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Manifestation pacifique en soutien aux coptes martyrisés
Chers frères et chères sœurs en Christ,
En soutien aux coptes d’Égypte et aux chrétiens d’Orient, une manifestation pacifique aura lieu :
vendredi 7 janvier 2011 de 15 à 18h
sur le parvis de la Cathédrale Notre Dame de Paris
Que nous soyons Égyptiens, Irakiens, Libanais, Jordaniens, Palestiniens, de religion chrétienne ou musulmane, nous unissons nos voix pour dénoncer la situation
dramatique qui ne fait qu’empirer depuis des années.
Cris de désespoir !
Cris de douleur !
Cris d’injustice !
Cris d’intolérance !
Cris de soumission !Si ces crimes sont commis sous le nom d’une religion, par définition ces actes se contredisent d’eux-mêmes : le mot religion vient du latin religare, qui signifie relier ou lier (à Dieu). Comment Dieu demanderait-il que nous nous entretuions ? Peu importe notre religion, le but ultime est le même pour tous !
Voici le lien de l’événement sur facebook : ![]()
À diffuser largement...
Merci de votre solidarité.
Menaces sur les coptes orthodoxes de France
Elles ont été proférées via Internet contre des églises. La section antiterroriste de la Criminelle enquête.
Après l’attentat qui fit vingt et un morts à Alexandrie, en Égypte, le soir de la Saint-Sylvestre, les menaces des islamistes radicaux contre les coptes s’étendent à la France. «La date du 7 janvier, jour où les coptes fêtent Noël, mérite une vigilance toute particulière», confie même un haut fonctionnaire de la Place Beauvau. «La menace est à prendre très au sérieux», déclare, de son côté, le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, qui a organisé lundi, à la demande du ministre de l’Intérieur, une réunion d’urgence avec ses grands subordonnés pour organiser le renforcement de la sécurité des lieux de culte fréquentés par cette communauté en Ile-de-France. Parallèlement, la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris a été chargée d’une enquête pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», à la suite de la plainte d’un curé de l’église copte orthodoxe de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine). Le père Girguis Lucas, de la paroisse Sainte-Marie-Saint-Marc, dit avoir été averti par l’un de ses fidèles sur «des menaces lancées sur Internet par des moujahidines islamiques qui annonçaient d’autres attentats en Europe et plus particulièrement en France». Des écrits qui citaient, selon lui, «son église» .
Une note d’alerte de la DRPP
Le Figaro est en mesure d’affirmer qu’une note d’alerte a été produite par la Direction du renseignement de la Préfecture de police (DRPP, ex-RG). Ce service, qui assure une veille permanente des sites islamistes les plus virulents, s’est inquiété de voir circuler la liste des paroisses coptes de France dans les messages diffusés par certains fanatiques. «Cinq à six sites Internet suspects ont été détectés en Ile-de-France», confie un agent. La paroisse de Châtenay-Malabry y serait donc mentionnée, tout comme celle de Colombes, toujours dans les Hauts-de-Seine.
Le préfet de ce département, Patrick Strzoda, a aussitôt réclamé la pose de barrières de sécurité autour des lieux concernés ainsi que des patrouilles supplémentaires. Mesures que le ministère de l’Intérieur veut étendre aux autres églises coptes d’Ile-de-France, à Villejuif (Val-de-Marne) ou Deuil-la-Barre (Val-d’Oise), mais aussi dans les villes de province où la communauté copte dispose de lieux de culte, comme Marseille, Saint-Fargeau, La Seyne-sur-Mer, Saint-Affrique, Beaulieu, Dijon, Montpeyroux ou Nîmes.
La France n’est pas la seule visée. Un message diffusé en décembre par le site Choukmoun al-Islam, l’une des chambres d’échos d’al-Qaida, liste une cinquantaine d’églises coptes comme des cibles potentielles, dont plusieurs en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. Cet appel au djihad est titré : «Lève-toi et abandonne le sommeil. C’est un avis important qui concerne des attaques à l’explosif contre des églises pendant les célébrations de Noël.» Son auteur exhorte «tout musulman qui se soucie de la réputation de ses sœurs à faire exploser» ces lieux de culte au moment où «ils seront remplis».
Source: Le Figaro
Les chrétiens du Liban se sentent menacés
Par Sibylle RIZK. 03/01/2011 | Mise à jour : 22:42

Des Libanais allument des bougies à Beyrouth, le 2 novembre dernier, en hommage aux chrétiens irakiens victimes de l'attentat du 31 octobre dans une église catholique de Bagdad.
Ils se considèrent en perte de vitesse sur le plan politique et économique au profit des deux principales communautés musulmanes, les sunnites et les chiites.
L’attentat dont ont été victimes les coptes d’Alexandrie résonne douloureusement au Liban, où la communauté chrétienne partage le sentiment d’être menacée à long terme, même si le danger n’y prend pas des formes violentes. La litanie des mauvaises nouvelles concernant leurs coreligionnaires d’Orient -l’exode des chrétiens d’Irak, notamment- exacerbe le sentiment d’insécurité des Libanais maronites, orthodoxes, melkites, syriaques, latins… Au point qu’un ministre a présenté la semaine dernière un projet de loi visant à interdire pendant quinze ans toute vente immobilière entre chrétiens et musulmans.
En filigrane de l’initiative du ministre du Travail, Boutros Harb, apparaît la volonté de contrer la politique d’expansion territoriale de la communauté chiite, emmenée par le Hezbollah, qui se traduit par des «achats massifs dans des zones stratégiques», explique-t-on dans son entourage. Cette nouvelle vague d’appropriations accompagne un autre mouvement d’investissements immobiliers réalisés par des Arabes du Golfe dans les montagnes libanaises, qui a conduit le législateur à imposer des quotas en la matière. Le patriarcat maronite avait déjà alerté dans un rapport dénonçant le contournement de la loi et le dépassement de ces quotas.
Logique de ghettoïsation
Le projet de loi sur l’interdiction des transactions immobilières interreligieuses a suscité de très vives réactions sur l’échiquier politique libanais, les uns le qualifiant de «folie», les autres le jugeant «anticonstitutionnel», certains dénonçant la logique de «ghettoïsation» dans laquelle s’enfermeraient les chrétiens.
Parmi les chrétiens eux-mêmes, beaucoup estiment qu’il a le «mérite d’ouvrir enfin de débat». «Il faut que les musulmans modérés comprennent que la défense des chrétiens au Liban est leur meilleure protection et inversement. Or les chrétiens du Liban n’ont pas les moyens aujourd’hui de faire face à la double pression, démographique et financière, dont ils sont l’objet, c’est pourquoi ils vendent», estime un membre de la Ligue maronite, sous couvert d’anonymat. La mixité de la société libanaise, est, poursuit-il, la seule garantie de préserver «le caractère libéral du Liban auquel nous tenons tous».
Les chrétiens du Liban font figure d’exception dans un Moyen-Orient où l’islam est majoritaire. Bien qu’ils ne soient pas les plus nombreux en valeur absolue, leur poids au sein de la population totale de leur pays est de loin la plus élevée. Elle est estimée à 34% aujourd’hui, contre moins de 10% en Égypte ou en Syrie. Ce chiffre est cependant en baisse depuis la création du «Grand Liban», en 1920, par les forces mandataires françaises. Au-delà de ce recul démographique, les chrétiens se considèrent en perte de vitesse sur le plan politique et économique au profit des deux principales communautés musulmanes, les sunnites et les chiites. Un exemple parmi d’autres: si la présidence de la République reste réservée à un chrétien maronite, les pouvoirs du chef de l’État ont été nettement amoindris dans l’accord de Taëf qui a mis fin à la guerre de 1975-1990.
Source: Le Figaro.
« Si les minorités chrétiennes d’Orient sont asphyxiées, c’est mauvais signe pour l’islam »
07/01/2010 16:06
J’ai trouvé cette entrevue publiée il y a un an, presque jour pour jour. J’ai jugé utile de la rediffuser.
Pour Mgr Philippe Brizard, directeur général de l´Œuvre d´Orient, il est très important de faire savoir ce que les chrétiens d’Orient vivent au quotidien.
ENTRETIEN
Mgr Philippe Brizard, Directeur général de l´Œuvre d´Orient ![]()
La Croix : Six coptes ont été tués et neuf autres blessés lors d’une fusillade, mercredi soir, dans une rue commerciale de Nagaa Hamadi, en Haute-Égypte. Comment réagissez-vous à ce nouvel acte de violence visant explicitement des chrétiens d’Orient ?
Mgr Philippe Brizzard : Dans cette région de Nagaa Hamadi, il y a un foyer de Frères musulmans qui profitent peut-être de la mollesse des autorités publiques. Sans doute ces extrémistes n’ont-ils pas résisté au plaisir de « faire un carton » – si j’ose parler ainsi – sur des chrétiens au moment du Noël oriental.![]()
Les violences faites aux chrétiens d’Orient s’expliquent-elles seulement par les extrémismes islamistes actuels ?
Non. Il faut dire et redire que les puissances occidentales sont en grande partie responsables de cette montée de l’islam fondamentaliste et des tensions qui en résultent parce que, au nom de la raison et d’une conception rigide de la laïcité, elles ne comprennent pas et rejettent tous les phénomènes religieux.
L’Occident perçu comme incroyant fait peur à l’Orient. Et il y a indéniablement une modification des relations entre chrétiens et musulmans et une augmentation de l’intolérance depuis l’avènement de la République islamiste en Iran, en 1979. Si l’on continue d’opposer ainsi un parti pris antireligieux systématique en Occident et une montée des intégrismes dans les pays musulmans, on va vers l’explosion.
C’est tout l’enjeu aujourd’hui du rapport entre foi et raison, comme l’a si bien compris Benoît XVI, afin que l’Occident traditionnellement chrétien puisse aider l’islam à approfondir et à développer une démarche religieuse compatible avec la raison.![]()
Paradoxalement, lorsque les chrétiens d’Orient témoignent de leur quotidien, ils ne se plaignent pas de leurs difficultés et de leur émigration massive. Comment expliquez-vous cela ?
Il y a une habitude du vivre ensemble entre musulmans et chrétiens qui fait que les difficultés sont minimisées. Le plus souvent, dans les quartiers urbains et les villages, chrétiens et musulmans se mélangent et se respectent. Si bien qu’on fait aller, pour ne pas vivre trop dans le découragement ou l’angoisse… Mais quand on interroge des familles chrétiennes qui ont été touchées par de telles violences, le discours est tout autre.
Il est vrai aussi qu’une certaine « langue de bois » règne sur le plan officiel. Un évêque oriental commencera toujours par vous dire que ses relations avec les communautés musulmanes sont excellentes, et ce n’est qu’après un certain temps qu’il osera parler en vérité et confier ses difficultés quotidiennes, dues aussi, dans bien des pays d’Orient, à la misère.![]()
Comment aider aujourd’hui ces chrétiens d’Orient ?
En leur manifestant notre solidarité ! Si l’on veut vraiment les aider, il faut parler d’eux, faire savoir ce qu’ils vivent, réfléchir et agir avec eux. Ce que vous faites à La Croix, par exemple, est très important car cela prouve qu’on ne les oublie pas. Le pire du pire, c’est le silence !
Il faut les aider aussi à éviter toutes sortes de manipulations politiques. Enfin, il faut travailler à ce que l’opinion publique occidentale dépasse les simplismes réducteurs qui opposent le fanatisme musulman au rationalisme laïc. C’est seulement ainsi que l’on pourra aider à dépasser la violence. En n’oubliant pas que si les minorités chrétiennes d’Orient sont asphyxiées dans les sociétés majoritairement musulmanes, c’est mauvais signe pour l’islam de demain.
Recueilli par Claire LESEGRETAIN, Source: La Croix
«Céder à la peur serait une victoire pour les terroristes»

Chrétiens et musulmans du quartier de Shoubra, au Caire, brandissent Coran et croix pour protester contre l'attentat d'Alexandrie, samedi soir 1er janvier (Photo : AP/Ahmed Ali).
Les habitants de Shoubra, au Caire, espèrent que la cohabitation pacifique entre coptes et musulmans dans leur quartier ne sera pas remise en cause par l’attentat d’Alexandrie, mais l’inquiétude grandit.
Autour de l’église Hadra Massara, une dizaine de policiers montent la garde, tout en blaguant avec les habitants. Des barrières métalliques empêchent les véhicules de se garer devant l’édifice.
« Désolé, le patron du magasin nous a interdit de parler aux médias », s’excuse une jeune femme voilée, vendeuse dans une pâtisserie voisine, l’un des rares magasins ouverts, alors que de nombreuses boutiques ont baissé leur rideau. Le sujet tabou, c’est bien sûr l’attentat du 31 décembre contre l’église Al Qidissine d’Alexandrie, qui a fait 21 morts et plus de 80 blessés.
« Depuis deux jours, on ne parle que de ça dans le quartier », souffle Oum Andrew, qui gère une épicerie quelques mètres plus loin. Mère de deux enfants, cette femme d’une quarantaine d’années ne cache pas son angoisse. « Bien sûr que les gens ont peur. Mais nous irons à l’église pour la messe de Noël, le 7 janvier. Et s’ils veulent frapper à nouveau, qu’ils frappent », affirme-t-elle d’un air grave, tandis que des clientes voilées font leurs achats dans son magasin.![]()
«Dans mon immeuble, presque tous les locataires sont chrétiens»
Shoubra est connue pour la bonne entente qui y règne entre coptes et musulmans. Les chrétiens y sont plus nombreux que dans le reste de la capitale égyptienne : des groupes de jeunes filles se promènent cheveux au vent, chose rare dans un pays où la quasi-totalité des femmes sont aujourd’hui voilées. Des images de saint Georges ou de la Vierge protègent les commerces, au même titre que des versets du Coran.
« Dans mon immeuble, presque tous les locataires sont chrétiens, comme la plupart de mes amis », lance Mohamed, un percussionniste d’une cinquantaine d’années. « Nous avons toujours vécu ensemble, on se rend visite lors des fêtes des uns et des autres. Il n’y a jamais eu de problème », poursuit-il, tandis que son ami Mickaël, lui-même copte, opine du chef.
C’est d’ailleurs à Shoubra que des mouvements de défense des droits de l’homme ont organisé, samedi, une manifestation contre le terrorisme réunissant coptes et musulmans. Mais certains craignent que l’onde de choc provoquée par l’attentat d’Alexandrie ne vienne perturber cette cohabitation heureuse.![]()
«Nos amis musulmans sont tristes et choqués»
« Ce qui se passe est grave. Il faut que le gouvernement prenne en compte les tensions qui existent entre chrétiens et musulmans en Égypte », souligne ainsi Madonna, étudiante en informatique de 20 ans, venue passer un moment dans l’église Hadra Massara.
« Depuis trois ans, il y a une attaque contre les coptes à chaque Noël. L’an dernier, c’était à Nag Hamadi (NDLR : 6 coptes avaient été tués à la sortie de la messe de minuit en Haute-Égypte), il y a deux jours à Alexandrie. À chaque fois des gens meurent, des enfants, des vieillards… Évidemment que l’on est en colère ! », renchérit son ami Mina, tout vêtu de noir, en signe de deuil.
Pour Ingi, 23 ans, l’entente cordiale entre les deux communautés n’est pas forcément sincère. « Nos amis musulmans sont tristes et choqués comme nous, mais il y a aussi des gens qui se réjouissent de l’attentat, même s’ils ne le disent pas, avance-t elle. Pour nous, la première mission du gouvernement est de retrouver les coupables et de les condamner. Sinon il y aura encore un sentiment d’impunité et les terroristes peuvent recommencer tant qu’ils veulent. »![]()
«Certaines personnes veulent déstabiliser le pays»
Tous les trois affirment qu’ils iront à l’église pour Noël. « Céder à la peur serait une victoire pour les terroristes », affirment-ils d’une seule voix. Ils craignent pourtant que l’attentat d’Alexandrie soit le début d’une escalade entre coptes et musulmans. « S’il se passe quelque chose à Noël, cette fois les coptes ne se tairont pas. Et le gouvernement non plus ne pourra pas garder le silence », prévient Mina.
Pour Ahmed, un habitant musulman du quartier, ce scénario est improbable. « Ceux qui ont fait cela n’ont pas de religion. L’islam dit qu’il faut respecter les autres “gens du Livre”, chrétiens et juifs », rappelle-t il.
Pour lui, la cohabitation ancestrale entre coptes et musulmans en Égypte n’est pas menacée. La théorie du gouvernement, accusant une « main étrangère » d’être derrière les attentats, ne lui semble pas absurde. « Certaines personnes veulent déstabiliser le pays, en profitant du fait que le président est vieux, qu’il va y avoir une élection présidentielle dans un an… »![]()
«Nous voulons vivre ici, c’est notre pays»
Il blâme aussi les coptes de l’étranger qui aggravent les tensions en parlant du « martyre » des chrétiens d’Égypte alors qu’ils ne vivent plus dans le pays depuis des années. Et critique le pape Benoît XVI : « Il s’exprime sur la situation des coptes mais il ne voit pas ce qui se passe ici au quotidien. La plupart des gens vivent en bonne entente ! »
Pour combien de temps encore ? C’est la question que semblent se poser de plus en plus de chrétiens d’Égypte. Alors que depuis vingt ans, le nombre de jeunes coptes diplômés qui émigrent aux États-Unis, à Londres ou au Canada ne cesse de croître, l’attentat d’Alexandrie risque d’accélérer encore la vague de départs.
« Nous voulons vivre ici, c’est notre pays », affirment Mina, Ingi et Madonna. « Mais en sécurité. On veut pouvoir aller à l’église sans avoir peur de ne pas revenir », dit simplement Ingi.
Nina HUBINET, au Caire. Source: La Croix
Une délégation du Courant du futur à l’église copte de Jisr el-BachaUne délégation du Courant du futur à l’église copte de Jisr el-Bacha
04/01/2011

La délégation du Courant du futur dans le salon de l’église Saint-Marc. Photo Hassan Assal
Le père Louis Orachalimi, responsable religieux des coptes du Liban, ainsi que Edmond Boutros, vice-président de la ligue copte, et d’autres responsables religieux ont accueilli la délégation qui a compté plusieurs députés, Nabil de Freige, Atef Majdalani, Ammar Houry, Bassem Chab ainsi que d’autres membres du bureau du Courant du futur.
À l’issue de la visite, Ahmad Hariri a fait part de son souci que « de tels actes barbares se propagent » dans la région et « touchent le Liban », espérant que les autorités égyptiennes feront toute la lumière sur « un acte atroce ».
« La situation est délicate, a-t-il poursuivi, et il est nécessaire, à l’ombre des incidents du Soudan et de l’Irak, de consolider notre position intérieure et de s’épauler afin de renforcer notre union, et ainsi, la stabilité de notre pays. »
Ahmad Hariri a également mis en garde contre un « plan » ourdi pour la région, estimant qu’il s’agit de préserver la vie commune, moyennant « une vigilance constante et une détermination sans faille ».
Il a ainsi évoqué l’initiative arabe exceptionnelle à l’endroit des chrétiens d’Orient, dans le but de leur assurer une protection nécessaire.
Rappelons que l’église copte Saint-Marc, à Jisr el-Bacha, célébrera jeudi prochain à 20h la messe de Noël, en présence de l’ambassadeur égyptien Ahmad el-Bidiaoui.
Les condamnations verbales sont insuffisantes, affirme le comité de dialogue national islamo-chrétien
04/01/2011
« Il est nécessaire d’agir pour préserver la liberté religieuse et les fondements de la convivialité, en établissant une égalité civique entre tous, indépendamment des confessions religieuses des uns et des autres », a affirmé le comité dans un communiqué.
Et le comité de relever, dans son communiqué, que « la culture du rejet de l’autre que propagent certains programmes télévisés assume une responsabilité directe dans la diffusion de la haine religieuse et l’incitation à la haine et à l’homicide ».
Pour le comité, « sans être faux, le fait d’attribuer la responsabilité de tels crimes à un agent étranger, ennemi israélien ou autre, ne dispense pas les parties concernées d’une autocritique susceptible de couper la voie à la discorde confessionnelle ».
La tendance à faire assumer à un tiers étranger la responsabilité du drame « ne justifie pas, non plus, la légèreté dont les autorités ont fait preuve au niveau des mesures de protection des édifices religieux ».
Et le comité de mettre en question l’orthodoxie religieuse de ceux qui commettent des attentats terroristes de la sorte, rappelant que le Coran considère que « l’offense faite à un chrétien équivaut à une offense faite au Prophète », et que « tuer un homme, c’est tuer l’humanité ».
En Égypte, la peur des tensions confessionnelles
03/01/2011

Des chrétiennes égyptiennes touchent une représentation du Christ maculée de sang à l’intérieur de l’église des Saints à Alexandrie visée par un attentat dans la nuit de vendredi à samedi. Amr Abdallah Dalsh/Reuters
Terrorisme Après l’attentat meurtrier perpétré à Alexandrie, la nuit de la Saint-Sylvestre, devant l’église copte des Saints, l’émotion était toujours vive hier en Égypte où l’on redoute une exacerbation des tensions confessionnelles. Cet acte terroriste a été vivement stigmatisé au Liban.
L’Égypte redoutait hier une aggravation des tensions confessionnelles après l’attentat qui a fait 21 morts devant l’église copte des Saints d’Alexandrie. Craignant que ce massacre commis dans la nuit du Nouvel An ne provoque des tensions de plus en plus graves, la presse égyptienne de tous bords exhortait chrétiens et musulmans à faire bloc. « Quelqu’un veut faire exploser ce pays (…). Nous devons nous rendre compte qu’il y a un complot » visant à provoquer « une guerre civile religieuse » en Égypte, affirme le quotidien progouvernemental Rose el-Youssef, en appelant les Égyptiens à « ne pas donner au terrorisme une arme supplémentaire », celle de la division. Pour le quotidien indépendant al-Chourouq, « personne ne peut blâmer les frères chrétiens s’ils ressentent colère et dégoût » après cet attentat. Mais ce qui serait « plus dangereux que ce massacre, c’est que les frères chrétiens s’engluent dans les sentiments de colère et de frustration et que leur isolement augmente. Là, les instigateurs du crime auraient réalisé leur vrai objectif », estime le quotidien. « Si le plan marche comme prévu, les opérations criminelles contre des objectifs et des lieux de culte coptes augmenteraient, les Coptes (…) se heurteraient à leurs voisins musulmans, et nous commencerions à nous noyer dans un marécage semblable à ce qui s’est passé au Liban en avril 1975 », craint-il, en référence à la guerre civile libanaise.
La stratégie du pouvoir de traiter cet attentat avant tout comme une affaire sécuritaire, visant les Égyptiens quelle que soit leur confession, fait aussi l’objet de critiques de la part de la presse. « Il ne sera possible de contenir l’impact de cet acte criminel (…) qu’en y faisant face de manière franche et courageuse, en ne se mettant pas la tête dans le sable » face aux tensions interconfessionnelles, écrit al-Masri al-Yom. « Certains évoquent la probabilité de mains étrangères derrière ce crime. Nous croyons que si le tissu national était suffisamment solide, aucune partie étrangère n’aurait réussi à le transpercer et y mettre le feu », ajoute-t-il, estimant que la seule solution est un « dialogue social sérieux autour de ce dossier sensible ».
Les autorités religieuses mettaient également en garde contre une tentative de diviser le pays. Le patriarche copte orthodoxe Chenouda III a dénoncé un acte « terroriste » et « lâche » « visant à déstabiliser le pays ». Al-Azhar, la grande institution de l’islam sunnite basée au Caire, a estimé que l’attentat visait « l’unité nationale égyptienne » et appelé chrétiens et musulmans au calme. Le responsable sunnite a aussi annoncé la création d’un comité conjoint avec l’Église copte pour comprendre les raisons des tensions entre les deux communautés et tenter de les résoudre. Ce comité devrait tenir sa première réunion dans deux semaines. La confrérie islamiste des Frères musulmans, première force d’opposition en Égypte, a également évoqué des « complots » visant à diviser chrétiens et musulmans d’Égypte.
L’attentat contre l’église des Saints a été commis vers minuit et demi dans la nuit de vendredi à samedi alors que les fidèles commençaient à sortir d’une messe. Le ministère de l’Intérieur a écarté la thèse d’une voiture piégée, initialement privilégiée, pour assurer désormais que l’attentat a été « probablement » provoqué par un kamikaze porteur d’explosifs de fabrication locale, mais commandité par « des éléments extérieurs ». Le président Hosni Moubarak a lui-même mis en cause samedi des « mains étrangères » derrière ce massacre.
Bien que l’attaque n’ait pas été revendiquée, la piste d’el-Qaëda est évoquée à mots couverts par les autorités, qui rappellent qu’une organisation irakienne issue de cette mouvance a proféré il y a deux mois des menaces précises contre les chrétiens d’Égypte. Ce groupe irakien, qui avait revendiqué l’attentat du 31 octobre contre une cathédrale de Bagdad, accuse les chrétiens d’Égypte « d’emprisonner » deux femmes de prêtres coptes orthodoxes qui se seraient converties à l’islam.
En soirée, une source sécuritaire égyptienne a indiqué à Reuters que sept personnes sont détenues dans le cadre de l’enquête. Dix autres ont, en revanche, été remises en liberté. Selon une autre source, les interrogatoires se succèdent et « un certain nombre » de suspects ont été brièvement interpellés avant d’être, pour la plupart, remis en liberté après interrogatoire.
Source: L’Orient Le Jour
Messe dominicale dans la douleur et la colère

Samedi, aux cris de « Le cœur des Coptes est en feu » ou « Le sang des Coptes n’est pas bon marché », des centaines de jeunes chrétiens d’Alexandrie avaient affronté les forces de l’ordre. Sourds aux appels au calme des évêques et des officiels, les manifestants répartis en petits groupes avaient lancé tout au long de la journée des pierres et des bouteilles sur les forces antiémeute déployées autour de l’église des Saints, dans le quartier de Sidi Bechr, dans l’est d’Alexandrie. En soirée, lors des funérailles des victimes au monastère Marmina à King Mariout, une banlieue à une trentaine de kilomètres d’Alexandrie, la foule avait refusé d’accepter les condoléances du président égyptien. « Non, non, non », criaient les fidèles coptes interrompant, à plusieurs reprises, le secrétaire du pape copte Chénouda III, l’évêque Youanes, lorsqu’il a voulu transmettre les condoléances du chef de l’État.
Hier, un calme précaire était revenu, mais l’émotion était toujours vive parmi les fidèles assistant à la messe dominicale. Les larmes aux yeux, des femmes imploraient à voix haute Dieu « de venger les martyrs » et « de brûler les cœurs » des auteurs de cet attentat qui a coûté la vie à 21 personnes. De nombreux fidèles déploraient également la « discrimination » dont cette communauté se plaint depuis longtemps avec force. « Dans ce pays, nous n’arrivons même pas à faire la prière dans la maison de Dieu », affirmait Sameh Guirguis, un ingénieur de 32 ans. « C’est le sentiment anticopte avivé par des responsables de mosquées qui est à l’origine de notre problème », renchérissait Fifi Abdel Malak, une mère de famille de 37 ans.
Pour l’évêque de l’église des Saints, Mgr Maqqar, « aucune religion ne peut cautionner les meurtres » et « le cœur du problème, c’est le fanatisme et l’extrémisme musulmans ». La hiérarchie copte a « essayé de calmer » les fidèles après l’attaque, « en leur expliquant que le Christ nous a demandé de faire preuve de patience », affirme-t-il à l’AFP. Mais selon lui, les institutions de l’État ont elle aussi un rôle à jouer pour apaiser les Coptes, « en garantissant notre droit à la vie, à la prière et à l’emploi ».
Le synode des évêques coptes d’Alexandrie a critiqué samedi dans des termes à peine voilés le laxisme des autorités égyptiennes face à des prises de position ouvertement anticoptes. L’attentat de l’église des Saints « est le résultat de la mobilisation anticopte et des mensonges propagés récemment contre l’Église (copte) », a affirmé le synode dans un communiqué. Les évêques faisaient allusion à plusieurs manifestations, dont la dernière a eu lieu vendredi, organisées devant une grande mosquée en plein centre d’Alexandrie, sans que la police intervienne, et appelant à boycotter les Coptes et à les punir s’ils n’acceptent pas de « libérer » Camilia Chehata et Wafaa Constantine. Ces deux chrétiennes sont « emprisonnées dans des monastères » pour s’être converties à l’islam, selon un groupe irakien lié à el-Qaëda.
dramatique qui ne fait qu’empirer depuis des années.

