Archive
Raï examine avec Sleiman, à Amchit, le bilan des assises maronites
06/06/2011
Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a rendu visite hier au président Michel Sleiman, à sa résidence de Amchit. L’entretien a été principalement axé sur les résultats des assises maronites élargies qui se sont tenues le 2 juin à Bkerké, à l’initiative et sous l’égide de Mgr Raï, en présence des quatre pôles maronites, le leader des Kataëb, le président Amine Gemayel, le chef du CPL, Michel Aoun, le chef du parti des Forces libanaises, Samir Geagea, et le chef des Marada et député de Zghorta, Sleimane Frangié. Une trentaine de députés maronites, représentant les différents blocs parlementaires chrétiens (du 14 et du 8 Mars), ont également participé à ces assises au cours desquelles deux grands dossiers ont été discutés : la vente des terrains appartenant aux chrétiens et la présence chrétienne au sein des administrations publiques.
Par ailleurs, le patriarche maronite a présidé hier à Bkerké une messe à l’occasion de la célébration de la 45e Journée mondiale des médias. Ont notamment participé à la cérémonie religieuse le nonce apostolique, le patriarche grec-catholique, Mgr Grégoire III Laham, ainsi que des représentants du patriarche syriaque-catholique et du patriarche arménien-catholique, l’évêque latin, Mgr Boulos Dahdah, plusieurs autres dignitaires religieux et de nombreux journalistes et responsables de médias.
Dans son homélie, le patriarche Raï a notamment appelé « le pouvoir politique à sortir le pays de la paralysie dans laquelle il se débat, en formant un gouvernement qui œuvre à préserver et consolider la dignité du citoyen au Liban ». « Nous invitons en outre les dirigeants à trouver les formules qui puissent permettre aux hautes autorités du pays d’adopter les décisions adéquates qui s’imposent lorsque les institutions constitutionnelles sont menacées de paralysie, comme c’est le cas aujourd’hui », a ajouté Mgr Raï.
Le patriarche Raï a d’autre part rendu hommage aux journalistes, mettant l’accent à cette occasion sur l’importance du rôle des médias au niveau du « rapprochement entre les personnes, les collectivités et les peuples ». « C’est grâce aux médias que le monde est qualifié dans ce cadre de grand village, a souligné Mgr Raï. Les médias s’emploient à transmettre les cultures et les civilisations en vue d’aboutir à un monde plus juste, fondé sur la paix et la solidarité. Les médias s’emploient aussi à forger une opinion publique saine et objective. »
En conclusion, Mgr Raï a indiqué que le pape Benoît XVI a adressé aux chrétiens à l’occasion de la Journée mondiale des médias un message axé sur le rôle croissant joué par les médias, notamment à l’ère du réseau Internet.
Source: L’Orient Le Jour
Notre Dame du Liban a rejoint la crypte de la basilique de Fourvière
05/06/2011

Notre-Dame du Liban qui s'élève à Harissa, le lieu de pèlerinage le plus cher aux coeurs des Libanais, notamment les chrétiens d'entre eux, mais aussi aux coeurs de tous les touristes qui y trouvent la sérénité de la prière et la beauté de la nature.
Religion Les chrétiens libanais de Lyon – environ un millier de familles – souhaitaient qu’une réplique de la statue de Notre-Dame du Liban, à Harissa, soit installée dans la crypte de la basilique de Fouvière aux côtés d’autres reproductions des vierges de Fátima, de Ctestokowa, de Velankani, de Györ, Lorette ou encore Manila. C’est chose faite depuis la semaine dernière.
L’ambassadeur du Liban en France, Denis Pietton, était également présent à cet office.
Source: L’Orient Le Jour
Raï salue la rencontre quadripartite de Bkerké : « Nous devons détruire tout ce qui nous divise »
29/04/2011
Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a mis en exergue hier à Bkerké l’importance de la rencontre des quatre pôles maronites survenue à la veille des fêtes pascales pour transcender les divisions interchrétiennes et pouvoir, de ce fait, jouer un rôle plus efficace sur la scène locale et régionale.
Devant une délégation de Zghorta et d’Ehden présidée par Mgr Samir Mazloum, vicaire patriarcal de Zghorta, Mgr Raï a d’abord rendu un vibrant hommage à cette région, avant de mettre en relief la nécessité pour les chrétiens « de renforcer leurs liens verticaux avec Dieu afin de pouvoir réhabiliter les liens horizontaux qui les unissent entre eux ». Cela est d’autant plus nécessaire que le monde arabe est soumis à de terribles épreuves actuellement, a-t-il dit. « Nous suivons non sans crainte les problèmes du monde arabe, qui aspire à ce que le Liban, malgré sa faiblesse et sa petitesse, soit une capitale stable sur le plan social et politique », a indiqué Mgr Raï.
« En tant que chrétiens, nous avons un rôle important en ce qui concerne la préservation de notre présence active et efficace au Liban, de la cohésion libanaise avec nos frères musulmans, de l’égalité, la collaboration et la coopération entre nous. Nous pouvons mettre en pratique ce message dans l’ensemble du monde arabe. Nous savons tous qu’il existe aujourd’hui un très grand conflit entre nos frères musulmans sunnites et chiites, que ce soit dans les pays arabes ou au Liban, et ils ont le regard tourné vers l’Église en général et les maronites en particulier. Les musulmans ont applaudi comme nous, pour ne pas dire plus que nous, à cette simple rencontre qui s’est déroulée ici même entre les quatre pôles, qui ont tous affirmé être victimes d’une injustice », a souligné Mgr Raï. « Nous avons reçu aujourd’hui une délégation de Dar el-Fatwa qui nous a dit combien elle saluait cette rencontre quadripartite. Ce qui veut dire qu’en tant que maronites en particulier et chrétiens en général, nous avons un rôle fondamental au niveau de la vie commune avec nos frères musulmans dans l’égalité, dans la mesure où celle-ci n’existe nulle part ailleurs », a-t-il ajouté.
« Ce modèle devrait être proposé au monde arabe. Mais nous ne pouvons pas le pratiquer si nous sommes dispersés et victimes de nos conflits. Partant, nous avons beaucoup de travail. Nous avons besoin chacun de l’autre pour nous renforcer les uns les autres, et les hommes politiques doivent nous aider. Nous remercions Dieu pour la rencontre entre les quatre pôles, durant laquelle les responsables ont évoqué cette question et ont pu finalement dire que chacun d’entre eux a une option différente de l’autre, une option dont il est convaincu. Mais nous avons tous un seul point de vue pour préserver notre présence, notre décision et notre pensée chrétiennes ainsi que notre entité libanaise. Nous devons être complémentaires, pas en conflit. La chute de l’un signifie celle de l’autre. La victoire de l’un est celle de l’autre. Tels étaient les mots qu’ils se sont échangés. Cela est beau et important. Nous œuvrons pour le bien, nous sommes en concurrence en faveur de courants qui sont au service de l’homme et de la société. Il n’y a pas un seul chemin, mais plusieurs. Nous devons rester, pour cela, dans une mentalité démocratique, une mentalité où nous avons besoin les uns des autres, où notre rivalité est pour servir, servir la société, l’homme libanais, l’entité libanaise. C’est alors, et sur cette base, que les citoyens apprécieront leurs leaders. Nous avons besoin de détruire ce qui nous divise. La division est un signe de faiblesse et limite nos responsabilités en tant que chrétiens dans le monde arabe et au plan libanais. Les gens en ont ras-le-bol des conflits et des divisions. Ils ont perçu une lueur d’espoir dans cette rencontre maronite », a-t-il ajouté.
Signalons par ailleurs que Mgr Raï a reçu le président de l’association des wakfs iraniens, cheikh Ali Mohammadi, en présence de l’ambassadeur d’Iran, Ghadanfar Rokn Abadi.
Source: L’Orient Le Jour
À Bkerké, la détente, en attendant le consensus

Le quatuor maronite réuni sous les auspices de Mgr Raï.
20/04/2011
Le patriarche Béchara Raï a réussi hier son pari d’amorcer un processus de détente entre les quatre principaux chefs politiques maronites, Amine Gemayel, Michel Aoun, Samir Geagea et Sleimane Frangié, qu’il a réunis à Bkerké dans une ambiance « fraternelle et patriotique ». Défricher les terrains d’accord entre chrétiens et règlementer leurs divergences, tel est l’objectif de ce processus.
Poignée de main « historique » et plaisanteries diverses
Premier arrivé à Bkerké, M. Frangié a été suivi peu de temps plus tard par M. Geagea. Les caméras de télévision étaient à ce moment-là tenues à l’écart, mais des photographes de presse ont pu capter la poignée de main, rarissime, entre les deux hommes.
Plus tard, au cours de la réunion, on a relevé qu’à plusieurs reprises le chef des FL et le général Aoun ont échangé des plaisanteries, contribuant de ce fait à détendre l’atmosphère, par ailleurs dominée par un climat spirituel.
Outre le patriarche Raï, qui présidait la table rectangulaire autour de laquelle étaient placés d’un côté MM. Gemayel et Geagea et de l’autre le général Aoun et M. Frangié, étaient présents les évêques Roland Aboujaoudé, Youssef Béchara, Boulos Matar et Samir Mazloum.
Un crucifix sur pied était posé sur la table face à Mgr Raï et on avait allumé une bougie pour marquer la semaine sainte.
Les quatre leaders se sont tour à tour exprimés, chacun faisant état de son point de vue et de ses craintes, sans qu’il n’y ait d’échanges contradictoires.
Puis, avant le déjeuner, composé essentiellement de poissons et de fruits de mer (pour cause de carême), ils se sont rendus dans l’aile du siège patriarcal réservée au patriarche Nasrallah Sfeir pour le saluer et boire le café avec lui.
La réunion interchrétienne de Bkerké : un peu plus que de la glace brisée
Par Élie FAYAD | 20/04/2011

La poignée de main entre MM. Frangié et Geagea.
Communautés Les quatre principaux chefs politiques maronites se sont rencontrés hier à Bkerké sous l’égide du patriarche Béchara Raï, ouvrant la voie à un processus de dégel devant déboucher, si tout va bien, sur de solides consensus interchrétiens.
Réunir Amine Gemayel, Michel Aoun, Samir Geagea et Sleimane Frangié dans une ambiance largement dominée par le spirituel – le lieu, Bkerké, et le temps, la semaine sainte, n’y sont pas pour rien – et traversée de moments décontractés paraissait il y a quelques jours encore être hors de portée.
Ce n’est certes pas la première fois que les quatre hommes se retrouvent autour d’une table. Récemment, ils se joignaient encore aux autres leaders politiques du pays dans le cadre de la conférence du dialogue national, que parrainait le président de la République, pour discuter de stratégie défensive.
Mais outre le fait que ce dialogue-là a été rompu – jusqu’ici du moins -, les quatre n’y prenaient part qu’au titre de leur affiliation à l’un ou l’autre des deux grands camps politiques en présence dans le pays. Hier, grâce aux efforts du nouveau patriarche, cette dimension-là était sinon effacée de la rencontre, du moins en retrait par rapport à l’autre dimension de leur leadership, celle de tenir entre leurs mains le sort des chrétiens du Liban et peut-être même au-delà.
Il est vrai que le patriarcat nouvellement inauguré constituait une occasion propice à ce type de rencontre. Il est vrai, en outre, que le volontarisme manifesté par le patriarche Raï à cet égard et, surtout, l’absence de contentieux historique qui l’opposerait à l’un ou l’autre des protagonistes concernés étaient de nature à faciliter la démarche.
Mais il est tout aussi naturel que, dans le contexte d’une région en pleine ébullition et d’une scène locale figée par le poids grandissant des désaccords, des chefs politiques chrétiens ressentent le besoin d’opérer une sorte de retour aux sources.
Dès le début, il n’a jamais été question d’effacer les divergences fondamentales opposant le général Aoun et M. Frangié d’un côté à MM. Gemayel et Geagea de l’autre. L’ordre du jour de la réunion de Bkerké ambitionnait simplement de créer progressivement le cadre adéquat à une sorte d’organisation ou de règlementation de ces divergences.
En ce sens, la démarche peut d’ores et déjà être qualifiée de positive et l’on a vu par exemple le chef des Forces libanaises donner, dès son retour à Meerab, des directives aux services de presse FL et à d’autres départements concernés leur enjoignant d’accorder au CPL et aux Marada le même traitement que celui réservé aux formations chrétiennes amies, comme les Kataëb, le PNL et le Bloc national.
De son côté, le général Aoun a souligné plus tard dans la journée que la réunion a dépassé le stade de la glace brisée. « Un débat a été entamé et le débat peut mener au dialogue si nous voulons étudier les questions en profondeur. Cela est de nature à rassurer le peuple libanais. Il n’y a pas d’inimitié et nous ne brandissons pas des mitrailleuses les uns contre les autres. La réunion a été très satisfaisante », a-t-il dit.
De fait, Bkerké aspirait aussi à défricher les espaces d’entente possibles, réels, entre les protagonistes chrétiens. Là aussi, et autant que la réserve médiatique volontairement entretenue autour de l’événement pouvait le permettre, la réunion semble avoir été fructueuse, même si l’on a procédé davantage à une énumération des sujets consensuels qu’à un débat de fond sur ces thèmes.
Décentralisation administrative, naturalisation des émigrés ayant perdu leur nationalité libanaise, contrôle des ventes de terrains à des non-chrétiens dans des régions sensibles, loi électorale stable, consolidation du rôle de la présidence de la République : tels étaient hier les principaux sujets d’entente entre les quatre chefs politiques. Ces dossiers devront bien entendu être creusés en vue d’un projet d’accord général qui sera proposé ultérieurement à une réunion chrétienne élargie. Dans l’intervalle, des évêques maronites plancheront sur un document incluant aussi les sujets de désaccord, comme la question des armes et celle du Tribunal spécial pour le Liban.
Comme l’indique le communiqué lu à l’issue de la réunion par le nouveau porte-parole de Bkerké, Walid Ghayad, « les thèmes ont été envisagés sous l’angle de la distinction entre ce qui est consensuel et ce qui fait l’objet de divergences politiques légitimes dans le cadre d’une nation démocratique respectant les libertés et les différences tout en préservant son unité, ses constantes et ses intérêts fondamentaux ».
« La réunion a été fraternelle et patriotique. Elle a été dominée par un climat de franchise, de responsabilité et d’amitié », souligne le communiqué, précisant que d’autres rencontres du même genre auront lieu chaque fois que le besoin s’en fera ressentir.
Satisfaction dans les milieux politiques
Le ministre sortant de l’Intérieur, Ziyad Baroud, a qualifié la rencontre de Bkerké de « satisfaisante » et souligné qu’elle « donne le sentiment que les choses sont sur la bonne voie ».
« Le patriarche Raï a un rôle rassembleur. Bkerké doit jouer ce rôle de manière permanente », a ajouté M. Baroud. Selon lui, le patriarcat maronite « ne se permet pas d’entrer au cœur des clivages politiques. Il agit dans le cadre d’une stratégie nationale et du rôle des chrétiens dans ce qui se passe au Liban et dans la région ».
Samy Gemayel, député du Metn et coordinateur du comité central Kataëb, a estimé que « la rencontre de Bkerké est un acte fondateur pour d’abord briser la glace, et ensuite enchaîner sur une phase de réunions intensives permettant de parvenir à des accords sur de nombreux sujets ».
« C’était le début que l’on souhaitait, et il était vain d’espérer parvenir à un accord à partir d’une seule réunion », a ajouté M. Gemayel.
Pour le député FL Antoine Zahra, « le fait même qu’il y ait une réunion interchrétienne à Bkerké est une bonne chose ». « J’espère que cette initiative conduira à de nombreux espaces communs entre les leaders qui ont participé à la réunion, afin que les idées partagées évoluent pour devenir des positions partagées », a-t-il ajouté.
Membre du Bloc du changement et de la réforme, le député Salim Salhab (Metn) a souhaité que la rencontre soit productive, dans la mesure où elle intervient dans des circonstances actuelles positives, différentes des circonstances précédentes.
« Il faut voir le bon côté de la réunion, d’autant que les quatre dirigeants ont accepté d’y participer sans poser de conditions préalables et en laissant au patriarche Raï le soin d’en établir l’ordre du jour », a ajouté M. Salhab.
« L’essentiel, c’est le mécanisme qui va être mis en place après la réunion », a-t-il dit, émettant le souhait que les différents partenaires parviennent au final à « une stratégie servant l’intérêt des chrétiens d’abord, puis celui des Libanais ».
Son collègue Ibrahim Kanaan a vu dans la rencontre de Bkerké « la mise en place d’une dynamique nouvelle, même si les points de vue demeurent divergents » entre les divers acteurs.
Le député Kataëb de Zahlé Élie Marouni a jugé « positive » toute rencontre interlibanaise, « surtout en cette période cruciale de l’histoire du Liban, marquée par le vide ».
Pour M. Marouni, les développements dans les pays arabes, et notamment en Syrie, « peuvent avoir facilité la tenue de la réunion en poussant la partie adverse (le général Aoun et M. Frangié) à répondre positivement à l’appel ».
Le député a affirmé toutefois ne pas s’attendre à ce que cette réunion ait « d’autres résultats que de briser la glace entre les chefs chrétiens ».
Soulignant que le patriarche Raï est soucieux d’exploiter le soutien officiel et populaire dont il bénéficie, M. Marouni a fait valoir que « toute rencontre devrait être axée sur le rejet de la violence et du recours aux armes à l’intérieur ».
Stéphane Doueihy, député de Zghorta et membre du bloc Frangié, a souligné que la réunion de Bkerké est « une affaire de la plus haute importance ». L’appel à cette rencontre était « plus que nécessaire », a-t-il estimé, affirmant qu’il s’agit d’« une occasion réelle d’en finir avec les craintes partagées et de sortir des clivages partisans ».
Nidal Tohmé, député du Akkar (Courant du futur), a émis l’espoir que la réunion de Bkerké « pourra, du fait de sa symbolique forte, consacrer le triomphe de la pensée chrétienne ouverte sur toute autre option ».
De son côté, le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, a lancé un appel aux dirigeants chrétiens réunis à Bkerké, leur demandant de « demeurer en contact entre eux, de coopérer ensemble et de s’occuper du Liban ». « Nous sommes contre l’exclusion et la marginalisation », a-t-il dit.
L’immunisation de la présidence de la République au centre des préoccupations de Bkerké
Par Philippe Abi-Akl | 20/04/2011
Éclairage
La première réunion des pôles chrétiens s’est donc tenue hier, comme prévu, à Bkerké à l’initiative et sous l’égide du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, en présence de l’ancien président de la République Amine Gemayel, de l’ancien Premier ministre Michel Aoun, de l’ancien ministre Sleimane Frangié et de M. Samir Geagea, chefs des quatre principaux partis chrétiens.
Pari tenu pour le patriarche Raï, qui avait manifesté son intention de réunir les quatre dirigeants pour les fêtes pascales sous le signe du lavage des cœurs et de la réconciliation. La réunion, première en son genre à Bkerké depuis l’élection du nouveau patriarche, a été l’occasion, par exemple, d’une poignée de main entre Samir Geagea et Sleimane Frangié, ce qui n’arrive guère tous les jours. Il convient de rappeler combien le cardinal Nasrallah Sfeir avait peiné durant son mandat pour pouvoir réunir les quatre hommes, sans résultats. Depuis son élection à la présidence de la République, Michel Sleiman a lui aussi déployé ses efforts pour jeter les bases d’une réconciliation interchrétienne, mais il s’était violemment heurté à l’époque à certaines positions hostiles. De petites réunions s’étaient aussitôt déroulées à Bkerké en présence de représentants des partis chrétiens, avant que l’affaire ne se termine, divergences politiques insolubles obligent, en queue de poisson.
Certes, la séance d’hier a principalement porté sur la présence chrétienne au Liban et dans la région, mais la nécessité de consolider et d’immuniser la présidence de la République a également été au cœur des entretiens, dans la mesure où cette responsabilité incombe d’abord aux leaders maronites. Toute entreprise visant à marginaliser ou briser le poste et la fonction présidentiels, surtout à l’étape actuelle, celle de la formation du cabinet, devrait en effet être fermement rejetée. Pour certains leaders maronites, la présidence de la République est une autorité nationale par excellence, et il est nécessaire de la redynamiser et de la consolider, d’autant que le président Sleiman joue un rôle pivot en faveur de l’unité et de l’entente et œuvre pour préserver la présidence au-dessus des polémiques et des tiraillements internes et lui assurer la capacité d’exercer une fonction d’arbitrage.
C’est d’ailleurs par respect envers la fonction qu’il occupe et son rôle consensualiste que le chef de l’État s’est gardé jusqu’à présent de tomber dans le piège des polémiques et des réponses aux attaques dont il fait l’objet de la part de certaines parties du 8 Mars. Certaines de ces parties tentent même de donner une portée politique bien déterminée à leur campagne, en insistant sur le fait que le chef de l’État devrait « bien lire le message qui lui est adressé ». Or il apparaît que ceux qui s’en prennent de la sorte au président Sleiman réclament en même temps une audience à Baabda… Cependant, le président, trop pris par ses tâches quotidiennes, ne parvient pas à leur fixer de rendez-vous… Le message est clair : Michel Sleiman refuse d’entrer dans des polémiques stériles et enfantines. Ses contacts permanents avec son homologue syrien balaient d’un revers de la main toutes les théories des pourfendeurs du président, qui cherchent à donner l’impression que leurs positions seraient fondées sur un certain climat hostile au chef de l’État, en vogue à Damas. Car les contacts avec le président Assad se déroulaient au moment même où cette personnalité politique, de retour de la capitale syrienne, prétendait convoyer un message du régime de Damas à travers ses attaques contre le président Sleiman. Ce qui n’a d’ailleurs pas manqué de semer le trouble dans les milieux politiques libanais, au point de se demander quelle serait la partie syrienne qui mène la campagne en question contre le chef de l’État à travers cette personnalité politique libanaise… comme s’il existait en Syrie plusieurs pôles de décision. Le président suit d’ailleurs de près l’affaire des accusations syriennes contre le député Jamal Jarrah. Il aurait demandé dans ce cadre au président du Conseil supérieur libano-syrien, Nasri Khoury, de contacter les autorités syriennes concernées afin qu’elles fournissent un dossier comprenant les griefs présumés contre le député Jarrah, qui serait ensuite transmis aux autorités judiciaires libanaises par les voies officielles. Le chef de l’État insiste sur le fait que le dossier syrien devrait être minutieusement examiné au Liban, dans la mesure où le député Jarrah représente la nation et qu’aucune accusation sans fondement ne devrait être lancée contre lui. Parallèlement, des sources politiques bien informées font état de contacts au plus haut niveau entre une personnalité libanaise et le directoire syrien pour une prochaine visite qui pourrait contribuer peut-être à décrisper la tension entre les deux pays…
Mais revenons à nos moutons. Dans le cadre de leur campagne contre le président de la République, certains vont même jusqu’à évoquer la question de la constitutionnalité de l’élection de Michel Sleiman et la nécessité d’écourter le mandat présidentiel. Ce qui fait dire à un magistrat et ancien ministre de la Justice qu’il est « honteux de poser le problème de l’élection de Michel Sleiman sous l’angle de sa légalité et de sa légitimité après la chute des délais constitutionnels requis – trois jours – pour présenter un recours en invalidation, d’autant que ceux qui suscitent la polémique ont participé à l’élection du président ».
Qu’à cela ne tienne, le chef de l’État refuse d’accorder à ces polémiques sensationnalistes plus d’attention qu’elles ne le méritent. Surtout que toute son attention est actuellement reportée sur ses efforts communs avec le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, pour déblayer les obstacles qui empêchent encore la formation du cabinet.
Source: L’Orient Le Jour
L’intérêt supérieur des chrétiens du Liban au cœur de la rencontre de Bkerké
Assises chrétiennes restreintes aujourd’hui à Bkerké
Il sera plus question d’équilibres et de changements géopolitiques que de réconciliation personnelle, entre Amine Gemayel, Michel Aoun, Sleimane Frangié et Samir Geagea, les quatre grands chefs politiques maronites qui se réunissent aujourd’hui à Bkerké, sur l’invitation du nouveau patriarche, Béchara Raï. Objectif : dégager des constantes qui supplanteront les inimitiés politiques qui traînent depuis la guerre.
Par Fady NOUN | 19/04/2011
La situation
Alors que le pays est sans gouvernement depuis quatre mois et que les forces de facto, dont le Hezbollah, en profitent pour imposer leur loi dans le bâtiment et le débit de boissons alcoolisées, les quatre grands leaders politiques chrétiens, Amine Gemayel, Michel Aoun, Sleimane Frangié et Samir Geagea, répondant à une invitation du nouveau patriarche maronite, Béchara Raï, se retrouveront aujourd’hui à Bkerké, pour réfléchir ensemble et dialoguer sur l’avenir du Liban et l’intérêt supérieur des chrétiens du Liban et de la région.
La rencontre sera la première entre le député de Zghorta, Sleimane Frangié, et le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, depuis la sortie de prison de ce dernier (2005).
Les quatre leaders sont attendus à Bkerké à 9h30. Leur arrivée, selon des indications qu’il n’a pas été possible de confirmer, se fera loin des objectifs des caméras. Leur journée sera marquée par deux moments religieux – liés à la semaine sainte -, un temps de dialogue, un déjeuner et un communiqué final. À l’issue de la journée, les photographes seront autorisés à opérer.
À l’ordre du jour du sommet chrétien restreint figurent des sujets touchant de près à la situation des chrétiens du Liban. Il sera question, en particulier, du mouvement d’émigration, de la loi sur la naturalisation, des attributions du président de la République, de l’achat massif « politique » de biens-fonds par d’autres communautés ou forces politiques, de la présence effective et équilibrée des chrétiens au sein de l’administration et, last but not least, du ton avec lequel ces leaders s’interpellent, à travers les médias.
Dans le dialogue qu’ils entameront, les quatre hommes bénéficieront aussi des constantes que vient de dégager le « communiqué de Rome », une déclaration d’intentions élaborée par des représentants des divers courants et partis politiques libanais, et portant sur des constantes élémentaires de la vie politique. Mais pas suffisamment élémentaires pour qu’elles ne soient pas bafouées, de temps à autre, par les intéressés.
Ni armes ni tribunal
Par contre, il ne devrait pas être question, entre les quatre chefs politiques chrétiens, de sujets sur lesquels ils sont en désaccord, compte tenu de leurs alliances politiques. En particulier, il ne sera question ni du tribunal international ni des armes du Hezbollah, encore moins de la loi électorale, tous sujets propres à la conférence de dialogue national présidée par le chef de l’État, et qui est elle aussi paralysée.
Les Quatre abordent cette rencontre avec beaucoup d’ouverture, mais ils sont unanimes à ne pas vouloir placer de « faux espoirs » dans son succès immédiat.
Le ministre Boutros Harb, particulièrement proche du nouveau patriarche ces derniers temps, a affirmé hier qu’il s’agira d’un « pas avancé dans l’assainissement des rapports entre ces chefs, tout en affirmant » qu’il est impossible d’obtenir d’une seule rencontre le règlement de questions qui remontent à plusieurs décennies.
« Ce sera, a encore dit M. Harb, un premier pas vers un dialogue sur les constantes nationales, une façon de briser la glace et de rapprocher des hommes qui ne communiquent pas directement d’habitude. »
« Le patriarche Raï est conscient de la difficulté du passage de la dimension nationale au dialogue personnel, a enchaîné M. Harb, et le pas qui va être franchi ne devrait pas rester orphelin, car ses chances de succès sont étroitement liées à la possibilité qu’il se renouvelle. »
Le parlementaire a écarté la possibilité d’un échec, tant les sujets qui seront soulevés sont cruciaux et indépendants de toutes les options politiques particulières, et tellement le dépassement de certains tabous est souhaité par l’opinion publique.
Ambiguïtés
Cette ambiguïté entre le personnel et le politique sera quand même l’un des points marquants de la journée. Dans un talk-show télévisé, hier, Sleimane Frangié a relativisé l’importance des inimitiés personnelles, en comparaison avec les défis lancés aux chrétiens du Liban et de la région par les bouleversements qui se produisent en ce moment et la perspective d’un renforcement des courants salafistes dans certains pays, en particulier en Syrie.
« Ces considérations sont plus importantes qu’une poignée de main, a-t-il affirmé. Une réconciliation véritable doit être préparée, elle prendra du temps, et Samir Geagea devra notamment répondre en profondeur à certaines de nos questions. »
Le ton est nettement plus détendu, du côté des Forces libanaises, où l’on affirme que Samir Geagea se rendra à la rencontre dans un esprit d’ouverture totale et fera de tout pour son succès.
Dans les milieux du général Michel Aoun, on se méfiait hier du piège qui consisterait à prendre avantage de la rencontre de Bkerké à des fins de gloriole personnelle, ou au service des intérêts étroits d’une formation particulière. C’est dans ces milieux que l’idée d’une réunion loin des caméras aurait été le mieux accueillie.
Le bureau politique des Kataëb a salué la rencontre d’aujourd’hui, précisant que son chef Amine Gemayel a multiplié les contacts en prévision de la réunion d’aujourd’hui et plaçant son espoir dans un succès qui paverait la voie à un élargissement du cercle des participants.
Source: L’Orient Le Jour
Gemayel, Aoun, Geagea et Frangié ensemble demain à Bkerké
18/04/2011
L’initiative est en totale harmonie avec la déclaration d’intentions du patriarche maronite au lendemain de son élection : « Communion et amour ».
C’est donc demain mardi que Mgr Béchara Raï réunira à Bkerké le chef des Kataëb Amine Gemayel, le chef du CPL Michel Aoun, le leader des Forces libanaises Samir Geagea et le patron des Marada, Sleimane Frangié. Les quatre hommes politiques ont réagi positivement à l’initiative patriarcale et ont accepté de laisser aux bons soins du nouveau maître de Bkerké la rédaction de l’ordre du jour : beaucoup de spiritualité (la réunion tombe en pleine semaine sainte), un déjeuner, puis la réunion en tant que telle, qui sera axée sur des sujets consensuels intéressant la communauté chrétienne dans son ensemble, dont l’émigration, la démographie, l’achat de terrains, la décentralisation administrative, l’octroi de la nationalité aux descendants de Libanais, etc.
Selon des sources bien informées rapportées par la chaîne de télévision MTV, aucun des quatre leaders n’entend faire le moindre compromis sur les constantes politiques qui sont les siennes. Il s’agira avant toute chose de faire en sorte qu’ils se parlent, à quatre, et que le gel soit brisé, notamment entre Samir Geagea et Sleimane Frangié, dont la poignée de main sera historique.
Toujours selon la MTV, les milieux d’Amine Gemayel insistent sur le « cadeau » que les quatre partis souhaitaient offrir à Mgr Raï à l’occasion de son élection. L’ancien chef d’État apportera avec lui moult documents et autres études à propos de questions intéressant la communauté chrétienne dans son ensemble. « La forme est très importante, mais il ne faut pas fonder trop d’espoirs : ce n’est qu’une première rencontre », rappellent ces milieux.
Pour les sources proches du CPL, cette rencontre quadripartite ne dynamitera certes pas les divergences entre les uns et les autres, mais elle constitue « une base commune pour que les leaders chrétiens puissent définir les priorités de la communauté, notamment à l’aune des derniers rebondissements régionaux ».
Du côté des FL, on martèle que cela fait « 21 ans » que la demande de retrouvailles est faite. « Nous avons constamment appelé à cela depuis la fin de la guerre et nous saluons fermement l’initiative de Mgr Raï. Nous décuplerons d’efforts pour élargir au maximum les contacts entre les différents pôles chrétiens », assurent ainsi les milieux de Meerab.
Enfin, pour les Marada, qui rendent comme les autres un bel hommage à la proposition du patriarche maronite, « il faudrait faire en sorte que cette réunion ne soit pas réduite à sa simple forme. Il faut aller au fond, essayer de trouver les dénominateurs communs », répètent-ils.
Restent toutefois quelques points d’interrogation, notamment à propos de l’absence de partis tels le PNL et le Bloc national ; l’absence, aussi, de leaders chrétiens indépendants.
Il n’empêche, le geste est d’importance, à condition que cela ne se limite pas à une simple parade pour les caméras et les appareils photo, mais que la rencontre de demain pave la voie à une nouvelle façon de faire (de) la politique entre les quatre principaux représentants des chrétiens du Liban.
Source: L’Orient Le Jour
Polémique sur les ventes immobilières entre chrétiens et musulmans au Liban
09/01/2011

Quelles que soient ses chances d'être votée au Parlement, cette proposition de loi semble être l'occasion attendue pour lancer le débat sur un sujet sensible, certes, mais vital pour l'avenir du pays et de tous les Libanais. Mais les responsables sauront-ils la saisir ?
Biens-fonds Le projet de loi du ministre du Travail Boutros Harb, visant à interdire sur 15 ans les ventes immobilières entre chrétiens et musulmans, suscite depuis quelques jours des débats passionnés au Liban. Un sujet explosif et à controverse, surtout si alimenté par des informations sur la vente de nombreuses terres "chrétiennes" à des chiites proches du Hezbollah.
"Un phénomène malsain se développe, je ne fais que tirer la sonnette d’alarme, je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas", affirme le ministre du Travail qui a soumis son projet le 30 décembre.
Le "phénomène", selon lui, ce sont des opérations d’achat "organisées ou semi-organisées de terrains appartenant à certaines confessions, par des individus ou des sociétés d’autres confessions". "Le Liban symbolise la coexistence entre confessions. Si l’un des piliers de cette coexistence tombe, c’est le Liban qui tombe", ajoute-t-il.
Si le ministre se garde bien de faire allusion à une communauté particulière, des médias et des responsables politiques ont accusé à mots couverts ou même ouvertement le Hezbollah chiite de grignoter des centaines de milliers de mètres carrés en "territoire chrétien".
"La politique immobilière, démographique et sécuritaire expansionniste du Hezbollah qui se traduit par l’achat de terrains est une stratégie qui pourrait changer le visage du Liban vers 2020", écrivait cette semaine un éditorialiste critique du "Parti de Dieu" dans le quotidien "an-Nahar". Contacté par l’AFP, le Hezbollah a refusé de commenter ces informations.
Autrefois tout-puissants sur les plans démographique et politique, les chrétiens sont désormais minoritaires (34% de la population) en raison d’une forte émigration et d’une faible natalité, mais continuent de jouir d’un partage du pouvoir fondé sur la parité avec leurs concitoyens. En plus de quelques régions à majorité chrétienne, ils coexistent également avec les musulmans dans plusieurs localités.
"Je veux préserver l’image de diversité et de mixité du Liban", assure M. Harb.
Son projet de loi a toutefois soulevé immédiatement une vague de protestations d’hommes politiques et d’intellectuels dénonçant une "dangereuse" tentative de "ségrégation religieuse" qui raviverait le spectre de la guerre civile à caractère confessionnel qui a déchiré le pays (1975-1990).
D’autres ont estimé que le vrai danger résidait non pas dans l’acquisition de terrains par des Libanais, mais par des étrangers, notamment des ressortissants du Golfe, importants investisseurs dans le pays.
Des analystes et des hommes politiques ont également qualifié ces transactions de purement "commerciales" ou "spéculatives".
"Il existe une offensive politique chiite qui consiste à acheter progressivement tous les terrains, à des prix supérieurs à ceux du marché, pour créer des îlots à l’intérieur des régions chrétiennes. Ce mouvement est facilité par l’afflux de capitaux pétroliers étrangers énormes", soutient le député Fouad el-Saad, dans un article publié sur le site cyberpresse.ca. "Si la loi est compréhensible politiquement parce qu’elle entend protéger les chrétiens, elle se heurte à la Constitution libanaise qui garantit le droit de propriété individuel et permet à tout Libanais de résider où il veut sur le territoire", explique toutefois le député.
En 1984, en pleine guerre, l’imam chiite, Mohammad Mehdi Chamseddine, a lancé une fatwa interdisant aux musulmans de vendre des terrains à des non-musulmans pour protéger les chiites d’un éventuel exode alors qu’ils n’étaient pas aussi puissants qu’aujourd’hui.
Même si les chrétiens ne sont pas visés systématiquement, "la situation est devenue inquiétante", affirme sous couvert de l’anonymat un responsable au sein de l’Église maronite.
"Nous avons une étude qui montre par exemple que dans la région de la Békaa (est), près de 68 millions de mètres carrés sont passés de chrétiens à de non-chrétiens au cours des cinq dernières années", ajoute-t-il.
Pour Edmond Gharios, président de la municipalité de Chiyah, localité mixte de la banlieue sud de Beyrouth -bastion du Hezbollah- qui connaît une expansion de la communauté chiite, les tentations financières sont très fortes.
"Quand, pour 200 mètres carrés, on vous propose 700 000 dollars, vous allez vendre et vous en aller", dit-il.
Source: L’Orient Le Jour
Au Liban, les chrétiens voient leur avenir incertain
09/01/2011

Autrefois incontournable au Liban, la communauté chrétienne a cependant vu son poids politique s'éroder depuis le début de la guerre civile, du fait des nombreux départs et d'une faible natalité par rapport aux autres communautés du pays. AFP
Communautés Les récents attentats meurtriers contre des chrétiens en Irak et en Égypte inquiètent la communauté chrétienne libanaise qui observe avec angoisse son propre déclin dans une région essentiellement musulmane. Les chrétiens libanais, principalement maronites, représentent 34% de la population du pays et forment la deuxième plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient après les Coptes d’Égypte.
Située dans le nord du pays, la vallée de la Qadisha, ou "vallée sainte", accueille des communautés monastiques depuis les débuts de l’Église catholique maronite. Son paysage accidenté est truffé de monastères, d’ermitages et de grottes ayant abrité dès le Ve siècle des chrétiens fuyant les persécutions.
"Notre histoire est celle d’un martyre", assure le père Charbel Trad, un moine qui a consacré sa vie à préserver la foi maronite au Liban. "Notre vocation, en tant que maronites, est de rester ici, et de propager le christianisme à l’Est. Et nous n’avons pas peur".
Et si les attentats contre des églises à Bagdad (46 morts parmi les fidèles le 31 octobre) et Alexandrie (21 morts le 31 décembre) ont fait frémir les chrétiens libanais, peu d’entre eux estiment que de tels actes sont possibles au Liban, seul pays de la région où le président est chrétien.
"Prendre les chrétiens pour cible au Liban est plus difficile compte tenu de notre structure politique" où le pouvoir est segmenté entre les différentes confessions religieuses, explique Samir Geagea, chef des Forces libanaises.
Autrefois incontournable au Liban, la communauté chrétienne a cependant vu son poids politique s’éroder depuis le début de la guerre civile (1975-1990), du fait des nombreux départs et d’une faible natalité par rapport aux autres communautés du pays (chiites, sunnites et druzes).
"Tous les chrétiens du Proche-Orient sont dans une situation difficile. Leur pourcentage, leur importance (…) sont en baisse dans tous les pays qui vont de la Mésopotamie à l’Égypte, en passant par le Liban. Mais il y a des degrés différents", explique l’historien français des religions Odon Vallet. "Au Liban, les chrétiens sont déjà partis en masse. Ils sont beaucoup plus nombreux en Amérique et en Europe qu’au Liban", ajoute-t-il, reconnaissant qu’il y a "un risque" que le sort des chrétiens de la région se détériore.
Mais les raisons de partir ne sont pas toujours les mêmes.
Le Liban est ainsi devenu un refuge pour les chrétiens irakiens craignant pour leur vie, et dans le même temps, il est vu comme une entrave par ses propres chrétiens à la recherche de meilleures perspectives économiques et d’une plus grande stabilité politique.
"La solution pour notre communauté, c’est un visa pour ailleurs", regrette Teddy Awad.
Laba Ghosn, un boucher du village, approuve: "Il n’y a pas d’avenir ici pour les chrétiens. Regardez nos jeunes. Ils cherchent tous un moyen de s’en aller au plus vite".
Nabil Khalifé souligne dans son étude géopolitique sur les chrétiens du M-O l’apport d’un quartette libanais à une vision d’avenir
27/11/2010
M. Nabil Khalifé, professeur universitaire et chercheur en pensée religieuse et en géopolitique, a tenu hier au Club de la presse une conférence de presse au cours de laquelle il a présenté l’étude géopolitique sur les chrétiens du Moyen-Orient qu’il a élaborée à l’occasion de la récente tenue au Vatican du synode sur les Églises du M-O. Mettant l’accent sur la nécessité d’une lecture géopolitique de ce dossier, complétant les textes du synode qui ont occulté une telle approche, l’étude de M. Khalifé – un document de 25 pages en arabe, traduit en français par nos collègues Michel Hajji Georgiou et Michel Touma – expose une vision et un projet macropolitiques pour les chrétiens d’Orient. M. Khalifé met l’accent dans ce cadre sur l’apport d’un quartette libanais, dont l’action et les idées constituent une précieuse contribution à l’élaboration d’un projet politique historique pour l’avenir des chrétiens de la région. Ce quartette est formé, selon M. Khalifé, de Michel Chiha, du père Michel Hayek, de Rafic Hariri et du père jésuite Paul Noya.
Au début de sa conférence de presse, Nabil Khalifé a d’abord indiqué qu’il avait dédié son étude à la mémoire d’Antoine Choueiri « car celui-ci a été, et restera, dans l’histoire de notre pays et de notre Église, l’une des figures les plus pures et les plus transparentes qui a soutenu, plus que quiconque, la créativité ». Soulignant ensuite que sa démarche s’inscrit dans la logique du rôle que les laïcs devraient assumer au niveau de l’élaboration des choix de l’Église, M. Khalifé a souligné que le problème des chrétiens d’Orient devrait être posé en termes géopolitiques car il s’agit là d’un problème de minorités « qui constitue une partie de l’ensemble du problème des minorités dans la région et dans le monde ». En sa qualité de « croyant libanais, laïc et maronite », Nabil Khalifé a invité le pape Benoît XVI à effectuer une visite au Liban à l’occasion de la clôture, en mars 2011, des cérémonies marquant le 1 600e anniversaire de la naissance de saint Maron.
Avant d’exposer les grandes lignes de son étude, M. Khalifé a rappelé qu’il existe au Moyen-Orient 18 pays, dont 13 font partie du monde arabe et 5 qui sont en dehors de cette zone (Chypre, la Turquie, l’Iran, le Pakistan et l’Afghanistan). Cette région du Moyen-Orient rassemble 555,7 millions d’habitants dont 15,7 millions de chrétiens, soit 2,8 pour cent, contre 540 millions de musulmans, dont 376 millions de sunnites (69 pour cent) et 164 millions de chiites (31 pour cent).
Les grandes lignes de l’étude
Sur les remparts de la Chrétienté : Liban-Croatie – 1985-2010
La télévision nous montre chaque jour des images propres à inspirer l’écœurement aux plus endurcis. Les famines succèdent aux guerres, elles-mêmes faisant place à d’épouvantables catastrophes naturelles, qui entraînent leurs flots de désolations, de morts, de blessés, d’affamés et de réfugiés. Mobilisant les caméras et les consciences de l’Occident.
Pourtant, certaines de ces tragédies se déroulent dans la plus totale indifférence, singulièrement lorsque les victimes sont chrétiennes.
L’avocat Ghislain Dubois pu rencontrer certains de ces Chrétiens persécutés dont les cris ne percent que très rarement et faiblement le monde du silence. C’est ainsi qu’il s’est rendu au Liban à sept reprises et en Croatie à trois reprises.
Ce livre relate ces différents voyages et ces multiples rencontres.
Il n’a d’autre but que de rendre témoignage, et de faire connaître ces peuples oubliés. Peuples dont le courage, l’esprit de résistance, de sacrifice, et la foi doivent nous servir d’exemple.
J’ai trouvé ce livre par hasard, en visitant ce blog. Voici la publication en question :


