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Articles Tagués ‘Hassan Nasrallah’

Retour du Vatican, Raï se dit « prêt à un face-à-face » avec Nasrallah

18 avril 2011 Laisser un commentaire

18/04/2011

Le patriarche maronite a clôturé, samedi, sa première visite officielle au Vatican. De retour au Liban, avec à son agenda une rencontre chrétienne restreinte, mardi, au siège patriarcal, le patriarche Raï a appelé à la formation rapide d’un gouvernement et s’est dit « prêt à un face-à-face avec Hassan Nasrallah ».

Après son séjour romain et une semaine de contacts, de réunions de travail et de réceptions au cours de laquelle le nouveau patriarche a été introduit dans ses nouvelles charges, Raï est rentré à Beyrouth avec la claire intention de mener à bien sa tâche tant sur le plan ecclésial que sur le plan diplomatique et politique. Ainsi, depuis l’aéroport international de Beyrouth, où il a été reçu par le ministre sortant de l’Intérieur, Ziyad Baroud, représentant le chef de l’État, le patriarche Béchara Raï a appelé à la formation rapide d’un gouvernement : « Le pays ne peut plus supporter la paralysie de ses administrations et ses institutions et il est fort déplorable que la vie de tous les Libanais soit suspendue à un portefeuille ministériel », a-t-il déclaré. « Face aux vents de changements qui soufflent sur la région, il n’est pas permis qu’on joue avec l’avenir du pays comme s’il n’était en rien concerné », a poursuivi le patriarche.

Répondant à une question concernant le dialogue avec le Hezbollah, le chef de l’Église maronite s’est dit prêt au dialogue avec tout le monde et même « prêt à un face-à-face avec le secrétaire général du parti de Dieu Hassan Nasralla. ». Et Raï d’assurer : « Le dialogue sincère et responsable sur le plan de l’entente interne et la consultation des autres en ce qui concerne les choix fondamentaux font partie de nos constantes. Dieu nous a appris le dialogue, en envoyant son fils, Jésus-Christ, sur terre. Il doit en être de même pour nous. »

Le patriarche a également confirmé qu’il recevra, mardi prochain, à Bkerké, les quatre figures les plus représentatives de la communauté maronite : Amine Gemayel, Michel Aoun, Sleimane Frangié et Samir Geagea. Ce sera, a-t-il dit, une forme de retraite spirituelle, accompagnée d’un rite de repentance particulier à la semaine sainte. Le sommet maronite restreint sera suivi, le 12 mai, d’un sommet interreligieux. « Nous avions publiquement annoncé la tenue du sommet interreligieux. Pour ce qui est du sommet maronite, il était supposé se tenir dans la discrétion, mais je n’y trouve pas d’inconvénient qu’il soit rendu public », a souligné Raï.

Source: L’Orient Le Jour

Liban : “Une crise qui prend une importance disproportionnée”

13 janvier 2011 Laisser un commentaire

LEMONDE.FR | 13.01.11 | 17h45  •  Mis à jour le 13.01.11 | 18h03

Au lendemain de la chute de son gouvernement, le Liban se retrouve à nouveau plongé dans un chaos politique, jeudi 13 janvier, alors que le premier ministre, Saad Hariri, doit rencontrer Nicolas Sarkozy dans la journée. Prudente, la presse internationale ne peut cacher son pessimisme quant à l’issue de cette crise, l’espoir de trouver rapidement un compromis étant quasi inexistant tant la situation est complexe.

Nicolas Sarkozy va donc être le premier acteur international à entrer dans les discussions entre le bloc du 14-Mars (composé des sunnites du parti de M. Hariri et de plusieurs partis chrétiens) et celui du 8-Mars (auquel appartiennent dix des onze ministres démissionnaires) après l’échec de la Syrie et de l’Arabie saoudite pour apaiser les tensions autour du Tribunal spécial pour le Liban (TSL).

“La diplomatie française [...] pourrait entrer de plain-pied sur ce terrain maintenant que Damas et Riyad ont eux-mêmes constaté leur échec”, écrit Elie Masboungi de L’Orient-Le Jour. Selon le journaliste, pour qui “la France peut maintenant faire mieux et plus vite”, Nicolas Sarkozy serait désormais prêt à “faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard”.

UNE “IMPORTANCE DISPROPORTIONNÉE”

La crise interne du Liban serait alors à nouveau exposée sur le théâtre international. “Comme souvent avec le Liban, les crises internes prennent une importance disproportionnée. Le Hezbollah est soutenu par l’Iran et la Syrie, tandis que les Etats-Unis, la France et l’Arabie saoudite soutiennent le gouvernement de M. Hariri”, explique Nada Bakri, du New York Times.

D’ailleurs, selon le journal israélien Haaretz, “la démission collective du Hezbollah avait pour but de montrer à la Syrie les limites de son influence sur le mouvement et de lui dire que si elle voulait montrer à Washington qu’elle pouvait préserver la stabilité au Liban, le Hezbollah et l’Iran auraient le dernier mot “. Pour le journaliste Zvi Bar’el, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est celui qui détient les clés de la crise. “Peu enchanté de voir les relations entre la Syrie et Hariri se resserrer et craignant que cela ne ronge sa puissance, il veut maintenant remanier le gouvernement, avoir un nouveau premier ministre et briser la coalition”, écrit-il.

De son côté, le président libanais, Michel Sleimane, a annoncé jeudi – après avoir chargé Saad Hariri de la gestion des affaires courantes – qu’il commencerait lundi les consultations avec les groupes parlementaires pour nommer un nouveau premier ministre. Mais Simon Salame, professeur de loi constitutionnelle libanais, rappelle au journal Now Lebanon qu’après les élections législatives de 2009, il avait fallu des mois pour qu’un accord soit trouvé sur un premier ministre.

UNE “NOUVELLE ESCALADE”

Les débats seront d’autant plus délicats que la coalition 14-Mars a rejeté tout compromis sur le TSL alors que, de son côté, le Hezbollah, qui accuse le TSL d’être “à la solde d’Israël et des Etats-Unis”, fait pression sur Saad Hariri pour qu’il désavoue le tribunal.

Selon Sahar Atrache, analyste à Beyrouth pour l’International Crisis Group, cité dans le même article de Now Lebanon, cette action du Hezbollah est une réponse à la politique mené par Saad Hariri qui “essayait de gagner du temps” en attendant les conclusions du TSL. “Ces démissions sont une nouvelle manière de gérer cette impasse. C’est une nouvelle escalade.”

La différence, note la journaliste du New York Times, est que, “alors que l’administration de George W. Bush soutenait ardemment M. Hariri et ses alliés, M. Obama n’a pas promis un soutien aussi large”.

Source: LeMonde.fr

La loi du coupe-coupe

13 novembre 2010 Laisser un commentaire

Éditorial – Issa Goraieb
13/11/2010 | L’Orient Le Jour

Le centre, cela peut être payant. C’est un joli succès en tout cas que viennent de remporter le président Sleiman et le chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt en obtenant que soit reportée, jusqu’après la fête de l’Indépendance, la séance cruciale du Conseil des ministres au cours de laquelle devrait être tranchée, par voie de consensus si possible, l’affaire dite des faux témoins. Que ce centre-là, faisant office de zone tampon, relève à la fois de la plus haute instance étatique maronite et du leader des druzes n’est guère d’ailleurs l’effet du hasard, à l’heure où s’aggravent les tensions entre les deux branches sunnite et chiite de l’islam libanais.

Succès tout relatif, provisoire et précaire cependant. Si le président de la République et Walid Joumblatt sont si soucieux de laisser le temps au temps, c’est dans l’attente de la formule magique que sont supposés concocter conjointement et solidairement la Syrie et l’Arabie saoudite, ces deux surveillants et garants de la stabilité interne dans notre pays. C’est le même pari, assorti d’un rare hommage à la personne du roi Abdallah, que vient de louer, avec un optimisme tout aussi inhabituel, Hassan Nasrallah. Mais comment marier l’eau et le feu, quel compromis peut-il être seulement possible entre l’attachement du Liban à la justice internationale chargée de faire la lumière sur les attentats criminels des dernières années et la hantise du calme domestique, devenue matière à vil chantage pour les ennemis du tribunal de La Haye ?

À cette question, le Hezbollah a depuis longtemps répondu, sans s’embarrasser du moindre souci de compromis : la cour à caractère international n’est qu’une fabrication israélo-américaine, ses conclusions doivent être rejetées d’avance et quiconque s’obstinerait à y accorder foi serait un traître à la solde de l’ennemi ! Ce thème, Hassan Nasrallah l’a une fois de plus développé, lors de son apparition télévisée de jeudi soir, l’agrémentant même d’un arrogant défi à quiconque s’aviserait d’inquiéter un seul de ses fidèles si celui-ci venait à être l’objet d’une quelconque accusation.

La main qui s’y hasarderait sera coupée, a-t-il promis. Oubliant sans doute que hors l’odieux précédent de la guerre civile, et contrairement aux usages en vigueur dans d’autres pays de la région, on ne coupe pas de mains au Liban. Oubliant aussi que même les États ou organisations les plus hermétiques n’ont jamais été à l’abri des infiltrations malignes, que les plus honnêtes et vertueuses des familles peuvent compter dans leurs rangs des brebis galeuses. Oubliant en somme que nul n’est parfait en ce bas monde, quand bien même il se réclamerait d’un parti prétendant être celui du Créateur.

Bien plus nuancée certes, mais n’échappant pas pour autant à la contestation, est l’approche du problème à laquelle s’est livré, le soir même, Walid Joumblatt en demandant que peut valoir la justice en l’absence de stabilité. Loin du classique débat sur l’histoire de la poule et de l’œuf, on peut aisément lui retourner la question : quelle stabilité pourrait-il y avoir sans justice, sans règne absolu de la loi ? La réponse, le leader druze devrait être le premier à la connaître, pour l’avoir vécue dans sa chair, pour l’avoir longtemps clamée lui-même avant de céder aux cruelles exigences de la prudence, tant physique que politique : une telle stabilité ressemblerait, en pire peut-être, à celle qui a régné sous la tutelle étrangère, celle des passe-droits en armes, celle des assassinats demeurés invariablement impunis, des arrestations arbitraires et des déportations ; avec elle, la justice serait celle des magistrats terrorisés, ou même parfois mitraillés en plein tribunal.

Cette paix-là serait seulement celle des prisons et des cimetières.

Issa GORAIEB
igor@lorient-lejour.com.lb

Hariri, Nasrallah, Hanoi et Hong-Kong…

26 juillet 2010 Laisser un commentaire

Par Ziyad Makhoul

Veut-on transformer le Liban en un nouvel Hanoi ou en faire un Hong-Kong encore plus florissant ?
Qu’il le veuille ou non, qu’il le fasse exprès ou pas et aussi prompt à se tromper dans les réponses soit-il parfois, Walid Joumblatt pose (très) souvent la bonne question. Et plus que jamais en cet été caniculaire de 2010, l’alternative Hanoi/Hong-Kong se retrouve au cœur de la dynamique politique libanaise, duelle, nécessairement duelle depuis ce 14 février 2005, séisme des séismes.
Sans aucun manichéisme et loin, très loin, de vouloir opposer deux communautés, ces deux façons de voir et de (dé)faire le Liban sont aujourd’hui défendues à cor et à cri (pour l’instant encore à fleurets mouchetés) par deux porte-étendards qui, chacun à sa manière, ne sont pas prêts d’oublier un certain 7 mai 2008 : d’un côté, un Premier ministre en exercice et patron incontesté du Courant du futur, de l’autre, le chef du seul parti toujours surarmé au Liban, le Hezbollah, détenteur des décisions ultrasouverainistes de guerre ou de paix avec Israël.
D’un côté, l’État. De l’autre, la milice. Et cette semaine qui débute portera nécessairement en elle les shrapnels de leurs toutes dernières prises de position, aussi radicalement opposées que faire se peut – des polémiques médiatisées qui inquiètent tout le monde, notamment la Turquie qui aurait proposé aux grandes capitales un report de l’acte d’accusation jusqu’à la toute fin de l’année, et la Ligue arabe, par le truchement de son très diplomate secrétaire général…
Nous n’avons que faire du Tribunal (spécial pour le Liban), nous n’avons qu’à nous débrouiller entre nous, Libanais…
Côté jardin, il y a Hassan Nasrallah. Au cours de sa troisième intervention en moins de dix jours, celui-ci s’est arc-bouté sur sa toute dernière (et toute divine) mission : décrédibiliser au maximum le TSL, aussi folklorique que soit son argumentation. Hier, il a ainsi continué d’israéliser, voire de sioniser l’instance judiciaire internationale, exigeant, après avoir anticipé son acte d’accusation censé être publié entre septembre et décembre, la création d’une commission ad hoc libano-libanaise qui se penchera sur le cas des « faux témoins » qui avaient « détourné » l’enquête avant l’arrivée de Daniel Bellemare. Petit codicille : le patron du parti de Dieu se charge, dans la foulée, de donner à cette commission dont le très sunnite Sélim Hoss a eu l’idée, son cahier des charges et sa feuille de route.
Pour justifier cela, Hassan Nasrallah place au-dessus de tout la dignité et l’intégrité de la résistance, donc du Hezbollah, annonçant qu’un complot international se joue contre elle, et donc, accessoirement, contre le Liban. Il explique que tout ce qu’il entreprend et toutes ses prises de position ne sont mus que par la défense des intérêts de la résistance (et donc, parce qu’ils doivent être confondus, du Liban), justifiant ainsi toute action qu’il mènerait dans le futur, aussi létale soit-elle pour le pays.
Le Courant du futur (CdF) a été aux premiers rangs du 14 Mars, et a pris sa place dans un mouvement politique national dont l’objectif principal est de restituer le rôle de l’État et de ses institutions dans la gestion de la société libanaise afin de consolider les concepts de liberté, de souveraineté et d’égalité entre les citoyens.
Côté cour, il y a donc Saad Hariri. Et c’est avec ce rappel qu’il a placé au cœur de son discours lors du premier congrès fondateur du CdF que le Premier ministre a officialisé son parti transcommunautaire, s’inscrivant ainsi dans la modération, la modernité et le progrès ; se plaçant au milieu de la famille des fils des institutions et de l’État, au service duquel, tant bien que mal, il s’est mis depuis qu’il a hérité de la abaya de son père puis du fauteuil au Sérail de Fouad Siniora.
Et c’est en commis de l’État qu’il recevra cette semaine (le 30 juillet), aux côtés du président Sleiman, le roi saoudien Abdallah (à déjeuner, pour relancer une énième et probablement dernière fois l’initiative de paix arabe) puis l’émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa (à dîner, pour tenter de renforcer l’accord de Doha) sans que, naturellement, les deux frères pas très amis du Golfe ne se rencontrent. Cela sans compter le déplacement déjà surmédiatisé d’un Bachar el-Assad qui viendra montrer que l’évolution des relations libano-syriennes lui tient réellement à cœur.
Des visites qui pèseront sans aucun doute sur le combat que se livrent les deux logiques, État vs milice, mais qui ne résoudront pas grand-chose tant que le Hezbollah restera convaincu que le TSL se moque bien de la vérité et de la justice, et qu’il n’en a que contre lui ; tant que le Hezbollah restera persuadé que Daniel Bellemare et l’ensemble de la cour ne sont que des mercenaires payés directement par Benjamin Netanyahu.
Une semaine de transition qui s’annonce donc, en attendant la nouvelle apparition télévisée (le 2 août) de celui qui veut à tout prix faire croire que les terres brûlées, parfois, donnent plus de blé que les meilleurs avrils (et que les millions de touristes et autres investisseurs attendus cette année au Liban).

Cosmétique de la séduction

1 décembre 2009 Laisser un commentaire

Par Ziyad Makhoul

Le maquillage utilisé par le secrétaire général du Hezbollah pour peinturlurer la charte du troisième millénaire de son parti est impressionnant de nuances, de subtilités, de volonté de plaire ; voire de draguer ouvertement. Hassan Nasrallah va jusqu’à citer, en le transcendant, le pape Jean-Paul II : Beaucoup d’entre nous considèrent que ce pays n’est pas seulement un message, mais une véritable bénédiction. Hassan Nasrallah va jusqu’à s’inspirer, certes sans prononcer le mot magique de définitive, du testament d’un homme pour l’instant toujours irremplaçable, cheikh Mohammad Mehdi Chamseddine, un testament qu’il a pourtant toujours ostensiblement ignoré : le Liban est reconnu comme la patrie des ancêtres et des générations futures, une patrie que nous voulons pour tous les Libanais sans distinction.

C’est coquet. Très coquet, même. Ce travail sur la forme a dû être pensé, repensé, puis repensé de nouveau, depuis mai 2000 et le retrait israélien ; depuis 2005, bien sûr, et l’assassinat de cet homme pour lequel le Hezb et ses caciques ressentaient une fascination/répulsion inouïe : Rafic Hariri ; depuis, aussi, mai 2008 et la criminelle et illégale décision du parti de Dieu de retourner ses armes vers l’intérieur, et, enfin, depuis juin 2007, lorsque, malgré toutes les prévisions d’un 8 Mars persuadé de remporter les législatives, le 14 Mars avait gagné la majorité parlementaire.

L’âge a sûrement ses raisons. Le Hezbollah veut montrer qu’il a effectivement dépassé son insupportable crise d’adolescence, qu’il est désormais ce parti (jeune) adulte qui s’est (plus ou moins) assagi. Le/la politique ont aussi les leurs, de raisons ; le pouvoir est un nectar diabolique, une addiction pure et simple : les cadres hezbollahis se sont mis à la députation, le travail sur les lois a remplacé les kalachnikovs, et quelques années plus tard, ils ont commencé à siéger au gouvernement, se sont pris au je(u), en ont compris l’intérêt et adoré les dorures – Hussein Hajj Hassan prononçant à Rome, à l’occasion du sommet de la FAO, le discours du Liban, restera probablement comme un moment d’anthologie dans les archives de la banlieue sud.

Le pragmatisme et le bon sens ont absolument leurs raisons. Le Hezbollah a l’intelligence de voir un peu plus loin que le court terme, il sait qu’il est obligé, c’est vital pour sa dimension nationale, de caresser l’électorat aouniste dans le sens du poil ; un électorat capable de suivre Michel Aoun jusque sur Pluton ou aux enfers, certes, mais un électorat qui, dans son immense majorité, refuserait net ne serait-ce que l’ébauche d’une république islamique.

Il n’y a rien à dire : le maquillage est parfait et le document rendu public au lendemain de la fête de l’Adha ne ressemble, à vue de rétine, de tympan et de narine, à rien avec la déclaration de guerre primitive de l’an 1985.

Mais dans le fond, c’est pratiquement la même chose. Les gens évoluent ; le monde entier a changé ces 24 dernières années ; le Liban a changé ; l’ordre mondial a changé… Hassan Nasrallah est une bête politique : un coup le baume, un autre la blessure. Béante la blessure. Le Hezbollah se libanise ? À la bonne heure. Sauf qu’il ne se libanisera effectivement et absolument que lorsque son secrétaire général annoncera au monde la fin au Liban de la primauté de la wilayet el-faqih, un concept, n’en déplaise à Hassan Nasrallah, aussi politique que religieux ; lorsqu’il annoncera donc la fin d’une allégeance, certes objet en ce moment de mille et une rumeurs, de mille et une fluctuations, au régime des ayatollahs.

Reste l’essentiel, c’est-à-dire le pire : la morgue est là. Perché avec toute l’assurance et le dédain du monde sur son Olympe de missiles et autres armes en tout genre, un arsenal assuré, selon lui, d’une pérennité au moins équivalente à celle de l’État d’Israël, Hassan Nasrallah a délibérément, purement et simplement dynamité la table de dialogue que Michel Sleiman est censé présider dans les semaines ou les mois à venir à Baabda. Et mis le monde en général et les Libanais en particulier devant un fait suraccompli : que c’est le Hezbollah qui détiendra à jamais la décision de guerre et de paix. Et toute la rhétorique possible et imaginable, de cette cohabitation entre une résistance populaire et une armée nationale qui protège la patrie jusqu’à sa reconnaissance explicite d’une nécessaire édification d’un État fort et juste avec une armée capable de protéger le pays, n’y changera rien. Absolument rien.

Il y a dans cet affligeant c’est comme ça et pas autrement, dans ce nos lois ou le chaos, dans ce cha’ou aw ‘abou version 2006 de funeste mémoire, quelque chose de très simple : son gigantisme. Tout la nouvelle charte du Hezbollah, dans son esprit comme dans sa lettre, peut être résumée par : c’est comme ça et pas autrement. Une équation d’un radicalisme et d’un fondamentalisme effrayants et effarants. Comme une monarchie de droit divin. Ou un ayatollahland.

Alors pourquoi ce très (trop) soft nip / tuck ; pourquoi cette chirurgie esthétique de (petite) surface ? Des changements de l’Iran ? Des changements en Iran ? La Syrie ? Une excuse anticipée pour une nouvelle danse de mort que le Hezbollah initierait si Téhéran se trouvait acculé, sur le nucléaire ou sur autre chose ? Ou est-ce que ce serait, chimériquement, le début d’un long, très long processus d’une évolution naturelle, IRA en Sinn Féin, d’une évolution en profondeur du Hezbollah ?

Le problème n’est pas là. Le problème reste qu’encore une fois, son urgente, son indispensable libanisation n’est toujours pas sur l’agenda du Hezbollah.

Sous vos applaudissements…

31 octobre 2009 Laisser un commentaire

31/10/2009

Par Ziyad Makhoul

Quarante-quatrième semaine de 2009.

Un cirque. Ce n’est plus qu’un cirque. Tellement miséreux et pouilleux et amateur et cheap et quart-mondiste ce cirque, qu’il en devient réellement fascinant. Fascinant, évidemment lassant, et drôle surtout, très drôle. Oubliant que leur intelligence est giflée presque heure après heure et que mille et une mauvaises surprises les attendent au tournant, à n’importe quel moment, les Libanais se sont installés aux balcons et, de ces premières loges, ils regardent, tout sourire, le(ur)s hommes (politiques) trébucher, tomber, essayer de se relever, se tirer dans les pieds, trébucher de nouveau, faire comme si personne, absolument personne ne les avait vus tomber, marionnettes pathétiques au cœur d’une tout aussi affligeante valse dont la partition, furieusement minable, s’écrit et se réécrit au quotidien par une douzaine, au moins, de mains. Un cirque. Et des pantins.

Un cirque. Et des artistes – par ordre alphabétique…

Michel Aoun ? Le chef du CPL est désormais l’hypercaricature de lui-même : un Néron de pacotille dont les seules réformes consistent en un népotisme effréné et quelques mono-obsessions mégalomaniaques et létales ; un nouveau Émile Lahoud bien plus nocif politiquement que son successeur à la tête de l’armée parce que beaucoup plus populaire que lui, une caution inestimable donc pour le projet irano-hezbollahi. Un bateleur dangereux.

Nabih Berry ? Le numéro deux de l’État n’est plus qu’un fantôme. Ou un ersatz : un ersatz de président de la Chambre et un ersatz de chef d’Amal ; prisonnier politique ad vitam aeternam de/dans sa propre communauté, son propre fief, son propre pays, il ne fait plus qu’attendre les objurgations d’outre-Masnaa en essayant de se consoler comme il peut : en se répétant chaque jour que c’est finalement lui, et uniquement lui, qui détient les clés de la seule institution à même d’insuffler un quelconque changement, aussi infime soit-il. Un ringard affligé certes, mais surtout affligeant.

Samir Geagea ? Le patron des FL promène ses visions et ses conceptions d’idéal(tr)iste de mirages en mirages et d’illusions en illusions, assurément pas conscient pour un sou qu’il est loin encore d’avoir les moyens de ses ambitions et que ses amis peuvent se montrer parfois bien plus retors que ses ennemis. Un wannabe prestidigitateur à qui l’on a confisqué et le chapeau et le lapin.

Saad Hariri ? Le premier Premier ministre désigné qui risque de garder cette couronne d’épines à perpétuité a fini par devenir ce que ses adversaires ont toujours voulu qu’il soit, aussi bonnes que restent ses intentions, aussi méritoires que restent sa patience et sa pugnacité : une mouche du coche qui sautille de rencontre en rencontre et de négociations en négociations sans se rendre compte une seule seconde qu’on se moque royalement de lui. Un cocu magnifique et ridicule.

Walid Joumblatt ? Le chef du PSP ne sait plus quelles mains serrer et quels dîners organiser pour incarner jusqu’au bout du bout ce point utopique où cohabiteraient gentiment le tout et son contraire, ce point qu’aucune géométrie (politique) dans l’espace n’a pourtant su dompter, l’intersection de toutes les improbabilités : le centre. À force de vouloir protéger et blinder une communauté, aussi géographiquement menacée soit-elle et aussi naturel et légitime que soit ce sacerdoce, on finit immanquablement par s’y confiner et s’y dissoudre. Un contorsionniste doué, certes, mais terrifié, donc foncièrement improductif.

Hassan Nasrallah ? Le secrétaire général du Hezbollah est à la fois l’omniscient et l’omnipotent chef d’un mini-État vampire et cancérigène, et le dindon d’une farce macabre qui le dépasse infiniment et qu’il continue de refuser de voir ; il sait pourtant qu’il est pratiquement le seul à pouvoir entraîner ce pays dans des abîmes fous, il oublie juste que si ce pays-là sombre et se noie, il n’aura peut-être même plus ses yeux pour pleurer alors qu’en Iran, la vie continuera comme si de rien n’était. Un apprenti sorcier suicidaire.

Michel Sleiman ? Le président de la (plus bouffonne des) République sait peut-être comment booster sa crédibilité sur la scène internationale, il le fait même parfois très bien, s’autorisant en contrepartie la plus inouïe, la plus stupéfiante et somme toute la plus scandaleuse apathie à l’intérieur de son pays, une apathie qu’il réussit à surmonter de temps en temps mais qui finit par s’avérer d’une stérilité confondante tellement chèvres et choux restent ultraprotégés : la frigidité politique triomphe. Un Monsieur Loyal totalement dépassé.

Et tous les autres, tout le reste, naturellement, à l’avenant.

Un cirque. Ce n’est plus qu’un cirque. Avec des Libanais spectateurs et très bon public de leur propre inertie, de leur propre stagnation. Un cirque. Une arène romaine. Et personne, bien sûr, pour lever le pouce. Ou le baisser.

L’ayatollahisation

Par Ziyad Makhoul

Personne ne comprend ce qui a motivé le Hezbollah et son outil médiatique de propagande, qui ont prouvé ces derniers jours une nouvelle fois cette insensée et dangereuse maestria dans l’art d’intoxiquer puis de laver les cerveaux. Parce qu’un enfant de trois ans atteint de glaucome n’aurait pas été dupe de la photo où trônait, en uniforme de l’armée israélienne, un homme dont le seul point commun physique avec Gad Elmaleh, comme avec des centaines de milliers d’êtres humains aux quatre coins de la planète, reste les yeux bleus. Parce que, aussi, ni le Hezbollah ni al-Manar ne s’étaient insurgés en 2006 lorsque le même Gad Elmaleh était dûment programmé par le Festival de Byblos avant que tout ne soit annulé à cause de la guerre de juillet. Parce que, enfin, le comportement de plus en plus frénétiquement et fanatiquement milicien d’un parti ni au-dessus ni à côté des lois, mais contre elles, commence à devenir létal.

Personne ne comprend pourquoi le Hezbollah, au lendemain pourtant d’un tête-à-tête de quatre heures très positif entre Walid Joumblatt et Hassan Nasrallah, a décidé de s’en prendre à ce point et de cette façon au Festival de Beiteddine. À moins que non. À moins que le parti de Dieu n’ait pas voulu viser en particulier l’une des deux plus grandes manifestations culturelles de l’été, mais qu’il voyait grand, beaucoup plus grand. Extrêmement agacé par les résultats des législatives d’il y a trois semaines, un scrutin dont le résultat ne lui a pas permis, avec l’aide royale du courant de Michel Aoun, de commencer son opération de chirurgie plastique pro bono sur l’identité et le visage du Liban, le Hezbollah a compris qu’il devait s’y prendre autrement. Commencer modestement et puis garder le rythme, espérant atteindre son objectif par des chemins de traverse, des chemins plus longs, parce que plus discrets, des chemins moins radicaux qu’un déclenchement de guerre avec Israël, mais des chemins qui sentent mauvais. C’est-à-dire en souillant et en dynamitant aux yeux de la planète entière l’image d’un Liban qui revit, d’un Liban qui renoue avec une tradition séculaire de cœur battant du tourisme, de la culture, de l’art et de l’entertainment, un Liban-pont entre deux, cinq, mille rives, un Liban heureux, malgré tout, parce qu’amoureux fou de la vie.

L’ultracampagne lancée depuis une semaine par al-Manar est définitivement et éminemment politique.

Cette opération de maculation, même le très sérieux et pourtant très intelligent Nouvel Obs s’est laissé prendre, titrant son information sur l’annulation par l’artiste franco-marocain de ses spectacles à Beiteddine : Le Liban voit en Gad Elmaleh un soldat israélien. Là où le Hezbollah (et avec lui tous les silences, d’où qu’ils viennent et surtout de Rabieh, comme autant de cautions complices) devient scélérat, bien au-delà de ce terrorisme intellectuel qu’il a élevé au rang d’art de régner, bien au-delà de cet antisémitisme, ce racisme fous nés d’une confusion délétère et inadmissible entre judaïté et sionisme, bien au-delà de ce refus de l’autre surtout quand cet autre n’a jamais combattu pour Israël et qu’il est le premier à user et abuser de l’autodérision et de blagues sur ses coreligionnaires, c’est lorsque la formation de Hassan Nasrallah entame avec une férocité inégalée ce processus de régression et de ringardisation absolues du Liban. C’est lorsqu’il fait tout pour suggérer que ce pays ne sera jamais qu’un sale nid d’obscurantismes en tout genre, qu’un repaire pour grand Inquisiteurs en mal de sorcières et de feux de joie sur autant de bûchers, qu’un laboratoire grandeur nature de pensée unique et de lobotomisation (clockwork) orange, qu’un appendice de 10 452 km – pour l’agrandissement d’un ayatollahland où tous les grands frères de Moussavi doivent, eux aussi, être (for)matés.

Il est étonnant, stupéfiant même de voir que les grands cerveaux du Hezbollah, connus, et largement, pour leur intelligence affûtée, n’ont pas encore pris conscience de la force herculéenne d’une société civile libanaise décidément somptueuse. Bien sûr, les zélotes ont gagné cette bataille : craignant, le plus naturellement et le plus légitimement du monde, pour son intégrité physique, Gad Elmaleh ne viendra pas. Mais une chose est claire : un nouveau jihad culturel, une nouvelle fatwa de ce genre, initiés par le Hezbollah ou pas, ne passeront plus.
Il est désolant, enfin, à l’heure où le monde fait tout pour résorber un choc de civilisations à l’échelle planétaire, de voir le Hezbollah s’employer avec une patience infinie à créer, à la toute petite échelle intralibanaise, un mortifère choc des cultures. Plus que jamais, il y a l’urgence d’écouter et surtout d’entendre la voix des Libanais chiites convaincus par la nocuité des options du Hezbollah. Plus que jamais, il est urgent que ces voix se lèvent.

Le cas Geagea

Par Ziyad Makhoul

Lorsqu’il est demandé à un Libanais appartenant à la communauté chrétienne pourquoi il a voté CPL dimanche, une réponse sur deux est immanquablement la suivante : parce que je déteste Geagea ; Samir Geagea est un assassin.

Soit.

Il ne fait aucun doute que la main de Samir Geagea est salie de sang. Qu’il a commandité, organisé, exigé beaucoup d’hémorragies. En tout genre. Il ne fait aucun doute non plus que ce constat est tout aussi valable pour, par ordre alphabétique, Michel Aoun, Nabih Berry, Sleimane Frangié, Walid Joumblatt, une flopée d’autres ex-seigneurs ou sbires de guerre, ainsi que, last but not least, pour Hassan Nasrallah, notamment après le 7 mai 2008. Même l’ex-Premier ministre-martyr Rafic Hariri, à cause de ces ventes d’armes aux uns et aux autres dont il aurait pu être le grand manitou à un moment ou à un autre de la guerre civile, peut figurer quelque part dans cette liste, certes d’une façon indirecte – très indirecte : lui a (re)construit…

Le premier à s’en être excusé est le chef du PSP. C’était en l’an 2000. Dans un hémicycle où l’on aurait entendu respirer une mouche, Walid Joumblatt a demandé pardon pour avoir piétiné la démocratie, stupéfiant une société libanaise qui n’avait jamais entendu ou même rêvé pareil mea culpa. Le second et dernier à ce jour à l’avoir suivi, il y a moins d’un an, lors d’un meeting populaire à Jounieh, s’appelle Samir Geagea. Dont le pardon public avait fait l’effet d’une bombe – politique, surtout ; ce geste d’une ampleur inouïe venant de la part d’un Bécharriote, embastillé qui plus est pendant plus de onze ans dans les tréfonds du ministère de la Défense, a pourtant été très rapidement balayé d’un revers de cravate orange, ou vert pistache.

Avant-hier pourtant, le chef des Forces libanaises a reposé un geste politique considérable. Au lendemain de ces législatives que son camp, l’Alliance du 14 Mars, a remportées d’une façon magistrale et incontestable, et au lieu de se bunkériser dans une quelconque tour d’ivoire, comme cela avait été fait par d’autres il y a quatre ans à l’issue d’un certain tsunami, Samir Geagea, comme les Gemayel père et fils d’ailleurs, a tendu la main au CPL, aux Marada et au Tachnag. L’argument est en airain : il a expliqué qu’après ces élections, personne ne peut prétendre accaparer la représentation des chrétiens ; que cette responsabilité incombe à tous les élus. L’objectif de cette offre est encore plus fort : il s’agit rien moins que de renforcer concrètement, dans les faits, la communauté chrétienne, de la blinder, de l’immuniser contre les vents mauvais, exactement comme font Saad Hariri pour les sunnites, Hassan Nasrallah pour les chiites et Walid Joumblatt pour les druzes. Sachant qu’une réconciliation interchrétienne ne dynamiterait en rien la détermination de chaque faction à s’attacher à ses constantes, à ses choix stratégiques ou tactiques, et à ses options ; au contraire : cette transaction intracommunautaire est la seule solution pour qui veut, dans le respect de la Constitution et de la primauté étatique, rendre service au collectif, pour ensuite mieux servir l’État.

Face à lui, face à cette proposition qui devrait ne serait-ce qu’être tentée, il est malheureux de constater que Michel Aoun continue de se murer dans une mégalomanie de plus en plus outrancière. De courir derrière un monopole, cette monochromie qu’il est pourtant hyperprompt à dénoncer chez les autres en général et chez le sunnite en particulier. Qu’il continue de ne réfléchir, agir et réagir que dans le seul (et double) but de prendre la place de Michel Sleiman – et, idéalement, remplacer le cardinal Sfeir par un patriarche qui lui serait uniquement inféodé. Qu’il continue de vouloir saper, par n’importe quel moyen, cet accord de Taëf qui l’obsède jour et nuit : cette façon péremptoire de distinguer le plus artificiellement possible entre majorité parlementaire et majorité populaire est hallucinante, surtout que même le premier concerné, Hassan Nasrallah, s’est noyé, il y a quelques jours, dans les nuances et les pastels. Qu’il continue dans cette autarcie, dans ce rejet insensé de l’autre quand cet autre ne pense pas et ne (pré)voit pas comme lui ; dans cette xénophobie, même, quand cet autre est un coreligionnaire.

Nul ne prétend que Samir Geagea s’est transformé en (arch)ange ; que quatre ans après sa libération, Monte-Cristo se soit totalement effacé au profit d’un Nelson Mandela méditerranéen. Loin de là. Mais il est des actes et des mots plus forts que tous ces procès d’intentions que ne manquent pas de multiplier ses adversaires politiques ; il est des évidences indiscutables : l’ex-milicien s’est muté en un ardent défenseur de l’État et de ses prérogatives ; l’ex-milicien, au lendemain du 7 juin, a commencé à faire ce que les Libanais en général et les électeurs du 14 Mars en particulier exigent de leurs élus : (re)bâtir le pays, (re)bâtir l’État en commençant par balayer devant sa propre porte (la maison chrétienne) ; l’ex-assassin qui a demandé pardon tend la main et, aussi incroyable que cela puisse paraître aux yeux de beaucoup, se pose en exemple.

Refusée net par le camp adverse, cette main orpheline rappelle aux mauvais souvenirs de ces Libanais tous les fantômes sinistres et glauques des années 1989-1990, tous les fratricides possibles et imaginables, tous les embrigadements, tous les autismes. Cette main orpheline dessine aussi un bien effarant état des lieux : pendant qu’à Meerab on (ré)apprend chaque jour, patiemment, minutieusement et parfois sans doute en se faisant violence, à sanctuariser l’État libanais, à le blinder, à essayer de lui garantir toutes les exclusivités ; qu’on (ré)apprend à défendre la présidence de la République, la légalité internationale, le déploiement de l’armée sur l’ensemble du territoire national, les relations d’égal à égal avec la Syrie, l’accord d’armistice avec Israël et le désarmement de toute faction hors la troupe, pendant tout ce temps-là, à Rabieh, on fait exactement le contraire ; pire encore : les chemises brunes, aussi peu visibles soient-elles, sont bel et bien là, et une victoire du 8 Mars dimanche dernier les aurait ostentatoirement sorties de tous les placards.

Un ex-milicien devenu maçon d’État ; un ex-commandant en chef de l’armée devenu milicien en chef : si cela n’avait pas été extrêmement fâcheux, cela aurait été très drôle.

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