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Téléthon à l’initiative de Nadim Gemayel et de la MTV pour les sinistrés de Fassouh

23 janvier 2012 Poster un commentaire

À l’initiative du député de Beyrouth Nadim Gemayel et de la MTV, une campagne d’appel de fonds, sous la forme d’un téléthon, a été lancée hier soir sur les antennes de la MTV afin de venir en aide aux familles qui ont tout perdu lors de l’effondrement de l’immeuble de Fassouh, à Achrafieh, dimanche dernier, 15 janvier. Cette campagne se poursuivra durant toute cette semaine sur les ondes de la MTV et se clôturera dimanche prochain. Elle a pour but de permettre aux familles sinistrées de se reloger et de compenser tous les biens et affaires perdus suite à l’effondrement de l’immeuble.

La campagne a été entamée hier après-midi à 17 heures 36, heure de l’effondrement du bâtiment. M. Nadim Gemayel était présent sur le plateau de la MTV à cette occasion et répondait aux questions des téléspectateurs, exposant l’objectif et les détails de cette campagne.

Dans le but de recueillir les fonds nécessaires, un compte a été ouvert à la banque Audi avec le numéro suivant SWIFT CODE : AUD BLBBX

IBAN : LB03005600020009446100 200907

Les personnes qui désirent contribuer à cette collecte de fonds peuvent préciser le montant de leur contribution en faisant leur transfert à ce compte. Elles peuvent aussi adresser une contribution d’un dollar en envoyant un SMS au numéro 1000.

Source : olj.com

Pont de Jal el-Dib : après la panique, l’action

19 janvier 2012 Poster un commentaire
Les bases en métal du pont montrent des signes de dégradation. Photo Michel Sayegh

Les bases en métal du pont montrent des signes de dégradation.

LIBAN Le pont sera démonté dans les cinq jours à venir.

Une fois n’est pas coutume, les autorités libanaises, poussées par le drame de Fassouh, ont décidé, face à une menace à la sécurité des citoyens, de passer à l’acte avant le drame. Aujourd’hui, le président du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), Nabil el-Jisr, a annoncé à la radio Voix du Liban que le pont de Jal el-Dib sera démonté dans les cinq prochains jours. Hier, des éléments des Forces de sécurité intérieure (FSI) avaient placé des panneaux sur l’autoroute menant au pont, interdisant jusqu’à nouvel ordre le passage des camions.

Ces mesures interviennent en réaction à des informations sur des fissures au niveau des bases de soutènement de l’ouvrage. Une prise de conscience suscitée par l’effondrement de l’immeuble de Fassouh à Achrafieh, dimanche soir, qui a coûté la vie à 27 personnes.

Deux jours après ce drame, des rumeurs sur l’imminence de l’effondrement du pont de Jal el-Dib se sont répandues comme une traînée de poudre dans le pays, via SMS et réseaux sociaux, créant un début de panique.

L’angoisse a été aiguisée par une déclaration du ministre des Travaux publics et des Transports, Ghazi Aridi, qui a confirmé le jour même que "le pont est effectivement menacé d’effondrement". Le ministre a alors demandé qu’il soit "démantelé immédiatement", précisant qu’il était en contact permanent avec le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, à ce propos. Lire la suite…

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« Hymne à la vie » pour la jeune Anne-Marie à Achrafieh et hommage au courage des frères Naïm à Badaro

19 janvier 2012 Poster un commentaire

Par Tilda ABOU RIZK | 19/01/2012

La danse des cercueils, place Sassine. Photo Hassan Assal

La danse des cercueils, place Sassine.

TRAGÉDIE DE FASSOUH Anne-Marie Abdel Karim, Jihad, Farhat, Charbel et leur père, Tanios Naïm, ont effectué hier leur dernier parcours à Achrafieh, qui s’est habillé en blanc pour leur faire ses derniers adieux.

La grisaille du temps n’a rien à voir avec l’atmosphère triste et morose qui pèse lourd en ce mercredi matin sur Achrafieh. Ce quartier bourdonnant et continuellement embouteillé de Beyrouth s’est réveillé dans un calme inhabituel : la circulation est fluide. Les gens traînent les jambes, la mine allongée. Nombreux sont habillés de noir ou de blanc. La plupart des habitants du quartier ne connaissent pas Anne-Marie, Jihad, Farhat, Charbel et Tanios, mais plusieurs d’entre eux ont quand même voulu leur rendre un dernier hommage. Tout le quartier a été secoué par la tragédie qui a frappé dimanche soir les familles résidant dans l’immeuble qui s’est effondré à Fassouh.

Dans le carré que forment l’hôpital Saint-Georges, le collège Zahret el-Ihsan, l’hôpital Rizk et l’église Notre-Dame de la Présentation (as-Saydé), il y a foule. Les gens parlent. Leurs échanges sont un mélange de commentaires tristes ou indignés. Tristes, parce qu’on n’est pas supposé mourir à la fleur de l’âge quand on a encore toute la vie devant soi – Anne-Marie a 15 ans… Tristes, parce que trois jeunes frères (Farhat, Charbel et Jihad, qui ont entre 15 et 32 ans), sont morts avec leur père handicapé qu’ils essayaient de faire sortir de l’immeuble menacé d’effondrement. Indignés, parce que la tragédie aurait pu être évitée.

Le calme à Achrafieh est de courte durée. Il est brisé peu avant 9h par les feux d’artifice qui accueillent, place Sassine, l’arrivée du convoi funèbre des Naïm sous le riz lancé des balcons et les youyous des femmes : trois cercueils blancs et un quatrième couleur chêne, portés de l’hôpital Rizk, précédés d’une zaffé et suivis d’un cortège de corbillards noirs ornés de rubans blancs. À Sassine, la danse des cercueils portés à bout de bras et l’affliction des proches des Naïm fendent les cœurs. Les larmes coulent. Des femmes s’assoient à même le trottoir, incapables de tenir debout. Et c’est toujours sous une pluie de riz et au son de la zaffé que le cortège poursuit son chemin vers l’église du Sacré-Cœur à Badaro où les obsèques ont lieu.
Dans le même temps, les carillons joyeux des églises Saint-Georges (jouxtant l’hôpital Saint-Georges des grecs-orthodoxes où Anne-Marie repose depuis dimanche soir) et Mar Mitr, un peu plus loin, annoncent le passage du cortège funèbre de la jeune écolière. Le spectacle est saisissant tant l’hymne à la vie qui transpire des carillons joyeux mêlés aux chants pascals diffusés par des haut-parleurs contraste avec la tristesse de la circonstance.

Un hymne à la vie
Anne-Marie était membre des scouts grecs-orthodoxes. Ses camarades étaient tous là, dans leurs uniformes, à la tête du cortège funèbre, dans des voitures ornées de fleurs et de rubans blancs. Des vitres baissées, des branches de palmiers, symboles de la fête des Rameaux, sont caressées par le vent. Tout dans la cérémonie organisée pour Anne-Marie est un hymne à la vie, à la résurrection. Encadré par les véhicules des FSI, le convoi se rend à Zahret el-Ihsan, pour une ultime visite à l’école. Dans la cour du collège, les religieuses du couvent Sainte-Catherine, les écoliers, les corps professoral et administratif, en pleurs, font leurs adieux à Anne-Marie dont le cercueil est porté vers l’église Sainte-Catherine, pour une dernière bénédiction, avant de reprendre son chemin, mais porté à bout de bras cette fois vers l’église Notre-Dame de la Présentation, pour la cérémonie funèbre.
Le cortège fait cependant un détour pour passer par Fassouh, dans la ruelle où la jeune fille a été tuée. Arrivé au niveau de Mar Mitr où le carillon joyeux des cloches s’est amplifié, il marque une pause pour la danse du cercueil, rythmée par les applaudissements de la foule. Dans les voitures qui attendaient patiemment le passage du cortège, des larmes silencieuses coulent sur les joues de plusieurs passagers. Parmi ceux qui descendent de leurs véhicules pour regarder la cérémonie, certains avaient la main collée à la bouche, comme pour étouffer un sanglot, comme si la douleur des Abdel Karim était la leur. Sur tous les murs d’Achrafieh, où leurs portraits sont affichés, les visages des cinq victimes sourient à ceux qui les pleurent.
Le même spectacle se répète à Fassouh, puis devant l’église Notre-Dame de la Présentation où l’office funèbre est présidé par le métropolite Élias Audi, entouré de nombreux prêtres de l’évêché de Beyrouth, en présence du député Hagop Pakradounian, représentant les trois pôles du pouvoir, et des députés Michel Pharaon, Nadim Gemayel, Atef Majdalani, Serge Ter Sarkissian et Jean Oghassabian, et de nombreuses autres personnalités officielles. C’est la messe de Pâques qui est célébrée, en hommage à Anne-Marie.
L’église et la cour sont pleines à craquer. La foule a du mal à contenir son émotion et la messe est entrecoupée de sanglots.
L’oraison funèbre de Mgr Audi est aussi un cri d’indignation. Après avoir transmis aux Abdel Karim les condoléances du patriarche grec-orthodoxe, Mgr Aghnatios IV Hazim, il a rappelé à quel point Anne-Marie vivait dans l’amour du Christ. « Elle sentait que la mort était un pont qu’elle allait traverser pour pouvoir continuer sa vie avec Lui. Sa foi était solide. Elle l’aidait et la réconfortait, et c’est ce qu’elle avait exprimé lorsqu’elle avait été interrogée (pour un devoir de classe) au sujet du concept de liberté. Elle avait considéré que le royaume de Dieu était son objectif », a-t-il dit, la voix chargée d’émotion.

« L’État existe-t-il ? »
Et Mgr Audi d’ajouter : « Il est affligeant de perdre un être cher. Plus consternant encore est le fait qu’on n’aurait pas perdu la défunte si l’immeuble ne s’était pas effondré. Je ne fais assumer la responsabilité de cette tragédie à personne, mais je pose les questions suivantes : Qui est responsable ? La vie humaine est-elle devenue aussi insignifiante ? Depuis que l’incident est survenu, nous n’entendons parler que d’incidents similaires qui risquent de se produire. Où se situe l’État et les administrations compétentes dans tout cela ? L’État existe-t-il? Pourquoi les administrations compétentes n’examinent-elles pas les anciennes bâtisses ? »
Poursuivant sur le même ton, il s’est interrogé sur le point de savoir si les responsables « ne devraient pas tous songer en premier lieu à l’intérêt des citoyens, à leur assurer une vie digne et leurs droits les plus élémentaires. À chaque catastrophe, tous s’engagent dans une course pour s’indigner, lancer des mises en garde et proposer des solutions. Je crains seulement que le rideau ne tombe sur cette catastrophe, comme sur toutes celles qui l’ont précédée. Nous espérons qu’elle sera un avertissement et une leçon pour tous, afin d’éviter d’autres à l’avenir et pour que le sang des victimes n’ait pas coulé inutilement ».
S’adressant ensuite aux propriétaires, Mgr Audi a estimé qu’« en dépit de leurs complaintes, ils doivent agir en toute conscience et coopérer avec les locataires pour éviter les dangers. L’être humain est plus cher que l’argent. Il est à l’image de Dieu ». Il a conclu en demandant aux dirigeants du pays de mettre leurs divergences de côté pour assumer leurs missions.

Matar, la démocratie et le gouvernement du peuple
À l’église du Sacré-Cœur, à Badaro, c’est l’archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, qui a célébré l’office funèbre, en présence des députés Michel Moussa, représentant les trois pôles du pouvoir, Michel Pharaon, Nadim Gemayel, Antoine Zahra, Michel Hélou et plusieurs autres officiels.
Dans son oraison funèbre, Mgr Matar a aussi abordé le thème de la responsabilité de l’État vis-à-vis des citoyens, après avoir rendu un vibrant hommage aux trois jeunes frères, morts alors qu’ils venaient en aide à leur père. « Leur amour et leur courage font d’eux des martyrs », a-t-il dit, avant de souligner que tous les Libanais veulent savoir pourquoi les habitants de l’immeuble sinistré ont subi ce sort.
Il a regretté « le manque de coordination, d’unité et de vision au sein de l’État », avant de rappeler que « la démocratie dont nous nous vantons est avant tout le gouvernement du peuple au service du peuple ». « Mais sommes-nous suffisamment unis pour servir la population ? » s’est-il interrogé, avant de mettre en relief le problème de l’habitat ainsi que celui de l’émigration qui découle des difficultés de la vie quotidienne.
C’est ensuite au tour de Gladys, une des sœurs de Jihad, Farhat et Charbel, de prendre la parole pour exprimer en même temps sa foi et sa douleur. La foule ne retient pas ses larmes.
Au terme des deux cérémonies, Anne-Marie, Jihad, Farhat, Charbel et Tanios sont conduits vers leurs ultimes demeures. Le cercueil d’Anne-Marie est porté à bout de bras jusqu’à Mar Mitr et ceux des Naïm sont emmenés à Zhalta, dans le caza de Jezzine.
Le drame est loin d’être fini. Toujours hospitalisés, Antonella et Anthony Abdel Karim ignorent toujours qu’ils ont perdu leur sœur.

L’hymne à la vie pour Anne-Marie et les frères Naïm…

Photo Nasser TraboulsiAnne-Marie Abdel Karim, Jihad, Farhat, Charbel et leur père, Tanios Naïm ont effectué leur dernier parcours à Achrafieh, qui s’est habillé en blanc pour leur faire ses derniers adieux, eux, les victimes, parmi d’autres, du drame de Fassouh, où des anonymes, éplorés, sont venus déposer hier soir des fleurs et allumer des bougies sur les ruines de l’immeuble qui s’est écroulé dimanche dernier…

Source : L’Orient Le Jour

Fassouh, ou comment mourir pour être secouru

17 janvier 2012 Poster un commentaire
Les secours à l’œuvre pour retirer désormais des corps sans vie. Mohammad Azakir/Reuters

Les secours à l’œuvre pour retirer désormais des corps sans vie.

 

 

  • 27 morts déjà recensés et le bilan va s’alourdir
  • L’État alloue 30 millions de LL pour reloger chaque famille
  • Mikati forme une commission pour déterminer les responsabilités
  • De nombreux immeubles signalés comme dangereux à Beyrouth

 

Le drame d’Achrafieh domine les travaux du gouvernement, qui cherche à en tirer toutes les leçons

Le Conseil des ministres à l’ouverture des travaux. Photo Ibrahim Tawil

Le Conseil des ministres à l’ouverture des travaux.

Par Fady NOUN | 17/01/2012 - CONSEIL DES MINISTRES Le drame d’Achrafieh a dominé tous les autres points inscrits hier à l’ordre du jour du Conseil des ministres. Le gouvernement a décidé d’octroyer, par le truchement du Haut Comité des secours, une aide d’urgence de 30 millions de livres à toutes les familles touchées par ce drame, qu’elles soient libanaises ou étrangères. Des logements provisoires seront également trouvés pour les familles qui ont perdu leur logement et pour celles de l’immeuble attenant évacué. Enfin, une commission présidée par le ministre de l’Intérieur, et comprenant le conseiller technique du Premier ministre ainsi que des ministres et des membres du conseil municipal, a été chargée de déterminer les responsabilités de l’effondrement de l’édifice et de déterminer les mesures préventives destinées à empêcher de nouveaux drames de ce type. Les mesures décidées seront appliquées dès aujourd’hui.

Sur un autre plan, des sept points d’un programme de développement touristique présenté par M. Fadi Abboud, six ont été approuvés, et le septième, qui porte sur le renouvellement du contrat d’exploitation de la grotte de Jeïta, a été confié à une commission interministérielle présidée par le chef du gouvernement. Ce passage obligé par le gouvernement a été décidé du fait que les deux précédents renouvellements du contrat d’exploitation, en 1997 et en 2007, ne sont pas passés par le Conseil des ministres.

Les festivals

Sur le plan touristique, il a été décidé que l’État participera à hauteur du tiers aux budgets des grands festivals internationaux qui se tiennent au Liban, avec un plafond d’un milliard de livres. En outre, il a été décidé qu’une société privée offrira ses services aux voyageurs transitant par l’aéroport de Beyrouth. Par ailleurs, le gouvernement a approuvé la mise en service de l’aéroport René Moawad (Nord), qui sera habilité par le ministère des Travaux publics, en attendant que l’armée accorde son autorisation à l’exploitation civile de l’aéroport de Rayack.

Sur un autre plan, le gouvernement a approuvé la généralisation de l’octroi de lignes portables à tous les ministères, alors que jusqu’à présent, seuls certains départements ministériels en jouissaient.

Avances du Trésor

En outre, le gouvernement, qui n’a pu examiner le projet de budget comme il était prévu, en raison de l’urgence du moment, a de nouveau examiné la possibilité de financer le fonctionnement de l’administration avec des avances du Trésor. Il est apparu cependant que les dépenses sur la base du douzième provisoire du budget de 2005 (dernier en date des budgets approuvés) étaient insuffisantes. Le gouvernement a donc constaté qu’il n’avait d’autre choix que d’approuver un projet de loi prévoyant une avance colossale de 8 900 milliards de livres au gouvernement, un chiffre qui doit encore être voté par la Chambre. Ce qui sera fait dans les plus brefs délais, après l’ouverture d’une session extraordinaire de la Chambre, dans un délai de dix jours.

Le gouvernement a décidé par ailleurs de se retrouver demain et d’examiner le projet de rajustement des salaires revu et corrigé par le ministre du Travail, Charbel Nahas. Ce dernier a fait mine d’être étonné de ce que l’accord conclu de gré à gré entre le patronat et les syndicats n’ait pas encore été appliqué, puisqu’il convient aux deux parties.

Le président de l’Association des commerçants de Beyrouth, Nicolas Chammas, a déploré qu’une fois de plus la politique s’en mêle et fait sauter les salaires de l’ordre du jour du Conseil des ministres.

Dans le compte-rendu officiel des travaux du gouvernement, on apprenait que le chef de l’État a jugé très regrettable le drame d’Achrafieh, et a demandé qu’il serve de leçon. Une minute de silence a ensuite été observée à la mémoire des victimes.

Sur un autre plan, le chef de l’État a informé le gouvernement de la teneur de ses entretiens avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qu’il a rassuré sur la volonté du Liban de respecter la résolution 1701 de l’ONU, en dépit des violations israéliennes.

Par ailleurs, M. Sleiman a affirmé que le secrétaire général de l’ONU l’a averti que l’exploitation des richesses pétrolières sous-marines du Liban pouvait se heurter à des empêchements et être un sujet de friction avec Israël. Cette exploitation, a-t-il dit, doit donc se faire de préférence sous l’égide et en coordination avec l’ONU.

Fassouh recense déjà 27 tués et le bilan va certainement s’alourdir

Un secouriste fouillant les décombres. Photo Michel Sayegh

Un secouriste fouillant les décombres.

Par Patricia KHODER | 17/01/2012 - CATASTROPHE Il faut du temps pour que les familles qui vivaient dans l’immeuble qui s’est effondré dimanche soir à Fassouh puissent panser leurs blessures. Le drame n’a même pas épargné des ouvriers étrangers, soudanais, égyptiens et philippins, venus au Liban dans l’espoir d’assurer une vie meilleure à leurs familles restées au pays.

La Défense civile a continué hier à dégager les décombres de l’immeuble de Fassouh, ne retrouvant aucun nouveau survivant. Jusque tard en soirée, 27 corps sans vie ont été transportés dans les morgues des hôpitaux Saint-Georges et Jeitaoui, à Achrafieh, ainsi qu’à l’hôpital universitaire Rafic Hariri. Neuf personnes sont toujours portées disparues. Dimanche soir, douze personnes blessées et deux corps sans vie avaient été dégagés des décombres.

La rue Mgr Atallah, qui relie l’avenue Charles Malek au secteur Sassine, était toujours coupée à la circulation. Les membres de la Défense civile, avec des pelleteuses et des bulldozers, déblayaient les décombres sans aucun espoir de retrouver des survivants. C’est que l’immeuble s’est effondré comme un château de cartes et des pans de murs entiers ont rapidement été réduits en poussière.

À l’hôpital Jeitaoui tout comme à l’hôpital Saint-Georges, le personnel parle avec beaucoup d’émotion des blessés accueillis et des cadavres transportés à la morgue. L’hôpital Jeitaoui a traité deux blessés soudanais : Balaka Abkar Abdallah Adam et al-Saddik Yéhia Idriss Atallah. Une autre personne de la même nationalité Ahmad Mehdi Ishak est décédée.

Le corps de ressortissants égyptiens et philippins ont également été retrouvés sous les décombres. Ces ouvriers étrangers, qui quittent leurs familles espérant leur assurer un meilleur avenir, payaient 350 dollars de loyer par mois et par appartement. Le propriétaire de l’immeuble, Michel Saadé, refusait depuis de long mois de percevoir le loyer des locataires libanais, une façon de les pousser à partir.

Jacques Géara, 33 ans, qui occupait l’un des appartements avec son père et sa mère, est soigné à l’hôpital Jeitaoui. Il souffre de blessures à la tête et de diverses contusions. Le corps de son père Joseph a été retrouvé, sans vie, sous les décombres. Sa mère, qui ne se trouvait pas à la maison au moment du drame, a miraculeusement survécu.

Charlie Ba’lé, la quarantaine, travaillait au journal à al-Bairaq, à Achrafieh, avant la fermeture du quotidien l’été dernier. Charlie vivait avec sa mère Éva, libanaise, et son père, Farah, jordanien et son fils sourd-muet, Leyth,18 ans. Ils occupaient un appartement du 4e étage. Au moment du drame, Charlie ne se trouvait pas à la maison. Il venait de déposer sa famille devant l’immeuble. Il a été prévenu de la catastrophe par un ami. Éva était couturière. Sa vieille machine à coudre a été retrouvée. Alice et Maroun Saad, un couple du troisième âge vivant sans ses enfants, a également péri sous les décombres. Le corps sans vie de Jeannette Bou Serhal, une femme qui habitait l’un des étages inférieurs de l’immeuble, a également été retrouvé. L’hôpital Saint-Georges a reçu hier cinq nouveaux blessés, dont une ressortissante philippine, Rose-Marie Bulaong, qui a quitté rapidement l’hôpital. Trois corps reposent à la morgue de l’établissement : ceux de Adam Abi Abdallah et Ali Adam Adel-Rahmane, ressortissants soudanais, et d’Anne-Marie Abdelkarim, âgée de 16 ans.

Albert et Thérèse

Khaled Adam, responsable de la communauté soudanaise au Liban, effectue avec une petite délégation la tournée des hôpitaux. Il précise que cinq morts ont été également transportés à la morgue de l’hôpital gouvernemental Rafic Hariri.

« Nous travaillons conjointement avec l’ambassade du Soudan. Jusqu’à présent, nous ne sommes pas encore sûrs du nombre de nos ressortissants qui se trouvaient dans l’immeuble. Ils seraient entre 17 et 19 personnes. Dimanche est un jour de congé et les ouvriers se rassemblent dans l’iimmeuble », dit-il.

Parmi les blessés transportés à l’hôpital orthodoxe, Albert Yazbek, âgé de 77 ans. Il habite au sixième étage de l’immeuble depuis trente ans. Albert vivait avec sa compagne Thérèse, 62 ans, dont le corps a été retrouvé malheureusement sans vie dès le matin. Ils n’avaient pas d’enfants. Il ne sait pas qu’il ne la reverra plus. « Avez-vous visité d’autres hôpitaux ? Avez-vous vu Thérèse ? Elle regardait la télévision quand l’immeuble s’est effondré », dit-il, interrogateur, à tous ceux qui viennent lui rendre visite. Albert est blessé au visage et aux bras. Il raconte son après-midi du dimanche. « Ma voisine, Aïda Abdelkarim, est venue prendre le café chez nous. J’ai ensuite décidé d’aller à l’église Saydeh pour prier. J’étais en pyjama et il pleuvait. J’ai donc changé d’avis et je me suis contenté de descendre au bas de l’immeuble pour allumer deux bougies devant la niche votive qui abrite des icônes de plusieurs saints avant de regagner mon appartement. Je n’ai même pas eu le temps de m’asseoir quand j’ai senti comme un tremblement de terre et je me suis effondré en même temps que les murs de l’immeuble. Grâce à Dieu, les secours m’ont retrouvé au bout d’une heure », indique-t-il.

La famille Abdelkarim

Le salon du huitième étage de l’hôpital orthodoxe est noir de monde. Ici se trouve la famille Abdelkarim qui compte trois blessés : la grand-mère Aïda, les enfants Anthony, 27 ans, et Antonella, 16 ans. La sœur jumelle d’Antonella, Anne-Marie, elle, a péri dans le drame.

Élie Abdelkarim, la quarantaine, a quitté avec son épouse, Vola, l’appartement du cinquième étage qu’il habite avec sa mère et ses trois enfants, quelques dizaines de minutes avant le drame. Élie a été longtemps directeur d’un supermarché. Mais depuis quelque temps, il travaillait à son propre compte dans le domaine de la vente. Son épouse est vendeuse dans un luxueux magasin de l’ABC. Pour que sa femme ne marche pas sous la pluie torrentielle, dimanche soir, Élie est sorti la déposer sur son lieu de travail. Le temps de regagner son domicile, l’immeuble s’était déjà effondré.

Nicolas et Adib sont âgés chacun d’une vingtaine d’années ; ils sont venus avec d’autres jeunes gens et jeunes filles manifester leur solidarité à la famille Abdelkarim. La plupart d’entre eux sont des élèves de l’école Zahret al-Ihsan où Antonella et Anne-Marie suivent leurs études. Ils connaissent aussi les deux jeunes filles à travers les activités auxquelles elles participent dans le cadre de la paroisse de Notre-Dame, al-Saydeh, à Achrafieh.

Les deux jeunes hommes indiquent qu’Anne-Marie « jouait au basket-ball et se rendait souvent au club Hoops pour pratiquer sa discipline favorite ; elle aimait aussi le foot et était fan de la squadra azzura. Elle était pleine de vie. Nous la voyons tous les samedis après-midi à l’église et pour la messe du dimanche, bien sûr. Nous préparions les activités des jeunes de la paroisse ». Antonella et Antony, ainsi que leur grand-mère Aïda, ne savent pas qu’Anne-Marie est décédée.

Aïda Abdelkarim, la mère d’Élie, est âgée de 76 ans. Malgré ses blessures au visage et à la tête, elle ne fait pas son âge.

« Je vis dans cet immeuble depuis 50 ans. Il est construit sur six étages, sans compter le rez-de-chaussée et il compte 15 appartements. Mon fils s’est marié et a habité avec moi. J’étais sur le palier quand l’immeuble s’est effondré. Ma petite-fille Anne-Marie était en train d’étudier au salon, Antonella et Anthony dormaient dans la chambre. C’était comme un tremblement de terre… puis j’ai été transportée à l’hôpital », raconte-t-elle.

« J’étais chez mes voisins, les Géara, il y a quelque temps, et j’ai croisé le propriétaire de l’immeuble Michel Saadé. Il nous a dit sur un ton de défi : vous allez voir, l’immeuble va s’écrouler. Mais il ne nous a jamais mis réellement en garde », dit-elle.

Immeubles évacués

Dans l’après-midi d’hier, sur les lieux du drame, des familles attendaient encore que des corps soient retirés des décombres.

C’est le cas de Gladys Naïm Farhat dont les trois frères, Farhat, Charbel et Jihad, âgés entre 22 et 32 ans, et le père Tannous, 78 ans, ont péri sous les décombres. La jeune fille et sa mère Jeanne d’Arc avaient quitté l’immeuble quelques instants avant son effondrement. Ses frères aidaient leur père handicapé à quitter les lieux en le transportant sur une chaise. On a l’impression que Gladys n’a pas quitté les lieux depuis l’effondrement de l’immeuble. Plusieurs membres de la famille se relaient auprès d’elle et attendent…

Élie, son oncle maternel, raconte : « Ma sœur, Jeanne d’Arc, a trois garçons et quatre filles. Maintenant, elle se repose chez l’une d’elles qui habite aussi Achrafieh. » Évoquant ses neveux décédés, il indique : « Jihad venait de commencer un nouveau métier, celui de policier municipal à Achrafieh ; Farhat, lui, venait de se faire opérer à la jambe, il était au chômage et Charbel était garçon coiffeur à Badaro. »

Deux vieux immeubles situés à côté du bâtiment sinistré ont été évacués par précaution. Hier, certains de leurs habitants transportaient des couvertures et quelques vêtements pour habiter chez des proches… en attendant des jours plus cléments.

L’enquête démarre, Mikati forme une commission d’experts

Les investigations sur l’effondrement de l’immeuble de Fassouh ont démarré. Une enquête sur les causes de l’effondrement a été ouverte à la demande du parquet général près la cour d’appel de Beyrouth. Pour le moment, le président du parquet, Georges Karam, puise se informations préliminaires auprès des services qui participent aux opérations de secours ; le magistrat a par ailleurs visité les lieux du drame et rendu visite à certains des survivants du drame, dont il a recueilli les dépositions. Par contre, il n’avait toujours pas interrogé hier le propriétaire de l’immeuble, Michel Saadé, qui est arrêté depuis dimanche.

Le ministre de la Justice, Chakib Cortbawi, a promis hier que le ministère « fera son devoir sans délai », et a promis de veiller personnellement à ce que l’enquête sur l’effondrement de l’immeuble suive rapidement son cours.

Le parquet et le juge d’instruction qui prendra en charge l’enquête pourront bénéficier des conclusions de deux commissions créées hier respectivement par le Premier ministre et le ministre des Travaux publics.

M. Mikati a décidé en effet de créer une commission d’experts qui sera coiffée par son conseiller aux affaires techniques, Claude Massaad. La commission comprendra des représentants des ministères des Travaux publics et de l’Intérieur, d’un représentant de la municipalité de Beyrouth et d’un autre de l’ordre des ingénieurs. Elle sera chargée de déterminer les causes directes de l’effondrement du bâtiment, de faire des propositions valables pour tous les anciens édifices et devra remettre son rapport dans quinze jours.

Par ailleurs, le ministre des TP, Ghazi Aridi, a chargé la Direction générale de l’urbanisme de préparer un rapport circonstancié sur l’immeuble qui s’est effondré (date de construction, matériaux utilisés, étages ajoutés, etc).

Arrêtez de transformer la ville

Par Patricia KHODER | 17/01/2012 - Un immeuble s’effronde à Achrafieh, faisant une trentaine de victimes. L’histoire est une histoire de cupidité et de négligence, de plus en plus fréquente à Beyrouth où le prix de l’immobilier a flambé il y a quelques années. Mais c’est la première fois que l’on atteint un tel drame.

Les faits et les circonstances ayant précédé l’effondrement du bâtiment de Fassouh sont communs à d’autres cas d’immeubles situés dans divers secteurs de la ville : Achrafieh, Fassouh, Gemmayzé, Saydeh, Sassine, Monnot, Mar Mikhaël, Ras el-Nabeh, Basta, Mousseitbé et Ras Beyrouth.

Au cours des cinq dernières années, le prix de l’immobilier a quadruplé à Beyrouth. Les propriétaires des vieux immeubles voulant vendre leur propriété ou les nouveaux acquéreurs de ces bâtiments qui ont pour but de les détruire pour les remplacer par des immeubles plus élevés, abritant des appartements plus petits et plus modernes, ne savent plus comment faire pour se débarrasser des anciens locataires… Dans ce cadre, dans les immeubles fraîchement acquis par les promoteurs immobiliers, chaque ancien locataire a une histoire à raconter.

Dimanche soir, peu après l’écroulement de l’immeuble de Fassouh, on a vu le vrai Beyrouth dans la rue.

Des jeunes hommes et des jeunes filles sont venus s’enquérir de leurs camarades de classe qui fréquentaient avec eux l’école du quartier. Des parents habitant à deux pas ont accouru aux nouvelles. Des voisins ayant vécu plusieurs dizaines d’années ensemble, et se connaissant depuis des générations, étaient effondrés.

Il y a ceux qui ne connaissent pas Beyrouth et il y a ceux qui veulent peut-être oublier. Il faut se souvenir pourtant du fait que plusieurs secteurs de la capitale, notamment à Achrafieh, ne sont autres que de petits villages, où voisins et parents vivent côte à côte préservant leurs us et coutumes.

Beaucoup ont oublié aussi que la plupart des secteurs d’Achrafieh abritent des familles appartenant à la classe moyenne et à la classe ouvrière, que la ville ne se résume pas aux rues Sursock, Abdel Wahab el-Inglizi et à quelques tours de la place Sassine et du secteur de l’Hôtel-Dieu. Ces familles ne peuvent plus acheter, voire louer des appartements dans les quartiers desquels elles sont originaires.

À la lumière d’une telle réalité sociologique et de la tragédie de Fassouh, un impératif s’impose : il faut, certes, trouver une solution au problème des immeubles anciens qui ne sont plus habitables ; mais cette solution ne réside pas dans la construction de grandes tours luxueuses dont l’édification aboutit à déplacer les habitants ancestraux des vieux quartiers d’Achrafieh qui ne sont pas en mesure d’acquérir des appartements onéreux et qui se trouvent par conséquent contraints de quitter les quartiers où eux, leurs parents, leurs ancêtres, leurs amis ont grandi. La solution consisterait plutôt à réhabiliter les anciens bâtiments ou, à défaut, à construire des logements conservant le cachet de la région et qui puissent être acquis par les habitants des quartiers.

Il est déplorable de constater qu’à Beyrouth, on s’obstine à transformer la ville, en saccageant ses vieux bâtiments, en modifiant son paysage urbain, en détruisant son tissu social, en délogeant ses véritables habitants… Et parfois le coût de la cupidité est horriblement trop élevé.

Qui est donc chargé d’inspecter les bâtiments vétustes des grandes villes ?

Les bâtiments anciens, non dotés de béton armé, doivent être entretenus pour éviter les risques d’effondrement.

Les bâtiments anciens, non dotés de béton armé, doivent être entretenus pour éviter les risques d’effondrement.

Par Suzanne BAAKLINI | 17/01/2012 - SÉCURITÉ DES BÂTIMENTS Le drame de Fassouh a rouvert le débat sur l’inspection et le contrôle des constructions, anciennes et neuves, et sur la création d’une cellule nationale de gestion des catastrophes.

Une fois de plus, au Liban, il aura fallu attendre la catastrophe pour ouvrir les vrais débats. L’effondrement d’un immeuble à Fassouh, Achrafieh, dans la soirée de dimanche, et la mort de dizaines de personnes piégées dans les décombres, a relancé la question du contrôle à effectuer sur les anciennes bâtisses, comme celui à exercer préalablement sur les nouvelles constructions. Dans une déclaration télévisée, le député Mohammad Kabbani, président de la commission des Travaux publics et des Transports, a même estimé que 20 % des bâtiments de Beyrouth seraient menacés en cas de séisme.

D’autre part, le cafouillage observé lors des premières heures de sauvetage, malgré les efforts prodigués par la Défense civile, a ramené sur le tapis la question de la gestion des catastrophes et la nécessité de la création d’une institution unique pour présider aux efforts de sauvetage.

Pour discuter de l’urgence de ces deux points, la commission des Travaux publics a tenu une réunion extraordinaire hier pour discuter de la catastrophe de Fassouh, présidée par le député Kabbani, en présence de plusieurs représentants d’institutions concernées. Kabbani a déclaré, à l’issue de la réunion, qu’il allait présenter dans les deux semaines qui suivent une loi à caractère de double urgence pour la création d’une cellule de gestion des catastrophes, dont il revendique lui-même la nécessité depuis plus de dix ans. « Dès qu’on ouvre ce sujet, on nous ramène au Haut Comité de secours, or celui-ci est chargé de l’indemnisation des victimes et leurs familles, pas de la planification pour faire face aux catastrophes », s’est-il écrié. À une question de L’Orient-Le Jour sur les chances que cette loi soit adoptée bientôt, le député a estimé que « cette catastrophe a marqué ces esprits, le Parlement sera probablement motivé pour franchir ce pas ».

Le député a également promis de suivre l’affaire du projet de décret exécutif pour la création de bureaux de contrôle chargés de la sécurité publique. Abordant le sujet des responsabilités, il a rappelé que celle de l’entretien du bâtiment incombe aux propriétaires non aux municipalités, mais il a quand même demandé à celles-ci de faire une inspection des bâtiments vétustes.

C’est également ce qu’a martelé hier le président du conseil municipal de Beyrouth, Bilal Hamad, au cours d’une conférence de presse. « Ce n’est pas la municipalité qui est responsable de l’état des bâtiments, mais les propriétaires, a-t-il dit. Les citoyens devraient signaler n’importe quel signe de délabrement dans les immeubles qu’ils habitent. Nous serons alors habilités à mener une inspection du bâtiment en question. »

Il a dit que suite à cette catastrophe, le conseil municipal cherche à établir un mécanisme qui lui permette d’inspecter systématiquement les anciens bâtiments à risque, sachant que la loi ne lui accorde pas cette prérogative à la base.

Durée de vie et entretien

Pour Élie Bsaibès, président de l’ordre des ingénieurs, « c’est aux municipalités d’effectuer des inspections sur les bâtiments menacés, et si elles ne peuvent le faire, des bureaux spécialisés doivent être chargés de cette mission ». Interrogé par L’Orient-Le Jour sur ce drame, il a déploré que toutes les grandes villes, et pas seulement Beyrouth, comportent un grand nombre de bâtiments vétustes non entretenus. « Les bâtiments, comme les êtres, ont une durée de vie, explique-t-il. À partir d’un certain âge, il faut les entretenir. Il y a certainement eu des signes avant-coureurs dans le cas de l’effondrement de Fassouh et il aurait fallu alerter les autorités concernées. »

Selon Bsaibès, la surveillance doit être opérée autant sur les nouveaux que sur les anciens bâtiments, notamment pour l’application des lois de construction antisismique. Que fait l’ordre à ce niveau ? « En tant qu’ordre, nous ne sommes pas responsables de l’adoption des lois, nous les appliquons, répond-il. La sécurité du bâtiment est notre préoccupation depuis des dizaines d’années, et c’est ce qui a permis d’éviter le pire jusque-là. Pour ce qui est de la responsabilité, elle est partagée. Les ingénieurs qui ont construit les anciens bâtiments ne sont plus responsables de leur vétusté. Pour ce qui est des nouveaux, nous avons un droit de regard sur les plans, mais plus aucun rôle au niveau de l’exécution. »

L’ingénieur lance un cri d’alarme : « En cas de tremblement de terre, beaucoup de bâtiments sont menacés. Il est très important de renforcer les bâtiments de l’État, qui ont le potentiel de contenir un grand nombre de personnes et qui doivent être opérationnels en cas de catastrophe, comme les hôpitaux et autres. »

Surtout, selon Bsaibès, « il ne faut pas oublier cette affaire une fois que les décombres seront déblayées, il faut que le message soit constamment répété, notamment par les médias ».

Est-ce que la vétusté du bâtiment est la seule cause de l’effondrement de l’immeuble de Fassouh ? Une commission d’enquête a été chargée par le Conseil des ministres pour apporter des réponses claires au drame. Dans des propos publiés sur le site Internet de L’Orient-Le Jour, Élias Tawil, Directeur général de l’urbanisme, explique que dans tous les immeubles des années 20, 30 et 40, le béton armé n’est pas à la base des techniques de construction. « Tous les anciens immeubles font donc l’objet de doutes, dit-il. Pire, ce sont des bombes à retardement. En outre, si cet énorme risque existe à l’état statique, les facteurs à effets mécaniques, comme les séismes, ne feraient qu’envenimer la situation. »

Comme pour faire écho à ses paroles, une information sur un immeuble abritant plus d’une soixantaine de familles à Mousseitbé (également à Beyrouth), gravement menacé d’effondrement, a été révélée dans les médias. Serait-ce une loi des séries ?

D’autres évoquent des facteurs supplémentaires, comme le chantier avoisinant, par exemple. D’autres encore soulèvent le problème des caractéristiques naturelles du sol. L’ingénieur Gilbert el-Kareh, dans un message adressé à L’Orient-Le Jour, parle « du type et des dimensions des fondations, des piliers et des poutres, ainsi que les charges admissibles sur l’assise », compte tenu de la vulnérabilité du sol sur lequel le bâtiment est situé. « Or, justement, dit-il, la zone dite de Fassouh se trouve à l’extrémité orientale d’une langue de “terres rouges sableuses” qui s’est épanchée sur Achrafieh avant le soulèvement de la colline. Ces sédiments, échantillonnés en février 1989, avant l’achèvement de l’autoroute en bordure, paraissaient non consolidés en surface. »

Il recommande « de vérifier lesdites caractéristiques jusqu’à un kilomètre à l’ouest de l’immeuble sinistré, et sur une profondeur d’environ 250 mètres de part et d’autre de l’immeuble ». « Un programme de surveillance ultérieure devrait être établi en fonction des constatations », conclut-il.

Source : L’Orient Le Jour

Un immeuble s’effondre à Fassouh, Achrafieh : une adolescente tuée

16 janvier 2012 Poster un commentaire
Onze personnes ont été transférées vers différents hôpitaux.

Onze personnes ont été transférées vers différents hôpitaux.

ACCIDENT Trente personnes, dont des étrangers, se trouvaient à l’intérieur du bâtiment qui comprend sept étages.

Un immeuble résidentiel s’est complètement effondré dimanche soir dans le quartier Fassouh, à Achrafieh, faisant un mort et plusieurs blessés, selon différentes sources sécuritaires et hospitalières. La personne tuée est une jeune femme (Anne-Marie Abdel Karim) de 15 ans. Le ministre de l’Intérieur Marwan Charbel avait affirmé que deux personnes avaient trouvé la mort, mais cette information a été plus tard démentie par le ministre de la Santé Ali Hassan Khalil, ainsi que des secouristes sur place.

La Croix-Rouge et les FSI se sont rendus immédiatement sur les lieux pour tenter de sauver les occupants de l’immeuble, coincés sous les décombres. Le président Michel Sleiman, ainsi que plusieurs ministres, députés et autres responsables se sont également rendus sur les lieux plus tard dans la soirée.

Une photo d'Anne-Marie Abdel Karim publiée par ses amis sur Facebook.

L’immeuble, qui se trouve sur la rue Al-Motran Atallah, est composé de sept étages. Trente personnes, dont des Libanais, des Soudanais et des Egyptiens, se trouvaient à l’intérieur du bâtiment, selon des sources sécuritaires cités par la chaîne Future News.

Onze personnes, dont un enfant et plusieurs membres de la famille Abdelkarim, auraient été transférées à l’hôpital Saint-Georges et à l’hôpital Jeitawi, selon la chaîne MTV.Le ministre de la Santé a demandé aux hôpitaux de soigner tout blessé, suite à l’effondrement de l’immeuble, tout en assurant que le ministère prendra en charge les frais des soins nécessaires.

La route menant de l’école La Sagesse vers la région de Jeitawi a été fermée afin de permettre aux ambulances de circuler librement.

Vue générale de l'immeuble effondré.  Sam Tarling/Reuters

Vue générale de l'immeuble effondré.

Les raisons de l’effondrement n’ont toujours pas été éclaircies, mais l’immeuble, construit dans les années 50, était dans un état de délabrement vraisemblablement aggravé par les pluies torrentielles qui se sont abattues sur le Liban ces derniers jours, a indiqué l’Agence nationale d’information (ANI). Une habitante de l’immeuble a déclaré à la MTV que le propriétaire de l’immeuble avait conseillé à ses frères de quitter leur appartement quelques minutes avant l’effondrement de l’immeuble.

Un homme sauvé des décombres.  Mohamed Azakir/Reuters

Un homme sauvé des décombres.

Par ailleurs, les forces de l’ordre et l’armée ont demandé aux habitants des immeubles avoisinants d’évacuer les lieux afin qu’un groupe d’ingénieurs puisse évaluer les risques d’un nouvel effondrement dans la région.

"Une enquête doit être ouverte pour connaître les raisons de ce drame", a affirmé le président Sleiman aux journalistes présents sur les lieux.

De son côté, la commission parlementaire des Travaux publics, présidée par le député Mohammad Kabbani, devrait tenir, demain lundi, une réunion exceptionnelle pour étudier cette affaire, en présence de responsables de la municipalité de Beyrouth.

Source : olj.com

 

 

Un immeuble des années 20 vit ses derniers jours à Achrafieh en dépit de sa valeur architecturale

13 juin 2011 Poster un commentaire

13/06/2011

La façade du bâtiment condamné, délabrée mais belle et toujours majestueuse.

La façade du bâtiment condamné, délabrée mais belle et toujours majestueuse.

L’une après l’autre, les anciennes demeures de Beyrouth qui donnent à certains quartiers de la capitale tout leur charme sont en train de tomber sous les coups des bulldozers, dans l’indifférence officielle générale.
Devenu le quartier de prédilection des promoteurs immobiliers, Achrafieh résiste difficilement à l’assaut des tours en béton, qui effacent progressivement son patrimoine architecturale et dénaturent son tissu social. En dépit des promesses faites au niveau officiel, les permis de démolition continuent d’être facilement octroyés, sans évaluation préalable de la valeur architecturale des demeures condamnées.
Tout près du supermarché Spinneys à Achrafieh, une vieille maison de deux étages ne paie pas de mine. Au fil des ans, la façade ocre de ce bâtiment des années 20, couleur caractérisant de nombreuses maisons traditionnelles, a viré au marron noirâtre à cause de la fumée q ui se dégage des pots d’échappement des voitures. Elle se noie dans le vieux décor de la ruelle passante, composée de plusieurs bâtiments du même genre, beaux mais en piteux état, témoins tranquilles de l’histoire du quartier.
Depuis vendredi, cependant, dans le quartier, on ne parle que de ce bâtiment. Les bulldozers ne sont pas encore là, mais les klaxons des voitures couvrent mal le bruit des marteaux qui se déchaînent contre les murs intérieurs. Les vieux volets et portes sont arrachés et servent de balise qui retient la bâche verte couvrant toute la façade. Le processus de démolition a commencé. Lire la suite…

« BrasiLiban », ou la maison des rencontres des cultures brésilienne et libanaise

Par Zéna ZALZAL | 10/05/2011

La directrice, Héloisa Alves, met l’accent sur la vocation de carrefour culturel du centre libano-brésilien.

La directrice, Héloisa Alves, met l’accent sur la vocation de carrefour culturel du centre libano-brésilien.La directrice, Héloisa Alves, met l’accent sur la vocation de carrefour culturel du centre libano-brésilien.

Centre culturel C’est dans une belle demeure ancienne du quartier de Mar Mitr, à Achrafieh, que le centre culturel « BrasiLiban » vient de s’installer. Avec pour objectif de faire de cette adresse un lieu de rencontres et d’échanges accrus entre les cultures brésilienne et libanaise.

Vous êtes sans doute nombreux à avoir remarqué, à la rue Mar Mitr (en face des établissements Flouty), cette belle maison libanaise du XIXe qui, au fil des derniers mois, reprenait des couleurs et retrouvait sa splendeur originale. Cette bâtisse de trois étages, à la façade lie-de-vin entièrement rénovée dans le respect de sa configuration initiale, avec ses carreaux en mosaïques au sol, ses portes-fenêtres à arcades dentelées et ses plafonds peints, est aujourd’hui prête à accueillir de nombreux visiteurs… Libanais et étrangers. Car cette ancienne demeure familiale héberge désormais le centre culturel BrasiLiban*.
Premier centre culturel établi par le gouvernement brésilien au Liban et dans le Moyen-Orient, il a pour mission première, certes, de diffuser la langue et la culture brésiliennes, mais aussi d’accentuer les échanges artistiques libano-brésiliens. Lesquels, malgré l’ancienneté des rapports entre les deux peuples, ne bénéficiaient pas, au pays du Cèdre, en dehors du secteur culturel de l’ambassade, d’une institution officielle qui en soit la vitrine.
Aménagé par l’ambassade du Brésil, ce centre, délibérément baptisé BrasiLiban (pour mettre donc l’accent sur sa vocation d’échanges), ouvrira ses portes officiellement fin mai, au cours d’une cérémonie pour laquelle est attendue une haute autorité brésilienne.
Mais il est d’ores et déjà en partie fonctionnel et s’apprête à accueillir le public, dès demain, mercredi 11 mai, à sa première séance hebdomadaire de ciné-club**.

De la bibliothèque au café-bar
Parallèlement aux projections hebdomadaires (tous les mercredis à 19h00), BrasiLiban a établi un programme d’activités variées. Il propose ainsi, outre des cours de langue portugaise, des classes de danses (samba, mais aussi d’autres danses typiques, comme le forró et la lambada), d’arts martiaux (dont la fameuse capoeira et le jiu-jitsu brésilien), de piano et chant choral, ainsi que des initiations à la gastronomie brésilienne. «Car il ne faut pas sous-estimer l’importance de la culture culinaire d’un pays. À titre d’exemple, nous avons pas mal de plats brésiliens qui sont d’origine libanaise, comme une certaine forme de "kebbé" et de "sfiha"», soutient la directrice du centre, Héloisa Alves, qui se chargera elle-même de dispenser les cours de cuisine.
Bibliothèque, médiathèque, écrans de projection, salles de cours, salles de danses, vestiaires, jusqu’au café-bar doté d’une jolie terrasse en jardin, où les visiteurs pourront déguster toutes sortes de mets et de produits typiques du Brésil, du café à la guaraná (boisson gazeuse aux extraits de fruits amazoniens)… Les différents espaces sont fins prêts pour accueillir le public. Lequel public sera, également, gracieusement convié aux manifestations et événements ponctuels : expositions, concerts, conférences, cafés littéraires d’artistes brésiliens et libanais qui seront organisés en cours d’année.
«Le centre prétend également développer sa vocation de carrefour entre les mondes académiques du Brésil et du Liban à travers une mise en contact entre universités et étudiants des deux pays», annonce Héloisa Alves. La directrice indique aussi avoir prévu de consacrer les matinées des samedis aux activités pour les plus jeunes: des contes et légendes du Brésil leur seront dispensés dans les deux langues, arabe et portugaise, ainsi que des projections de films et des animations diverses. Un espace, salle de jeu et bibliothèque, leur a d’ailleurs été spécialement aménagé.
«Tout comme le ciné-club du mercredi, les expositions, les conférences et les spectacles musicaux, l’accès aux activités pour enfants est ouvert à tous et entièrement gratuit», indique la directrice qui souligne que seuls les cours réguliers seront payants. Insistant sur la vocation d’échange et d’ouverture à tous de ce centre, «qui s’adresse à tous les Libanais et pas seulement à ceux qui ont des liens affectifs et familiaux avec le Brésil», Mme Alves signale qu’il propose « des cours de langue arabe parlé à tous les étrangers désireux d’apprendre la langue libanaise».
Bref, à l’image des deux pays qu’il relie, qui pratiquent joyeusement la convivialité, le centre BrasiLiban se propose d’être une maison de rencontre des cultures largement ouverte à tous. Un lieu à découvrir!

* Rue Mar Mitr, imm Trad. Informations aux : 01/322905-6-7 ou centreculturelbresiliban@gmail.com

** Au programme de ce soir : le film « Bossa Nova », du réalisateur Bruno Barreto – 97 minutes, sous-titres anglais, à 19h00.

Source: L’Orient Le Jour

Ce patrimoine qu’on assassine…

12 janvier 2011 Poster un commentaire

Par Khalil FLEYHANE | 11/01/2011

Le palais Bustros, chef-lieu de la diplomatie libanaise. Les Libanais risquent bientôt de ne plus le voir qu’ainsi, en noir et blanc, dans des albums de photos souvenir racontant en images l’époque révolue où le Liban avait encore une âme et savait encore préserver son patrimoine.

Le palais Bustros, chef-lieu de la diplomatie libanaise. Les Libanais risquent bientôt de ne plus le voir qu’ainsi, en noir et blanc, dans des albums de photos souvenir racontant en images l’époque révolue où le Liban avait encore une âme et savait encore préserver son patrimoine.

Après la Ahwet el-Ezzez de Gemmayzé, vouée à disparaître, et le Théâtre Ingea de Tripoli, récemment abattu, c’est maintenant le palais Bustros, dont les murs abritent depuis l’indépendance le ministère des Affaires étrangères, qui est menacé à son tour. Quand cessera donc cet assassinat en série des symboles de notre patrimoine national ?

Après Kahwet el-Ezez à Gemmayzé, qui laissera bientôt sa place à une banque, et le Théâtre Ingea à Tripoli, rasé sans vergogne en dépit des promesses du ministre de la Culture, un autre symbole du patrimoine libanais est aujourd’hui en péril. Il s’agit du palais Bustros à Achrafieh, qui abrite depuis l’indépendance, c’est-à-dire depuis 68 ans, le ministère des Affaires étrangères et qui risque de subir le même sort. Vendu il y a quelques semaines par son propriétaire, il pourrait bientôt disparaître pour permettre l’édification d’une tour si rien n’est fait pour arrêter ce crime…

Le ministère de la Culture sait-il que le palais Bustros est potentiellement en danger ? Sait-il que son ex-propriétaire, Nayla Antoine Assouad, qui l’avait acheté à Nicolas Bustros en 2005, l’a vendu dernièrement à Raymond Rahmé, après qu’elle n’eut pu mettre la main sur le terrain deux ans après la conclusion de l’achat, comme le stipulait le contrat de vente ?

Qu’attend le ministère de la Culture pour agir avant que ce palais, dont le nom s’est confondu avec les Affaires étrangères libanaises au fil du temps, ne disparaisse ? Si le prétexte invoqué pour ne rien faire est l’inexistence des fonds nécessaires pour acheter ce bâtiment, il est toujours possible de dissuader le nouveau propriétaire de le détruire pour édifier une tour sur le site, comme il en a exprimé l’intention, sitôt fini le déménagement du ministère des Affaires étrangères sur le site actuel de l’Escwa, au centre-ville. L’Escwa, dont le contrat de location finira bientôt, devrait en effet déménager pour s’installer à la Maison de l’ONU, en construction à Dbayé.

De son côté, le nouveau propriétaire du palais Bustros, qui possède le terrain jouxtant le ministère et qui sert actuellement de parking, n’a pu jusqu’à présent creuser les fondations pour l’immeuble qu’il souhaite édifier. C’est pourquoi il voudrait que le ministère déménage incessamment, quand bien même la première pierre du nouveau siège des Affaires étrangères n’a pas encore été posée. L’ancien propriétaire de ce terrain transformé en parking, Robert Moawad, avait désespéré de pouvoir construire un immeuble à la suite de pressions exercées par certaines autorités, qui lui avaient conseillé d’attendre la fin des travaux de construction du nouveau ministère au centre-ville. M. Moawad avait aussitôt demandé l’avis d’ingénieurs qui, après une étude de terrain, l’avaient prévenu que tout chantier menacerait sérieusement le palais Bustros. Il avait aussitôt abandonné son projet d’édifier une tour et avait fini par vendre le terrain à M. Rahmé.

De plus, des sources responsables ne manquent pas de poser une question parfaitement judicieuse : pourquoi le gouvernement n’achèterait-il pas le palais pour le transformer en résidence d’accueil pour les hôtes de marque en visite à Beyrouth, ce qui éviterait par la même occasion de débourser des sommes faramineuses pour les installer dans des hôtels de luxe durant toute la durée de leur séjour, comme c’est le cas actuellement ? N’est-il pas de la responsabilité de l’État de préserver le patrimoine national ? Et si le bâtiment n’est pas classé parmi les biens du patrimoine national, et qu’il n’existe aucun texte juridique pour intervenir en faveur de sa sauvegarde, n’est-il pas temps pour l’État d’intervenir pour bloquer ce processus d’annihilation de la mémoire architecturale de ce pays, en achetant les lieux qui sont associés à son histoire ?

Un pays sans mémoire n’a pas d’avenir. Les pierres sont là pour témoigner de ce que les hommes ont été et ont réalisé. Lorsqu’elles disparaissent sous la contrainte, elles nous « effacent », et toute notre histoire et notre patrimoine culturel s’en vont avec elles. Cela, il est grand temps de le réaliser.

Source: L’Orient Le Jour

On ne roule plus dans la rue Amine Gemayel

4 décembre 2010 Poster un commentaire
01/12/2010 – Par Roger KFOURY
Dans l’édition de L’Orient-Le Jour du 20-11-2010, j’ai lu une manchette à la une qui a attiré mon attention et qui reflète l’impression d’un grand nombre de Libanais qui considèrent que cela qualifie exactement l’état nauséabond dans lequel malheureusement nous nous trouvons. Et ce titre est tellement bien trouvé que je viens le confirmer d’une façon pertinente.
La rue Amine Gemayel est un tronçon de route qui commence à la pharmacie Naïm, à Achrafieh, et se termine sur la Corniche du Fleuve, face à l’agence Fiat.
C’est l’une des principales voies d’accès et de sorties nord qui relient Achrafieh et ses alentours aux autres régions du pays. C’est une rue où il est autorisé de stationner du côté droit vers la descente, et strictement interdit du côté gauche vers la descente, car c’est une rue étroite qui ne peut supporter quatre files de voitures. C’est par cette rue étroite que transitent toutes les voitures utilitaires qui viennent faire leurs livraisons dans ces régions, et c’est par là aussi que passent les riverains pour aller à leur travail ou bien pour venir y travailler. C’est par là aussi que passent chaque matin et chaque soir les bennes de Sukleen ainsi que les camions-citernes qui distribuent l’eau ou le mazout, et c’est par cette rue que passent enfin les camions-citernes qui transportent le ciment jusqu’aux chantier, et il y en a foule, sans oublier qu’un grand nombre de personnes se sont mises au goût du jour et ne se déplacent en ville qu’avec des 4×4.
Le drame est que certains Libanais, qui n’ont aucune notion des droits civiques et, même instruits, ne savent ou ne veulent pas tenir compte des plaques installées à gauche vers la descente, interdisant le stationnement, ces personnes sans-gêne stationnent impunément du côté interdit, sans se soucier du mal qu’elles occasionnent aux autres. Le résultat, c’est un bouchon permanent.
Pour traverser ce tronçon de 200 mètres, il faut compter entre 20 et 30 minutes chaque matin, midi et soir. C’est par là aussi que passe une ambulance transportant une malade qui peut mourir en route avant d’arriver à l’hôpital ; c’est aussi à cause d’un bouchon qu’un médecin ne peut arriver à sa clinique pour un cas d’urgence.
Ce tableau que je décris doit donner des frissons à toute personne sensée qui vit dans ce pays de toutes les imbécillités, comme vous l’avez bien mentionné.
Messieurs les reporters des stations de télé, je vous convie à venir filmer ce qui se passe dans cette rue et je vous conseille de venir en moto – autrement vous n’arriverez jamais.
Messieurs les responsables de la circulation, veuillez envoyer un agent chaque matin pour verbaliser ces récalcitrants ; peut-être est-ce la solution pour éviter à tous les passants par cette rue d’être atteints de nérvose. Je cite une station de télé qui, après enquête auprès des pharmacies, a trouvé que 35 % des Libanais s’adonnent à des tranquillisants. Et si ces anomalies persistent, tous les Libanais, et surtout les conducteurs et conductrices, seront atteints d’une névrose chronique due aux problèmes de la circulation d’une part, et d’autre part aux programmes politiques dont on nous abreuve matin et soir.
Roger KFOURY, Ingénieur, pour l’Orient Le Jour
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