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Articles Tagués ‘Iran’

Conférence d’Antoine Sfeir au Puy

15 janvier 2012 Laisser un commentaire

Crédit : Gil Fornet “Chrétiens d’Orient : quel avenir ?” sera le thème de la conférence d’Antoine Sfeir, vendredi 27 janvier prochain à 19h à l’Hôtel Dieu du Puy. Suite à cette rencontre, un échange avec le public sera organisé.

Jusqu’au printemps arabe

Antoine Sfeir abordera les thématiques relatives à la situation des chrétiens notamment en Egypte, en Iran, en Irak et au Liban depuis leurs origines jusqu’aux récents évènements du printemps arabe. Ce dernier établira également un bilan de la situation actuelle dans l’ensemble du monde arabe. La conférence est organisée par l’Yssingelaise Bérénice Murgue, doctorante en sciences politiques à l’université Paris-Sorbonne et collaboratrice d’Antoine Sfeir aux Cahiers de l’Orient. Lire la suite…

Proche-Orient : ce que peut le cinéma

24 novembre 2011 Laisser un commentaire

Proche-Orient : ce que peut le cinéma présente la 5e édition de son festival à Paris du 30 novembre au 13 décembre 2011, au cinéma Les 3 Luxembourg: 67 rue Monsieur Le Prince, Paris 6ème.

Chaque journée sera consacrée à un sujet:

  • soit un pays: Irak et Kurdistan, Syrie et Liban, Israël, Palestine
  • soit un thème : le Printemps Arabe, les femmes, étrangers dans leur propre pays…

Programme intégral téléchargeable ici.

Plus d’info sur www.quepeutlecinema.com

Programme des débats et des intervenants ci-dessous: Lire la suite…

Le Hezbollah se prépare à la guerre, selon un think tank français

06/06/2011

Analyse En cas d’un déclenchement des hostilités entre l’Iran et l’Occident, le Hezbollah aurait pour mission de frapper Israël au cœur pour attirer l’État hébreu dans une guerre au Liban où le pouvoir volerait en éclats.

Depuis des années, Téhéran se prépare à mener une guerre totale contre les États-Unis et Israël. En effet, les dirigeants iraniens se sentent littéralement « encerclés » par les Américains et leurs alliés « sionistes ». Ils craignent une frappe préventive de leurs installations nucléaires destinée à stopper l’effort militaire qui devrait les doter à terme de l’arme atomique, écrit Alain Rodier pour le Centre français de recherche sur le renseignement.

Si les plans des stratèges prévoient que les affrontements principaux auront lieu au Proche-Orient, Téhéran envisage également de mener des opérations offensives partout où cela est possible. Pour cela, le Hezbollah jouerait un rôle central. En effet, bras armé des services secrets iraniens, le Hezbollah a profondément renforcé ses réseaux au Liban et à l’étranger pour être capable de déclencher à la demande des opérations meurtrières contre les États-Unis et contre l’État hébreu et leurs intérêts situés outre-mer.

Si le Hezbollah est dirigé par le Majlis al-Choura al-Qarar, un conseil consultatif exécutif présidé par le secrétaire général Hassan Nasrallah, le chef opérationnel pour les opérations extérieures serait Talal Hussein Hamiyé. Ce dernier a remplacé à ce poste Imad Moghniyé, qui a péri lors de l’explosion de sa voiture survenue à Damas le 12 février 2008. Cet assassinat ciblé est attribué au Mossad. Son principal adjoint serait Ahmad el-Fayed, un ancien détenu des prisons jordaniennes, qui avait été incarcéré en 2001 pour avoir tenté de tirer des roquettes sur Israël. Deux des plus importants artificiers du mouvement seraient Ali Najemeddine, impliqué dans une tentative d’attentat avortée en 2008 contre l’ambassade israélienne à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, et Malek Obeid. La couverture de ce dernier serait une échoppe de réparation d’appareils de climatisation à Beyrouth.

La branche sud-américaine du Hezbollah serait également en pleine restructuration. Le Libano-Brésilien Naïm Khreiss, qui serait officiellement vendeur de téléphones portables au Liban, jouerait en fait un rôle de premier plan pour recruter de nouveaux membres inconnus des services de sécurité israéliens. En effet, l’identité de la plupart des 10 000 combattants (3 000 d’active et 7 000 réservistes) est connue du Mossad, leur moyenne d’âge tournant autour de 30-35 ans. Il faut donc augmenter et rajeunir les ressources humaines. Après une formation effectuée dans la plaine de la Békaa, en Syrie ou en Iran sous la supervision de la force al-Qods des pasdaran, ces activistes seraient envoyés en Amérique latine comme travailleurs étrangers où ils seraient embauchés, particulièrement dans l’industrie pétrochimique.

Depuis des décennies, le Hezbollah est présent en Amérique latine, en particulier à Ciudad del Este, dans la région des trois frontières située entre le Brésil, le Paraguay et l’Argentine. C’est de là qu’auraient été organisés les attentats de Buenos Aires, dirigés contre l’ambassade d’Israël en mars 1992 (29 tués, 242 blessés), et contre le centre communautaire juif (AMIA), en juillet 1994 (84 tués, 230 blessés).

Toutefois, le Hezbollah aurait considérablement augmenté son influence dans d’autres États, dont le Venezuela, le Chili et le Mexique.

Son implication dans le trafic de cocaïne aurait été intensifiée de manière à apporter des subsides supplémentaires au mouvement. En effet, l’Iran traverse actuellement une crise économique majeure due notamment aux sanctions internationales qui sont la conséquence des doutes pesant sur son programme nucléaire « civil ». Téhéran ne peut donc fournir toute l’aide financière nécessaire à la montée en puissance du parti de Dieu. En conséquence, ce dernier est obligé de s’autofinancer, ce qu’il fait en se livrant à de nombreuses activités illégales dont le trafic de drogue. Il profite de l’importante diaspora libanaise établie de par le monde pour monter des réseaux. C’est ainsi que le Hezbollah se fournit en cocaïne en Amérique latine, assure son transport via l’Afrique de l’Ouest avant de livrer la marchandise en Europe. L’argent sale serait blanchi dans des organismes financiers établis dans les Émirats arabes unis et au Liban même.

Au Sud-Liban, le Hezbollah aurait acquis de nouveaux terrains pour y construire discrètement des fortifications enterrées dans les régions de Hammadiyé et de Rachaya el-Foukhar. Les unités du mouvement implantées dans la zone ont considérablement renforcé leurs dotations en armement, en particulier avec des missiles d’origine iranienne capables de frapper Israël dans la profondeur.

Le grand ordonnateur de ce trafic serait le responsable iranien de la force al-Qods au Liban, Mohammad Reza Zahedi alias Hassan Madhavi, en poste au sein de l’ambassade d’Iran à Beyrouth. Toutefois, le Hezbollah ne posséderait aujourd’hui « que » 15 000 missiles et roquettes de longue portée, dont les plus modernes seraient les Fateh 110. C’est tout de même quatre fois plus que lors du conflit de 2006.

En cas d’un déclenchement des hostilités, le Hezbollah aurait pour mission de frapper Israël au cœur pour attirer l’État hébreu dans une guerre au Liban où le pouvoir volerait en éclats.

Ailleurs dans le monde, les cellules clandestines du mouvement devraient déclencher des opérations terroristes et de manipulation de foule via des actions qui relèvent de la guerre psychologique. Pour ce faire, un citoyen turc, Mehmet Taher Oglu, aurait été chargé de recruter de nouveaux activistes hors de la communauté libanaise. En effet, certaines de ces nouvelles recrues jouent un rôle important tout en n’étant pas identifiées par les services de sécurité comme des agents travaillant pour l’Iran, via Hezbollah interposé. Quelques-uns de ces agents auraient infiltré les « flottilles pour la paix » qui tentent de rallier Gaza sous couvert d’aide humanitaire.

En cas de conflit contre Israël, le Hezbollah ne serait pas le seul mouvement à déclencher les hostilités : le Hamas et le Jihad islamique palestinien ont vu leurs capacités opérationnelles augmenter dans le même but. L’objectif de Téhéran consiste à obliger Israël à disperser ses efforts de guerre au nord et au sud du pays.

Le Yémen, le Bahreïn et même l’Arabie saoudite connaîtraient un regain de violences inégalé lancées par les mouvements d’opposition chiites pénétrés par la force al-Qods.

Face à cette menace d’importance, Israël ne reste pas inactif. On ne compte plus les cargaisons d’armes destinées au Hezbollah ou au Hamas qui ont été interceptées, les assassinats ciblés, les enlèvements de responsables adverses importants et les attaques informatiques via les virus Stuxnet et Stars.

La « révolution arabe » est une source supplémentaire d’incertitude qui est considérée avec anxiété par les dirigeants des deux bords. L’Iran est déjà intervenu discrètement – via la force al-Qods – pour aider son allié syrien à réprimer l’insurrection, pour appuyer la révolte de la majorité chiite à Bahreïn et pour influencer la révolution égyptienne, via des activistes du Hezbollah. L’avenir est plus imprévisible que jamais, mais l’affrontement sanglant paraît être inéluctable à terme.

Source: L’Orient Le Jour

06/06/2011
Analyse En cas d’un déclenchement des hostilités entre l’Iran et l’Occident, le Hezbollah aurait pour mission de frapper Israël au cœur pour attirer l’État hébreu dans une guerre au Liban où le pouvoir volerait en éclats.

Depuis des années, Téhéran se prépare à mener une guerre totale contre les États-Unis et Israël. En effet, les dirigeants iraniens se sentent littéralement « encerclés » par les Américains et leurs alliés « sionistes ». Ils craignent une frappe préventive de leurs installations nucléaires destinée à stopper l’effort militaire qui devrait les doter à terme de l’arme atomique, écrit Alain Rodier pour le Centre français de recherche sur le renseignement.
Si les plans des stratèges prévoient que les affrontements principaux auront lieu au Proche-Orient, Téhéran envisage également de mener des opérations offensives partout où cela est possible. Pour cela, le Hezbollah jouerait un rôle central. En effet, bras armé des services secrets iraniens, le Hezbollah a profondément renforcé ses réseaux au Liban et à l’étranger pour être capable de déclencher à la demande des opérations meurtrières contre les États-Unis et contre l’État hébreu et leurs intérêts situés outre-mer.
Si le Hezbollah est dirigé par le Majlis al-Choura al-Qarar, un conseil consultatif exécutif présidé par le secrétaire général Hassan Nasrallah, le chef opérationnel pour les opérations extérieures serait Talal Hussein Hamiyé. Ce dernier a remplacé à ce poste Imad Moghniyé, qui a péri lors de l’explosion de sa voiture survenue à Damas le 12 février 2008. Cet assassinat ciblé est attribué au Mossad. Son principal adjoint serait Ahmad el-Fayed, un ancien détenu des prisons jordaniennes, qui avait été incarcéré en 2001 pour avoir tenté de tirer des roquettes sur Israël. Deux des plus importants artificiers du mouvement seraient Ali Najemeddine, impliqué dans une tentative d’attentat avortée en 2008 contre l’ambassade israélienne à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, et Malek Obeid. La couverture de ce dernier serait une échoppe de réparation d’appareils de climatisation à Beyrouth.
La branche sud-américaine du Hezbollah serait également en pleine restructuration. Le Libano-Brésilien Naïm Khreiss, qui serait officiellement vendeur de téléphones portables au Liban, jouerait en fait un rôle de premier plan pour recruter de nouveaux membres inconnus des services de sécurité israéliens. En effet, l’identité de la plupart des 10 000 combattants (3 000 d’active et 7 000 réservistes) est connue du Mossad, leur moyenne d’âge tournant autour de 30-35 ans. Il faut donc augmenter et rajeunir les ressources humaines. Après une formation effectuée dans la plaine de la Békaa, en Syrie ou en Iran sous la supervision de la force al-Qods des pasdaran, ces activistes seraient envoyés en Amérique latine comme travailleurs étrangers où ils seraient embauchés, particulièrement dans l’industrie pétrochimique.
Depuis des décennies, le Hezbollah est présent en Amérique latine, en particulier à Ciudad del Este, dans la région des trois frontières située entre le Brésil, le Paraguay et l’Argentine. C’est de là qu’auraient été organisés les attentats de Buenos Aires, dirigés contre l’ambassade d’Israël en mars 1992 (29 tués, 242 blessés), et contre le centre communautaire juif (AMIA), en juillet 1994 (84 tués, 230 blessés).
Toutefois, le Hezbollah aurait considérablement augmenté son influence dans d’autres États, dont le Venezuela, le Chili et le Mexique.
Son implication dans le trafic de cocaïne aurait été intensifiée de manière à apporter des subsides supplémentaires au mouvement. En effet, l’Iran traverse actuellement une crise économique majeure due notamment aux sanctions internationales qui sont la conséquence des doutes pesant sur son programme nucléaire « civil ». Téhéran ne peut donc fournir toute l’aide financière nécessaire à la montée en puissance du parti de Dieu. En conséquence, ce dernier est obligé de s’autofinancer, ce qu’il fait en se livrant à de nombreuses activités illégales dont le trafic de drogue. Il profite de l’importante diaspora libanaise établie de par le monde pour monter des réseaux. C’est ainsi que le Hezbollah se fournit en cocaïne en Amérique latine, assure son transport via l’Afrique de l’Ouest avant de livrer la marchandise en Europe. L’argent sale serait blanchi dans des organismes financiers établis dans les Émirats arabes unis et au Liban même.
Au Sud-Liban, le Hezbollah aurait acquis de nouveaux terrains pour y construire discrètement des fortifications enterrées dans les régions de Hammadiyé et de Rachaya el-Foukhar. Les unités du mouvement implantées dans la zone ont considérablement renforcé leurs dotations en armement, en particulier avec des missiles d’origine iranienne capables de frapper Israël dans la profondeur.
Le grand ordonnateur de ce trafic serait le responsable iranien de la force al-Qods au Liban, Mohammad Reza Zahedi alias Hassan Madhavi, en poste au sein de l’ambassade d’Iran à Beyrouth. Toutefois, le Hezbollah ne posséderait aujourd’hui « que » 15 000 missiles et roquettes de longue portée, dont les plus modernes seraient les Fateh 110. C’est tout de même quatre fois plus que lors du conflit de 2006.
En cas d’un déclenchement des hostilités, le Hezbollah aurait pour mission de frapper Israël au cœur pour attirer l’État hébreu dans une guerre au Liban où le pouvoir volerait en éclats.
Ailleurs dans le monde, les cellules clandestines du mouvement devraient déclencher des opérations terroristes et de manipulation de foule via des actions qui relèvent de la guerre psychologique. Pour ce faire, un citoyen turc, Mehmet Taher Oglu, aurait été chargé de recruter de nouveaux activistes hors de la communauté libanaise. En effet, certaines de ces nouvelles recrues jouent un rôle important tout en n’étant pas identifiées par les services de sécurité comme des agents travaillant pour l’Iran, via Hezbollah interposé. Quelques-uns de ces agents auraient infiltré les « flottilles pour la paix » qui tentent de rallier Gaza sous couvert d’aide humanitaire.
En cas de conflit contre Israël, le Hezbollah ne serait pas le seul mouvement à déclencher les hostilités : le Hamas et le Jihad islamique palestinien ont vu leurs capacités opérationnelles augmenter dans le même but. L’objectif de Téhéran consiste à obliger Israël à disperser ses efforts de guerre au nord et au sud du pays.
Le Yémen, le Bahreïn et même l’Arabie saoudite connaîtraient un regain de violences inégalé lancées par les mouvements d’opposition chiites pénétrés par la force al-Qods.
Face à cette menace d’importance, Israël ne reste pas inactif. On ne compte plus les cargaisons d’armes destinées au Hezbollah ou au Hamas qui ont été interceptées, les assassinats ciblés, les enlèvements de responsables adverses importants et les attaques informatiques via les virus Stuxnet et Stars.
La « révolution arabe » est une source supplémentaire d’incertitude qui est considérée avec anxiété par les dirigeants des deux bords. L’Iran est déjà intervenu discrètement – via la force al-Qods – pour aider son allié syrien à réprimer l’insurrection, pour appuyer la révolte de la majorité chiite à Bahreïn et pour influencer la révolution égyptienne, via des activistes du Hezbollah. L’avenir est plus imprévisible que jamais, mais l’affrontement sanglant paraît être inéluctable à terme.
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Message de félicitations du ministre iranien des AE à Raï

16/05/2011

Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a reçu samedi à Bkerké l’ambassadeur de la République islamique iranienne, Ghadanfar Roukn Abadi, qui lui a remis un message de félicitations du ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salhi, à la suite de son élection à la tête de l’Église maronite. M. Abadi a, par ailleurs, transmis au patriarche une invitation à participer à la cérémonie qui sera organisée le 1er juin prochain au palais de l’Unesco pour la commémoration de la mort de l’ayatollah Khomeyni.

Pour en revenir au message de félicitations adressé à Mgr Raï, le chef de la diplomatie iranienne a mis l’accent sur l’importance du rôle du Liban en tant que « trait d’union entre l’Occident et l’Orient pour un rapprochement entre les religions et les communautés ». « La coexistence pacifique entre les communautés et la démocratie consensuelle mettent en relief la place importante que le Liban peut occuper au niveau du rapprochement entre les religions et du dialogue entre les chefs spirituels », souligne le ministre iranien dans son message.

Signalons sur un tout autre plan que le patriarche Raï a présidé samedi à Bkerké une cérémonie de mariage collectif organisée à l’intention d’une vingtaine de couples, à l’initiative de la Ligue maronite.

Source: L’Orient Le Jour

Entre la Résurrection et l’Inferno, le gouvernement dans les limbes

28 avril 2011 Laisser un commentaire

26/04/2011

Les fêtes pascales sont terminées, et il est question d’une « reprise » dès aujourd’hui de la « dynamique » politique, avec le retour du Premier ministre désigné, Nagib Mikati, de son séjour britannique. Nombre d’obstacles auraient été aplanis, selon des sources politiques informées – qui répètent inlassablement ce qu’elles disent depuis des semaines déjà, sans préciser pour autant quels sont lesdits « obstacles » qui ont été aplanis et quels sont ceux qui restent encore. Le nœud gordien resterait la question du ministère de l’Intérieur, et la bataille entre le président Michel Sleiman et le chef du CPL Michel Aoun sur la gestion de ce portefeuille – et des portefeuilles sécuritaires. Nagib Mikati aurait opté en faveur de l’option Sleiman, mais le député du Kesrouan s’accrocherait tous azimuts à sa revendication. Qu’à cela ne tienne, M. Mikati serait de retour avec de nouvelles propositions pour débloquer la situation et sortir de l’immobilisme, d’autant que la situation régionale continue de s’envenimer.

Or, précisément, pour certains analystes bien informés, la naissance du nouveau cabinet est sans cesse avortée en raison d’un paradoxe absolu : le 8 Mars (l’axe Hezbollah-Aoun surtout) souhaiterait un gouvernement de confrontation au plus vite (toutes les déclarations du week-end écoulé, notamment de cheikh Nabil Qaouk, Ali Hassan Khalil ou Kassem Hachem vont dans ce sens), traduisant bien le basculement de la majorité en sa faveur, dans l’attente notamment de la bataille à venir contre le Tribunal spécial pour le Liban. Sauf qu’un tel gouvernement de « faucons », dont l’objectif serait spécifiquement d’asseoir la domination du 8 Mars sur le pays, conduirait immanquablement – et c’est là le grand paradoxe – à une véritable déstabilisation de la scène libanaise, dans le cadre d’une situation régionale déjà ultrasismique. Il aurait donc les effets contraires et accélérerait une détérioration des événements. Cela, Nagib Mikati l’aurait bien compris, d’où son insistance, avec le chef de l’État, en faveur d’une formule ministérielle moins provocatrice qui pourrait générer le minimum vital requis de consensus.

Le grand problème, c’est que l’arbitre qui a donné le feu vert pour la chute du cabinet Hariri en janvier dernier et qui doit trancher entre les « faucons » et les « colombes », à savoir le régime syrien, est aujourd’hui accaparé par la crise sanglante qui se déroule chez lui. D’où une incapacité, toujours selon ces analystes, à se décider sur l’option à suivre. Un cabinet de « guerre » au Liban signifierait un affront supplémentaire à la communauté internationale et au 14 Mars, à l’heure où le régime peut bien se passer de la création d’un nouveau front. Un cabinet de « colombes » le mettrait en porte-à-faux avec ses alliés proches, le Hezbollah et Michel Aoun. L’arbitre distrait par ses propres problèmes, il n’y aurait donc personne pour mettre fin aux zizanies locales à l’intérieur du 8 Mars et pour brider les ardeurs du chef du CPL, notent ces analystes. Sans compter que Damas, affaibli par ses luttes intestines, n’aurait pas intérêt à poursuivre sa guerre contre le 14 Mars et contre une partie du camp arabe, surtout au moment où le ton monte considérablement entre les pays du Golfe et l’Iran.

Des crises toutes plus graves les unes que les autres, et en cercles concentriques, donc. Un peu comme l’Enfer de Dante, somme toute.

Source: L’Orient Le Jour

Les internautes iraniens plus préoccupés par la censure que par les sanctions

4 février 2011 Laisser un commentaire

04/02/2011

Une internaute iranienne dans un cybercafé de Téhéran. Atta Kenare/AFP

Une internaute iranienne dans un cybercafé de Téhéran. Atta Kenare/AFP

Éclairage La République islamique, avec quelque 32 millions d’utilisateurs pour 74 millions d’habitants, est le pays du Moyen-Orient le plus branché sur le Web.

Fin janvier, le géant Internet Google a annoncé que les internautes iraniens auraient désormais accès à trois programmes destinés à favoriser leurs communications – Google Earth, Picasa et Chrome – jusqu’alors interdits de chargement en Iran en application des sanctions américaines contre Téhéran. Mais pour les Iraniens, c’est le blocage de milliers de sites étrangers par les autorités qui constitue le principal problème, et non l’accès aux logiciels américains les plus avancés, disponibles partout à Téhéran en dépit des sanctions.

« L’annonce de Google n’a eu aucun effet », affirme Hamid Reza, qui tient un magasin au cœur du Bazar Reza, le très fréquenté centre commercial informatique de Téhéran où l’on peut trouver tous les produits les plus récents. « Personne ne connaît Picasa (un organiseur d’image en ligne) et Chrome (un navigateur) n’a jamais été populaire ici », explique-t-il. « Google Earth est plus couru, mais il est généralement utilisé hors connexion », ajoute le propriétaire de ce magasin qui vend, comme ses voisins, les principaux logiciels américains piratés en l’absence de toute reconnaissance des copyrights internationaux par l’Iran.

La République islamique, avec quelque 32 millions d’internautes pour 74 millions d’habitants, est le pays du Moyen-Orient le plus branché sur le Web. Les autorités ont toutefois multiplié les restrictions depuis les grandes manifestations antigouvernementales de 2009, dans lesquelles les réseaux sociaux comme Facebook ou des plateformes vidéo comme YouTube ont joué un rôle important pour mobiliser les manifestants et diffuser les images d’une répression qui a fait plusieurs dizaines de morts.

« Cyberpolice »

Le pouvoir iranien a bloqué des milliers de sites Web, notamment pornographiques, politiques ou d’information, accusés de jouer un rôle « destructeur et immoral ».
Il a également réduit les flux Internet – parfois quasiment bloqués en période de crise – et a lancé officiellement fin janvier une « cyberpolice » chargée de traquer les « activités illégales » sur la Toile.
Mais l’Iran demeure malgré cela « le plus grand consommateur de logiciels du Moyen-Orient », grâce au piratage qui permet des prix défiant toute concurrence, souligne Milad N., un expert en informatique qui requiert l’anonymat.
Il cite à titre d’exemple le logiciel Adobe CS5, proposé à 2 359 dollars sur Amazon.com mais que l’on peut acheter pour 5 dollars à Téhéran.
« L’annonce de Google n’était qu’un simple coup de pub dans sa concurrence avec Facebook, Apple ou Microsoft », dit Milad qui assure que si les logiciels « libérés » par Google avaient été populaires, les Iraniens se les seraient déjà procurés d’une manière ou d’une autre, sanctions ou pas sanctions.
Les sanctions américaines ne touchent pas davantage les matériels informatiques, dont les modèles les plus récents et les plus sophistiqués sont disponibles en masse à Téhéran.
L’iPad d’Apple, dont l’exportation en Iran est interdite par Washington, était disponible dans les magasins de la capitale iranienne moins d’un mois après son lancement en avril 2010 aux États-Unis, à un prix à peine supérieur.
« Il suffit de regarder autour de soi pour voir que le secteur de l’informatique n’a pas été sérieusement touché par les sanctions », affirme Milad.
« Le problème principal des internautes est le blocage des sites et la lenteur pénible de l’Internet », souligne-t-il. « Le défi est de trouver comment contourner filtrage et censure » du gouvernement.
Source: L’Orient Le Jour

Le Liban, éternelle victime de ses divisions

13 janvier 2011 Laisser un commentaire

LEMONDE | 13.01.11 | 13h18

A l’intérieur des frontières du Liban, l’état de non-belligérance ne doit pas être pris pour autre chose que la continuation de la guerre civile par d’autres moyens. C’est l’une des leçons que l’on peut tirer de la démission de onze ministres, majoritairement proches du Hezbollah, mercredi 12 janvier. Une fois de plus, le Liban n’a plus de gouvernement.

La crise découle de la volonté du Hezbollah, parti chiite islamiste, de bloquer les travaux du Tribunal spécial pour le Liban qui doit juger les assassins de l’ancien premier ministre, Rafic Hariri, tué le 14 février 2005. Le Parti de Dieu redoute sa mise en cause dans un attentat qui remonte à l’époque où les proconsuls syriens, ses alliés, faisaient la loi à Beyrouth.

Le Hezbollah souhaitait que le premier ministre libanais, le propre fils de Rafic Hariri, Saad, prenne ses distances avec ce tribunal au nom de la stabilité du pays. Son chantage ayant échoué, le parti chiite claque la porte, entraînant avec lui ses alliés chrétiens.

Cette situation produit beaucoup de perdants : un premier ministre affaibli, y compris dans son propre camp, une opposition claquemurée dans son intransigeance, une médiation syro-saoudienne stérile… Seuls Israël, hostile à toute forme de coalition libanaise intégrant son ennemi juré qu’est le Hezbollah, et l’Iran, qui augmente sa capacité de nuisance à la veille de conversations sur le nucléaire avec les Occidentaux, peuvent s’en satisfaire.

Ces démissions vont priver le pays de gouvernement, peut-être pour longtemps. Celui-ci était né d’un accord laborieusement conclu en 2008 après un coup de force de la milice du Hezbollah dans les rues de Beyrouth.

Mais l’accord a vite montré ses limites. Ni l’élection d’un président, ni le renouvellement du Parlement, ni même la composition d’un gouvernement n’ont permis la remise en route d’institutions victimes des fractures profondes qui traversent le pays.

La démocratie “consensuelle” qui doit théoriquement régir le seul Etat de la région où les principales communautés religieuses se partagent constitutionnellement le pouvoir est depuis longtemps moribonde – sans que personne n’ose pour autant proposer le dynamitage d’un confessionnalisme qui a prouvé depuis longtemps sa nocivité. Cette faiblesse devenue consubstantielle a fait du Liban le jouet des influences extérieures et le théâtre régional de confrontations par procuration.

C’est aujourd’hui le cas entre les Etats-Unis (le Hezbollah a claqué la porte au moment où Saad Hariri était reçu à Washington par Barack Obama) et l’Iran, alors que la France se retrouve à soutenir le tribunal tout en s’accrochant, au nom de la stabilité libanaise, à un dialogue avec la Syrie qui ne veut pas entendre parler dudit tribunal. Le temps des milices est passé au Liban. Lui a succédé le règne d’une seule, celle du Parti de Dieu, ce qui fait que les affrontements fratricides d’hier ne sont peut-être plus à redouter. Mais l’incapacité des Libanais à transcender leurs clivages les condamne au triste statut d’otages des conflits du Proche-Orient.

Article paru dans l’édition du 14.01.11, LeMonde.fr

Aux bons soins d’un accord syro-saoudien

9 janvier 2011 Laisser un commentaire

Dans l’attente des résultats de l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, les spéculations vont bon train. Des consultations syro-saoudiennes sont aussi en cours pour éviter une guerre civile liée à l’acte d’accusation.

05.01.2011 – The Daily Star

Des affiches rendent hommage à Rafic Hariri, assassiné le 14 février 2005, Beyrouth, février 2008

L’initiative syro-saoudienne est comme l’abominable homme des neiges. Certains disent l’avoir vu et peuvent même la décrire. Mais lorsqu’on se rend dans les terres gelées où la créature aurait été aperçue pour la dernière fois, on ne voit que de la neige, rien d’autre. On entend ici et là des petites phrases utiles. Selon une source diplomatique arabe, Damas et Riyad négocient un accord global sur le Tribunal spécial pour le Liban chargé de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Cet accord pourrait inclure un changement de gouvernement avec le même Premier ministre, Saad Hariri, et une refonte des appareils sécuritaire et judiciaire du Liban.

L’élément le plus parlant est le dernier, à savoir la réorganisation des services de la sécurité et de la justice. Le fait est que tous les changements concernant l’armée et les principaux organes de sécurité – les postes de commandement de l’armée et du renseignement militaire ainsi que la direction de la sécurité générale, de la sécurité aéroportuaire, etc. – affecteraient principalement des proches du Hezbollah [parti chiite allié de l'Iran]. Et pour que la Syrie et l’Arabie saoudite retirent quelque chose au Hezbollah, il faudrait que l’Iran donne préalablement son approbation.

En public, les porte-parole libanais prosyriens donnent une lecture légèrement différente de la situation. Ils concèdent qu’un remaniement gouvernemental est dans l’air, mais ils n’admettent aucune divergence avec le Hezbollah. Ils laissent entendre que le contexte politique est favorable à la Syrie et au Hezbollah, et que le gouvernement, les services de sécurité et d’autres organismes publics doivent refléter cette tendance. Certains vont jusqu’à suggérer qu’une refonte radicale du système politique libanais est nécessaire pour conférer davantage de pouvoir à la communauté chiite. Mais de telles idées ne font pas un accord syro-saoudien. Quelles que soient les propositions acceptées par Damas et Riyad, elles devront obtenir, non seulement l’approbation de l’Iran, mais également celle des Etats-Unis.

Le président syrien, Bachar El-Assad, est engagé dans un délicat exercice d’équilibriste. Il peut tirer profit des tensions irano-saoudiennes mais doit veiller à ne pas s’aliéner l’une ou l’autre partie. Il souhaite compromettre la légitimité du tribunal spécial, car il ne veut pas que ce dernier affaiblisse le Hezbollah ou mette en cause les responsables syriens. Mais il ne peut pas laisser le Hezbollah humilier M. Hariri comme il l’a fait en mai 2008 [le Hezbollah avait pris par la force le contrôle de Beyrouth], sachant que cela nuirait à ses relations avec les Saoudiens et renforcerait la position de l’Iran en tant qu’acteur dominant de Beyrouth.

Il y aussi les Etats-Unis. Syriens et Saoudiens ne doivent pas seulement prendre en considération la manière dont l’Iran perçoit leurs pourparlers, mais aussi celle dont Washington va réagir. Le président El-Assad doit rétablir des liens avec Washington s’il veut avoir d’autres options que son alliance fructueuse, mais souvent humiliante et contraignante, avec l’Iran. Et il doit également se protéger contre les Israéliens, dans l’éventualité où ces derniers verraient le Hezbollah comme une menace stratégique, ce qui déclencherait au Liban une guerre dans laquelle la Syrie serait impliquée.

Si, pour défendre le Hezbollah, le président El-Assad s’en prend trop au tribunal, les Etats-Unis et Israël vont commencer à grincer des dents. Washington n’est pas prêt à renoncer à une institution qui pourrait prochainement accuser le Hezbollah (ce qui ne veut pas dire que les Américains manipulent le tribunal). De son côté, Israël ne verra pas d’un bon œil des mesures libanaises qui, en protégeant le Hezbollah d’un procès, renforcerait implicitement son pouvoir militaire, et par suite celui de l’Iran.

Voilà le contexte terriblement complexe dans lequel se déroulent les pourparlers syro-saoudiens, et c’est pourquoi il ne faut pas trop s’attendre à une solution dans un avenir proche. Ces pourparlers mettent en présence deux pays qui ont une influence importante sur les affaires libanaises mais pas forcément le dernier mot. Quelles que soient les décisions auxquelles ils parviendront, il leur restera des obstacles à surmonter et la tâche ne sera pas facile.

Source: Courrier International.

«Le Tribunal spécial, un instrument pour susciter les tensions à l’intérieur du Liban»

7 décembre 2010 Laisser un commentaire

02-11-2010 – Propos recueillis par Moumene Belghoul

George CormLA TRIBUNE : Le Tribunal spécial pour le Liban est devenu un véritable provocateur de crise interne. Le Hezbollah demande aux Libanais de le boycotter à cause de son attitude jugée douteuse. Son caractère politique serait-il en train de devenir flagrant ?

George Corm : Le Tribunal international, comme avant lui la commission d’enquête, sont un instrument pour susciter des tensions et créer des problèmes à l’intérieur du Liban. Du temps de la commission d’enquête, le procureur allemand Detlev Mehlis avait eu recours à un nombre incroyable de faux témoins pour accuser la Syrie, ensuite on a créé ce Tribunal avant même que la commission d’enquête ne débouche sur les conclusions. Les faux témoins n’ont jamais été réinterrogés pour savoir qui les avaient manipulés, envoyés et subventionnés; on sait que la France a protégé un des principaux faux témoins qui est Zouhair Al-Seddik et qu’il demeure toujours protégé. Le Tribunal dès son origine était un tribunal politique puisque la justice pénale internationale ne s’occupe pas d’assassinat politique ni même d’opérations terroristes. La justice pénale internationale est faite pour les crimes contre l’humanité, pour les génocides, pour les déplacements forcés de populations. On n’a jamais vu un Tribunal se mettre en place pour juger un assassinat politique. Il y avait donc dès le départ des arrière-pensées, probablement pour cacher les vrais commanditaires de l’opération d’assassinat dans les conditions dramatiques que l’on connaît du président du conseil Rafic Hariri.

Dites-moi qui a intérêt à l’assassinat de Hariri, je vous dirai qui est le coupable ou le commanditaire …
Regardez les résultats de l’assassinat, vous comprendrez qui a fait l’opération.

La dernière visite du président iranien au Liban a été au centre de controverses…
Non, elle a été controversée uniquement par certains milieux politiques occidentaux, le président iranien a reçu un accueil extrêmement chaleureux au Liban. On doit quand même à l’Iran ses aides militaires au Hezbollah. Des aides qui ont permis, on l’oublie souvent, de libérer un territoire occupé par Israël pendant 22 ans. Il n’y a aucune raison de ne pas recevoir le président iranien. Ce sont les médias internationaux et certains médias arabes très proches des milieux occidentaux qui ont voulu créer un problème à l’occasion de cette visite.

Son déplacement au Sud-Liban a été considéré comme «provocateur» par certains milieux…
Pas du tout, au contraire, le président iranien, sans se faire son avocat, a évité d’aller à «Bawabet Fatma» le point le plus proche de la présence militaire israélienne justement pour éviter que ne s’enfièvrent encore plus les polémiques. Tout ce qu’il a déclaré, ce sont des choses qu’il avait déjà dites précédemment. Par exemple, concernant Israël, le fait que cet Etat aura beaucoup de difficultés à survivre dans l’avenir vu sa politique dans la région. Par ailleurs, sur le plan libanais interne, il n’a fait que prêcher la concorde entre les communautés libanaises et le maintien de la très riche diversité religieuse libanaise.

La coalition entre le Hezbollah et le courant de Michel Aoun demeure un exemple du genre. N’est-elle pas appelée à se disloquer ?
Non, c’est une coalition qui a empêché que le Liban ne retombe dans la guerre civile, le général Aoun a été très lucide et très courageux, c’est pour ça qu’il a été attaqué très fortement par les mêmes milieux occidentaux. L’alliance est extrêmement solide et soutenue par beaucoup de Libanais qui ont très bien compris que la conversion du Hezbollah à la démocratie communautaire était un grand acquis. Et c’est justement le travail du courant patriotique libre du général Aoun. Il faut dire que le document d’entente qui a été signé est véritablement un garde-fou par son contenu à tout retour à la guerre civile.

Le système confessionnel en vigueur au Liban a-t-il de l’avenir ?
Vous savez, il a de l’avenir tant qu’on continuera de manipuler et d’instrumentaliser le religieux de façon aussi scandaleuse. Non seulement dans la région mais à l’échelle du monde entier. Maintenant, un jour ou l’autre, il faudra le dépasser mais c’est sûr que le Liban tout seul ne peut pas le faire si l’ensemble de la région continue de vivre dans les grandes mythologies religieuses. En plus, aujourd’hui, vous avez cette nouveauté qui prend de l’ampleur, ce supposé conflit entre sunnites et chiites et ce prétendu triangle chiite que l’Iran manipulerait et qui voudrait déstabiliser le monde arabe. Il est évident que ce sont des divagations de bureaux d’études politiques qui ont siège à Washington, New York, Paris, Bruxelles…

Depuis quelque temps, des informations font état qu’Israël prépare une énième agression contre le Liban…
Je crois que la leçon donnée à l’armée israélienne en 2006 par cette résistance extraordinaire du Hezbollah est encore dans les mémoires. Je ne crois pas que les Israéliens essaieront de nouveau à se heurter au Hezbollah. Je crois que toute la stratégie américaine actuelle est plutôt la déstabilisation et l’affaiblissement du Hezbollah sur le plan interne. Afin de faciliter justement une nouvelle agression israélienne. C’est comme ça qu’on peut interpréter toutes ces fuites savamment organisées à travers le Tribunal international selon lesquelles le Hezbollah serait impliqué dans l’assassinat de Rafic Hariri, sans que personne ne pose la question quel aurait été son intérêt de tuer Hariri. La même question pour la Syrie. L’assassinat a servi à la chasser du Liban et à l’encercler régionalement et internationalement. Je crois aujourd’hui que la politique pure et dure des Occidentaux, de l’Otan et des cercles militaires, de concert avec Israël, c’est d’entraîner le Hezbollah dans des problèmes internes libanais et dans cette dangereuse querelle sunnite-chiite. Mais je pense qu’il y a suffisamment de sagesse, notamment chez le Hezbollah au Liban, pour ne pas se laisser piéger.

La question des armes de la résistance demeure un problème en suspens…
Il y a certains Libanais qui sont poussés par les ambassades étrangères ou impressionnés par les médias occidentaux qui pensent que c’est un grand problème, ils ont d’ailleurs réussi en mai 2008  à «provoquer» le Hezbollah quand il s’est agi de démanteler son réseau de télécommunications. Après avoir réagi promptement, le Hezbollah  avait remis les positions qu’il avait prises à l’armée libanaise. Ce qui prouve bien que le Hezbollah n’a aucune intention de faire un coup d’Etat ou de prendre le pouvoir au Liban comme le prétendent certains milieux.

Le rôle de la Syrie semble avoir changé depuis quelque temps. Après la diabolisation à outrance, les Occidentaux sont  plus conciliants à l’égard de Damas. Serait-ce pour casser l’axe irano-syrien ?
Les mêmes puissances occidentales, qui ont fait sortir la Syrie du Liban dans des conditions dramatiques et peu glorieuses, lui demandent sans cesse maintenant de réintervenir indirectement dans les affaires libanaises. On remarque que la politique n’est jamais quelque chose de très rationnelle. Par ailleurs, les Occidentaux s’imaginent pouvoir détacher la Syrie de l’Iran et donc par là couper les approvisionnements du Hezbollah, bref, il y a un déni de réalité, des desseins qui ne sont pas pragmatiques du tout. Mais qui entraînent malheureusement des violences terribles. Lors de l’invasion américaine de l’Irak, tout le monde pensait à une promenade militaire pour rétablir la démocratie au Moyen-Orient. On a vu ce qu’est devenu l’Irak, il a été rejeté à l’âge de pierre, exactement comme l’avait demandé George Bush père lors de la première guerre du Golfe.

On dit que l’ambassade de l’Arabie saoudite à Beyrouth dispose d’un ascendant certain sur la scène politique interne au Liban. Quel est le niveau d’influence de Riyad au Liban ?
L’Arabie saoudite depuis l’arrivée de Hariri est la puissance quasiment hégémonique au Liban. Vous avez un condominium syro-saoudien qui a bien marché après les accords de Taef  et qui a été rompu par l’assassinat de Hariri, ce qui a abouti à l’éviction complète de la Syrie du Liban puis ensuite un retour progressif ou une normalisation des relations. Et maintenant, la question du Tribunal international qui est en train de jeter un grand froid parce qu’il est clair aujourd’hui qu’en accusant le Hezbollah, le Tribunal va très probablement conclure que des éléments du Hezbollah avaient des connexions avec les services syriens. Cependant, je ne crois pas que cet acte d’accusation provoque un embrasement au Liban, mais simplement, il installera une espèce de terreur psychologique. Je pense qu’il y aura peut-être quelques incidents sporadiques de violence à droite ou à gauche notamment au nord du Liban où il y a des fondamentalistes sunnites assez actifs, mais ça restera très localisé. Il faut dire que le pouvoir en Arabie Saoudite n’est pas complètement unifié par rapport à la question libanaise. Vous avez une branche qui représente le roi Abdallah qui est modérée au sens du maintien de la solidarité musulmane interarabe, alors que d’autres branches dans le royaume travaillent toujours sur les anciennes hypothèses ou sur la théorie d’une guerre sunnite chiite à l’échelle régionale.

En un mot, comment voyez-vous l’avenir du Liban ?
Il n’est pas séparable de l’avenir de la région. Je ne crois pas qu’il y aura une stabilisation ni les conditions d’une paix dans un proche avenir, mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire; au contraire, il faut redoubler d’analyses qui soient un peu plus proches de la réalité du terrain et qu’on cesse de divaguer au profit de desseins géopolitiques qui ne tournent jamais à l’avantage des pays arabes en tout cas.

M. B., pour La Tribune

Iran: échec d’une tentative de détournement d’un vol Téhéran-Damas

29 novembre 2010 Laisser un commentaire

(AFP) – Il y a 1 jour

TEHERAN — Des Gardiens de la révolution assurant la sécurité à bord des vols d’Iranair ont arrêté un homme “lié à la contre-révolution” qui tentait de détourner un avion à destination de Damas, a indiqué samedi un communiqué de l’armée idéologique du régime iranien.

L’incident, intervenu vendredi soir lors d’un vol Téhéran-Damas, avait été initialement présenté par un responsable de la compagnie nationale iranienne Iranair comme l’acte d’un “déséquilibré” non armé qui avait annoncé la présence d’une bombe dans l’appareil.

L’homme, l’identité n’a pas été précisée, a été immédiatement arrêté par les agents de sécurité embarqués sur le vol, et aucune bombe n’a été découverte à bord de l’avion fouillé après son atterrissage à Damas, selon les informations de diverses sources publiées samedi par la presse iranienne.

“L’intervention ferme et à temps des agents de la sécurité de l’aviation, membres des Gardiens de la révolution, a mis en échec la tentative d’un élément lié à la contre-révolution de détourner un avion de la République islamique sur le trajet Téhéran-Damas”, affirme un communiqué publié sur le site des Pasdaran, Sepahnews.

“Cet individu, dont l’identité est connue et qui fait partie des éléments liés à la contre-révolution, a tenté de détourner l’avion en créant un climat de peur lors du vol en prétendant qu’il avait une bombe à bord”, ajoute le communiqué sans donner de détails sur le déroulement de l’incident.

Le porte-parole d’Iranair, Shahrokh Nushabadi, avait auparavant attribué l’incident à un homme “mentalement instable”.

“Alors que l’avion survolait Damas, l’un des passagers a semé la panique à bord en disant qu’il avait l’intention de détourner l’appareil”, a dit M. Nushabadi. “Les agents de sécurité ont immédiatement arrêté le coupable qui n’était pas armé”.

“Ils lui ont parlé, l’ont calmé et l’avion a atterri en toute sécurité à l’aéroport de Damas”, a-t-il ajouté.

Plus tôt, l’agence de presse Fars, sans citer de source, avait rapporté que l’incident s’était produit samedi et qu’un homme “muni d’une arme, qui n’était pas une arme à feu, (avait) affirmé avoir placé une bombe dans l’avion et vouloir détourner l’appareil”.

Iranair propose des liaisons fréquentes avec Damas, où beaucoup d’Iraniens se rendent en pèlerinage sur la tombe de la petite fille du prophète Mahomet, Zeinab, enterrée dans la capitale syrienne.

Source: AFP

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