix langues et promu celle de Oumrou’ el-Qaïs dans la prosodie du lyrisme occidental avec son CD Orientarias et ses récitals. Elle en dénombre, non des centaines mais des milliers. Petite pause pour reprendre son souffle.
Rima Tawil, qui rêve d’interpréter Aïda, Tosca et Turandot («Juste pour le plaisir du défi», lâche-t-elle, avec une étincelle coquine dans l’œil), parle avec enthousiasme de son concert du 25 décembre en l’église Saint-Élie à Kantari. Pour ce récital qui clôture le Beirut Chants Festival, elle sera accompagnée de Jeff Cohen au piano et de Carine Balit au violoncelle, tous les deux déjà ses complices dans les sillons de son dernier CD, Je t’aime, une sélection entre 200 opus des mélodies de Massenet.
«J’ai chanté un 31 décembre, mais jamais un 25 décembre, confie avec amusement la diva. Ce sera mon premier tour de chant à Noël. Au menu, un répertoire russe avec la lettre de Tatiana d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski, des mélodies de Rachmaninov (Vocalises), deux Puccini (extraits d’une aria de la Tosca et O mio Babbino caro de Gianni Schicchi), la Valse de Juditha de Frantz Lehar, Tonight de Leonard Bernstein (West Side Story) et un air de circonstance, bien apprécié pour la date et l’heure, le cantique Minuit chrétien. Et pour la partie clavier et violoncelle, la sémillante Rhapsodie hongroise de David Popper…».
Du confetti, des guirlandes, du rouge, du vert, du scintillant et de l’émotion dans ces partitions diffusant un air de fête et de vie.
Cette bousculade festive des notes, Rima Tawil l’exprime en toute douceur et chaleur. Surtout pour Beyrouth. « Même si je suis absente de Beyrouth, je reste près de Beyrouth: j’écoute les nouvelles et je suis en permanence en contact avec mes parents, mes amis. À part les problèmes d’électricité, d’embouteillage, de manque de civisme, Beyrouth est une ville merveilleuse si tout le monde mettait du sien…»
Des projets pour le futur? Certainement. Et un agenda chargé pour l’année nouvelle. De Livourne à Florence, en passant par Pise, la Floride (elle sera l’Amélie de Un bal masqué de Verdi au Miami Lyric Opera), et à Nuremberg elle campera la Melvina du Vampire de Heinrich Maschner….
Pour l’envers de la lyre et du rideau de velours rouge cardinal, Rima Tawil confesse en toute simplicité être un fin cordon bleu. «J’adore cuisiner des pâtes aux rizottos, je n’arrête pas et surtout j’aime recevoir des amis», dit-elle avec un rire enjôleur. Mais revenons, pour conclure, aux nourritures plus intellectuelles. Et chanter alors?
«C’est mon oxygène. Chanter pour moi, c’est comme respirer. Il paraît que je chante même en dormant…»
Sans aller à La Sonnambula de Bellini, mais avec un brin de fantaisie rêveuse, on y pense quand même…
*Demain dimanche à la cathédrale Saint-Georges des maronites et le 25 à Saint-Élie, Kantari.
Source : L’Orient Le Jour
Une œuvre de Béchara el-Khoury pour le concours Marguerite Long
Zeina SALEH-KAYALI | 11/12/2012

Les candidats saluant le public.
MUSIQUE La finale du célèbre concours international de piano Marguerite Long a eu lieu salle Gaveau à Paris avec au programme de l’édition 2012 « Rivers », un morceau imposé du grand compositeur libanais Béchara el-Khoury.
Avec des lauréats tels que Samson François, Aldo Ciccolini ou Mikhail Rudy, ce concours s’affirme depuis 1943 comme l’une des compétitions internationales majeures, dont la vocation est de faire découvrir au public des jeunes pianistes promus au plus bel avenir. La finale de l’édition 2012 s’est déroulée dans l’atmosphère feutrée et recueillie de cette salle devant un public extrêmement attentif et un jury composé de personnalités du monde musical, dont les pianistes Bertrand Chamayou et Alain Planès. Lire la suite…
"La sève du cèdre", CD de musiques libanaises disponible à la FNAC
« La Sève du Cèdre » est un voyage avec une jeune musique écrite libanaise, multi facettes, entre Orient et Occident, nostalgique du passé ou résolument moderne, tendue vers un avenir nouveau, empreinte de joie, de tendresse ou de désir de retour aux sources culturelles anciennes. Comme l’’art séculaire au Liban, elle témoigne de la force de renouveau de ce pays et de sa diaspora et du désir de faire passer la Vie au-delà d’une actualité difficile. Christine Marchais.
Œuvres de Georges Baz, Toufic el Bacha, Bushra El-Turk, Rita Ghosn, Karim Haddad, Naji Hakim, Violaine Prince, Toufic Succar
Interprètes :
- Christine Marchais, piano
- Marc Sieffert, Saxophones
Magistrale interprétation de Beethoven par Abdel Rahman el-Bacha
Edgar DAVIDIAN | 10/12/2012

Un programme fastueux offert par Abdel Rahman el-Bacha. Photo Michel Sayegh
Musique Pour le septième concert du Beirut Chants Festival, l’église Saint-Louis des capucins a réservé un accueil triomphal au prodigieux talent de pianiste de Abdel Rahman el-Bacha. Au menu, trois sonates de Beethoven, empreintes d’une sensibilité d’un écorché vif et d’un battant, magistralement interprétées.
Les mélomanes ont afflué en masse pour applaudir Abdel Rahman el-Bacha, un des meilleurs pianistes libanais vivant à l’étranger, des plus appréciés et des plus aimés. L’espace bondé, le public étant venu très tôt l’attendre, les portes ont été solidement fermées à huit heures pile. Bonne leçon de discipline et de rigueur dans l’anarchie libanaise. Du jamais-vu dans les annales des concerts : certains mélomanes, exclus à cause de leur retard, avaient plaqué leurs oreilles en toute humilité et docilité sur les battants en bois des portes pour écouter les notes qui s’en échappaient déjà.
Marcel, Rami et Bachar Khalifé enflamment les Bouffes du Nord à Paris
Par Zeina SALEH KAYALI | samedi, novembre 24, 2012

Le trio Khalifé en concert. Photo Alexandre Chevillard
C’est dans l’atmosphère surchauffée de cet étrange et mythique théâtre des Bouffes du Nord de Paris que Marcel, Rami et Bachar Khalifé ont offert quatre représentations mêlant les générations et les musiques dans une parfaite symbiose.
C’est devant un public littéralement conquis, placé sur des banquettes touchant presque les artistes, que ces représentations se sont déroulées. On ne présente plus Marcel Khalifé, le chanteur, le compositeur, l’instrumentiste, le militant et, surtout, le chantre de la paix. Ce projet qui le réunit avec ses deux fils, Rami et Bachar, lui tenait particulièrement à cœur, tant pour désamorcer le préjugé du conflit des générations que pour démentir celui de l’opposition entre la tradition et la modernité.
Trois hommes, trois entités musicales spécifiques et pourtant une fusion parfaite. À travers le langage universel de la musique, Marcel, Rami et Bachar dialoguent, s’affrontent, se séparent, se retrouvent, toujours dans le respect et l’écoute du message de l’autre, et sans jamais renoncer à l’identité et l’intégrité artistique de chacun. Lire la suite…
Le centre-ville de Beyrouth au diapason des fêtes à partir du 1er décembre

Mounir Douaidy entouré du père Toufic Maatouk et de Micheline Abi Samra.
Festival Les églises historiques du centre-ville de Beyrouth accueillent, à partir du 1er décembre, une série de concerts de musique sacrée marquant la cinquième édition de « Beirut Chants ».
Le centre-ville de Beyrouth bat au cœur des saisons. À l’occasion des fêtes de fin d’année, c’est devenu une tradition, il se pare de ses plus beaux atours et programme une série de manifestations pour petits et grands.
Parmi celles-ci, le festival «Beirut Chants» qui célèbre cette année sa cinquième édition et dont le programme a été annoncé hier par Mounir Douaidy, directeur général de Solidere, lors d’une conférence en présence de Micheline Abi Samra, fondatrice du festival, et du père Toufic Maatouk, directeur artistique de ce festival.
Cette manifestation rallie un grand nombre de musiciens libanais et étrangers autour des concerts de musique orientale mais aussi classique, couvrant diverses époques et genres. «Comme de coutume, le programme inclut des chants de Noël des traditions syriaques, maronites, byzantines, arméniennes, ainsi que de la musique occidentale sous ses diverses déclinaisons, a souligné le père Maatouk. Le festival accueille cette année des musiciens de renommée mondiale. Il met également la lumière sur des talents locaux ayant porté haut le nom du Liban sur les scènes mondiales.»
Le festival sera inauguré le samedi 1er décembre, à 20h, à l’église Saint-Maron de Gemmayzé, par le Sestetto dell’Accademia della Scala di Milano, en collaboration avec l’Institut culturel Italien.
Le dimanche 2 décembre, à 20h30, cette même église accueille l’ensemble Correspondances avec la messe L’Archange et le lys, d’Antoine Boesset, en collaboration avec l’Institut français du Liban. Les pièces choisies pour ce programme s’articulent autour de l’épisode de l’annonce faite par l’archange Gabriel à la Vierge Marie de la naissance du Christ. S’y trouvent donc mêlées des notes et antiennes propres à cette fête, ainsi que certaines citations du Cantique des Cantiques.
Parmi les têtes d’affiche également : le fameux pianiste libanais Abdel Rahman el-Bacha effectue un retour au bercail offrant aux mélomanes, le samedi 8 décembre, 20h, à l’église des capucins, une «Nuit avec Beethoven».
À signaler également un duo «Watar wa Sawt» (diapason et voix) regroupant la chanteuse Ghada Chbeir et la musicienne de qanun Imane Homsi, le samedi 15 décembre à l’église Saint-Élie de Kantari.
Dimanche 16 décembre, la cathédrale Saint-Georges des maronites accueille le maestro autrichien Manfred Mussauer qui dirigera l’Orchestre philharmonique libanais et les chorales de Notre-Dame de Louaizé et de l’Université antonine dans un programme «Viva Verdi», marquant le bicentenaire du compositeur italien. Avec la participation de la soprano Rima Tawil, laquelle clôturera également «Beirut Chants» par un concert dédié aux arias de Massenet. Elle sera accompagnée par Jeff Cohen (piano) et Carine Balit (violoncelle), comme elle l’a été lors de son grand succès parisien d’il y a trois semaines à la salle Gaveau.
À signaler que le programme complet des 25 concerts (dont l’entrée est libre) est disponible sur www.beirutchants.com
Source : L’Orient Le Jour


