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Articles Tagués ‘France’

Les origines libanaises (et torturées) de Thomas Langmann, producteur de “The Artist”

27 février 2012 Laisser un commentaire

OLJ/Agences | 27/02/2012

Jean-Pierre Rassam, grand producteur d'origine libanaise de cinéma français et oncle de Thomas Langmann, producteur de

Jean-Pierre Rassam, grand producteur d'origine libanaise de cinéma français et oncle de Thomas Langmann, producteur de "The Artist", un film qui est entré hier soir dans la légende des Oscars.

CINÉMA La mère de Langmann, était Anne-Marie Rassam.

Avec les cinq Oscars remportés dimanche soir par le film français “The Artist”, “la boucle est bouclée”, a déclaré à l’AFP son producteur Thomas Langmann, dont le père Claude Berri avait lui-même remporté un Oscar en 1966 pour son court-métrage “Le poulet“.

Dans le hall de l’hôtel Mondrian, sur le mythique Sunset Boulevard, à un jet de pierre d’Hollywood, l’heureux producteur a été le premier des “Artistes” à se présenter aux journalistes français et américains, pendant la fête Weinstein – le distributeur américain du film -, dans une ambiance électrique.

En reçevant son Oscar quelques heures plus tôt, M. Langmann avait rendu hommage à son père Claude Berri. Il a déclaré à l’AFP que c’était “la première personne” à qui il avait pensé en entendant l’acteur Tom Cruise dire les mots magiques “Et le gagnant est… The Artist”.

“Oui, mon père. Et ensuite ma mère, mon frère, mes proches, mes enfants, tous les gens proches de moi”, a-t-il dit. “C’est une histoire de famille parce que je suis dans une famille du cinéma. Mon père avait gagné un Oscar, un Golden Globe, un BAFTA, donc la boucle est un peu bouclée”.

Une famille qui plonge aussi ses racines au Liban.  Lire la suite…

Une personnalité politique d’un autre calibre

3 février 2012 Laisser un commentaire
L’ancien député a marqué les grandes étapes de la vie politique libanaise.

L’ancien député a marqué les grandes étapes de la vie politique libanaise.

Le décès de l’ancien député, Nassib Lahoud, a provoqué beaucoup d’émoi auprès de ses alliés, notamment de ses camarades du Rassemblement de Kornet Chehwane et de la révolution du Cèdre.

Le patriarche maronite, Mgr Béchara Boutros Raï, a qualifié Nassib Lahoud « d’homme d’État », soulignant que « son décès est une grande perte pour le Liban ». Lire la suite…

Conférence d’Antoine Sfeir au Puy

15 janvier 2012 Laisser un commentaire

Crédit : Gil Fornet “Chrétiens d’Orient : quel avenir ?” sera le thème de la conférence d’Antoine Sfeir, vendredi 27 janvier prochain à 19h à l’Hôtel Dieu du Puy. Suite à cette rencontre, un échange avec le public sera organisé.

Jusqu’au printemps arabe

Antoine Sfeir abordera les thématiques relatives à la situation des chrétiens notamment en Egypte, en Iran, en Irak et au Liban depuis leurs origines jusqu’aux récents évènements du printemps arabe. Ce dernier établira également un bilan de la situation actuelle dans l’ensemble du monde arabe. La conférence est organisée par l’Yssingelaise Bérénice Murgue, doctorante en sciences politiques à l’université Paris-Sorbonne et collaboratrice d’Antoine Sfeir aux Cahiers de l’Orient. Lire la suite…

Raï : « Le jour où le Hezbollah remettra ses armes sera jour de fête »

10 janvier 2012 Laisser un commentaire

Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a mis en garde hier contre la tendance des Libanais à considérer comme interne un problème qui est « aux trois quarts externe ».

Il a donné pour exemple la question des armes du Hezbollah, rappelant que c’est sous cet angle qu’il s’était adressé aux Français, lors de sa visite officielle en France, en septembre dernier.

« J’ai mis en demeure les puissances occidentales, et en particulier la France, de priver le Hezbollah du prétexte qu’il invoque pour garder ses armes, en contraignant Israël à quitter la portion de territoire libanais qu’il continue d’occuper », a-t-il affirmé en substance.

« Le jour où le Hezbollah remettra ses armes sera jour de fête ; je n’ai jamais dit autre chose, on m’a sciemment compris de travers », a-t-il lancé, lors d’une audience accordée aux journalistes accrédités auprès du siège patriarcal.

Par ailleurs, le patriarche maronite a mis en garde hier contre une catastrophe économique et sociale au Liban « si les choses demeurent en l’état ».

« Nul n’ignore qu’une crise de régime, doublée d’une crise gouvernementale, sévit au Liban, a-t-il dit. En somme, le travail n’a pas encore commencé, alors que les besoins sont immenses. L’immobilisme règne au niveau gouvernemental, paralysé par un conflit entre deux forces politiques antagonistes. Au point que l’on peut reprendre l’image utilisée par le patriarche Sfeir, qui a comparé le Liban à un véhicule que tirent deux forces diamétralement opposées, et qui demeure donc immobile. La seule chose qui a changé, c’est que les forces en présence ont échangé leurs places. Ceux qui tiraient en avant tirent aujourd’hui en arrière, et réciproquement. Mais le résultat est le même : immobilisme. »

Et d’ajouter : « Une mutation profonde affecte en ce moment le monde arabe. Le Liban peut être un agent pacificateur ; il peut remplir un rôle de médiateur et de bons offices. C’est pourquoi il est inacceptable que le Liban stagne politiquement comme c’est le cas et soit incapable d’intervenir. Il est inadmissible aussi qu’il ne puisse prévenir la véritable catastrophe économique et sociale qui lorgne à l’horizon. Si l’on se fie aux médias, la crise est partout, la dette augmente. (…) Ce qui manque, c’est la confiance. Il faut relancer la conférence pour le dialogue national. » Lire la suite…

Accord entre l’AFD et le CDR pour un projet sur le patrimoine culturel

16 décembre 2011 Laisser un commentaire

16/12/2011

L’ambassadeur de France Denis Pietton et le président du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) Nabil Jisr ont signé hier un accord sur un prêt accordé par l’Agence française de développement (AFD) pour un projet concernant le patrimoine culturel. Le prêt est de 20 millions d’euros et servira à compléter le financement de projets prévus dans le cadre d’un projet plus vaste sur l’héritage culturel et le développement urbain des villes.

Ce projet concerne cinq villes : Saïda, Baalbeck, Jbeil, Tripoli et Tyr. Il est financé par trois parties, la Banque mondiale, le gouvernement italien et l’AFD, sans compter le financement local.
La signature de l’accord s’est déroulée hier en présence du directeur de l’AFD à Beyrouth, Denis Cassat. M. Pietton a estimé qu’un tel projet « aidera à moderniser les endroits historiques et culturels dont le Liban est riche ».
Quant à M. Jisr, il a rendu hommage à la relation historique qui unit le Liban à la France.

Source : L’Orient Le Jour

La nouvelle vie en France des réfugiés chrétiens d’Irak

Par Pauline MOUHANNA, Paris | 12/05/2011

Près de 6 mois après l’attaque de leur cathédrale syro-catholique de Bagdad, les réfugiés d’Irak qui ont été accueillis en France après le drame n’ont rien oublié de l’horreur qu’ils ont vécue. Marqués par leur désir de bien s’intégrer et leur nostalgie pour un pays toujours meurtri, ils se créent de nouveaux repères. Reportage au cœur d’une communauté qui tente de s’enraciner loin de chez soi.

Des larmes, de l’émotion, mais de l’espoir en dépit de tout. Et pourtant, les jours passés ne font pas oublier aux réfugiés irakiens ces attentats terroristes. Ce 31 octobre 2010 restera longtemps gravé au sein de leur mémoire collective. Alors qu’ils étaient rassemblés pour prier le dimanche soir, des terroristes se sont fait exploser à l’intérieur de la cathédrale Sayidat al-Najat (Notre-Dame du Perpétuel Secours). Le bilan est lourd : 60 martyrs, parmi eux 2 prêtres de la communauté, et 56 blessés. La France a accueilli en octobre dernier les blessés les plus graves ; 35 rescapés ont été soignés en région parisienne. Les blessés étaient accompagnés de 21 personnes. Aujourd’hui, une dizaine de personnes sont rentrées chez elles. Les autres, qui sont restés en France, ont obtenu le droit d’asile avec leurs accompagnateurs familiaux. Tous n’oublient pas Mohammad, gravement blessé, longuement hospitalisé. Ce garde du corps est un véritable héros. Alors que la dame qu’il accompagne priait à l’intérieur de l’église, il est rentré pour la défendre dès qu’il a entendu les sons des explosions. Les réfugiés saluent tous son courage et soulignent qu’il n’a pas eu peur des terroristes. Malgré son état de santé, Mohammad, stoïque, pense surtout à sa famille qui vit en Irak. Son traumatisme et ses douleurs physiques ne lui font pas oublier son éloignement de ses proches. Il n’est évidemment pas le seul à être dans cette situation. Mais, contrairement aux autres, lui n’a pas eu l’occasion de penser à son avenir. Rentrera-t-il en Irak ou restera-t-il en France ?

La peur du kidnappage

Yako Elich, secrétaire général de l’Association d’entraide aux minorités d’Orient (AEMO) qui a pour mission d’aider les minorités d’Orient et de sensibiliser l’opinion publique à leur situation, explique que la majorité des réfugiés refusent de retourner. « Lorsque vous leur parlez de leur avenir, ils le voient en France. Comment les pousser à rentrer alors qu’ils craignent pour leur vie ? Ce qui me désole, c’est comment certains critiquent notre travail associatif. Ils pensent que nous encourageons les chrétiens d’Irak à l’exode. Mais il faut que tout le monde comprenne que s’ils retournent, c’est vers la mort. » La peur pour leurs proches obsède les réfugiés interrogés. L’un d’eux rapporte que le kidnappage est devenu monnaie courante. « On n’en parle pas assez pour ne pas effrayer plus les chrétiens. Mais hélas, ceux qui demeurent là-bas sont conscients des risques qu’ils encourent. » C’est pour cette raison que l’objectif premier de certains réfugiés est d’aider les membres de leur famille à venir les retrouver. « Certains ont été déjà rejoints par leurs conjoints et enfants, d’autres sont toujours dans leur attente angoissée. En effet, avec les divers remaniements ministériels et les affaires urgentes telles la Tunisie et la Lybie, le programme des 150 visas alloués aux blessés et martyrs est suspendu », raconte Élisabeth Gobry, vice-présidente de l’AEMO.

Youssef nous raconte son histoire. Ce chef de famille attend impatiemment tous les jours les nouvelles de ses proches. « On m’a promis ici que les procédures seraient facilitées et que ma femme et mes enfants arriveront prochainement. L’attente est longue, mais je suis de plus en plus persuadé que nous faisons le bon choix. » Pour mieux s’intégrer, Youssef, anglophile, veut apprendre plus rapidement la langue de Molière. « Depuis notre arrivée, on prend chaque semaine plusieurs cours. Mais c’est une langue très difficile. » En fait, rien ne laissait présager à ce dentiste qu’il serait obligé d’apprendre un jour le français pour exercer son métier. En Irak, Youssef vivait plutôt normalement avant la chute du régime de Saddam Hussein. Mais il ne dirait jamais qu’il préfère être sous le règne du président déchu. « C’est une question difficile. Je ne soutiendrai jamais un dictateur, mais en même temps je suis conscient que mon pays ne m’appartient plus. » Presque tous les réfugiés interrogés refusent d’ailleurs d’aborder l’ère de Saddam. « À quoi bon, s’interroge Marie. Cette période me semble si loin. Nous avons tant de problèmes aujourd’hui que nous ne pensons plus au passé. » Tous ont surtout peur pour l’avenir des assyro-chaldéens. « C’est parce que nous sommes persécutés qu’à Bagdad notre communauté est passée de 450000 personnes à 150000 membres » rapporte Joseph. De nos jours, plus de 200 familles de chrétiens d’Irak ont refait leur vie en Île-de-France. Ils sont médecins, ingénieurs… Ils ont obtenu les équivalences de leurs diplômes et des aides familiales. Certains réfugiés de Créteil attendent à leur tour ces équivalences. Six familles ont reçu des aides de l’Office français de l’immigration et de l’intégration pour s’installer dans des appartements sociaux en banlieue parisienne ou en province. « On est évidemment très redevable aux autorités françaises. Quant aux citoyens, nous devons apprendre à mieux les connaître » note Georges. Yako Elich explique que ces réfugiés percevaient différemment la France avant de résider : « Étant très attachés aux valeurs familiales et chrétiennes et vivant en communauté, ils s’attendaient à trouver ces valeurs plus propagées. »

Source: L’Orient Le Jour

Lancement officiel à Paris du Salon « Le Liban en France »

Par Élie MASBOUNGI | 19/05/2011

L’exposition « Le Liban en France » a été officiellement lancée en début de semaine dans les locaux de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris lors d’une réunion en présence de l’ambassadeur du Liban en France, Boutros Assaker, du président de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP), Pierre-Antoine Gailly, du président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Beyrouth et du Mont-Liban (CCIAB), Mohammad Choucair, et du vice-président exécutif de la Chambre de commerce franco-libanaise, Pierre Rozek.

« Le Liban en France » aura lieu du 28 au 30 octobre prochain au Palais des Congrès, porte Maillot. Plus de 120 entreprises libanaises et libano-françaises y sont attendues et des rencontres professionnelles sont prévues. L’espace consacré aux stands est de 3 500 m2.

Devant une assistance composée d’hommes d’affaires français et de représentants de la presse, le président de la CCIP a prononcé un mot de bienvenue suivi à la tribune par l’ambassadeur Assaker qui a souligné l’importance de cet événement pour le développement et le renforcement des relations amicales et de la coopération entre la France et le Liban.

MM. Mohammad Choucair et Pierre Rozek devaient prononcer à leur tour de brèves allocutions pour inviter les entreprises libanaises et françaises à se rencontrer au cours de ce Salon à la faveur de réunions professionnelles qui y sont prévues.

De son côté, M. Nicolas Vassitch, conseiller commercial près l’ambassade de France au Liban, a présenté le Liban en chiffres, évoquant la situation actuelle et expliquant que le Liban reste un partenaire intéressant pour les investisseurs français.

Enfin, M. Nabil Baz, directeur de la société Promofair, organisatrice du Salon, a présenté l’événement, affirmant que plusieurs entreprises libanaises continuent à s’y inscrire malgré la crise que traverse actuellement le Liban.

« Le Liban en France » est une réplique et une suite logique de l’exposition « La France au Liban » qui s’était tenue à Beyrouth l’année dernière. À Paris, les secteurs libanais du luxe, du BTP, de l’agroalimentaire ainsi que d’autres domaines professionnels seront au rendez-vous de la porte Maillot.

Il s’agit pour les organisateurs de l’événement de donner aux participants l’occasion de promouvoir leurs produits et services, et d’étudier les moyens de créer des partenariats durables et intéressants pour les deux parties.

Source: L’Orient Le Jour

Migration libanaise en France : les difficultés de transmission de la langue d’origine

Par Pauline MOUHANNA | 07/03/2011

Pour les Libanais émigrés en France, le vrai défi est celui de passer leur langue maternelle à leurs enfants.

« Intégration », ce mot revient souvent dès qu’on parle de migration en France. Pour bien s’intégrer, un immigré doit être capable de s’exprimer parfaitement en français. Pour les parents libanais francophones vivant à Paris, aucun problème ne se pose lorsqu’ils décident de parler la langue de Molière avec leurs proches. Au contraire, le vrai défi est d’apprendre le dialecte libanais et l’arabe littéraire à leurs enfants, nés en France ou arrivés très jeunes. Transmettre sa langue d’origine semble parfois si difficile en contexte migratoire que certains décident d’abandonner l’idée. À quelles difficultés font face les parents libanais et pour quelles raisons certains délaissent-ils cet apprentissage ? Enquête au cœur de la capitale parisienne.

Zeina, 28 ans, est arrivée à Paris alors qu’elle était âgée d’un an et demi. Son père, qui tenait à lui apprendre sa langue d’origine, était souvent absent. Quant à sa mère, qui était dispensée des cours d’arabe au Liban, elle lui a toujours parlé en français. Aujourd’hui, cette jeune Franco-Libanaise voudrait tant apprendre la langue de ses aïeux. Mais les difficultés sont d’ordre pratique : maîtriser la grammaire, la conjugaison, la prononciation d’une langue qui est loin d’être facile. Tout ou presque reste à faire. Le cas de Youmna n’est pas isolé. Combien de parents Libanais apprennent vraiment le dialecte libanais et l’arabe littéraire à leurs enfants ? Il est difficile de donner des chiffres. Hana Naaman, auteur du livre Les proverbes de ma mère, éd. Geuthner et qui a enseigné l’arabe littéraire durant de nombreuses années, constate que « la plupart des parents ne communiquent pas en libanais avec leurs enfants, bien qu’ils le parlent entre eux. Résultat : les enfants le comprennent sans le parler ». Ces propos sont confirmés par plusieurs témoignages, dont celui de Sandrine, 32 ans. Quand elle est arrivée en France pendant la guerre, ses parents, qui parlaient entre eux en libanais, pensaient que leur migration était temporaire et voulaient que leurs enfants maîtrisent au maximum le français. « Ils se disaient que ce serait un atout pour nous. Mais la guerre s’est prolongée et nous sommes restés en France. Nous n’avons jamais réellement appris ni le dialecte libanais ni l’arabe littéraire. » Par la suite, elle a pris quelques cours d’arabe, mais cela n’a pas réussi à rattraper le temps perdu. Ce qui ne l’aide pas aussi, c’est que tous ses amis libanais parlent bien le français et l’anglais. Une situation qui ne la pousse pas vraiment à faire des efforts.

D’autres jeunes Libanais ont pour leur part appris la langue d’origine de leurs parents, et ce dès leur jeune âge. Mais ils ne lisent pas et n’écrivent pas l’arabe littéraire. C’est le cas de Samer, 22 ans, né à Paris, qui s’exprime parfaitement en libanais, mais qui n’a pas reçu des cours d’arabe littéraire. Autre que Samer, Marc, 19 ans, est également dans la même situation. Né en France, il se débrouille en libanais, mais le cache à ses proches. Les raisons : la peur du ridicule, car son accent est prononcé. Il explique : « Il suffit que je prononce un mot en libanais pour que mes proches éclatent de rire. Aujourd’hui, je ne fais plus aucun effort. Quand je me rends au Liban, je fais comme si je ne comprenais pas la langue. C’est plus facile que d’affronter le regard moqueur de mes cousins. » Marc a donc fait une croix sur la pratique linguistique qui lui permettrait pourtant de mieux s’exprimer en libanais.

Et il n’est pas le seul. Tania relate l’histoire de son fils, Marwan, 17 ans. Il est arrivé à Paris à l’âge de 2 ans. Chaque samedi, elle lui donnait patiemment des cours d’arabe littéraire et ne parlait qu’en libanais avec lui. Marwan avait d’ailleurs beaucoup progressé. Mais un jour, à l’adolescence, il décide qu’il ne veut plus du tout ni apprendre l’arabe littéraire ni parler en libanais. Comme s’il avait complètement rejeté tout ce qui lui a été transmis. Les raisons : « Ses amis lui ont indiqué qu’en France c’est mal vu d’être communautaire et que, pour cela, il devrait éviter d’apprendre la langue natale de ses parents. » Une réponse qui ne plaît pas à sa mère. Lorsqu’elle l’insiste, il lui explique : « Je ne veux pas passer pour un Arabe. Ils sont si mal perçus en France. »

D’autres jeunes ont explicitement demandé à leurs parents de ne plus leur parler en libanais en public. Un père de famille rapporte que ses enfants ont peur de la discrimination et que pour eux l’arabe est « la langue des terroristes ». Dans ce contexte, il faut beaucoup de détermination de la part des parents pour expliquer l’histoire du Liban, sa position dans le monde arabe et poursuivre l’apprentissage de leur langue d’origine. Or, si certains s’obstinent, d’autres sont découragés en cours de chemin. Les raisons ne sont pas nécessairement sociales, mais surtout d’ordre pratique.

Marie, mère de 3 enfants, arrivée en France en 1973, regrette aujourd’hui de ne pas avoir réellement fait l’effort, ni elle ni son mari. Elle a tenté des fois de leur apprendre sa langue maternelle, mais elle n’a jamais réussi à aller loin. Des regrets partagés par Antoine, grand-père de quatre petits-enfants. Ses enfants s’expriment parfaitement en libanais. Mais ce n’est du tout le cas de ses petits-enfants. Les motifs sont à rechercher selon lui dans le fait que « le migrant libanais s’adapte facilement dans les pays occidentaux et qu’en conséquence sa descendance risque de perdre son identité ». À terme, ajoute-t-il, « il va finir par se diluer dans la société où il se trouve ».

Pourtant, tous les Libanais interrogés dans le cadre de cette enquête estiment que la langue est une composante essentielle de leur identité. Tous la perçoivent comme un mode de transmission « naturel » de leur culture d’origine. La langue, affirme le chercheur Patrick Charaudeau, « crée une solidarité avec le passé, fait que notre identité est pétrie d’histoire et que nous avons toujours quelque chose à voir avec notre propre filiation ». En contexte migratoire, maintenir la langue parentale témoigne d’un attachement au passé, d’un souci de faire perdurer la mémoire familiale. Mais pour y parvenir, il faudrait une volonté de fer et beaucoup de patience.

Pauline Mouhanna, Paris

Source: L’Orient Le Jour

Menaces sur les coptes orthodoxes de France

4 janvier 2011 Laisser un commentaire

Eglise Ste Marie & St Marc, Chatenay MalabryElles ont été proférées via Internet contre des églises. La section antiterroriste de la Criminelle enquête.

Après l’attentat qui fit vingt et un morts à Alexandrie, en Égypte, le soir de la Saint-Sylvestre, les menaces des islamistes radicaux contre les coptes s’étendent à la France. «La date du 7 janvier, jour où les coptes fêtent Noël, mérite une vigilance toute particulière», confie même un haut fonctionnaire de la Place Beauvau. «La menace est à prendre très au sérieux», déclare, de son côté, le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, qui a organisé lundi, à la demande du ministre de l’Intérieur, une réunion d’urgence avec ses grands subordonnés pour organiser le renforcement de la sécurité des lieux de culte fréquentés par cette communauté en Ile-de-France. Parallèlement, la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris a été chargée d’une enquête pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», à la suite de la plainte d’un curé de l’église copte orthodoxe de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine). Le père Girguis Lucas, de la paroisse Sainte-Marie-Saint-Marc, dit avoir été averti par l’un de ses fidèles sur «des menaces lancées sur Internet par des moujahidines islamiques qui annonçaient d’autres attentats en Europe et plus particulièrement en France». Des écrits qui citaient, selon lui, «son église» .

Une note d’alerte de la DRPP

Le Figaro est en mesure d’affirmer qu’une note d’alerte a été produite par la Direction du renseignement de la Préfecture de police (DRPP, ex-RG). Ce service, qui assure une veille permanente des sites islamistes les plus virulents, s’est inquiété de voir circuler la liste des paroisses coptes de France dans les messages diffusés par certains fanatiques. «Cinq à six sites Internet suspects ont été détectés en Ile-de-France», confie un agent. La paroisse de Châtenay-Malabry y serait donc mentionnée, tout comme celle de Colombes, toujours dans les Hauts-de-Seine.

Le préfet de ce département, Patrick Strzoda, a aussitôt réclamé la pose de barrières de sécurité autour des lieux concernés ainsi que des patrouilles supplémentaires. Mesures que le ministère de l’Intérieur veut étendre aux autres églises coptes d’Ile-de-France, à Villejuif (Val-de-Marne) ou Deuil-la-Barre (Val-d’Oise), mais aussi dans les villes de province où la communauté copte dispose de lieux de culte, comme Marseille, Saint-Fargeau, La Seyne-sur-Mer, Saint-Affrique, Beaulieu, Dijon, Montpeyroux ou Nîmes.

La France n’est pas la seule visée. Un message diffusé en décembre par le site Choukmoun al-Islam, l’une des chambres d’échos d’al-Qaida, liste une cinquantaine d’églises coptes comme des cibles potentielles, dont plusieurs en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. Cet appel au djihad est titré : «Lève-toi et abandonne le sommeil. C’est un avis important qui concerne des attaques à l’explosif contre des églises pendant les célébrations de Noël.» Son auteur exhorte «tout musulman qui se soucie de la réputation de ses sœurs à faire exploser» ces lieux de culte au moment où «ils seront remplis».

Source: Le Figaro

«Céder à la peur serait une victoire pour les terroristes»

4 janvier 2011 Laisser un commentaire

Chrétiens et musulmans du quartier de Shoubra, au Caire, brandissent Coran et croix pour protester contre l'attentat d'Alexandrie, samedi soir 1er janvier (Photo : AP/Ahmed Ali).

Les habitants de Shoubra, au Caire, espèrent que la cohabitation pacifique entre coptes et musulmans dans leur quartier ne sera pas remise en cause par l’attentat d’Alexandrie, mais l’inquiétude grandit.

Autour de l’église Hadra Massara, une dizaine de policiers montent la garde, tout en blaguant avec les habitants. Des barrières métalliques empêchent les véhicules de se garer devant l’édifice.

« Désolé, le patron du magasin nous a interdit de parler aux médias », s’excuse une jeune femme voilée, vendeuse dans une pâtisserie voisine, l’un des rares magasins ouverts, alors que de nombreuses boutiques ont baissé leur rideau. Le sujet tabou, c’est bien sûr l’attentat du 31 décembre contre l’église Al Qidissine d’Alexandrie, qui a fait 21 morts et plus de 80 blessés.

« Depuis deux jours, on ne parle que de ça dans le quartier », souffle Oum Andrew, qui gère une épicerie quelques mètres plus loin. Mère de deux enfants, cette femme d’une quarantaine d’années ne cache pas son angoisse. « Bien sûr que les gens ont peur. Mais nous irons à l’église pour la messe de Noël, le 7 janvier. Et s’ils veulent frapper à nouveau, qu’ils frappent », affirme-t-elle d’un air grave, tandis que des clientes voilées font leurs achats dans son magasin.

«Dans mon immeuble, presque tous les locataires sont chrétiens»

Shoubra est connue pour la bonne entente qui y règne entre coptes et musulmans. Les chrétiens y sont plus nombreux que dans le reste de la capitale égyptienne : des groupes de jeunes filles se promènent cheveux au vent, chose rare dans un pays où la quasi-totalité des femmes sont aujourd’hui voilées. Des images de saint Georges ou de la Vierge protègent les commerces, au même titre que des versets du Coran.

« Dans mon immeuble, presque tous les locataires sont chrétiens, comme la plupart de mes amis », lance Mohamed, un percussionniste d’une cinquantaine d’années. « Nous avons toujours vécu ensemble, on se rend visite lors des fêtes des uns et des autres. Il n’y a jamais eu de problème », poursuit-il, tandis que son ami Mickaël, lui-même copte, opine du chef.

C’est d’ailleurs à Shoubra que des mouvements de défense des droits de l’homme ont organisé, samedi, une manifestation contre le terrorisme réunissant coptes et musulmans. Mais certains craignent que l’onde de choc provoquée par l’attentat d’Alexandrie ne vienne perturber cette cohabitation heureuse.

«Nos amis musulmans sont tristes et choqués»

« Ce qui se passe est grave. Il faut que le gouvernement prenne en compte les tensions qui existent entre chrétiens et musulmans en Égypte », souligne ainsi Madonna, étudiante en informatique de 20 ans, venue passer un moment dans l’église Hadra Massara.

« Depuis trois ans, il y a une attaque contre les coptes à chaque Noël. L’an dernier, c’était à Nag Hamadi (NDLR : 6 coptes avaient été tués à la sortie de la messe de minuit en Haute-Égypte), il y a deux jours à Alexandrie. À chaque fois des gens meurent, des enfants, des vieillards… Évidemment que l’on est en colère ! », renchérit son ami Mina, tout vêtu de noir, en signe de deuil.

Pour Ingi, 23 ans, l’entente cordiale entre les deux communautés n’est pas forcément sincère. « Nos amis musulmans sont tristes et choqués comme nous, mais il y a aussi des gens qui se réjouissent de l’attentat, même s’ils ne le disent pas, avance-t elle. Pour nous, la première mission du gouvernement est de retrouver les coupables et de les condamner. Sinon il y aura encore un sentiment d’impunité et les terroristes peuvent recommencer tant qu’ils veulent. »

«Certaines personnes veulent déstabiliser le pays»

Tous les trois affirment qu’ils iront à l’église pour Noël. « Céder à la peur serait une victoire pour les terroristes », affirment-ils d’une seule voix. Ils craignent pourtant que l’attentat d’Alexandrie soit le début d’une escalade entre coptes et musulmans. « S’il se passe quelque chose à Noël, cette fois les coptes ne se tairont pas. Et le gouvernement non plus ne pourra pas garder le silence », prévient Mina.

Pour Ahmed, un habitant musulman du quartier, ce scénario est improbable. « Ceux qui ont fait cela n’ont pas de religion. L’islam dit qu’il faut respecter les autres “gens du Livre”, chrétiens et juifs », rappelle-t il.

Pour lui, la cohabitation ancestrale entre coptes et musulmans en Égypte n’est pas menacée. La théorie du gouvernement, accusant une « main étrangère » d’être derrière les attentats, ne lui semble pas absurde. « Certaines personnes veulent déstabiliser le pays, en profitant du fait que le président est vieux, qu’il va y avoir une élection présidentielle dans un an… »

«Nous voulons vivre ici, c’est notre pays»

Il blâme aussi les coptes de l’étranger qui aggravent les tensions en parlant du « martyre » des chrétiens d’Égypte alors qu’ils ne vivent plus dans le pays depuis des années. Et critique le pape Benoît XVI : « Il s’exprime sur la situation des coptes mais il ne voit pas ce qui se passe ici au quotidien. La plupart des gens vivent en bonne entente ! »

Pour combien de temps encore ? C’est la question que semblent se poser de plus en plus de chrétiens d’Égypte. Alors que depuis vingt ans, le nombre de jeunes coptes diplômés qui émigrent aux États-Unis, à Londres ou au Canada ne cesse de croître, l’attentat d’Alexandrie risque d’accélérer encore la vague de départs.

« Nous voulons vivre ici, c’est notre pays », affirment Mina, Ingi et Madonna. « Mais en sécurité. On veut pouvoir aller à l’église sans avoir peur de ne pas revenir », dit simplement Ingi.

Nina HUBINET, au Caire. Source: La Croix

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