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Articles Tagués ‘Chrétiens d’Orient’

Semaine de prière pour l’unité des Chrétiens

21 janvier 2012 Laisser un commentaire

Tous, nous serons transformés par la victoire de Notre Seigneur Jésus-Christ

(cf. 1 Co 15, 51-58)

soirée œcuménique sur le thème :

 « Les chrétiens en Orient face aux défis actuels »

 Avec Monseigneur Pascal GOLLNISCH, Président de l’Oeuvre d’Orient

et Carol SABAPorte-parole de l’Assemblée des Evêques orthodoxes de France

Lundi 23 janvier 2012 à 20h30

à la paroisse Saint-Pierre du Gros Caillou
11 rue Pierre-Villey, 75007 Paris
métro : Ecole Militaire – La Tour Maubourg – Invalides

Conférence d’Antoine Sfeir au Puy

15 janvier 2012 Laisser un commentaire

Crédit : Gil Fornet “Chrétiens d’Orient : quel avenir ?” sera le thème de la conférence d’Antoine Sfeir, vendredi 27 janvier prochain à 19h à l’Hôtel Dieu du Puy. Suite à cette rencontre, un échange avec le public sera organisé.

Jusqu’au printemps arabe

Antoine Sfeir abordera les thématiques relatives à la situation des chrétiens notamment en Egypte, en Iran, en Irak et au Liban depuis leurs origines jusqu’aux récents évènements du printemps arabe. Ce dernier établira également un bilan de la situation actuelle dans l’ensemble du monde arabe. La conférence est organisée par l’Yssingelaise Bérénice Murgue, doctorante en sciences politiques à l’université Paris-Sorbonne et collaboratrice d’Antoine Sfeir aux Cahiers de l’Orient. Lire la suite…

Raï : Le pouvoir ne peut rester partagé entre deux parties politico-communautaires

9 janvier 2012 Laisser un commentaire

Le patriarche maronite Béchara Raï célébrant hier l’office divin à Bkerké. Photo Émile EidLe patriarche maronite Béchara Raï a déclaré hier que « le pouvoir au Liban ne peut pas rester partagé entre deux parties politico-communautaires, notamment en cette période de crise économique. Mgr Raï, qui avait célébré la messe hier à Bkerké, s’est longuement attardé dans son homélie sur les recommandations de l’Exhortation apostolique qui appelle notamment les Libanais à « édifier un régime politique et social qui soit équitable et qui respecte toutes les personnes et composantes de la société ». S’adressant aux responsables politiques et religieux, le patriarche les a appelés à « assumer leurs responsabilités morales et civiques » et à « prendre en considération les besoins des autres parties et leurs aspirations légitimes ». Il les a de même appelés à ne pas chercher à « avoir des privilèges ni pour eux ni pour leur communauté », comme à « ne pas œuvrer à éloigner les autres ».  Lire la suite…

Raï : Le pluralisme implique la participation de toutes les communautés au pouvoir

19 décembre 2011 Laisser un commentaire

Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a souligné dimanche que l’Église prône le pluralisme, lequel implique « la participation de toutes les communautés au pouvoir » et à la gestion des affaires publiques. Il a d’autre part affirmé que la défaillance de l’État libanais ainsi que les « pratiques confessionnelles » de certains dirigeants politiques affaiblissent la loyauté des citoyens envers leur pays.  Lire la suite…

Table ronde sur l’hagiographie syriaque

2 novembre 2011 Laisser un commentaire

La société d’études syriaques présente

L’HAGIOGRAPHIE SYRIAQUE

La Société d’études syriaques organise chaque année une table ronde thématique à l’intention de ses membres, des syriacisants français et étrangers et de tous ceux qui sont intéressés par les cultures syriaques en Orient, en Asie et en Occident. Tous sont amicalement invités.

Le vendredi 18 novembre 2011

À l’institut protestant de théologie
83 bd Arago, 75014 Paris – Métro Denfert-Rochereau

Vous pouvez télécharger le programme en format pdf ici: Dépliant Hagiographie

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Enchaînant sommets et voyages, Raï sera à Rome demain

28 avril 2011 Laisser un commentaire

28/04/2011

Communautés

Le patriarche Béchara Raï prend l’avion demain pour Rome, où il participera, dimanche, à la cérémonie de béatification du pape Jean-Paul II. Selon des indications sûres, le patriarche rencontrera, en marge de ses activités religieuses, le Premier ministre italien et son ministre des Affaires étrangères.

Le patriarche rentrera ensuite au Liban, afin de préparer le sommet interreligieux qui doit se tenir le 12 mai à Bkerké. Il reprendra l’avion pour Rome, le 15 mai, pour une réunion de suivi de l’Assemblée spéciale du synode des évêques sur les Églises catholiques au Moyen-Orient.

Le chef de l’Église maronite pourrait enchaîner ce nouveau déplacement avec la visite traditionnelle qu’il doit effectuer, en tant que patriarche nouvellement élu, à Paris, un déplacement dont la date est encore à l’étude.

Patriarches catholiques d’Orient

Le patriarche Raï a présidé hier une réunion du conseil exécutif de l’Assemblée des patriarches catholiques d’Orient, en présence des patriarches Grégoire III des grecs-catholiques, Nersès Bedros XIX des arméniens-catholiques et Ignace Youssef III des syriaques-catholiques, ainsi que de Mgr Roland Aboujaoudé, président du conseil exécutif, et du chorévêque Wahib Khawaja, son secrétaire général. Le conseil exécutif a fixé le thème de la prochaine session de l’Assemblée. Celle-ci sera consacrée à la jeunesse et se tiendra entre le 21 et 26 novembre prochain, à Bkerké.

Le conseil exécutif a pressé les diverses commissions de l’Assemblée d’accélérer leurs travaux, notamment sur les plans pastoral et apostolique, en prévision de cet important rendez-vous.

Les visiteurs

Parmi les visiteurs hier du siège patriarcal, citons Joseph Ghossoub, membre de la Fondation maronite dans le monde, venu pour le suivi du projet de construction d’une église maronite à Dubaï, l’ambassadeur du Liban en Jordanie, Charbel Aoun, la présidente d’Échanges internationaux, Mona Nehmé, une délégation de pères salésiens en retraite annuelle au Liban, le président de la Fédération des municipalités de Jbeil, Fady Martinos, ainsi que les avocats Maroun Aboucharaf et Ibrahim Traboulsi.

Source: L’Orient Le Jour

Le pape à Raï : Le Liban a un rôle essentiel pour la paix au P-O

15 avril 2011 Laisser un commentaire

Par Fady NOUN | 15/04/2011

« Parlez-moi encore du Liban », a dit le pape Benoît XVI au patriarche maronite, hier, au Vatican.

C’est devant une délégation représentative de tous les courants politiques et des différentes composantes libanaises que le pape Benoît XVI a reçu hier le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, au Vatican, mettant en évidence l’influence chrétienne au service d’une « paix durable » au Proche-Orient et la « mission immense » du Liban à cet égard.

C’est à un magnifique moment de désordre créateur que la salle Clémentine réservée aux audiences du pape a eu droit hier matin, au Vatican. Balayée l’interdiction de prendre des photos, balayée la capeline, balayée les entrées indépendantes réservées aux officiels. En un moment, soudain, toute la foule des quelque 300 Libanais qui attendaient l’ouverture de la porte menant aux appartements du pape s’est muée en délégation officielle.

Et le pape, semble-t-il, n’a pas dit « non ». « Parlez-moi encore du Liban », a-t-il dit au patriarche, qu’il recevait en tête à tête avant l’invasion sentimentale. L’enthousiasme des Libanais l’a dit sans paroles. Pour ceux qui n’étaient pas habitués au Vatican, pour les Nouhad Machnouk, les Waël Bou Faour, les Trad Hamadé, Ahmad Hariri ou Abbas Hachem qui se trouvaient là, cette « papolâtrie » a dû paraître bien étrange. Même les orthodoxes comme Atef Majdalani ont dû être surpris. Mais pour Sethrida Geagea, Gebran Bassil, Samy Gemayel ou Ibrahim Kanaan, pour l’impassible vieux routier Abdel Latif Zein représentant le président de la Chambre, pour Boutros Harb, délégué là par le chef de l’État, toute cette pagaille n’était que trop habituelle. Elle a dû même être légèrement embarrassante à leurs yeux, au regard des gardes suisses et des membres des services de sécurité qui surveillaient la foule.

Un peu d’ordre est ensuite revenu, dès l’entrée du patriarche Raï, mais surtout à l’arrivée de Benoît XVI. Nous sommes là pour « exprimer visiblement et communautairement la communion ecclésiale accordée », a dit le patriarche, s’adressant au pape, dans une allocution écrite dont tous les mots étaient soigneusement pesés.

Élu par ses pairs le 15 mars, le patriarche Raï s’était vu accorder une reconnaissance sous forme de lettre dans laquelle Benoît XVI exprimait « la communion ecclésiastique ».

« Alors que l’Église maronite prend un nouvel élan, a-t-il enchaîné, dans la continuité de ses constantes religieuses et nationales et de ses valeurs, elle reste appelée à de nouvelles tâches et confrontée à des défis qu’il lui reviendra de relever », a commenté Mgr Raï, faisant une allusion évidente à la crise politique qui paralyse le pays. Et qui empêche en ce moment la formation d’un nouveau gouvernement.

« Elle s’emploiera à promouvoir la réflexion commune et à formuler des recommandations et des plans d’action spécifiques, dans le sens de sa mission (…). Elle le fera de concert avec les pouvoirs publics (…) dans un esprit d’entente et de convivialité. »

Conscient de la dimension désormais globale du destin des chrétiens du Moyen-Orient, le patriarche a ajouté : « (…) C’est en existant pleinement dans la dignité et la liberté que les communautés chrétiennes du Liban et du Moyen-Orient pourront coexister avec les autres communautés et familles spirituelles constitutives du tissu national, dans la convivialité, la solidarité et la complémentarité ; et animer un dialogue interreligieux et interculturel au service de la justice, de la liberté et de la paix. »

« C’est dans ce sens que j’ai souhaité placer mon ministère patriarcal ; avec votre bénédiction apostolique ; sous la devise : communion et amour. »

« Voici, Très Saint-Père quelques traits de notre ministère apostolique et pastoral. Autant de tâches et de missions exaltantes, que l’Église catholique universelle, forte de la présence continue du Seigneur et de l’action de son Esprit , cherchera à assumer, en totale union et communion avec l’Église catholique universelle. »

Un grand moment de communion

Dans sa réponse à cet acte d’obéissance filial, Benoît XVI a salué les fidèles présents « venus entourer votre patriarche pour ce grand moment de communion fraternelle et d’indéfectible unité de l’Église maronite avec l’Église de Rome ».

Mais le message du pape a surtout souligné l’influence chrétienne pour une « paix durable » au Moyen-Orient. Benoît XVI a jugé en effet que le message des chrétiens au Moyen-Orient est essentiel pour contribuer à une « paix durable », en saluant la « mission immense » du Liban.

Le pape a rappelé les deux millénaires de présence et d’influence du christianisme dans la région où Jésus est né : le Moyen-Orient est une « région du monde que les patriarches, les prophètes, les apôtres et le Christ lui-même ont bénie par leur présence et par leur prédication » et qui aspire à une « paix durable », a-t-il dit.

« Parce que vous êtes au cœur du Moyen-Orient », a aussi soutenu le pape devant la délégation, « vous avez une mission immense auprès des hommes, auxquels l’Amour du Christ presse d’annoncer la Bonne Nouvelle du Salut ».

Conférence de presse

Dans l’après-midi, le patriarche a accueilli au Collège maronite les représentants des médias libanais qui couvrent sa visite. Il a confirmé qu’il recevra, mardi prochain, à Bkerké, les quatre figures les plus représentatives de la communauté maronite : Amine Gemayel, Michel Aoun, Sleimane Frangié et Samir Geagea. Ce sera, a-t-il dit, une forme de retraite spirituelle, accompagnée d’un rite de repentance particulier à la semaine sainte. Il n’en dit pas plus, mais l’on devine que ce seront les constantes libanaises qui en constitueront la substance. Le sommet maronite restreint sera suivi, le 12 mai, d’un sommet interreligieux.

Par ailleurs, le patriarche Raï a affirmé que le Liban doit dépasser le clivage actuel entre 8 et 14 Mars. Il a affirmé qu’une bonne partie de la « majorité silencieuse » ne se situe dans aucun des deux camps, et que cette majorité avait le droit, aussi, de s’exprimer et d’être représentée. Il a donc plaidé pour des prises de position politiques indépendantes des allégeances à des personnes.

En ce qui concerne les armes du Hezbollah, le patriarche Raï n’a pas voulu se prononcer, mais il a affirmé que c’est l’affaire des pouvoirs publics d’en débattre, dans le cadre d’une stratégie de défense nationale acceptée par tous.

Source: L’Orient Le Jour

Le Liban au cœur du chant arabe à Paris

Par Bahjat RIZK | 07/03/2011

Patricia Atallah interprétant des chants de l’Église maronite accompagnée par le compositeur Georges Daccache.

L’espace Le Scribe-L’Harmattan, nouveau centre culturel parisien, a organisé, sous le titre « Nous vivons ensemble », un magnifique concert de chants chrétiens et musulmans pour la fraternité et la paix, à l’église réformée de Paris-Luxembourg, avec des chants venus de divers horizons du monde arabe, notamment Patricia Atallah et les chants de l’église maronite du liban, accompagnée au piano par le compositeur Georges Daccache, Nassim el-Dogom et les chants de l’église byzantine de Palestine, Nadia Rayan et les chants mystiques musulmans arabo-andalous, Fatima Chari et le « gnawa » du Maroc et de la Mauritanie, Souad Khrifi et les chants du désert d’Algérie, Sana Souissi et les chants soufis d’Égypte et de Tunisie, et plusieurs musiciens chevronnés venus des différents pays arabes. Le voyage musical présenté par la très dynamique Fatima Guemiah et le très enthousiaste Jean-Claude Legrand, président de l’association Agir pour les conseillers municipaux de Paris, a été d’une rare richesse musicale et nous a fait vivre de très fortes émotions qui relevaient tant du programme lui-même, que de l’actualité récente, bouleversante et bouleversée dans le monde arabe.

Certes le cadre très libre culturellement de l’église réformée et les différents courants musicaux proposés ont transporté le public, le concept étant dans sa diversité très fédérateur et méritant largement d’être repris sur une plus large échelle, mais la participation libanaise en elle-même a été vivement applaudie. Tout d’abord, la cantatrice montante libanaise Patricia Atallah, puissante et tendre à la fois, a offert une éclatante prestation, à couper le souffle. Sa voix magique, chaude, émouvante et généreuse a fait vibrer littéralement la salle, tant les spectateurs que les murs. Elle a empli l’espace de manière profonde et sereine, et a subjugué son auditoire. Son répertoire s’est décliné tant en arabe qu’en araméen, avec un ton juste et un élan inspiré. Elle paraissait magistrale dans ce registre qu’elle maîtrise à merveille et beaucoup, dont le grand Wadih el-Safi, lui prédisent un brillant avenir. Elle se situe naturellement dans le sillage et la relève de la grande diva Feyrouz, dont il est si important de transmettre l’immense et si précieux répertoire. Certes, les autres interprètes ont été également envoûtants, chacun dans son genre, mais l’assistance a reconnu, comme a chacune de ses apparitions en France, le timbre exceptionnel de la voix de Patricia Atallah qui a été saluée, à plusieurs reprises, par des standing ovations.

Il est également frappant de relever, qu’au vu des événements qui se succèdent dans le monde arabe, toutes les voix avaient acquis une nouvelle vigueur, une nouvelle intonation, une autre intensité, une autre clameur. Ce concert, dans ces circonstances précises, a pris une nouvelle symbolique, plus ample car le chant des hommes est par excellence une revendication souveraine et irréductible de liberté. D’ailleurs ce fut l’occasion de présenter, en création spéciale, l’hymne du directeur du centre, le poète Osman Khalil, intitulé Honore ton serment, dédié à la jeunesse arabe du Maghreb au Mashrek et lui rendant hommage dans sa révolte, qui a débuté par l’immolation du jeune Bouazizi le 17 décembre dernier, en Tunisie.

Le concert s’est clôturé par une générale, réunissant tous les artistes venus des quatre coins du monde arabe, avec la chanson de Feyrouz Ramène-moi à mon pays, et il n’y avait pas de plus brillante démonstration, combien la voix de Feyrouz, si empreinte d’amour absolu et de transcendance, pouvait à elle seule fédérer le monde arabe et mobiliser les foules assoiffées de liberté, tant en Orient qu’en Occident. C’est dans des moments pareils qu’on réalise de manière fulgurante ce que la chanson épique libanaise moderne et les Rahbani ont accompli, durant plus d’un demi-siècle, au nom de valeurs universelles, en langue arabe, portant le Liban au-delà de ses frontières et englobant le monde arabe, dans des valeurs essentielles de liberté, de dignité, de foi en Dieu et en l’homme. Longtemps le Liban a été le porte-flambeau de ce message humaniste que les Libanais doivent réaffirmer, plus que jamais aujourd’hui, sur leur propre sol.

Ce concert de chants chrétiens et musulmans, qui a débuté par la voix merveilleuse de Patricia Atallah et s’est terminé par un chant collectif à plusieurs voix de Feyrouz dans l’église protestante de Paris, a conjugué la richesse incroyable du chant mystique et poétique dans le monde arabe et l’annonce d’une ère nouvelle, où les hommes auront les mêmes droits humains, sous tous les cieux et pouvant chanter unis les mêmes aspirations dans des langues et des religions diverses.

Bahjat RIZK

Source: L’Orient Le Jour

Un chrétien tué lors d’une fusillade dans un train en Egypte

12 janvier 2011 Laisser un commentaire

Publié le mardi 11 janvier 2011 à 22H45, par Mohamed Abdellah et Yasmine Saleh

© epa/7 janvier 2009 | Neuf coptes ont été blessés,en plus de sept morts, lors d’une fusillade à Nagaa Hamadi.- tdg.com

LE CAIRE (Reuters) – Un Egyptien de confession chrétienne a été abattu et au moins trois autres ont été blessés mardi par un policier musulman dans un train circulant dans le centre du pays, ont annoncé les services de sécurité.

De source médicale, on fait état de cinq blessés.

Ce meurtre survient après la mort de 23 fidèles coptes lors de l’explosion d’une bombe devant une église d’Alexandrie à la veille du Nouvel An.

Le Dr Mariam Salah a déclaré à Reuters que l’hôpital de Minieh, une ville située à mi-chemin entre Le Caire et Assiout, soignait cinq chrétiens blessés.

Elle a ajouté que l’un d’entre eux lui avait dit qu’un sixième chrétien avait été tué par balle.

Entre 200 et 400 chrétiens se sont rassemblés devant l’hôpital en réclamant une meilleure protection de la part du gouvernement. La police a eu recours à des gaz lacrymogènes pour les disperser, dit-on de source proche des services de sécurité.

Une source au sein des services de sécurité a confirmé qu’un chrétien avait été abattu et que l’agresseur était un policier musulman.

TENSIONS INTERCONFESSIONNELLES

Le ministère de l’Intérieur a précisé que ce policier s’appelait Amer Achour Abdel-Zaher, un nom à consonance musulmane.

Le ministère a aussi donné le nom du défunt et des cinq blessés, précisant qu’une blessée est l’épouse de l’homme tué. Le couple était originaire du Caire et les autres blessés sont des habitants de Minieh. Deux noms au moins donnent à penser qu’il s’agit de chrétiens.

Le ministère de l’Intérieur indique que le suspect est monté dans le train et a “ouvert le feu sur certains passagers du train avant de s’enfuir”. Il ajoute que l’homme a été arrêté à son domicile et qu’une enquête est en cours.

L’agence de presse officielle Mena précise que le train circulait entre Le Caire et Assiout, dans le sud du pays.

L’Egypte est un pays majoritairement musulman qui compte 10% de chrétiens, essentiellement des coptes.

Au lendemain de l’attentat d’Alexandrie, les coptes étaient descendus dans la rue pour accuser le pouvoir de ne pas les protéger suffisamment.

Les chrétiens égyptiens se plaignent de ne pas être traités équitablement et citent en exemple des lois rendant plus facile de construire une mosquée qu’une église. Le gouvernement affirme traiter tous les citoyens sur un pied d’égalité.

Guy Kerivel, Jean-Loup Fiévet et Nicole Dupont pour le service français.

Source: La Provence.

Lecture géopolitique de la situation des chrétiens d’Orient

11 janvier 2011 Laisser un commentaire

Par Nabil Khalifé | 11/01/2011

 

La colère des coptes égyptiens après l’attentat d’Alexandrie.

Débat Un synode épiscopal sur les chrétiens du Moyen-Orient s’est tenu au Vatican du 10 au 24 octobre dernier à l’initiative du pape Benoît XVI. À l’occasion des travaux de ce synode, qui avait pour thème « L’Église catholique au Moyen-Orient : partenariat et témoignage », Nabil Khalifé, professeur universitaire et chercheur en géopolitique, a élaboré une importante étude à portée stratégique donnant une lecture géopolitique de la situation et du devenir des chrétiens d’Orient.

Comme à l’accoutumée pour chaque synode épiscopal, un document préliminaire, Lineamenta, a été élaboré, reflétant les préoccupations, les inquiétudes, les épreuves, et les aspirations des participants au synode sur la situation de l’Église au Moyen-Orient qui s’est tenu au Vatican du 10 au 24 octobre 2010 à l’initiative du pape Benoît XVI. Sur base des Lineamenta, un autre document a été élaboré, l’Instrumentum Laboris, servant de document de travail pour le synode.

Ce synode s’est clôturé par la publication de l’Exhortation apostolique que le souverain pontife a adressée aux chrétiens du Moyen-Orient et du monde afin de définir la vision de l’Église concernant la situation des chrétiens dans la région et ce qui devrait être envisagé afin de consolider leur identité chrétienne et renforcer le partenariat ecclésiastique entre les Églises catholiques dans la région, entre celles-ci et les Églises non catholiques, ainsi qu’entre elles et les religions juive et musulmane, de sorte que l’Église catholique devienne un partenaire véritable et un réel témoignage pour toutes les nations.

Une lecture complémentaire, à caractère géopolitique, portant sur la situation des chrétiens d’Orient, est rendue nécessaire pour les considérations suivantes :

1 – La lecture synodale, telle qu’elle apparaît dans les deux documents précités, est une lecture quasiment purement religieuse. Or, au Moyen-Orient, tout ce qui est religieux approche le politique, et tout ce qui est politique approche le religieux. La vérité fondamentale, qui est l’essence de l’idéologie religieuse, devient une vérité métaphysique / sociale dans le même temps, car les musulmans n’établissent pas la distinction entre la religion et la politique (Instrumentum Laboris, article 96).

2 – En contrepartie, il existe des textes élaborés par des religieux, des laïcs, et des responsables politiques qui portent sur le synode mais qui sont fondés sur un background politique (sectaire) et sur une analyse qui est en apparence religieuse mais dont l’essence est politique. Ces textes visent à déboucher sur des objectifs politiques basés sur des prétextes religieux (comme l’ouverture, le dialogue, la réforme, etc). De tels textes sont généralement fondés sur des hypothèses sociologiques erronées.

3 – Dans ce cadre, l’analyse géopolitique pertinente ne peut pas, et ne doit pas, être fondée sur une cause sectaire, ou soutenir celle-ci. Elle doit, en outre, rejeter tout déterminisme, qu’il soit historique ou géographique (Cycela Csurgal : « Le facteur religieux dans l’analyse géopolitique » ; in : Géopolitique, Religions et Civilisations, L’Âge d’Homme ; Lausanne, 2003 ; p. 16).

Conformément à ces deux critères, l’analyse géopolitique pourrait être plus crédible dans sa globalité et sa liberté, notamment dans son exposé de la situation sociopolitique des chrétiens du Moyen Orient, et sa portée géographique, « tenant compte des différents paramètres historiques, géographiques, stratégiques, politiques, culturels, démographiques, et économiques de cette situation ».

4 – Il existe plusieurs données fondamentales qu’il est nécessaire de rappeler et de prendre en considération en ce qui concerne les chrétiens du Moyen Orient, que ce soit au niveau des groupes, des Églises, des institutions ou des personnes :

- Les Églises chrétiennes (catholiques et non catholiques) présentes le long de la partie est de la Méditerranée, de la Cilicie /petite Arménie à l’Égypte, en passant par la Turquie, l’Irak, la Syrie, le Liban et la Palestine, sont, selon la définition géopolitique, des « Églises frontalières ». Comme toute zone frontalière, elles représentent donc un point de jonction entre l’est (musulman) et l’ouest (chrétien). Tout événement ou changement au sein de ces deux mondes se répercute ainsi sur elles.

- Une église qui n’a pas de dimension géographique n’a pas d’histoire. La géographie est le berceau et le moteur de l’histoire. On ne peut donc comprendre la situation des chrétiens du Moyen-Orient qu’à la lumière d’une lecture géopolitique de la carte de la région. Ceux qui œuvrent à sortir les chrétiens géographiquement de la région cherchent à les faire sortir de l’histoire de la région.

- Il ressort de la lecture des Lineamenta et de l’Instrumentum Laboris que les auteurs de ces textes ont tendance à occulter le problème essentiel des chrétiens, voire de toutes les communautés de la région, à savoir le problème des minorités. Une telle orientation – qu’elle soit préméditée ou le fruit d’une mauvaise évaluation – n’aide pas à la réalisation des objectifs recherchés par ce synode.

e – Le texte synodal ne peut, certes pas, et ne doit pas, être un texte à caractère géopolitique. Mais dans des cas exceptionnels, comme dans le cas du Moyen-Orient où sont présentes et s’affrontent 59 minorités religieuses, ethniques et linguistiques – constituant la plus forte concentration de minorités dans le monde – et à la lumière de la présence d’une majorité arabe sunnite, le texte en question ne peut pas occulter la dimension géopolitique de tout ce qui se passe, et qui s’est passé, dans la région, notamment au plan de l’impact sur les chrétiens. La vision écrite, seule, ne suffit pas, elle doit être accompagnée d’une vision géopolitique de manière à former, ensemble, la base solide d’une analyse correcte, conformément à la règle d’or qui dit que « l’analyse d’une situation sous-tend la solution ».

- Enfin, l’analyse des problèmes auxquels sont confrontées les sociétés dans le monde d’aujourd’hui, notamment les problèmes d’ordre religieux, nécessite une analyse géopolitique tenant compte de deux facteurs déterminants : le premier est le déclin des idéologies gauchistes et nationalistes qui prétendaient détenir la vérité au niveau de l’interprétation des problèmes de la société et de l’univers. Ces idéologies prétendaient constituer, elles, « la solution » ; le second facteur est l’émergence d’une théorie attribuée à l’ancien ministre français de la Culture André Malraux qui disait que « le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas » (1). De fait, Malraux a affirmé que le problème du siècle est religieux, en ce sens que « la mission du XXIe siècle est de réintroduire le divin dans l’homme, après qu’il en eut été écarté, cette dimension divine devant constituer en quelque sorte un flambeau dans la vie de l’homme, lui éclairant la voie pour sortir de la bêtise dans laquelle il a été plongé du fait des tentations de notre ère. Cela permettrait à l’homme de revenir au plus profond de son être au niveau des valeurs spirituelles que les religions ont enraciné en lui, et de vaincre ainsi la folie du choc des identités religieuses traditionnelles. Les prémices étaient d’ailleurs apparues avec l’émergence de la révolution iranienne.

(1) Le Monde des Religions, n° 13, 2005. Dossier spécial de 30 pages : Pourquoi le XXIe siècle est religieux ?

Source: L’Orient Le Jour

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