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Articles Tagués ‘Irak’

Conférence d’Antoine Sfeir au Puy

15 janvier 2012 Poster un commentaire

Crédit : Gil Fornet "Chrétiens d’Orient : quel avenir ?" sera le thème de la conférence d’Antoine Sfeir, vendredi 27 janvier prochain à 19h à l’Hôtel Dieu du Puy. Suite à cette rencontre, un échange avec le public sera organisé.

Jusqu’au printemps arabe

Antoine Sfeir abordera les thématiques relatives à la situation des chrétiens notamment en Egypte, en Iran, en Irak et au Liban depuis leurs origines jusqu’aux récents évènements du printemps arabe. Ce dernier établira également un bilan de la situation actuelle dans l’ensemble du monde arabe. La conférence est organisée par l’Yssingelaise Bérénice Murgue, doctorante en sciences politiques à l’université Paris-Sorbonne et collaboratrice d’Antoine Sfeir aux Cahiers de l’Orient. Lire la suite…

Proche-Orient : ce que peut le cinéma

24 novembre 2011 Poster un commentaire

Proche-Orient : ce que peut le cinéma présente la 5e édition de son festival à Paris du 30 novembre au 13 décembre 2011, au cinéma Les 3 Luxembourg: 67 rue Monsieur Le Prince, Paris 6ème.

Chaque journée sera consacrée à un sujet:

  • soit un pays: Irak et Kurdistan, Syrie et Liban, Israël, Palestine
  • soit un thème : le Printemps Arabe, les femmes, étrangers dans leur propre pays…

Programme intégral téléchargeable ici.

Plus d’info sur www.quepeutlecinema.com

Programme des débats et des intervenants ci-dessous: Lire la suite…

Entre la chute de la dictature soviétique (1989) et la chute des dictateurs arabes (2011)

23 mars 2011 Poster un commentaire

18/03/2011 – Par Bahjat RIZK

La mondialisation, autrement dit la révolution des moyens de communication qui a bouleversé notre cadre spatio-temporel, a joué un rôle majeur tant dans l’effondrement de la dictature soviétique il y a un peu plus de vingt ans que dans la chute précipitée des régimes dictatoriaux en Tunisie et en Égypte il y a à peine deux mois, alors que le régime populiste en Libye vacille mais hésite à s’effondrer. Des réformes sont par ailleurs prévues en Algérie, au Yémen, au Maroc, en Jordanie, à Bahreïn, peut-être même en Arabie saoudite. Seuls les régimes syrien et iranien demeurent en Orient, fermement verrouillés. Contrairement à l’Irak, la révolution cette fois-ci semble s’être effectuée de manière interne, sans intervention flagrante de l’extérieur, autrement dit de l’Occident.

Les démocraties occidentales ont compris que si elles voulaient intervenir, pour promouvoir leurs valeurs et sécuriser leurs intérêts, elles ne pouvaient le faire que de l’extérieur, car sinon la révolution interne se transformerait en lutte contre l’occupation étrangère. Ne pouvant intégrer ces pays dans leur espace, ils se devaient de préserver leurs frontières et leur intégrité émotionnelle. Dans les pays d’Europe centrale, les valeurs occidentales ont triomphé car elles avaient été intériorisées par la population dans son ensemble. De même, en Tunisie et en Égypte, où les mœurs libérales, dites aujourd’hui occidentales, ont pu cheminer à travers l’histoire, l’éducation et surtout les moyens de communication, le concept de démocratie et de libertés individuelles touchant une certaine frange de la population, à travers l’Internet et les réseaux sociaux d’information.

En Libye, où le système tribal demeure vivace, la société civile semble avoir plus de difficultés à s’organiser. Certes, l’Occident ne peut la laisser livrée à elle-même, face à un dictateur délirant, mais s’il intervient, il risque, comme en Irak, de la desservir et de se discréditer. Comme pour l’Afrique et la Côte d’Ivoire, l’appui ou le désaveu ne peuvent provenir que de ses pairs, autrement dit de sa « famille », de ceux qui ont la même langue, la même religion ou la même race, pour ne pas être perçus comme des agresseurs mais comme des frères. Le colonel Kadhafi a d’ailleurs souvent jonglé entre l’identité arabe, l’identité africaine et l’identité islamique, étant très peu dépendant, grâce au pétrole et à la nature désertique de son pays, de l’Occident. Que faire face à un pays qui n’a ni Constitution ni élections, et dont le guide révolutionnaire est enfermé, depuis presque un demi-siècle (depuis 1969), dans un discours clos, oscillant entre le pathologique et le pathétique ? Certains ont voulu reconquérir la légitimité politique et culturelle à travers le retour à une période antérieure et au régime précédent (drapeau du roi Idriss), mais cette option semble manquer d’interlocuteurs identifiés. Le conseil national de transition lui-même n’est pas encore clairement défini, ni autonome, dans son identité. Après la Tunisie et l’Égypte, toutes les deux en phase transitoire incertaine après l’éviction de leurs dictateurs respectifs, la Libye semble elle, pour le moment, bloquée. Comment assister les peuples arabes dans leur processus d’émancipation sans les humilier ou les heurter ?

Les pays de l’Europe centrale qui se sont soulevés contre l’emprise soviétique l’ont fait au nom de leur propre dignité et en s’identifiant à eux, l’Occident les a reçus à bras ouverts, en mettant en avant un héritage commun. C’est cette reconnaissance culturelle, même puisée dans un passé lointain et reculé, qui pourrait les rapprocher. Tout en reconnaissant le risque d’un choc des cultures spécifiques, il faudrait miser sur l’universalité d’une culture humaine qui ne soit pas l’apanage d’une culture spécifique mais la transmission universelle, à travers le temps et l’espace, des différentes cultures entre elles dans leur dimension transcendante. C’est cette continuité et cette confiance qu’il faudrait s’efforcer de rétablir. Après l’Europe de l’Est, le monde arabe et l’Orient semblent s’ouvrir à l’ère libérale (pas uniquement les intérêts économiques marchands mais les valeurs morales, surtout celles qui touchent les libertés individuelles). Plutôt que de diviser pour mieux régner et de faire la course aux marchés mondiaux, l’Occident est appelé à s’identifier et donc à mieux reconnaître et partager.

Bahjat RIZK

Source: L’Orient Le Jour

Au Liban, les chrétiens voient leur avenir incertain

9 janvier 2011 Poster un commentaire

09/01/2011

Autrefois incontournable au Liban, la communauté chrétienne a cependant vu son poids politique s'éroder depuis le début de la guerre civile, du fait des nombreux départs et d'une faible natalité par rapport aux autres communautés du pays./

Autrefois incontournable au Liban, la communauté chrétienne a cependant vu son poids politique s'éroder depuis le début de la guerre civile, du fait des nombreux départs et d'une faible natalité par rapport aux autres communautés du pays. AFP

Communautés Les récents attentats meurtriers contre des chrétiens en Irak et en Égypte inquiètent la communauté chrétienne libanaise qui observe avec angoisse son propre déclin dans une région essentiellement musulmane. Les chrétiens libanais, principalement maronites, représentent 34% de la population du pays et forment la deuxième plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient après les Coptes d’Égypte.

"Nous sommes une minorité dans les eaux agitées du Moyen-Orient", explique Teddy Awad, un maronite de 42 ans, en jouant aux cartes dans un café du village de Hasroun, aux confins de la vallée de la Qadisha, considérée comme le coeur chrétien du Liban. "Les chrétiens du Liban sont peut-être dans une meilleure situation que les Coptes d’Égypte (…) mais le moindre bouleversement politique peut nous voir subir le même sort", ajoute-t-il.
Située dans le nord du pays, la vallée de la Qadisha, ou "vallée sainte", accueille des communautés monastiques depuis les débuts de l’Église catholique maronite. Son paysage accidenté est truffé de monastères, d’ermitages et de grottes ayant abrité dès le Ve siècle des chrétiens fuyant les persécutions.
"Notre histoire est celle d’un martyre", assure le père Charbel Trad, un moine qui a consacré sa vie à préserver la foi maronite au Liban. "Notre vocation, en tant que maronites, est de rester ici, et de propager le christianisme à l’Est. Et nous n’avons pas peur".
Et si les attentats contre des églises à Bagdad (46 morts parmi les fidèles le 31 octobre) et Alexandrie (21 morts le 31 décembre) ont fait frémir les chrétiens libanais, peu d’entre eux estiment que de tels actes sont possibles au Liban, seul pays de la région où le président est chrétien.
"Prendre les chrétiens pour cible au Liban est plus difficile compte tenu de notre structure politique" où le pouvoir est segmenté entre les différentes confessions religieuses, explique Samir Geagea, chef des Forces libanaises.
Autrefois incontournable au Liban, la communauté chrétienne a cependant vu son poids politique s’éroder depuis le début de la guerre civile (1975-1990), du fait des nombreux départs et d’une faible natalité par rapport aux autres communautés du pays (chiites, sunnites et druzes).
"Tous les chrétiens du Proche-Orient sont dans une situation difficile. Leur pourcentage, leur importance (…) sont en baisse dans tous les pays qui vont de la Mésopotamie à l’Égypte, en passant par le Liban. Mais il y a des degrés différents", explique l’historien français des religions Odon Vallet. "Au Liban, les chrétiens sont déjà partis en masse. Ils sont beaucoup plus nombreux en Amérique et en Europe qu’au Liban", ajoute-t-il, reconnaissant qu’il y a "un risque" que le sort des chrétiens de la région se détériore.
Mais les raisons de partir ne sont pas toujours les mêmes.
Le Liban est ainsi devenu un refuge pour les chrétiens irakiens craignant pour leur vie, et dans le même temps, il est vu comme une entrave par ses propres chrétiens à la recherche de meilleures perspectives économiques et d’une plus grande stabilité politique.
"La solution pour notre communauté, c’est un visa pour ailleurs", regrette Teddy Awad.
Laba Ghosn, un boucher du village, approuve: "Il n’y a pas d’avenir ici pour les chrétiens. Regardez nos jeunes. Ils cherchent tous un moyen de s’en aller au plus vite".
Source: L’Orient Le Jour

Pourquoi cet acharnement contre les chrétiens d’Orient ?

9 janvier 2011 Poster un commentaire

08/01/2011, Par Cheikh Mohammad NOKKARI

Pour expliquer les raisons de l’acharnement contre les chrétiens d’Orient, je m’écarte de la thèse classique, pourtant apparente et susceptible d’être soutenue, qui indique que ces attaques seraient téléguidés par un groupe de musulmans extrémistes. Sans jamais passer sous silence leurs actions aveugles, extrémistes et contraires aux principes tolérants de l’islam, je pointe du doigt d’autres vrais coupables à qui profitent ces crimes.

L’islam, comme les autres religions, a connu tout au long des siècles des groupes extrémistes qui sont nés puis ont disparu. Leurs agissements perceptibles et identifiables étaient limités dans le temps et dans l’espace. Mais c’est la première fois qu’on assiste à une généralisation des attaques extrêmement violentes dont les commanditaires ne peuvent qu’être dépourvus de tout humanisme, de tout respect à la vie, et de toute piété envers Dieu. La rapidité et l’efficacité avec lesquelles opèrent les exécuteurs de ces massacres, en franchissant rapidement et facilement les frontières, laissent supposer que nous sommes devant des commanditaires extrêmement puissants et bien organisés à l’échelle mondiale. Le fil conducteur, selon l’avis de plusieurs observateurs avisés, devrait être recherché dans la pensée de quelques rabbins extrémistes qui croient à la proche venue du Messie, laquelle surviendrait après une grande guerre au Moyen-Orient. Si ces idées étaient propagées uniquement à l’intérieur du cercle fermé de ces rabbins, sans vouloir influencer d’autres groupes activistes et extrémistes, les méfaits dévastateurs de telles prophéties seraient restés limités à leurs écrits. Mais ces idées ont été vite adoptées et activement soutenues par les chrétiens fondamentalistes des États-Unis très influents sur la scène politique américaine. Un de leurs porte-parole a scandé en 2002 : « Il ne peut y avoir de paix avant l’avènement du Messie » (voir l’article qui porte le même titre dans Le Monde diplomatique de septembre 2002).

Ces deux visions, presque identiques, côtoient une politique sioniste qui rêve du Grand Israël lequel, pour vivre en tant qu’État exclusivement juif, doit être entouré d’États confessionnels. Les cartes de ces États existent : il s’agit d’un ou plusieurs États sunnites, d’un État chiite, d’un État druze, d’un État alaouite. Mais ce qui reste ambigu, c’est l’existence d’un État chrétien, ou plutôt la présence des chrétiens en Orient. Question : pourquoi l’existence de ces chrétiens leur pose un problème majeur ? Préféreraient-ils les déplacer en dehors du Moyen-Orient, comme ils ont essayé de le faire plusieurs fois, ou les regrouper à l’intérieur du Liban ? Ce qui me paraît plausible, c’est qu’ils cherchent à faire de cette question des « chrétiens d’Orient » un sujet de conflit, qui dégénère avec les tensions sunnites-chiites, en guerre globale.

Ni les sunnites ni les chiites ne voient dans l’existence immémoriale et enracinée de leurs frères chrétiens en Orient une menace qui pèse sur eux. Au contraire, le multiconfessionnalisme est un produit de l’islam et son respect passe par le respect même du Coran qui en fonde ses principes intangibles. Tel n’est pas le cas de l’exclusivisme judaïque qui donne son caractère juif à l’État d’Israël (voir le livre de Georges Corm : Introduction à l’étude des sociétés confessionnelles, et le livre d’Edmond Rabbath : La formation historique du Liban politique et constitutionnel).

La guerre d’Irak, les massacres des chrétiens irakiens (on parle des milliers de missionnaires sionistes qui opèrent actuellement en Irak), les troubles confessionnels en Égypte entre musulmans et coptes, la division du Soudan en Nord et Sud, les illusions d’une crainte arabe face à une hégémonie perse, les préparatifs de déclenchement à tout moment d’une guerre sunnites-chiites, sont tous orchestrés par les mêmes chefs.

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Le nom de la terre

6 janvier 2011 Poster un commentaire

06/01/2011, par Fifi Abou Dib

Forcément ils repartent, et dans la tradition chrétienne, c’est aujourd’hui le jour des Rois. Couronnés ils repartent, auréolés, nimbés, enveloppés de notre amour, nos enfants aux semelles de vent. Le Liban, il est vrai, n’a pas l’exclusivité de l’émigration des jeunes. En cette ère mouvante, la facilité des déplacements est un exutoire à l’angoisse début de siècle qui est la nôtre. Et l’herbe n’a jamais cessé d’être plus verte ailleurs. Mais à présent que nous avons franchi des deux pieds le seuil d’une nouvelle décennie, il serait sage de se demander pourquoi nous en sommes là ? Pourquoi nos vies sont suspendues aux départs et aux retours des nôtres alors que rien n’aurait dû empêcher que les familles soient réunies dans un même pays ?

Nous a-t-on rebattu les oreilles avec cet âge fabuleux des années 60. En ce temps-là, dans cette bien trop jeune république, on nous parlait de « la terre de nos ancêtres », l’œil humide de gratitude. On ne pense pas assez à la force létale de certains mots. Tant que la terre était à nos ancêtres, elle était condamnée à se cristalliser dans la tradition. Les changements devaient forcément engendrer cette frayeur qui elle-même engendre la violence. Nous vivions sur la terre figée de nos ancêtres dans un monde lancé à plein régime vers le IIIe millénaire. Quelque chose devait rompre. Il a rompu. Crises et guerres se succédant, la convoitise des voisins aidant, avec la faiblesse structurelle d’un pays trop petit, trop dépourvu de ressources pour s’en sortir seul, nous n’avons jamais trouvé le temps de recoller les morceaux.

Au seuil de 2011, parlons plutôt de « la terre de nos enfants ». Rien qu’à le dire, on se sent plus responsable. Pour « la terre de nos enfants », arrêtons de ressasser le passé, projetons-nous dans l’avenir. Cessons par exemple de parler de « chrétiens d’Orient ». Ces mots sont empesés de colonialisme. Les chrétiens du Liban, d’Égypte, d’Irak ou de Palestine ne sont pas des chrétiens tombés en Orient par accident. Ils en sont issus. Ce sont des chrétiens arabes. Toute autre acception les met en danger de marginalisation. Ils ont avec leurs concitoyens musulmans de nombreuses traditions communes et de mêmes pays en partage. Tout le reste, même le terrorisme, n’est que politique.

Source: L’Orient Le Jour

Chemins de croix, éditorial de Issa Goraieb

5 janvier 2011 Poster un commentaire

Sanglante fin d’année dans une église assyrienne de Bagdad, sanglant début d’année dans une église copte d’Alexandrie : pour épouvantables que soient ces deux attentats à la bombe survenus à la charnière de la décennie, ils ne sont en définitive que l’expression extrême d’un mal déjà ancien, d’un mal devenu endémique depuis que des cerveaux malades ont entrepris, sous couvert de zèle religieux, de déloger de la terre d’islam les chrétiens qui y vivent, souvent depuis la nuit des temps. Le vrai scandale cependant c’est quand ce terrorisme bénéficie de la coupable indifférence des gouvernements, si ce n’est même de leur criminelle complicité.

En Afghanistan, on assassine impunément les missionnaires et les convertis. En Algérie ou au Pakistan, et de manière moins violente peut-être mais non moins odieuse, c’est en s’appuyant sur la loi que l’on harcèle les chrétiens, qu’on leur interdit jusqu’à l’exercice du culte. La dictature des mollahs en Iran se moque du monde quand elle se pose en protectrice des minorités ; et même dans la Turquie officiellement laïque, la Turquie actuellement gouvernée par un islamisme dont on se plaît à louer la modération, les chrétiens sont en voie de disparition. En Palestine, et comme si les tracasseries israéliennes les plus diverses n’étaient pas encore assez (plus de sapin de Noël désormais, dans la grand-place de Nazareth), c’est à l’animosité du Hamas que sont constamment en butte les chrétiens qui n’ont pas encore cédé à la tentation de l’exode.

L’exode ? En Irak c’est déjà chose faite pour les chrétiens, pourchassés par les assassins jusque dans leurs foyers et leurs lieux de prière ; mais dans la sanglante pagaille qu’a laissée en Irak l’expédition libératrice de George W. Bush, à quelle autorité, à quelle instance responsable pourrait-on humainement en faire reproche ? Pilier du camp arabe dit modéré, alliée de l’Occident, l’Égypte n’est certes pas un autre Irak. Il reste que la stabilité ne doit pas s’y mesurer en seuls termes de longévité des régimes.

Techniquement – et ethniquement – parlant, c’est en effet avec les plus authentiques des Égyptiens, les Coptes, que l’Égypte est en crise : ces Coptes formant la plus nombreuse minorité chrétienne de tout l’Orient, constituant un dixième de la population locale, mais qui n’ont pas droit d’accès aux charges étatiques ou même administratives ; qui ne peuvent même pas élire leurs propres représentants au Parlement ; et qui en sont, depuis des années déjà, à essuyer agression sur agression, souvent mortelle, sans que les auteurs en soient châtiés. Non, l’Égypte n’est pas un second Irak car les chrétiens n’y vont pas comme à l’abattoir, parce que malgré la faiblesse de leurs moyens, malgré les appels au calme du patriarche Chenouda III, ils paraissent résolus – on l’a vu ces derniers jours dans les rues du Caire et d’Alexandrie – à défendre leur spécificité dans le cadre d’une citoyenneté pleine et entière.

Ce n’est évidemment pas dans des guerres confessionnelles à la libanaise, mais dans la citoyenneté et de la justice pour tous que peut résider la solution d’un drame affectant, avec une urgence proprement existentielle, toutes les minorités chrétiennes installées dans ce berceau de la chrétienté qu’est l’Orient. Il est nécessaire pour cela, toutefois, qu’impuissance et laxisme cessent d’être prétextes à complaisance ou connivence, que les gouvernements en place renoncent à l’indigne rôle de faux témoin ou de Ponce Pilate qu’ils se sont lâchement assigné de peur d’avoir à affronter en direct le monstre terroriste.

Intolérable parti pris, s’indignait lundi le cheikh d’al-Azhar, la plus haute autorité spirituelle d’Égypte à propos de l’appel lancé aux dirigeants du monde par le pape Benoît XVI afin qu’ils veillent à la protection des chrétiens. À cette stupéfiante réaction, on pourrait opposer l’obligation – non seulement morale mais aussi politique – pour les chefs arabo-musulmans de prendre précisément parti : pour l’égalité, pour la justice, pour l’altérité, celles-là mêmes que revendiquent activement les populations immigrées en Europe. C’est à l’islam, l’islam lui-même hanté par le spectre d’un choc sunnito-chiite, qu’il incombe d’extirper le cancer qu’ont implanté en son sein les faux prophètes.

05/01/2011, Source: L’Orient Le Jour

Manifestation pacifique en soutien aux coptes martyrisés

5 janvier 2011 1 commentaire

Chers frères et chères sœurs en Christ,

En soutien aux coptes d’Égypte et aux chrétiens d’Orient, une manifestation pacifique aura lieu :

vendredi 7 janvier 2011 de 15 à 18h

sur le parvis de la Cathédrale Notre Dame de Paris

Que nous soyons Égyptiens, Irakiens, Libanais, Jordaniens, Palestiniens, de religion chrétienne ou musulmane, nous unissons nos voix pour dénoncer la situation dramatique qui ne fait qu’empirer depuis des années.

Cris de désespoir !
Cris de douleur !
Cris d’injustice !
Cris d’intolérance !
Cris de soumission !

Si ces crimes sont commis sous le nom d’une religion, par définition ces actes se contredisent d’eux-mêmes : le mot religion vient du latin religare, qui signifie relier ou lier (à Dieu). Comment Dieu demanderait-il que nous nous entretuions ? Peu importe notre religion, le but ultime est le même pour tous !

Voici le lien de l’événement sur facebook :

À diffuser largement...

Merci de votre solidarité.

Gemayel : « Les agressions contre les chrétiens sont une guerre d’extermination et d’exode »

4 janvier 2011 Poster un commentaire

04/01/2011

M. Gemayel s’adressant aux journalistes à Saïfi. À gauche, on remarque le grand portrait du fondateur des Kataëb, Pierre Gemayel. Photo Sami Ayad

M. Gemayel s’adressant aux journalistes à Saïfi. À gauche, on remarque le grand portrait du fondateur des Kataëb, Pierre Gemayel.

Le président du parti Kataëb Amine Gemayel a déploré hier que « pour certains, les compromis sont devenus des concessions », réaffirmant « le droit des Libanais à connaître la vérité ».

« Il y a deux sujets qui nous occupent l’esprit, les tragédies vécues par les chrétiens dans certains pays arabes, notamment en Irak et en Égypte, et les exactions commises contre eux dans d’autres pays, qu’elles soient rendues publiques ou gardées secrètes. » Ces propos sont ceux d’Amine Gemayel, qui s’est étendu hier sur le sujet des agressions contre les chrétiens dans les pays arabes au cours d’une conférence de presse qu’il a tenue à la Maison centrale des Kataëb à Saïfi.
« Les massacres commis actuellement par des courants islamistes extrémistes n’avaient jamais été perpétrés au cours de toute l’histoire de l’islam », a-t-il dit, les qualifiant de « marque d’infamie du vingt et unième siècle qui entraînera des réactions dans divers pays, ce que nous ne voulons pas encourager ». Selon lui, « ces massacres à caractère confessionnel ne concernent pas que les chrétiens ». « Les conflits entre sunnites et chiites font partie d’une lutte pour le pouvoir, mais les agressions contre les chrétiens sont une guerre d’extermination et d’exode », a-t-il affirmé.
M. Gemayel a estimé que le Liban devait se sentir concerné par ces événements, « non par volonté d’ingérence dans les affaires d’autres pays ou par fanatisme religieux, mais par souci de préserver l’identité et l’esprit de cet Orient qui se désintégrera si le christianisme ne fait plus partie de ses composantes ».
L’ancien président de la République a insisté sur le fait que « les déclarations ne suffisent plus, ni les visites d’hôpitaux, car il faut recréer une atmosphère sécurisante », exhortant les pays arabes et islamiques à prendre une initiative à caractère international pour restaurer la stabilité. Il a considéré que « la sécurité des chrétiens dans cette partie du monde n’est pas une aumône, mais un droit ». Il a appelé le patriarcat maronite, qui accueille une réunion des évêques, à « décréter une journée de deuil national, de prière et de méditation, afin de tirer les leçons de ces événements aux niveaux régional et libanais », le rôle du patriarcat maronite « n’étant pas confiné au Liban ». Il a également espéré que « les leaders religieux du pays se retrouveront bientôt pour réaffirmer la solidité de la coexistence au Liban ».
« Ce qu’il est nécessaire d’entreprendre par le biais des initiatives espérées, c’est de redynamiser le rôle des chrétiens dans leurs pays respectifs, a ajouté M. Gemayel. Ce rôle est parfois totalement paralysé, comme cette représentation inexistante au sein du gouvernement irakien. Mais la présence chrétienne est bien réelle en Égypte, et il faudrait la renforcer. En Jordanie, les initiatives encourageant l’interaction islamo-chrétienne proviennent directement du roi Abdallah. Développer le rôle du chrétien dans ces pays confortera l’harmonie et la coopération à un niveau global. »

Pas d’autre choix que le TSL
Le président des Kataëb a longuement commenté « ce qu’on appelle les compromis à caractère libanais, régional ou international ». « Il est regrettable que pour certains, les compromis soient devenus des concessions, a-t-il dit. Il est du droit du peuple libanais de connaître la vérité. Il faudrait dialoguer sur les solutions significatives et constructives, pas sur les concessions comme cela a eu lieu par le passé. De concession en concession, les autres ne font qu’imposer des conditions supplémentaires. »
Il a déclaré « croire dans la culture du dialogue et de la paix » et martelé que « toute solution à l’avenir ne saurait être fondée que sur la vérité et la justice non politisée ». En réponse à une question, M. Gemayel s’est dit « convaincu que le Courant du futur n’est pas prêt à faire une concession sur le tribunal ou la vérité ». « Le parti Kataëb ne pourra jamais abandonner le sujet de la justice, non seulement parce que nous avons deux martyrs dans nos rangs, Pierre Gemayel et Antoine Ghanem, mais aussi parce que nous estimons qu’une telle concession signerait la perte du Liban », a-t-il ajouté. À la question de savoir pourquoi il croyait dans le tribunal international, il a affirmé « n’avoir pas le choix, la justice libanaise étant paralysée ».
Le parti Kataëb risque-t-il de se retrouver seul si tous ses alliés acceptent les concessions dont on parle actuellement ? « Cette question est hypothétique et je ne peux y répondre, dit-il. Nous sommes convaincus que notre camp croit en sa cause et qu’il n’y a pas d’autre solution que la vérité. Personne n’abandonnera ces convictions. » Et si le parti se retrouvait hors du gouvernement ? « Nous n’avons jamais aspiré au pouvoir pour le pouvoir », a-t-il répondu.

Source: L’Orient Le Jour

La lente mort du maqâm irakien, balayé par la modernité et la violence

9 décembre 2010 Poster un commentaire

09/12/2010

Le maqâm irakien, cette musique lancinante et poétique qui fut le symbole populaire du nouvel Irak né sur les dépouilles de l’Empire ottoman, se meurt lentement, balayé par la modernité et la violence.

«Les flammes de l’amour me font pleurer/Les autres trinquent à l’amour, mais je n’ai que la douleur/Je voudrais ne plus souffrir, mais je me noie/Je pleure comme une colombe égarée/Perdue le jour comme la nuit/…/Je pleurais de te voir, mais tu ne m’as pas vu», se lamente une de ces mélopées populaires.
Cet art musical complexe, dont l’origine remonte aux Abbassides (750 à 1258), fut, durant des décennies, le ciment de l’identité culturelle de ce pays constitué en 1921. Mais en ce début du XXIe siècle, ce genre à la fois profane et religieux est victime de la chanson de variétés arabe qui a envahi les ondes, et des violences ayant poussé à l’exil les artistes qui faisaient les belles nuits de Bagdad.
«Le maqâm irakien risque de disparaître avec notre génération», se désole Taha Gharib, 46 ans, leader d’une des cinq formations encore présentes en Irak.
Dans un des restaurants du club Alwiya, une des rares oasis de liberté dans la capitale meurtrie, ce joueur de djoza – une vièle orientale – interprète ces poèmes accompagné de trois musiciens, coiffés du calot traditionnel noir bagdadi, qui jouent du santour – une cithare sur table à cordes frappées – du oud et du tabla.
Des salles adjacentes jaillisent les rythmes de pop arabe poussés à plein volume pour deux mariages de la bonne
société.
«On ne respecte plus le maqâm, car aujourd’hui on préfère les chanteuses actuelles qui braillent n’importe quoi», fustige ce musicien vindicatif quand il évoque la nouvelle culture populaire.
«Le ministère de la Culture nous appelle parfois pour un concert ou nous envoie de temps à autre pour des récitals hors d’Irak à la demande de pays étrangers», poursuit M. Gharib, qui complète ses maigres cachets avec sa paie de fonctionnaire au ministère de l’Industrie.
Le maqâm, aujourd’hui, ressemble à une pièce de musée. Et ce qu’il y a de poignant, lors des répétitions, le mercredi à la Maison du maqâm, institution chargée de sauvegarder ce patrimoine, ce ne sont pas les mélodies plaintives, mais l’état du bâtiment et la moyenne d’âge des spectateurs, des vieillards venant fredonner des airs de leur jeunesse.
Les techniques érudites de cet art vieux de huit siècles se sont transmises dans des cafés où se côtoyaient les musiciens, mais ce n’est plus le cas. C’est pourquoi Mouaffaq al-Beyati, directeur de la Maison du maqâm, préconise la création d’une école dédiée au maqâm pour attirer la jeune génération.
«Le maqâm est ce qu’il y a de plus difficile à chanter et à apprendre. Or les jeunes ne le connaissent plus car ils n’ont plus d’occasion de l’écouter», explique-t-il.
À la faveur de l’incorporation par l’Unesco de cet art sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2008, l’Irak, dit-il, a demandé des subventions pour ouvrir une telle école. Contacté par l’AFP, l’Unesco affirme n’avoir reçu aucune requête officielle.
Aujourd’hui, l’art du maqâm ne s’apprend qu’à l’Institut d’études musicales de Bagdad, installé dans une belle demeure en briques du début du XXe sur les bords du Tigre, où ce genre musical représente un quart du cursus.
«Le maqâm est votre identité, vos racines. Ne le négligez pas», lançait récemment à ses élèves le directeur, Sattar Naji.
«Le public se lassera si vous faites de la musique commerciale, mais vous restera fidèle si vous maîtrisez le maqâm», explique sans grand succès aux élèves cet expert, qui joue du oud dans la formation de Taha Gharib.
Il veut croire en une prochaine renaissance du maqâm, quand son pays se relèvera de ces épreuves car, comme dit un proverbe irakien: «Une âme heureuse chante.»
Source: L’Orient Le Jour
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