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Razan Ghazzawi, "blogueuse courage" de la révolte syrienne
De Rana MOUSSAOUI (AFP)

Une photo de Razan Ghazzawi datée du 26 mai 2011 (AFP / SYRIAN CENTER FOR MEDIA / Archives)
BEYROUTH — Elle animait un blog en Syrie sous son vrai nom, au vu et au su du régime de Bachar al-Assad. Depuis le 4 décembre, Razan Ghazzawi croupit en prison, "punie" pour son militantisme sans concession.
"C’est une fille courageuse et très passionnée", affirme à l’AFP "Abir", une militante libanaise des droits de l’Homme et amie de Razan qui préfère utiliser un pseudonyme.
Cette blogueuse américano-syrienne de 31 ans est accusée d’avoir "affaibli le sentiment national", "créé une organisation qui vise à changer le statut social et économique de l’Etat" et "ravivé les dissensions confessionnelles", selon le Centre syrien pour l’information et la liberté d’expression.
Elle est passible de trois à quinze ans de prison. Son cas rappelle ceux de blogueurs détenus en Egypte: Maïkel Nabil, condamné à deux ans de prison pour avoir critiqué les forces armées ou Alaa Abdelfattah, toujours en détention préventive. Lire la suite…
La nouvelle angoisse des parents des détenus en Syrie…
Par Nada MERHI | 11/06/2011

L’infinie rage des étudiants syriens qui manifestaient hier à Tripoli, au Liban-Nord, contre le régime de Damas.
Disparitions Les parents des prisonniers libanais en Syrie vivent une énième angoisse. Ils espèrent que l’amnistie décrétée par Bachar el-Assad, le 31 mai dernier, englobera leurs enfants, dénonçant au passage les interminables gesticulations politiciennes. Un calvaire.
Silence !… On tue
Par Antoine COURBAN | 04/06/2011
Les échos de l’Agora
Sous forme de manchette de quotidien, une déclaration sibylline de l’administration US nous laisse songeurs : « La légalité du régime syrien près d’expirer. » Si le diagnostic des spécialistes de Washington se fonde sur l’état clinique du patient syrien, les mêmes spécialistes n’ont pas estimé devoir émettre le moindre pronostic. Pour combien de temps encore durera l’épreuve du moribond et que peut-on faire pour le soulager et écourter son insupportable agonie ? Combien de malheurs faudra-t-il encore avant que l’administration US ne juge que le moribond a atteint le stade de mort clinique et qu’elle arrête de le réanimer ?
En l’absence de toute réponse, le malade est extrêmement agité et se débat dans des mouvements désordonnés qui vont dans toutes les directions. Chaque jour apporte son lot macabre de dépouilles abattues à bout portant, battues souvent, torturées presque toujours, mutilées parfois. Les témoignages surabondent malgré la chape de plomb qu’un régime de fer a établie sur le pays et par laquelle il verrouille son territoire. Rien ne filtre. L’ordre règne dans l’Apamène, la Palmyrène, la Syrie-Creuse, l’Euphratésie, l’Osrohène, l’Auranitide et la Décapole, des noms oubliés mais qui, dans notre mémoire, ne sont point associés aux torrents de sang innocent qui inondent le territoire de cette Syrie moderne, depuis Deraa et le Hauran jusqu’à la vallée de l’Oronte et les rivages de l’Euphrate, sur lequel règne le jeune et « réformateur » Docteur Bachar.
Silence, on tue. Silence, nul n’entend les gémissements, les soupirs et les hurlements des hommes enfermés dans les geôles du régime. Il y a si longtemps qu’on a oublié jusqu’au nom de ces visages qu’il a fait disparaître sous le ciel du Liban et d’ailleurs. Tel est le mot d’ordre : Silence ! On tue. Oui mais c’était sans compter avec cette petite merveille perverse qu’est la révolution informatique. Tout le monde a vu le doux visage du petit Hamza. Tout le monde a pu voir les traces des sévices que le petit a dû subir grâce au traitement particulier des services de barbouzes de son pays. On n’ose pas imaginer les hurlements du gamin et les ricanements des tortionnaires. La Sainte Inquisition était jadis infiniment plus humaine que les geôliers de Syrie. Mais face au silence criminel du monde entier, le sort a voulu que la passion de cette victime innocente soit l’événement qui réveillera les consciences, si conscience encore il y a chez le genre humain.
Qui a torturé Hamza ? Qui a tué Hamza ? Nous ne connaîtrons jamais l’identité des êtres pervers qui se sont directement acharnés sur le corps du petit. Mais nous connaissons parfaitement les bourreaux indirects ainsi que les complices de l’assassinat. Ce sont tous ceux qui, en dépit des évidences, s’obstinent à afficher leur appui aux bourreaux de Hamza. Il y a d’abord la sainte Russie. Je ne sais ce que doivent penser un saint Serge de Radonège, saint Jean de Cronstadt, saint Seraphim de Sarov, sainte Élisabeth de Russie, sainte Olga et saint Wladimir, les apôtres des Slaves, de l’appui que la Fédaration de Russie accorde au Docteur Bachar. Inutile de s’arrêter sur l’attitude de l’Occident, il y a si longtemps qu’on connaît la duplicité de son langage et le cynisme de sa politique.
Mais il y a aussi les amis intimes du régime ainsi que ses obligés qui se prélassent dans la douceur de vivre du Liban. Passons sur Sa Clémence Hassan Nasrallah et les siens. Passons sur les multiples agents que le régime entretient ici et là. Mais comment passer sans s’arrêter face à l’appui dont ce régime bénéficie de la part de chrétiens convaincus ou qui ont fait du témoignage chrétien et de la lutte en faveur des « droits des minorités » leur cheval de bataille. Silence ! On tue. Tel est le mot d’ordre qu’ils observent dans le plus heureux des cas : ne rien voir, ne rien entendre. Mais d’autres, parmi eux : prélats, curaillons, nonettes ou individus ordinaires, se lancent dans de savantes rhétoriques dignes de l’appareil de propagande du parti Baas.
Il n’est pas impossible qu’à leurs yeux le petit Hamza, né dans une famille sunnite, aurait été plus tard un le chef d’un émirat salafiste-sioniste-capitaliste etc. Comment voulez-vous qu’ils puissent appliquer le commandement de leur fondateur Jésus-Christ : aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent. Au lieu de cela, ils ne pensent qu’aux postes dans la moribonde administration libanaise ou aux privilèges que telle ou telle formule de gouvernance leur accorderait.
Vous avez dit « chrétiens » ? Connaissent-ils encore Jésus de Nazareth ?
Source: L’Orient Le Jour
La violence significative
19/05/2011 – Par Bahjat RIZK
Le lundi 16 mai, L’Orient-Le Jour titrait : « Violences inédites pour le souvenir de la nakba », puis, un peu plus bas : « Le régime d’Assad s’acharne sur Tall Kalakh » et, au-dessous : « L’arrestation de Dominique Strauss-Kahn crée une onde de choc dans le monde. » Les trois faits d’une extrême violence ayant eu lieu la veille, le même jour du 15 mai, dans deux espaces de la planète (deux en Orient et un en Occident).
Certes, les nouvelles par la suite ont insisté, selon l’endroit où on se trouve, soit sur les deux premiers événements, soit sur le troisième, avec des éditions spéciales, des reportages, des envoyés spéciaux et un suivi minute par minute de l’évolution hallucinante de la situation. Les deux premiers mettant en cause des armées (israélienne et syrienne) tirant sur des civils presque à bout portant, la troisième situation mettant en scène l’un des hommes les plus puissants du monde, patron du FMI, partenaire essentiel pour résoudre les crises monétaires mondiales récurrentes et époux d’une star des médias français des années 90, candidat probable et favori à l’élection présidentielle en France, l’année prochaine, qui se retrouve accusé, à la suite d’un égarement incontrôlé et irrationnel, d’agression sexuelle contre une humble femme de ménage ghanéenne, mère célibataire de 32 ans, et dans le rôle d’un prévenu de justice conduit menotté et humilié durant de longues heures devant la police américaine, les juges américains et la presse du monde entier.
Il est à relever toutefois que, quelle que soit la gravité des trois événements qui touchent un occupant abusif (Israël), un pouvoir despotique (le régime syrien) et une autorité internationale politique et économique, ils ne sont relayés que par la presse qui les sélectionne à destination du public, susceptible de s’y identifier. Ainsi, le monde occidental dans son ensemble s’est plus ému de la tragédie du roi sexagénaire nu, négligeant la tragédie d’un peuple chassé de sa terre. Quant au monde oriental, il a presque passé sous silence le fait divers, mettant en avant la souffrance transgénérationnelle d’un viol de plus de six décennies de la terre d’un peuple. Il est à relever que le terme arabe est « viol de la Palestine » (Ightissab Falastine). D’un côté, le viol d’une terre (et d’une population) qui remonte à soixante-trois ans et, de l’autre, la tentative de viol par un homme de soixante-trois ans, au faîte de sa gloire, d’une modeste employée d’hôtel.
Dans les deux cas, il s’agit d’une violence physique et psychologique inouïe car c’est tout un système de valeurs qui est remis en question et des populations entières qui en sont affectées.
Les images d’un jeune de vingt ans arraché à la vie (dix jeunes victimes à la frontière libano-israélienne) et celle de jeunes, matraqués en Syrie,ou encore celle qu’on devine d’un homme agressant une femme sans défense, qui sera conduit menotté devant la planète entière, pour être livré à l’opprobre et au dénigrement, nous introduisent dans les mystères cruels et tragiques de situations inhumaines ou trop humaines, presque mythologiques.
Certes, il est regrettable que l’Orient n’ait pas mis en avant le cas Strauss-Kahn car il aurait évalué l’interdit absolu que représente pour l’Occident l’agression sexuelle d’une femme. Il est regrettable aussi que l’Occident n’ait pas plus prêté attention à cette effroyable tragédie traumatisante de la Palestine qui ressurgit, après plus de soixante ans. Les deux événements violents ont eu lieu le même jour, mais chacun s’est centré sur ses propres préoccupations et priorités. L’Orient continue à revivre le viol de sa terre et l’Occident le viol d’une de ses valeurs absolues (intégrité féminine physique et psychologique).
La presse du monde entier s’est déchaînée et chaque culture a produit, à travers ses symboles et ses codes, la manière qu’elle a de gérer ses traumatismes et sa violence sociétale.
Source: L’Orient Le Jour
Samir Frangié : Les chrétiens de Syrie doivent se dissocier du régime actuel
10/05/2011
Les chrétiens de Syrie doivent se dissocier clairement du régime du président Bachar el-Assad, estime l’un des piliers du 14 Mars, Samir Frangié, qui a confié au correspondant du Nouvel Observateur ses réactions aux bouleversements qui se produisent en ce moment en Syrie :
« Ma mère était d’Alep. Je sais les craintes des chrétiens de Syrie. Je sais pourquoi beaucoup redoutent un changement de régime à Damas. C’est vrai que, bien qu’il ait bombardé les chrétiens du Liban, le pouvoir syrien n’a pas tourmenté cette communauté chez lui. Il l’a laissée tranquille. Il a ménagé les représentants des églises. C’était bon pour son image de marque à l’extérieur. »
Mais aujourd’hui s’associer à ce système tortionnaire dont les gens ne veulent plus, c’est risquer d’être emporté avec lui, de payer le prix fort quand il tombera. Et il tombera, dans une semaine, dans un mois ou dans un an ! Pour Bachar, les jeux sont faits.
Dit et non-dit
« Chrétiens de Syrie, n’ayez pas peur de la révolution ! Je ne dis pas " prenez la tête des manifestations". Mais c’est le moment d’exprimer des positions de principes simples et forts. De dire que les chrétiens arabes sont enthousiasmés par les bouleversements en cours. Dire qu’ils ont un rôle fondamental à jouer dans ce nouveau monde arabe, leur monde.
« Bien sûr, je comprends que les intellectuels chrétiens en Syrie éprouvent des difficultés à parler ouvertement aujourd’hui. Mais ceux de la diaspora, en Europe, aux États-Unis, devraient s’exprimer. Dire maintenant leur foi dans le nouveau monde arabe.
« Oui, il y a des risques, des risques engendrés par l’échec dramatique d’Assad. Après sa chute, il y aura une lutte politique à mener pour promouvoir la démocratie, le pluralisme, l’ouverture vers le monde. Comme après la chute du mur de Berlin, il a fallu des années avant que la démocratie et le respect des droits de l’homme ne prennent racine dans l’ancien Empire soviétique. Les chrétiens doivent prendre toute leur place dans cette bataille pour la convivance (magnifique substantif que l’Académie française a récemment adopté) entre les différentes communautés. Rien n’est gagné. Mais tout est possible. »
Source: L’Orient Le Jour
President Sleiman meets Assad in Damascus
iloubnan.info – November 16, 2010
President Michel Sleiman, left to Damascus today 0to meet with his Syrian counterpart, Bashar Assad, to wish him well on the Adha feast and discuss numerous issues of mutual interest to both countries.
President Sleiman wished all Islamic sects a happy Eid and hoped that Lebanon and its people will be blessed with further security and stability.




