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Les merveilles de la mer au Liban, comme si vous y étiez
Par Augustin JALON | 26/04/2011

On peut admirer un requin gris du Pacifique (à gauche) et des reproductions de poissons méditerranéens.
Océans Poissons, coquillages, coraux… À Jdeidé dans le Metn, le musée de la Mer regroupe une impressionnante collection d’animaux marins de la Méditerranée et du Pacifique. Essentiellement visité par des élèves, le musée est installé dans une très belle maison de maître.
Créé il y a une quinzaine d’années, ce musée privé est né de la passion de Jeanine Yazbeck. « Toute petite, je collectionnais les coquillages. Des parents, des amis connaissaient ce hobby et me ramenaient des spécimens lors de leurs voyages. » Un hobby dont elle a fait un métier, en suivant des études d’océanographie en Angleterre. « Je m’intéresse à tout ce qui touche à la mer », confie-t-elle. Revenue au Liban, elle a souhaité transmettre ce socle de connaissance aux enfants et décidé d’enrichir et d’ouvrir sa collection au public.
Situé dans une maison de maître vieille d’un siècle et demi, ancienne demeure d’un émir et joyau pictural en lui-même, le musée ne possède pas seulement une simple collection de coquillages. Sous les fresques bariolées des plafonds, on peut aussi y admirer des tortues d’eau douce et de mer, taquiner un pacu – sorte de piranha d’Amazonie – qui sommeille dans son aquarium, ou suivre avec crainte le ballet sans fin d’un requin gris tout droit sorti du Pacifique. Au milieu de la grande salle trônent des dizaines de coquillages aux formes étranges, des conques brillantes et des éponges d’une taille gigantesque.
Étoiles de mer, crustacés, animaux rares : Jeanine Yazbeck a réuni toute une faune et une flore spécifiques du grand océan, parmi lesquelles d’extraordinaires coraux, un élégant serpent de mer dans son manteau rayé noir et blanc, ou encore une multitude de poissons-clowns. De quoi ravir les enfants qui auraient vu Nemo, le film d’animation de Walt Disney, racontant les tribulations d’un petit poisson-clown à travers les fonds marins. Et d’effrayer les plus petits à la vue d’une énorme mâchoire de requin exposée dans une vitrine. Les adultes apprécieront également la collection d’équipements de marine, parmi lesquels un scaphandre datant du début du XIXe siècle, et les instruments de mesure, tels les sextants, venus d’un temps où l’électronique n’existait pas encore.
Montrer la richesse du littoral libanais
Essentiellement visité par les écoliers de la région, le musée s’est assigné une autre tâche : donner un aperçu vivant et positif de la faune marine méditerranéenne. « Nous essayons d’avoir un maximum d’espèces de la côte libanaise, pour montrer que notre mer est riche. Elle fait aussi partie de notre patrimoine », explique Andrée Traboulsi, administratrice et conservatrice au musée. Un avis partagé par Jeanine Yazbeck, qui affirme vouloir montrer une autre facette de la côte libanaise : « Lorsque les Libanais imaginent leur mer, ils voient la pollution, les déchets. Nous montrons aux enfants que de nombreux poissons y vivent, et qu’ils faut les protéger. » Dans les aquariums de la grande salle se reposent ainsi des hippocampes, une tortue de mer et une myriade de petits poissons argentés, pêchés dans les fonds libanais.
Parfaitement préservés dans leurs aquariums, ces animaux marins nécessitent des soins particuliers. Ceux venus du Pacifique doivent vivre dans une eau à 28°, avec un taux de salinité particulier. D’autres, comme le homard, évoluent dans un environnement qui suit le cours des saisons. Tous sont nourris avec du poisson. Expliquer ces procédés aux enfants est une occupation à plein temps pour Andrée Traboulsi et Jeanine Yazbeck : « Nous recevons des classes de la maternelle à la terminale. C’est notre public principal, mais nous sommes dépendants de l’instabilité politique du pays. En cas de troubles, rares sont les écoles qui amènent leurs élèves chez nous. » Le mois dernier, le musée a néanmoins connu une grande affluence, récompense d’années d’efforts pour réunir une très belle collection.
Le cèdre de l’Atlas menacé par l’abattage illégal
21/04/2011

Deux macaques, une mère et son bébé, juchés dans un cèdre au Maroc. Avec l’abattage illégal des arbres et la lente déforestation du Moyen-Atlas, c’est leur habitat – autant que l’écosystème – qui est menacé. Abdelhak Senna/AFP
Environnement Le trafic lucratif du bois risque d’ébranler l’équilibre écologique d’une région abritant la principale réserve d’eau du Maroc.
L’abattage clandestin menace le majestueux cèdre de l’Atlas, si prisé des ébénistes, risquant de perturber l’équilibre écologique d’une région abritant la principale réserve d’eau du Maroc. Ce conifère, dont l’essence éloigne les insectes, est une richesse naturelle du royaume qui en compte 134 000 hectares.
Dans la forêt d’Ajdir, au cœur du Moyen-Atlas, les cèdres imposants qui couvraient jadis toutes les montagnes « se comptent désormais sur les doigts de la main », constatent avec amertume les habitants, surtout berbérophones. « Chaque année, des milliers d’arbres, dont certains vieux de plusieurs siècles, sont abattus illégalement avec la complicité notamment de quelques gardes-forestiers », déclare Aziz Akkaoui, de l’Association marocaine des droits humains. Sur les 134 000 hectares de cédraies du Maroc, la plupart sont au Moyen-Atlas. Mais le trafic de son bois menace l’existence de ce conifère, utilisé notamment pour fabriquer des meubles, signes d’opulence dans les grandes demeures du Maroc. À une dizaine de mètres d’un poste de gardes-forestiers, face à un lac cerné par la forêt, gît le tronc d’un cèdre abattu. « Cet arbre a été abattu à la scie, qui émet un bruit que les gardes-forestiers peuvent facilement entendre », observe M. Akkaoui, sous-entendant leur complicité. « Il y a les braconniers qui coupent le cèdre illégalement, les menuisiers qui achètent le bois, il y a certains agents corrompus des Eaux et Forêts, certains agents corrompus de la Justice. Donc, on peut parler de mafia du cèdre, une mafia organisée », conclut-il.
Dans la forêt, certains habitants reconnaissent s’être livrés à l’abattage illégal, pour survivre dans une région montagneuse dépourvue d’activité économique. Un cèdre met près de 30 ans pour atteindre l’âge adulte et peut rapporter à celui qui le coupe illégalement jusqu’à 800 euros. S’il est vendu légalement, il rapporte jusqu’à trois fois plus à la commune où il a été coupé. Chaque année, les communes de la région organisent des « coupes » pendant lesquelles les cèdres sont vendus aux enchères. Ces opérations rapportent à chaque commune un million d’euros par an environ. Mais les habitants, furieux, affirment ne pas profiter de cette richesse. « Regardez autour de vous, il n’y a rien. Ici on vit dans la misère. Pourquoi est-ce qu’on ne profite pas des revenus de notre commune après les ventes légales des cèdres », s’insurge Ahmad, un villageois. « On n’a pas de travail, pas d’écoles, pas d’hôpitaux. On demande des emplois, des équipements, des projets pour nous aider, pour que nos conditions de vie s’améliorent », conclut-il.
Les responsables de la direction des Eaux et Forêts réfutent pour leur part les accusations des villageois. « Quand on attrape quelqu’un, forcément il va accuser le garde-forestier. Mais il n’a pas de preuve incontestée pour dire qu’il a donné de l’argent au garde-forestier », déclare Mohammad Chedid, du centre du développement et de la protection des ressources forestières. Pour l’universitaire Abdeslam Ouhejjou, « l’abattage incontrôlé du cèdre entraîne une érosion et une désertification, qui menacent l’équilibre écologique de l’ensemble de la région ». « Les forêts du Moyen-Atlas sont la principale réserve d’eau du Maroc et tout déséquilibre a des répercussions au niveau de l’ensemble du pays », prévient-il.
©AFP
Source: L’Orient Le Jour
La science perce un des secrets faisant du requin un redoutable prédateur
Photo du 27 août 2010 montrant un grand requin blanc près d'une cage à plongeurs au large des îles Neptune.
(AFP) WASHINGTON — Un des secrets permettant au requin d’être un formidable prédateur réside dans sa capacité à nager vite et à changer de cap sans ralentir, des manoeuvres permises par sa peau contrôlant le flux de la circulation de l’eau sur son corps, selon une étude présentée mardi.
Les requins ont sous la peau de leur corps des écailles cartilagineuses.
La clé réside dans le contrôle de la répartition de ce flux opérée par les écailles disposées d’une certaine manière sur l’ensemble du corps du requin, précise Amy Lang, une scientifique de l’Université d’Alabama, principal auteur de ces travaux présentés à la conférence annuelle de la division de la dynamique des fluides de l’American Physical Society, réunie à Long Beach en Californie (ouest).
La séparation des flux d’air est une question fondamentale dans la conception des avions et de leur système de navigation. Mal maîtrisé, ce phénomène a tendance à provoquer des remous qui affectent la vitesse et la stabilité de l’appareil.
Dans la nature, on constate que la surface du corps du requin n’est pas lisse mais a certaines caractéristiques, dont l’objectif le plus évident est "le contrôle de la circulation des fluides", explique l’auteur de cette communication.


