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Ghassan Tuéni s’en est allé
olj.com | 08/06/2012

Ghassan Tuéni.
LIBAN Le Liban perd un monument de la presse écrite et une grande personnalité politique et diplomatique ; le quotidien an-Nahar orphelin.
Ghassan Tuéni est décédé aujourd’hui vendredi à l’âge de 86 ans. Avec sa mort, le Liban perd un grand journaliste, un diplomate et un homme politique dont le parcours a traversé l’histoire du pays du cèdre. Lire la suite…
L’hommage de Sélim Sayegh pour la commémoration de l’assassinat de Gebran Tuéni
10/12/2011
Nous (L’Orient Le Jour) avons reçu de l’ancien ministre Sélim Sayegh l’hommage suivant à Gebran Tuéni à l’occasion de la sixième commémoration de l’assassinat du directeur d’an-Nahar et ancien député d’Achrafieh :
En me réveillant ce matin du 12 décembre 2005, la dernière des choses que je voulais apprendre était la nouvelle téléphonique m’annonçant la mort de Gebran Tuéni. La souffrance que j’avais ressentie à ce moment n’était que peu de chose. L’amertume qui transformait l’éclat en noirceur, le bonheur en abandon, n’était qu’un avant-goût du vide qui anéantit l’existence dans un souffle écœuré et sans âme…
Beyrouth pleure aujourd’hui son prince perdu et son printemps qui n’en finit pas d’éclore…
Il est mort, l’épée au poing, en donnant des instructions (avec son portable qui a survécu) à ses journalistes, véritables fantassins de la vérité, mobilisés sur tous les fronts à la recherche de la seule victoire qui vaille, celle de la liberté.
Cette mort-là était de trop !
Sélim SAYEGH
Source : L’OLJ
Face à l’arrogance du Hezbollah…
Par Michel HAJJI GEORGIOU | 13/12/2010 – L’Orient Le Jour

Le serment de Gebran Tuéni résume en lui toute la symbolique de l’instant historique de réconciliation représenté par la journée du 14 mars 2005.
Feuille de route Un groupe d’une centaine de cadres et d’intellectuels, qui représentent quelque part la fibre civile qui a vibré tout au long de l’intifada de l’indépendance, vient de lancer, mardi dernier, le Rassemblement pour la justice et la réconciliation (RJR). « Justice et réconciliation », proposent-ils, aux antipodes du discours incendiaire tenu depuis quelques jours par un Hezbollah paniqué, qui cherche inlassablement à faire passer les bourreaux pour des victimes et vice versa – comment sinon expliquer cet acharnement particulier contre les survivants, Marwan Hamadé, May Chidiac ou Élias Murr, uniquement coupables de n’avoir pas succombé, sinon contre les morts, dont la mémoire est salie au quotidien par certains pôles et certains organes médiatiques du 8 Mars.
Mais qu’on ne s’y trompe guère : il ne s’agit pas, ici, de se « réconcilier », stricto sensu, avec ceux qui pourraient être mis en cause par la justice, quels qu’ils soient, régime syrien ou Hezbollah. Il est vrai que Ghassan Tuéni avait déjà appelé à « enterrer la haine et la vengeance », au lendemain de l’assassinat, le 12 décembre 2005, de son fils Gebran, symbole du courage et de la liberté face à la terreur et au totalitarisme.
Mais de « haine » et de « vengeance », pas l’ombre d’une trace dans le discours des forces du 14 Mars. Tous s’en remettent à la justice internationale, acceptant d’ores et déjà son verdict, quel qu’il soit. La loi tribale, ainsi que le discours assoiffé de « haine » et de « vengeance », c’est le Hezbollah qui continue à s’y référer en permanence. Ne serait-ce, à titre d’exemple, que lorsqu’il évoque Saad Hariri en termes de « waliy el-damm », le « dépositaire du sang », avec qui il serait donc légitime, dans la plus pure conception tribale, de conclure un marché pour « enterrer la justice » à travers un compromis vaseux.
Le Hezbollah occulte – dans une volonté manifeste de faire oublier aux Libanais tout ce que l’intifada de l’indépendance a représenté – le fait que c’est un peuple tout entier qui s’est mobilisé le 14 mars 2005, puis périodiquement depuis, pour réclamer la vérité et la justice. C’est cette constituante, formée de l’opinion publique du 14 Mars, qui est dépositaire du sang de ceux qui sont tombés dans ses rangs ; et elle rejette catégoriquement tout compromis éventuel qui pourrait tuer encore une fois ses symboles tombés courageusement sur le front de la lutte pour la liberté, la vérité, la souveraineté, l’indépendance, la justice, le droit et la renaissance de l’unité nationale. Or, ce compromis que le Hezbollah recherche désespérément pour saboter définitivement le TSL sera celui qui ouvrira véritablement la voie, dût-il exister un jour, à la haine et la vengeance, puisqu’il empêchera tout travail de deuil, tout apaisement de la colère des victimes, qui n’ont de cesse de réprimer leur douleur et de la contenir face à l’arrogance et à la condescendance des discours actuels du Hezbollah. Un tel compromis empêcherait aussi, et surtout, toute application future de la justice, cette dernière devenant désormais inféodée à jamais à la toute-puissance du Hezbollah et de son arsenal divin.
Ghassan Tuéni : journalisme et munificence
Journaliste, ministre, député, Ghassan Tuéni reste l’une des grandes figures du Liban. Sa plume, son érudition, sa munificence le placent au premier rang de nos intellectuels. Portrait d’un homme fascinant. 2010 – 09 | L’Orient Littéraire
Sur la scène politico-culturelle libanaise, à son firmament plus précisément, Ghassan Tuéni n’a cessé de déployer des performances remarquables : successivement et simultanément journaliste, homme politique, éditeur, diplomate, écrivain multilingue, personnalité académique (recteur de l’université de Balamand, 1990-1993)… pour ne citer que les vecteurs principaux. Pas un de ces domaines qu’il n’ait enrichi de sa marque, pas un où son passage fut anodin, pas un où il ne s’illustra pertinemment, souvent au prix de sacrifices douloureux et d’échecs retentissants.
Gebran, presque un an déjà…
Nous faisons le serment
Chrétiens et Musulmans
De demeurer unis éternellement
Pour défendre notre majestueux Liban
دفاعاً عن لبناننا العظيم، عشتم وعاش لبنان
France: Messe en la mémoire de Gebran Tuéni
En mémoire du Député et journaliste Gebran Tueni, le Martyr du Liban
Et à l’appel de Madame May Chidiac
Une messe sera célébrée pour le repos de l’âme de notre frère martyr par Monseigneur Saïd Elias Saïd, vicaire patriarcal maronite en France à l’église Notre Dame du Liban le dimanche 15 janvier 2006 à 11h au 17 rue d’Ulm, Paris 5ème
Veuillez vous joindre à nous de corps ou de pensée.
Hommage à Tuéni Kassir et Chidiac
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Les étudiants de divers courants du 14 mars, qui ont relancé les tentes de la liberté à la place des Martyrs, ont organisé hier une exposition en hommage des journalistes cibles des attentats
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Exposition en hommage à Tuéni Kassir et Chidiac
L’exposition a été inaugurée par l’épouse du PDG d’an-Nahar, Siham Asseily Tuéni, l’épouse de Samir Kassir, Gisèle Khoury, et la sœur de May Chidiac, qui est hospitalisée actuellement dans un hôpital parisien, Micheline Baaqlini.
Les étudiants, qui ont exposé dans les tentes de la liberté des portraits et des éditoriaux des journalistes et diffusé la dernière interview effectuée par May Chidiac, ont également distribué aux automobilistes de passage place des Martyrs le dernier texte portant la signature de Gebran Tuéni.
Source: L’ORIENT LE JOUR
Assassinat de Gebrane Tuéni: suspect syrien arrêté au Liban
Le suspect, âgé de 30 ans, a été écroué aux termes d’un mandat d’arrêt délivré par le juge d’instruction Rachid Mezher, qui venait de l’interroger au siège du Tribunal militaire de Beyrouth.
L’homme vendait de la quincaillerie dans un terrain qu’il louait à Mkallès, à l’entrée est de Beyrouth, jouxtant le lieu de l’attentat. Il est accusé d’avoir donné des coups de téléphones suspects depuis son commerce, aussitôt avant et après l’explosion.
Gebrane Tuéni, 48 ans, directeur général du quotidien libéral à grand tirage An Nahar, a été tué dans un attentat à la voiture piégée le 12 décembre dans lequel deux personnes ont également été tuées et 30 blessés.
Journaliste engagé et passionné, il écrivait des éditoriaux en forme d’actes d’accusation contre la politique syrienne, où il répétait inlassablement son credo d’un Liban souverain, débarassé de la tutelle de Damas.
L’attentat qui a tué Gebrane Tuéni a été attribué par une grande partie de la classe politique libanaise à la Syrie, qui a condamné l’attentat et démenti toute implication.
Outre Gebrane Tuéni, plusieurs personnalités libanaises antisyriennes ont été tuées dans des attentats qui ont suivi celui qui a coûté la vie en février à l’ancien premier ministre Rafic Hariri et au député Bassel Fleyhane. Il s’agit de l’écrivain et journaliste de gauche Samir Kassir et de l’ex-dirigeant communiste Georges Haoui.
Les ministres Marwan Hamadé et Elias Murr et la présentatrice vedette de la télévision, May Chidiac, très critiques à l’égard de l’ingérence de Damas au Liban, ont eux échappé de justesse à des attentats à l’explosif.
Gebrane Tuéni, un patron de presse engagé
Formé en France, le journaliste était l’héritier d’une famille de chrétiens orthodoxes attachée à l’indépendance du Liban
GEBRANE TUÉNI se savait en danger. Il avait déclaré il y a quelques semaines, dans une interview à Radio Orient, avoir vu son nom sur « une liste de personnalités politiques à assassiner ». Et pour cause : Gebrane Tuéni était l’un des fers de lance du « soulèvement de l’indépendance » qui, après l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri le 14 février, a mené au retrait des troupes syriennes du Liban, fin avril.
Président-directeur général du plus grand quotidien arabophone du pays, An Nahar, il l’avait transformé en tribune politique contre la tutelle syrienne sur le pays du Cèdre, au point que la Syrie en a interdit la distribution sur son territoire. Dans son dernier éditorial, daté de jeudi dernier, il interpellait le ministre syrien des Affaires étrangères et accusait Damas de tenter de reprendre le contrôle du Liban. « Farouk el-Chareh devrait comprendre que l’hégémonie syrienne sur le Liban est terminée et que les Libanais savent mieux que le régime syrien ce qui est bon pour eux », écrivait-il.
Si les langues de la classe politique et des médias libanais se sont largement déliées depuis le retrait syrien, malgré la peur entretenue par les attentats, la plume de Gebrane Tuéni s’est acérée plus tôt que les autres. Dès mars 2000, peu après avoir pris la tête d’ An Nahar, il avait osé un éditorial sous forme de lettre ouverte à Bachar el-Assad, auquel son père Hafez, encore vivant à l’époque, avait confié la charge des affaires libanaises, avant qu’il ne lui succède à la présidence de la Syrie quelques mois plus tard. « Beaucoup de Libanais sont mécontents de la présence armée syrienne », avait-il écrit. « Le prix de la paix régionale passe-t-il par la mainmise syrienne sur le Liban », demandait-il alors, bravant un tabou.
Diplômé d’une école de journalisme et de relations internationales en France (1980), Gebrane Tuéni a toujours conçu son métier comme une prolongation de la politique, à l’instar de son père Ghassan Tuéni, qui a été député, ministre et ambassadeur du Liban auprès des Nations unies, et de son grand-père, Gebrane, fondateur d’ An Nahar en 1930.
Le chantre de la souveraineté du Liban
Il est né en 1957 dans l’une des familles chrétiennes orthodoxes les plus anciennes de Beyrouth, dont l’histoire est intimement liée à celle du Liban. Il est le neveu de Marwan Hamadé, le ministre des Télécommunications, lui-même rescapé du premier de la série noire des attentats qui frappent le pays depuis plus d’un an. Sa première épouse est la soeur du ministre de la Défense, Elias el-Murr, qui a également échappé à une autre voiture piégée. Père de deux enfants, dont la jeune Nayla, « entrée » elle aussi à An Nahar, il s’était récemment remarié et venait d’agrandir sa famille de deux jumelles.
Chantre de la souveraineté du Liban, Gebrane Tuéni avait déjà fait les frais de son engagement politique auprès du général Aoun, en 1989-1990, lorsque ce dernier était devenu le champion de la lutte pour la libération du Liban de l’occupation militaire syrienne. L’échec du mouvement et l’instauration d’une pax syriana bénie par la communauté internationale l’avaient conduit à l’exil en France, pendant trois ans, une période qu’il a mise à profit pour poursuivre des études de gestion à l’Insead.
De retour au Liban, sa formation l’aida à développer le groupe An Nahar, l’un des plus anciens du Proche-Orient, dont l’influence dépasse le simple cadre libanais. Outre le quotidien, le groupe compte un mensuel féminin et une maison d’édition. Pour son entreprise, Tuéni a bénéficié successivement d’apports en capital de l’ancien premier ministre Rafic Hariri puis du milliardaire saoudien Walid Ben Talal, encore actionnaire du groupe.
Son véritable passage en politique, Gebrane Tuéni le fera au lendemain de l’assassinat de Rafic Hariri, en devenant l’un des principaux animateurs de la « révolution du Cèdre » et de la manifestation géante du 14 mars qui se déroule au pied d’ An Nahar, place des Martyrs. Dans la foulée, il est élu en juin 2005 député pour le siège orthodoxe de Beyrouth, sur la liste de Saad Hariri, l’héritier politique du premier ministre assassiné.



