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Autour de la fête nationale du 22 novembre

22 novembre 2010 Laisser un commentaire

22/11/2010 – Par Bahjat Rizk

Toute fête nationale pose la question, de la mémoire et de l’identité, car elle définit symboliquement le moment fondateur et réactualise le projet fédérateur d’une collectivité. La plupart des pays donc célèbrent le pacte qui les unit ou les émancipe et les valeurs nouvelles à partir desquelles ils prennent un nouveau départ et fondent leur nouvelle identité.

Ainsi l’Afrique du Sud célèbre le 27 avril sa première élection démocratique (1994), l’Allemagne le 3 octobre sa réunification (1990), l’Arabie saoudite le 23 septembre l’unification du royaume (1932), l’Argentine le 25 mai le jour de la révolution (1823), l’Australie le 26 janvier le débarquement des premiers colons anglais (1788), l’Autriche le 26 octobre l’adoption de la loi pour la neutralité (1955), la Belgique le 21 juillet la prestation du roi Léopold Ier (1831), la Chine les 1er et 2 octobre la proclamation de la République populaire par Mao (1949), l’Égypte le 23 juillet la révolution (1952), la France le 14 juillet la prise de la Bastille (1789), l’Espagne le 12 octobre le jour de l’hispanité (redécouverte de l’Amérique par les Espagnols en 1492), la Libye le 1er septembre le coup d’État (1969), le Pakistan le 23 mars la proclamation de la République islamique (1956), la Suisse le 1er août le pacte fédéral (1291)… Sans compter les anniversaires de roi, de reine, de sacre, de proclamation de la république et même une fête à date variable pour le Vatican (selon la messe inaugurale du nouveau pape : le 24 avril sous Benoît XVI).

Toutefois la majeure partie des pays célèbrent ce jour-là leur indépendance contre une puissance dominatrice étrangère (c’est le cas pour plus de 90 pays). Il n’en demeure pas moins que quelle que soit l’occasion, la fête nationale reflète pour tous la cohésion d’une entité et le socle de son identité nationale.

La date du 22 novembre a été choisie par les Libanais comme le début de leur projet commun. Il est important donc de rappeler ses circonstances et surtout d’examiner si cette date remplit toujours son rôle de rassemblement et de mobilisation collective. Autrement dit si cette date résiste à l’examen critique du temps et si elle est toujours opérationnelle (de manière émotionnelle et rationnelle).

Il serait souhaitable, en cette période difficile où les Libanais se présentent plus divisés que jamais, de s’interroger sur la valeur symbolique et structurante du 22 novembre et de s’interroger sur son efficacité. Le 22 novembre souffre d’un déficit d’image qu’il faudrait clarifier et auquel il faudrait remédier. Les raisons sont multiples : tout d’abord, c’est une date qui paraît fortuite ou accidentelle, un compromis entre certains chefs des communautés libanaises plutôt que le couronnement d’une lutte continue d’un peuple contre une occupation opprimante et abusive. En effet, la France, mandataire du Liban après l’effondrement de l’empire ottoman, avait elle-même procédé à la proclamation du Grand Liban dans ses frontières actuelles (1er septembre 1920) inspirées des frontières de l’émirat

de Fakhreddine II (1590-1635) , véritable fondateur de la nation pluricommunautaire libanaise , artisan de la renaissance et de l’indépendance libanaise au sein de l’empire ottoman et de son ouverture, culturelle et politique sur l’occident européen au cœur de l’Orient ottoman. C’est dans cet état d’esprit que la nouvelle entité libanaise, dotée d’une identité propre, vit le jour le 1er septembre 1920, à la suite de la troisième délégation libanaise, menée par le patriarche maronite, à la conférence de la paix. Il est à noter que la Syrie dans ses frontières actuelles vit le jour à la même période (1920) et ce qui vaut pour la Syrie vaut également pour le Liban, comme pour la plupart des autres pays en incluant la Turquie elle-même, issus de l’empire ottoman (abstraction faite de la Palestine car c’est un cas d’expropriation). Remettre en question l’un, c’est remettre en question tous les autres. Quelle que soit l’appréciation qu’on en fait, ce sont des entités constituées et constitutionnelles qui existent après la Première Guerre mondiale, depuis bientôt un siècle (90 ans). Par ailleurs, la fête des Martyrs de l’empire ottoman de 1915 (6 mai) est plus à même de refléter le soulèvement identitaire (arabe) et national. Même s’il n’est plus d’actualité d’ouvrir des dossiers aujourd’hui clos. D’autant plus qu’en 1943, la France libre du général de Gaulle, qui avait remplacé le régime de Vichy au Levant, était plutôt désireuse d’accorder son indépendance aux deux pays. Ce qui fut accompli, après certes des tractations ardues, mais sans qu’une goutte de sang soit versée. L’enjeu était alors plutôt la lutte d’influence entre les deux empires coloniaux, la France et la Grande-Bretagne. D’ailleurs, la France articule toujours aujourd’hui sa politique culturelle (centres culturels français et lycées) et économique au Proche-Orient, autour de ces deux pays dont elle se sent diversement proche (Union pour la Méditerranée). La France n’a jamais considéré le Liban, pas plus que la Syrie, comme des colonies. Dans le dossier consacré ce mois-ci (point hors série) à la décolonisation après la Seconde Guerre mondiale (1954-1962), tout l’accent est porté sur l’Indochine, le nord de l’Afrique et les divers pays africains (1960). Le rapport avec les pays africains s’est résolu plutôt pacifiquement (la plupart aujourd’hui sont très actifs et impliqués dans la francophonie, le français demeurant leur langue officielle). La rupture avec l’Indochine et le nord de l’Afrique (notamment l’Algérie) a été autrement plus passionnelle et meurtrière. Certes, une fois dépassée l’affirmation constitutive, il faudrait la justifier par l’adhésion des populations qui la composent. (L’identité est un processus de négociation et d’identification, une construction affective et rationnelle qui aboutit ou échoue selon les liens créés, l’humanité, comme l’homme, est un vécu et une histoire).

Au Liban, la date du 22 novembre, qui nous renvoie au pacte national (entre les deux pères de l’indépendance, le maronite Béchara el-Khoury et le sunnite Riad el-Solh), nous maintient également dans une situation ambiguë d’un compromis à la fois provisoire et existentiel (ni Orient ni Occident, et « deux négations ne font pas une nation » ). D’autant plus que ce compromis a été maintes fois dénoncé, révoqué et même trahi. Mais malgré toutes les épreuves douloureuses, nous sommes condamnés de façon presque absurde à toujours tout oublier et tout reprendre à zéro (ni vainqueur ni vaincu). Nous oscillons constamment entre la tentation métaphysique, tragique (mythe de Sisyphe, serpent qui se mord la queue) ou réconfortante (mythe du phénix qui renaît de ses cendres ou éternel retour) et la tendance pathologique, schizophrène (le double discours) et paranoïaque (retournement du discours et projection du complot et de la persécution).Et là, il s’agit d’une option structurelle, commune à tous les chefs et à toutes les communautés. (Il ne s’agit d’exclure personne, ni bien sûr d’incriminer personne, mais de comprendre ce processus structurel et d’essayer si possible de le rationaliser). Comment sortir de cette circularité ? Comment structurer un discours identitaire et national cohérent ?

Le 22 novembre est également la date anniversaire de la naissance du général de Gaulle (1890) et la commémoration de l’assassinat du président Kennedy (1963). Certes, les deux hommes semblent complètement différents dans leur parcours : l’un est le vieux chef, le père salvateur, fondateur et quelque peu autoritaire et trop rigoureux, qui finit incompris et isolé ; l’autre est le jeune fils aventurier et fier, bouleversant l’ordre établi, les normes et les préjugés, qui finit assassiné et sacrifié). Toutefois si on écoute leurs grands discours, qui viennent d’être réédités, on retrouve chez tous les deux ce même ton inspiré (éloquence, clarté de l’idée, émotion maîtrisée) et surtout le fait d’incarner une nation et de porter ses valeurs politiques et culturelles fondamentales (l’un s’efface et se confond avec la France, l’autre avec les États-Unis). Il faut une base indispensable de nationalisme transcendant et triomphant pour porter un projet collectif dans ses valeurs constructives et de civilisation, à condition que ce nationalisme demeure ouvert sur l’humanité entière et ne se dégénère pas en pulsion d’agressivité et d’élimination des autres groupes culturels (minorités) ou des autres nations. Savoir composer, entre le désir de pouvoir et la peur d’autrui, et respecter au-delà de tout, en préservant les identités spécifiques légitimes, les valeurs humaines essentielles. Tout est une question de frontières et de limites.

Au Liban, nous avons eu plusieurs figures mythiques au niveau des communautés, soit incomprises, soit foudroyées (dont deux le 22 novembre René Mouawad et le jeune Pierre Gemayel) mais le discours national continue à manquer, à l’image de la fête nationale. Chaque communauté y voit ce qu’elle a envie d’y voir. Un pays pluriculturel peut-il être une nation et à quelles conditions ? Les éléments structurants d’une nation peuvent-ils être négociés et mis collectivement en partage (langue, race, religion, mœurs) ? Le Liban est-il vraiment indépendant ou continue-t-il à troquer structurellement une tutelle pour une autre (occidentale : américaine ou française, et orientale : syrienne, saoudienne, égyptienne, iranienne et même turque) ?

Nous célébrons le 22 novembre dans deux jours, mais en réalité, à défaut de projet fédérateur et cohérent, nous sommes toujours et un peu plus chaque jour, bloqués à la veille du 13 avril.

La loi du coupe-coupe

13 novembre 2010 Laisser un commentaire

Éditorial – Issa Goraieb
13/11/2010 | L’Orient Le Jour

Le centre, cela peut être payant. C’est un joli succès en tout cas que viennent de remporter le président Sleiman et le chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt en obtenant que soit reportée, jusqu’après la fête de l’Indépendance, la séance cruciale du Conseil des ministres au cours de laquelle devrait être tranchée, par voie de consensus si possible, l’affaire dite des faux témoins. Que ce centre-là, faisant office de zone tampon, relève à la fois de la plus haute instance étatique maronite et du leader des druzes n’est guère d’ailleurs l’effet du hasard, à l’heure où s’aggravent les tensions entre les deux branches sunnite et chiite de l’islam libanais.

Succès tout relatif, provisoire et précaire cependant. Si le président de la République et Walid Joumblatt sont si soucieux de laisser le temps au temps, c’est dans l’attente de la formule magique que sont supposés concocter conjointement et solidairement la Syrie et l’Arabie saoudite, ces deux surveillants et garants de la stabilité interne dans notre pays. C’est le même pari, assorti d’un rare hommage à la personne du roi Abdallah, que vient de louer, avec un optimisme tout aussi inhabituel, Hassan Nasrallah. Mais comment marier l’eau et le feu, quel compromis peut-il être seulement possible entre l’attachement du Liban à la justice internationale chargée de faire la lumière sur les attentats criminels des dernières années et la hantise du calme domestique, devenue matière à vil chantage pour les ennemis du tribunal de La Haye ?

À cette question, le Hezbollah a depuis longtemps répondu, sans s’embarrasser du moindre souci de compromis : la cour à caractère international n’est qu’une fabrication israélo-américaine, ses conclusions doivent être rejetées d’avance et quiconque s’obstinerait à y accorder foi serait un traître à la solde de l’ennemi ! Ce thème, Hassan Nasrallah l’a une fois de plus développé, lors de son apparition télévisée de jeudi soir, l’agrémentant même d’un arrogant défi à quiconque s’aviserait d’inquiéter un seul de ses fidèles si celui-ci venait à être l’objet d’une quelconque accusation.

La main qui s’y hasarderait sera coupée, a-t-il promis. Oubliant sans doute que hors l’odieux précédent de la guerre civile, et contrairement aux usages en vigueur dans d’autres pays de la région, on ne coupe pas de mains au Liban. Oubliant aussi que même les États ou organisations les plus hermétiques n’ont jamais été à l’abri des infiltrations malignes, que les plus honnêtes et vertueuses des familles peuvent compter dans leurs rangs des brebis galeuses. Oubliant en somme que nul n’est parfait en ce bas monde, quand bien même il se réclamerait d’un parti prétendant être celui du Créateur.

Bien plus nuancée certes, mais n’échappant pas pour autant à la contestation, est l’approche du problème à laquelle s’est livré, le soir même, Walid Joumblatt en demandant que peut valoir la justice en l’absence de stabilité. Loin du classique débat sur l’histoire de la poule et de l’œuf, on peut aisément lui retourner la question : quelle stabilité pourrait-il y avoir sans justice, sans règne absolu de la loi ? La réponse, le leader druze devrait être le premier à la connaître, pour l’avoir vécue dans sa chair, pour l’avoir longtemps clamée lui-même avant de céder aux cruelles exigences de la prudence, tant physique que politique : une telle stabilité ressemblerait, en pire peut-être, à celle qui a régné sous la tutelle étrangère, celle des passe-droits en armes, celle des assassinats demeurés invariablement impunis, des arrestations arbitraires et des déportations ; avec elle, la justice serait celle des magistrats terrorisés, ou même parfois mitraillés en plein tribunal.

Cette paix-là serait seulement celle des prisons et des cimetières.

Issa GORAIEB
igor@lorient-lejour.com.lb

Un novembre libanais à Paris

13 novembre 2010 Laisser un commentaire

Comme chaque année, plusieurs manifestations ont lieu à Paris à l’occasion de la fête de l’indépendance du Liban.

Voici (à partir d’aujourd’hui) la succession des événements :

  • Mercredi 27 octobre 2010 à 18h
    Réception donnée en l’honneur de M. Nabih Berry, Pdt du Parlement Libanais en visite officielle
    Pavillon Dauphine: Place Mal de Lattre de Tassigny, 75116 Paris
  • Mardi 16 novembre 2010 à 18h30
    Conférence donnée par Mgr Saïd Elias Saïd: « L’Église maronite à l’heure du Synode» (pour le Moyen-Orient)
    organisée par le Mouvement International des Responsables Chrétiens MIRC
    Espace Georges BERNANOS St Louis d’Antin – 4 rue du Havre, 75009 Paris
  • Mercredi 17 novembre 2010 à 19h30
    Réception donnée en l’honneur du Gal Michel Aoun, en visite officielle à Paris
    Palais Maillot: 2 place de la Porte Maillot, 75017 Paris
  • Dimanche 21 novembre 2010 à 11h
    Grand’ Messe à à la Paroisse Notre Dame du Liban à Paris
    présidée par Mgr Saïd Elias Saïd, animée par la chorale Notre Dame du Liban
    La messe sera également célébrée pour le repos de l’âme du ministre Pierre Amine Gemayel et du député Antoine Ghanem
    17 rue d’Ulm, 75005 Paris – RER (B) Luxembourg
  • Dimanche 21 novembre 2010 à 16h
    Conférence donnée par M. Antoine Sfeir sur le thème:
    « Les enjeux géopolitiques actuels du Moyen-Orient: les raisons d’un tel blocage au Liban »
    Conservatoire Darius Milhaud (Auditorium Paul Arma): 140 av de la Division Leclerc, 92160 Antony
  • lundi 22 novembre 2010 à 14h30
    Soutenance de thèse: «
    Cinéma libanais d’après guerre : construction de mémoire et recomposition identitaire »
    présentée par Robert Eid, chercheur – réalisateur – formateur à la lecture de l’image
    Salle de la Maison de la Recherche Paris III: 4 rue des irlandais, 75015 paris
  • Mardi 23 novembre 2010 de 18h30 à 19h30
    Conférence donnée par Mgr Saïd Elias Saïd: « À propos des Églises catholiques orientales au Proche-Orient »
    organisée par la Société d’Entraide des membres de la Légion d’Honneur
    Mairie du Vème (salle Pierrotet): 21 place du Panthéon, 75005 Paris
  • Mercredi 24 novembre de 19h30 à 20h45
    Conférence donnée par Mgr Saïd Elias Saïd: « Le Synode des évêques pour le Moyen-Orient »
    dans le cadre du cycle de conférences « Questions actuelles »
    organisé en commun par la Documentation catholique et l’ISTR du Theologicum de l’Institut Catholique de Paris
    Institut Catholique de Paris: 21 rue d’Assas, 75006 Paris
  • Mercredi 24 novembre
    Séminaire: «Le traitement des déchets et des eaux et les eaux non-conventionnelles; état des lieux et opportunités au Liban», organisé par la Chambre de Commerce Franco-Libanaise, en partenariat avec l’UISF (Union Internationale des Ingénieurs et Scientifiques utilisant la langue française), en présence de M. Mohammed Rahhal, Ministre de l’Environnement au Liban
    Inscription obligatoire avant le 17 novembre au 01 46 25 71 02 ou info@ccfrancolibanaise.com
    Palais de l’Unesco (Salle IX): 125 avenue de Suffren, 75007 Paris – Métro: Ségur, Cambronne

Hommage à Tuéni Kassir et Chidiac

30 décembre 2005 1 commentaire

 

Les étudiants de divers courants du 14 mars, qui ont relancé les tentes de la liberté à la place des Martyrs, ont organisé hier une exposition en hommage des journalistes cibles des attentats

 

 
 

Exposition en hommage à Tuéni Kassir et Chidiac 

 
Les étudiants de divers courants du 14 mars, qui ont relancé les tentes de la liberté à la place des Martyrs, ont organisé hier une exposition en hommage des journalistes cibles des attentats : le PDG d’an-Nahar et député de Beyrouth Gebran Tuéni assassiné le 12 décembre, Samir Kassir éditorialiste d’an-Nahar, tué le 2 juin dernier, et May Chidiac qui a échappé par miracle le 25 septembre 2005 à un attentat.

 

L’exposition a été inaugurée par l’épouse du PDG d’an-Nahar, Siham Asseily Tuéni, l’épouse de Samir Kassir, Gisèle Khoury, et la sœur de May Chidiac, qui est hospitalisée actuellement dans un hôpital parisien, Micheline Baaqlini.

Les étudiants, qui ont exposé dans les tentes de la liberté des portraits et des éditoriaux des journalistes et diffusé la dernière interview effectuée par May Chidiac, ont également distribué aux automobilistes de passage place des Martyrs le dernier texte portant la signature de Gebran Tuéni.

 

Source: L’ORIENT LE JOUR

 

Who’s next???

28 décembre 2005 1 commentaire

 

WHO’S NEXT???

 

 

 

 

UNTIL WHEN???

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Assassinat de Gebrane Tuéni: suspect syrien arrêté au Liban

28 décembre 2005 Laisser un commentaire
BEYROUTH – La justice libanaise a pour la première fois arrêté un suspect dans l’enquête sur l’attentat qui a coûté la vie il y a deux semaines au journaliste et député antisyrien, Gebrane Tuéni. Il s’agit d’un ressortissant syrien.

Le suspect, âgé de 30 ans, a été écroué aux termes d’un mandat d’arrêt délivré par le juge d’instruction Rachid Mezher, qui venait de l’interroger au siège du Tribunal militaire de Beyrouth.

L’homme vendait de la quincaillerie dans un terrain qu’il louait à Mkallès, à l’entrée est de Beyrouth, jouxtant le lieu de l’attentat. Il est accusé d’avoir donné des coups de téléphones suspects depuis son commerce, aussitôt avant et après l’explosion.

Gebrane Tuéni, 48 ans, directeur général du quotidien libéral à grand tirage An Nahar, a été tué dans un attentat à la voiture piégée le 12 décembre dans lequel deux personnes ont également été tuées et 30 blessés.

Journaliste engagé et passionné, il écrivait des éditoriaux en forme d’actes d’accusation contre la politique syrienne, où il répétait inlassablement son credo d’un Liban souverain, débarassé de la tutelle de Damas.

L’attentat qui a tué Gebrane Tuéni a été attribué par une grande partie de la classe politique libanaise à la Syrie, qui a condamné l’attentat et démenti toute implication.

Outre Gebrane Tuéni, plusieurs personnalités libanaises antisyriennes ont été tuées dans des attentats qui ont suivi celui qui a coûté la vie en février à l’ancien premier ministre Rafic Hariri et au député Bassel Fleyhane. Il s’agit de l’écrivain et journaliste de gauche Samir Kassir et de l’ex-dirigeant communiste Georges Haoui.

Les ministres Marwan Hamadé et Elias Murr et la présentatrice vedette de la télévision, May Chidiac, très critiques à l’égard de l’ingérence de Damas au Liban, ont eux échappé de justesse à des attentats à l’explosif.

SDA-ATS
Posté le 27 décembre 2005 à 15:41
 
 
 

Gebrane Tuéni, un patron de presse engagé

28 décembre 2005 Laisser un commentaire

Formé en France, le journaliste était l’héritier d’une famille de chrétiens orthodoxes attachée à l’indépendance du Liban

 

GEBRANE TUÉNI se savait en danger. Il avait déclaré il y a quelques semaines, dans une interview à Radio Orient, avoir vu son nom sur « une liste de personnalités politiques à assassiner ». Et pour cause : Gebrane Tuéni était l’un des fers de lance du « soulèvement de l’indépendance » qui, après l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri le 14 février, a mené au retrait des troupes syriennes du Liban, fin avril.

Président-directeur général du plus grand quotidien arabophone du pays, An Nahar, il l’avait transformé en tribune politique contre la tutelle syrienne sur le pays du Cèdre, au point que la Syrie en a interdit la distribution sur son territoire. Dans son dernier éditorial, daté de jeudi dernier, il interpellait le ministre syrien des Affaires étrangères et accusait Damas de tenter de reprendre le contrôle du Liban. « Farouk el-Chareh devrait comprendre que l’hégémonie syrienne sur le Liban est terminée et que les Libanais savent mieux que le régime syrien ce qui est bon pour eux », écrivait-il.

Si les langues de la classe politique et des médias libanais se sont largement déliées depuis le retrait syrien, malgré la peur entretenue par les attentats, la plume de Gebrane Tuéni s’est acérée plus tôt que les autres. Dès mars 2000, peu après avoir pris la tête d’ An Nahar, il avait osé un éditorial sous forme de lettre ouverte à Bachar el-Assad, auquel son père Hafez, encore vivant à l’époque, avait confié la charge des affaires libanaises, avant qu’il ne lui succède à la présidence de la Syrie quelques mois plus tard. « Beaucoup de Libanais sont mécontents de la présence armée syrienne », avait-il écrit. « Le prix de la paix régionale passe-t-il par la mainmise syrienne sur le Liban », demandait-il alors, bravant un tabou.

Diplômé d’une école de journalisme et de relations internationales en France (1980), Gebrane Tuéni a toujours conçu son métier comme une prolongation de la politique, à l’instar de son père Ghassan Tuéni, qui a été député, ministre et ambassadeur du Liban auprès des Nations unies, et de son grand-père, Gebrane, fondateur d’ An Nahar en 1930.

Le chantre de la souveraineté du Liban

Il est né en 1957 dans l’une des familles chrétiennes orthodoxes les plus anciennes de Beyrouth, dont l’histoire est intimement liée à celle du Liban. Il est le neveu de Marwan Hamadé, le ministre des Télécommunications, lui-même rescapé du premier de la série noire des attentats qui frappent le pays depuis plus d’un an. Sa première épouse est la soeur du ministre de la Défense, Elias el-Murr, qui a également échappé à une autre voiture piégée. Père de deux enfants, dont la jeune Nayla, « entrée » elle aussi à An Nahar, il s’était récemment remarié et venait d’agrandir sa famille de deux jumelles.

Chantre de la souveraineté du Liban, Gebrane Tuéni avait déjà fait les frais de son engagement politique auprès du général Aoun, en 1989-1990, lorsque ce dernier était devenu le champion de la lutte pour la libération du Liban de l’occupation militaire syrienne. L’échec du mouvement et l’instauration d’une pax syriana bénie par la communauté internationale l’avaient conduit à l’exil en France, pendant trois ans, une période qu’il a mise à profit pour poursuivre des études de gestion à l’Insead.

De retour au Liban, sa formation l’aida à développer le groupe An Nahar, l’un des plus anciens du Proche-Orient, dont l’influence dépasse le simple cadre libanais. Outre le quotidien, le groupe compte un mensuel féminin et une maison d’édition. Pour son entreprise, Tuéni a bénéficié successivement d’apports en capital de l’ancien premier ministre Rafic Hariri puis du milliardaire saoudien Walid Ben Talal, encore actionnaire du groupe.

Son véritable passage en politique, Gebrane Tuéni le fera au lendemain de l’assassinat de Rafic Hariri, en devenant l’un des principaux animateurs de la « révolution du Cèdre » et de la manifestation géante du 14 mars qui se déroule au pied d’ An Nahar, place des Martyrs. Dans la foulée, il est élu en juin 2005 député pour le siège orthodoxe de Beyrouth, sur la liste de Saad Hariri, l’héritier politique du premier ministre assassiné.

 
Par Sibylle Rizk, Luc de Barochez
[27 décembre 2005]
 
Source: LE FIGARO
 
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RASSEMBLEMENT le mercredi 21 décembre à 19h Place André Tardieu

18 décembre 2005 2 commentaires
Chers compatriotes, chers amis du Liban,
 
La liberté était la vocation de Gebran Tueni, pour la liberté il a sacrifié sa vie.
Le régime syrien tue sans vergogne et nous nous contentons de compter nos morts, les déplorer et les enterrer.
Le régime syrien menace et met ses menaces à exécution et nous prônons la retenue et la raison.
Le régime syrien planifie et perpétue les attentats et nous nous contentons d’une victoire inachevée.
Le régime syrien enlève nos concitoyens et les séquestre dans ses geôles, et nous sommes prisonniers de notre chagrin.
Le régime syrien se nourrit de notre sang et nous sommes cantonnés dans nos cages.
 
Attendez
 
Le régime syrien a peur de la vérité et de la lumière.
Le régime syrien craint l’union des Libanais.
Le régime syrien tremble devant la plume de la liberté et la voix de la vérité.
Le régime syrien appréhende les esprits dignes et révoltés.
Chers compatriotes, chers amis du Liban, souvenez-vous,
La liberté était la vocation de Gebran Tueni, pour la liberté il a sacrifié sa vie.
Rassemblons-nous, comme le 14 mars 2005, pour sommer ce régime d’arrêter le feuilleton de la mort.
 
Rassemblons-nous le soir du
mercredi 21 décembre 2005 à 19h
près de l’ambassade de la Syrie pour crier haut et fort
CA SUFFIT!
 
Lieu du rassemblement : Place André Tardieu – M° Saint François Xavier (Ligne 13)
 
 
 
Le Courant du Futur, Le Courant Patriotique Libre, Les Forces Libanaises, Mouvement de la Gauche Démocratique, Parti Kataëb, Parti Socialiste Progressiste, l’Union Libanaise Culturelle dans le Monde
 
 
 

…KAFA!

15 décembre 2005 1 commentaire
Parfaitement Gebran, tu as tout à fait raison, et merci de le souligner dans ton commentaire précédent. Cependant, je vais clairement m’adresser à tous directement:
 
JE TROUVE INADMISSIBLE QUE CERTAINS FONT QUE LE LIBAN SOIT ENCORE DIVISE, CA VA JUSQU’A LA PROVOCATION, MAIS QU’EST-CE-QUE VOUS CHERCHEZ EXACTEMENT?
QUEL EST VOTRE BUT QUAND VOUS AGISSEZ AINSI? SI VOUS NE VOULEZ PAS ALLER DE L’AVANT, EH BIEN CONTINUER A FAIRE CE QUE VOUS FAITES SI BRILLAMENT, COMME PAR EXEMPLE SORTIR DES DRAPEAUX ILLUSTRANT DES PARTIS POLITIQUES ALORS QU’ILS N’ONT AUCUN LIEU D’ETRE. IL Y A UN MOMENT POUR TOUT.
GEBRAN EST MORT POUR CETTE CAUSE, ET VOUS OSEZ MONTRER CE QUE GEBRAN REFUTAIT DE TOUT SON COEUR: UN LIBAN DIVISE!
PUISQUE VOUS AVEZ LA SOLUTION, POURQUOI NE L’APPLIQUEZ-VOUS PAS?
IL EST TOUT A FAIT NORMAL D’AVOIR DES TENDANCES ENVERS CERTAINES IDEES, ON A TOUS NOS PREFERENCES ET NOS VALEURS AU FOND, C’EST D’AILLEURS CE QUI FAIT DE NOTRE LIBAN LE PLUS BEAU PAYS AU MONDE. MAIS POUR VIVRE EN HARMONIE ET FAIRE ARRETER LA BARBARIE, IL FAUT SAVOIR S’ECOUTER LES UNS LES AUTRES, S’UNIR POUR LA BONNE CAUSE, ET JUSQU’AU BOUT.
 
NOUS SOUTENONS DE TOUT NOTRE COEUR ET DE TOUTES NOS FORCES TOUTES LES FAMILLES EFFONDREES ET DESTABILISEES PAR LES CONSEQUENCES DES ACTES BARBARES QUI FONT CHANGER TOUT LE COUR DE LEUR VIE SUITE A DES SEQUELLES IRREVERSIBLES OU LA PERTE D’UN ETRE CHER MORT POUR LA PATRIE. NOS MARTYRS SERONT A JAMAIS GRAVER EN NOS MEMOIRES…
 
AU NOM DE NOTRE BIEN AIME ET TRES CHER LIBAN, SOYONS SOUDES JUSQU’AU BOUT, NE LAISSEZ PAS LE MAL PREDOMINER ET DECIDER DE SON SORT!!!
 
NOUS, LIBANAIS, FIERS DE NOTRE PAYS,
CLAMONS HAUT ET FORT: LAISSEZ LE LIBAN AUX LIBANAIS!!!
 
 
TA YDAL 3ALAMNA YRAFREF 3A KEL EL STOU7 W BI KEL EL IDEYN
TA YDAL RASNA MARFOU3
TA YDAL EL SAWT YWADDI
YA WATANNA ENT EL AKBAR W HENNI BYEB2OU ZGHAR
CHA3BAK AKBAR YA WATANI
 
 
 
KAFA
 
 
 
 
 
 
PATRICIA
 
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Liste de 6 personnalités libanaises à abattre

15 décembre 2005 Laisser un commentaire

Une liste "de personnes à abattre" regroupant six personnalités politiques libanaises antisyriennes, dont le chef druze et député Walid Joumblatt, a été diffusée jeudi par les médias libanais.

 

Selon le quotidien indépendant Al-Balad, qui cite des sources parlementaires et gouvernementales, les noms de "Walid Joumblatt, des députés Marwan Hamadé (druze), Waël Abou Faour (druze), Samir Frangié (allié du Courant du Futur de Saad Hariri), Elias Atallah (Gauche démocratique) et Farid Makari (Courant du Futur) figurent sur cette liste noire des personnalités à abattre".

 

Ces personnalités font toutes partie de la majorité parlementaire antisyrienne issue des élections tenues en mai-juin après le retrait en avril des troupes syriennes du Liban sous la pression internationale et de l’opposition libanaise. Des radios libanaises ont également fait état de cette liste en citant les mêmes sources.

 

"J’ai été informé de cette liste par des sources parlementaires et politiques", a déclaré M. Atallah, précisant qu’il s’agissait "de presque la même liste qui a circulé avant l’assassinat du député et journaliste Gebrane Tuéni dont le nom y figurait"."Nous allons être plus prudents et limiter nos déplacements, mais cela ne va pas changer nos choix politiques", a-t-il dit.

 

La commission d’enquête de l’Onu sur le meurtre de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri avait mis en garde sur l’existence d’une liste noire de personnalités libanaises à abattre, sur laquelle figurait le nom de Gebrane Tuéni assassiné lundi.

 

Le ministre et député Marwan Hamadé, oncle de Gébrane Tuéni et qui avait échappé lui-même à une tentative d’assassinat en octobre 2004, a accusé mercredi Damas de plusieurs assassinats durant la guerre du Liban (1975-1990) et de ceux qui ont encore endeuillé le pays depuis octobre 2004, dont les attentats contre lui-même et Gebrane Tuéni. "Il faut mettre hors d’état de nuire ce régime de dictateurs et d’assassins. Nous ne pouvons plus nous taire", a-t-il dit.

 

Walid Joumblatt, un pilier de la coalition gouvernementale, a abondé dans le même sens. "Le régime syrien doit être changé et jugé. Ce type (Bachar Al-Assad) à Damas est un malade. S’il reste au pouvoir il n’y aura pas de stabilité au Moyen-Orient", a-t-il déclaré mardi à la chaîne CNN. La Syrie, qui avait contrôlé le Liban pendant de nombreuses années, a démenti toute implication dans les attentats et assassinats, dont sept ont visé des personnalités antisyriennes, depuis octobre 2004.

 

Par ailleurs, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, est arrivé jeudi à Damas, venant de Beyrouth, pour poursuivre une mission de bons offices visant à prévenir "une dégradation dangereuse" des relations entre le Liban et la Syrie. M. Moussa doit rencontrer le président syrien Bachar al-Assad, le ministre des Affaires étrangères Farouk al-Chareh, a indiqué son porte-parole Ala’ Rouchdi. M. Moussa s’adressera à la presse après son entreveue avec M. Chareh. Le secrétaire général de la Ligue doit ensuite retourner à Beyrouth.

 

M. Moussa a affirmé, mercredi à Beyrouth, après un entretien avec le Premier ministre libanais Fouad Siniora, mener "une mission de bons offices visant à prévenir une dégradation dangereuse de la situation" entre le Liban et la Syrie. M. Moussa a ajouté qu’il ne pouvait pas "rester les bras croisés et voir la situation se dégrader entre le Liban et la Syrie et atteindre un niveau dangereux". "Nous sommes concernés par la stabilité du Liban et par des relations saines entre Beyrouth et Damas, qui ont indéniablement des intérêts communs qu’il serait extrêmement erroné d’ignorer", a-t-il dit.

 

La Syrie, qui a exercé une tutelle au Liban pendant de nombreuses années avant de retirer ses troupes, en avril, sous la pression, a nié toute implication dans ces attentats. Cependant une commission d’enquête de l’Onu sur le meurtre de l’ex-Premier ministre libanais, Rafic Hariri, a mis en cause des responsables syriens.


 

Source: YAHOO

 

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