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Articles Tagués ‘Michel Sleiman’

Raï : Il est du devoir de l’État de concentrer les armes aux mains des seules forces légales

27 décembre 2011 Laisser un commentaire
Photos Émile Eid

Le président entouré de NN.SS. Sfeir et Raï.

Homélie de Noël Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a plaidé pour un ramassage des armes illégales et jugé que personne ne peut entraver la réalisation de la justice.

Le chef de l’Église maronite, Mgr Béchara Raï, a célébré la messe de Noël à Bkerké, dimanche, en présence d’une foule d’officiels et de personnalités, notamment le président Michel Sleiman et son épouse, les chefs des Kataëb, Amine Gemayel, et du CPL, le général Michel Aoun, le vice-président du Conseil, Samir Mokbel, le nonce apostolique, Mgr Gabriele Cascia, les ministres de l’Intérieur, Marwan Charbel, et de l’Industrie, Vrej Sabounjian, les députés Gilberte Zouein, Youssef Khalil, Nehmetallah Abi Nasr, Farid el-Khazen, les anciens ministres Ziyad Baroud, Nagy Boustany, Farid Haykal el-Khazen, les anciens députés Samir Azar, Pierre Daccache et Émile Naufal, le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi, le président du Conseil constitutionnel, Issam Sleiman, le président de la Fondation maronite dans le monde, Michel Eddé, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Sacr Sacr, le directeur général de la Sûreté de l’État, Georges Karha, le commandant de la gendarmerie, le général Salah Gebran, et plusieurs autres.
Dans l’homélie qu’il a prononcée pour l’occasion, Mgr Raï a mis l’accent sur l’instauration de la paix qui se fait, selon lui, par plusieurs moyens : « Développer l’homme et la société, améliorer la distribution des richesses nationales, consolider la vie économique et sociale, combattre la pauvreté et la corruption, soutenir les activités productives et touristiques, réformer le système fiscal. »
Il a ensuite souligné l’engagement des chrétiens en faveur de la cause de la paix « fondée sur le respect de l’être humain et de ses droits, et la suppression de tout ce qui met cette paix en danger : la violence, la guerre, les atteintes à la vie humaine, le terrorisme, la torture, les arrestations arbitraires, les accusations infondées, notamment de traîtrise », avant de souligner le rôle de l’État à ce niveau. Selon le patriarche, l’État doit « seul veiller à la sécurité de la population et se doit, par voie de conséquence, de ramasser toutes les armes et d’en limiter l’usage aux seules forces légales ». « Beyrouth et tout le Liban doivent être sans armes », a insisté Mgr Raï en ajoutant : « L’État doit également soumettre toutes les missions de défense et de sécurité aux décisions de la seule autorité politique et accroître la confiance en ses forces armées. »
Après avoir jugé que la paix est aussi « le fruit de la justice », le chef de l’Église maronite a fait remarquer que « personne ne peut arrêter le cours de la justice, le court-circuiter par la force des menaces ou de l’intimidation ou encore le dévier à des fins personnelles ou sectaires, quelle que soit sa responsabilité ou son influence ». Il s’est ensuite prononcé en faveur d’une autonomie de la justice et a plaidé pour la protection du corps judiciaire et pour la dynamisation de l’activité des tribunaux.
Mgr Raï a en outre mis l’accent sur la nécessité de « réunifier les Libanais par la promulgation d’une loi amnistiant tous ceux qui avaient été contraints de se réfugier en Israël ». Il a souligné la responsabilité de l’Église, de l’État et de la société civile dans le développement de la fraternité, de la justice et de la solidarité entre les Libanais, notamment dans le but d’assurer une vie meilleure aux jeunes. Lire la suite…

Vote de la loi sur la restitution de la nationalité : réactions très positives dans les milieux maronites

14 décembre 2011 Laisser un commentaire

14/12/2011

Le chef de l’État, ici en compagnie de l’ancien ministre Élias Murr, a appelé le Parlement à voter « rapidement » la loi sur la récupération de la nationalité par les émigrés.Photo Dalati et Nohra

Le chef de l’État, ici en compagnie de l’ancien ministre Élias Murr, a appelé le Parlement à voter « rapidement » la loi sur la récupération de la nationalité par les émigrés.

Le projet de loi sur la récupération de la nationalité libanaise par les émigrés, approuvé mardi en Conseil des ministres, aura surtout réjoui les instances maronites du pays. D’abord, le président de la République Michel Sleiman a insisté sur l’importance de cette loi, « qui affermit les liens des émigrés avec leur patrie-mère, tant au niveau politique qu’économique », a-t-il déclaré. Saluant ainsi « le pas franchi par le Conseil des ministres », M. Sleiman a appelé le Parlement à « voter rapidement la loi » en question.  Lire la suite…

Restitution de la nationalité libanaise aux émigrés : le projet de loi approuvé

13 décembre 2011 Laisser un commentaire

12/12/2011

Liban La proposition de loi a été élaborée en 2003 par le député Neematallah Abi Nasr.

Le gouvernement a approuvé lundi, au cours d’une réunion du Conseil des ministres, le projet de loi portant sur la restitution de la nationalité libanaise aux émigrés d’origine libanaise.Le texte soumis par le ministre de l’Intérieur Marwan Charbel est basé dans une large mesure sur le projet et l’étude que le président de la Fondation maronite dans le monde, l’ancien ministre Michel Eddé, avait présentés en ce sens au ministère de l’Intérieur il y a quelques mois. Le texte définit de manière très détaillée toute la procédure et les documents requis devant permettre aux émigrés de récupérer la nationalité libanaise. Ce projet constitue ainsi une concrétisation de la promesse que le président Michel Sleiman avait faite aux émigrés libanais lors de sa récente visite au Brésil. Le chef de l’État, à l’instar du président défunt Élias Hraoui, s’était alors engagé à tout mettre en œuvre afin que la nationalité libanaise puisse être restituée aux émigrés.

L’approbation de ce projet permettra une participation importante de la diaspora libanaise aux prochaines élections législatives de 2013. Les consulats du Liban dans les pays de la diaspora devraient transmettre aux émigrés d’origine libanaise les informations requises sur les démarches qui devraient être entreprises et les différents documents qui devraient être fournis afin de récupérer la nationalité libanaise.  Lire la suite…

Magida el-Roumi, une étoile dans le ciel de Jounieh

Par Jihane FARHAT | 27/06/2011

Magida el-Roumi a été la reine des cœurs ce samedi soir au stade Fouad Chéhab. (Sky Beyrouth)

Magida el-Roumi a été la reine des cœurs ce samedi soir au stade Fouad Chéhab.

Événements Le Festival international de Jounieh a choisi la divine Magida el-Roumi pour lancer, samedi, ses festivités qui s’étendent jusqu’au 3 juillet dans l’ancien souk de la ville et ses environs.

Le concert donné par Magida el-Roumi à l’ouveture du Festival international de Jounieh a eu lieu au stade Fouad Chéhab pour le plus grand plaisir des admirateurs, emportés par la voix puissante de la diva, sanglée d’une robe blanche en satin. La chanteuse s’est vu décerner, à la fin du concert, les insignes de l’ordre national du Cèdre par le président de la République, le général Michel Sleiman.  Lire la suite…

Raï examine avec Sleiman, à Amchit, le bilan des assises maronites

06/06/2011

Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a rendu visite hier au président Michel Sleiman, à sa résidence de Amchit. L’entretien a été principalement axé sur les résultats des assises maronites élargies qui se sont tenues le 2 juin à Bkerké, à l’initiative et sous l’égide de Mgr Raï, en présence des quatre pôles maronites, le leader des Kataëb, le président Amine Gemayel, le chef du CPL, Michel Aoun, le chef du parti des Forces libanaises, Samir Geagea, et le chef des Marada et député de Zghorta, Sleimane Frangié. Une trentaine de députés maronites, représentant les différents blocs parlementaires chrétiens (du 14 et du 8 Mars), ont également participé à ces assises au cours desquelles deux grands dossiers ont été discutés : la vente des terrains appartenant aux chrétiens et la présence chrétienne au sein des administrations publiques.

Par ailleurs, le patriarche maronite a présidé hier à Bkerké une messe à l’occasion de la célébration de la 45e Journée mondiale des médias. Ont notamment participé à la cérémonie religieuse le nonce apostolique, le patriarche grec-catholique, Mgr Grégoire III Laham, ainsi que des représentants du patriarche syriaque-catholique et du patriarche arménien-catholique, l’évêque latin, Mgr Boulos Dahdah, plusieurs autres dignitaires religieux et de nombreux journalistes et responsables de médias.

Dans son homélie, le patriarche Raï a notamment appelé « le pouvoir politique à sortir le pays de la paralysie dans laquelle il se débat, en formant un gouvernement qui œuvre à préserver et consolider la dignité du citoyen au Liban ». « Nous invitons en outre les dirigeants à trouver les formules qui puissent permettre aux hautes autorités du pays d’adopter les décisions adéquates qui s’imposent lorsque les institutions constitutionnelles sont menacées de paralysie, comme c’est le cas aujourd’hui », a ajouté Mgr Raï.

Le patriarche Raï a d’autre part rendu hommage aux journalistes, mettant l’accent à cette occasion sur l’importance du rôle des médias au niveau du « rapprochement entre les personnes, les collectivités et les peuples ». « C’est grâce aux médias que le monde est qualifié dans ce cadre de grand village, a souligné Mgr Raï. Les médias s’emploient à transmettre les cultures et les civilisations en vue d’aboutir à un monde plus juste, fondé sur la paix et la solidarité. Les médias s’emploient aussi à forger une opinion publique saine et objective. »

En conclusion, Mgr Raï a indiqué que le pape Benoît XVI a adressé aux chrétiens à l’occasion de la Journée mondiale des médias un message axé sur le rôle croissant joué par les médias, notamment à l’ère du réseau Internet.

Source: L’Orient Le Jour

L’inauguration du Centre mondial pour le dialogue : un hommage au « Liban-message », parrainé par Michel Sleiman

11/05/2011

L’inauguration du centre, hier.

L’inauguration du centre, hier.

Le président de la République Michel Sleiman a parrainé hier l’inauguration du Centre mondial pour le dialogue, dénommé « Lika’ » (rencontre, en arabe). Affilié au patriarcat grec-catholique d’Antioche et de tout l’Orient, ce centre situé à Raboué a pu être créé grâce à la contribution du sultan d’Oman, Qabous ben Saïd. « Ce projet a lié d’affection le patriarcat au sultanat d’Oman (…) et cette entente sera gravée dans les archives patriarcales », a affirmé le nonce apostolique Gabriele Caccia, au nom du cardinal Leonardo Sandri. S’adressant au président Sleiman, il a ajouté : « Ce centre est au service de vos idées et de votre vision. Vous avez lancé, du haut de la tribune des Nations unies, l’idée d’un Liban au cœur du dialogue des civilisations, et le centre se veut (…) au service du message du Liban-message. »
Après avoir levé le voile sur la plaque commémorative, avec le patriarche d’Antioche Grégoire III Lahham, le président Sleiman a inscrit dans le registre d’or du centre : « Nous posons à cette occasion les jalons de l’aspiration de notre pays à devenir un espace de rencontre entre les civilisations, au regard de l’expérience du Liban dans le croisement interreligieux et interculturel. »
Et le patriarche Lahham de déclarer : « Ce centre invite à une rencontre aux dimensions infiniment humaines, à travers la foi, la religion et la croyance. Il reflète la tradition de l’Église grecque-catholique qui se veut toujours une Église sans limites, œuvrant pour édifier des ponts d’entente dans un monde divisé (…). Et la présence du président Sleiman révèle tout l’amour qu’il porte pour cette Église. »
Aux côtés des personnalités diplomatiques et politiques présentes, l’éventail de personnalités religieuses a révélé toute la dimension du dialogue prôné : le mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, le cheikh Akl druze, Naïm Hassan, le représentant du patriarche maronite, l’évêque Roland Abou Jaoudé, et le chef de la communauté évangélique au Liban, le pasteur Salim Sahyouni, étaient réunis… en plus du ministre des affaires religieuses du sultanat d’Oman Abdallah ben Mohammad al-Salimi et du secrétaire général du Centre Sultan Qabous pour la culture islamique, Habib ben Mohammad al-Rayami , qui a affirmé « l’entente de toutes les religions déistes sur la force de la raison dans la construction d’un dialogue efficace ».

Source: L’Orient Le Jour

La commémoration des martyrs de la presse : un hommage à la liberté

06/05/2011

La commémoration, aujourd’hui 6 mai, de la journée des martyrs de la presse a été célébrée hier au palais de Baabda, où la commission nationale pour la femme, présidée par la Première dame Wafa’ Sleiman, a organisé une rencontre en l’honneur des journalistes. Le président Michel Sleiman a pris part à l’événement, qui a eu lieu en présence, notamment, du ministre sortant de l’Information Tarek Mitri, du président de l’ordre de la presse, Mohammad Baalbaki, du vice-président de l’ordre des journalistes, Saïd Nassereddine, et du président du Haut Conseil de l’audiovisuel, Abdel Hadi Mahfouz.

Mme Sleiman a déclaré à cette occasion que la presse constitue une tribune « inégalable pour exprimer la condition de la femme (…). L’attention des médias aux campagnes que nous avons menées pour les droits de la femme a permis d’en optimiser la portée ». À cela, M. Baalbaki a rétorqué que les médias « ont pris position aux cotés de la femme libanaise parce que ses droits font désormais partie des buts de la presse ».

D’ailleurs, M. Baalbaki a mis l’accent dans son allocution sur la liberté que les médias doivent préserver. « L’histoire de la presse libanaise, depuis sa naissance jusqu’à ce jour, a été celle de martyrs, et la date du 6 mai marque une étape connue dans cette longue et noble voie, commencée au début du XIXe siècle, avec la parution du premier journal au Liban », a -t-il déclaré. Et cette voie, « les membres de la presse demeurent déterminés à la suivre avec audace, (même si) nombre d’entre eux ont péri », a affirmé M.Baalbaki. Il a tenu à rappeler les liens entre la presse libanaise et la presse arabe, qui commémore ses martyrs à la même date : « Le journalisme libanais est depuis sa naissance un journalisme arabe (…). Et le combat des martyrs du 6 mai n’était pas celui du Liban seulement, mais de tous les arabes (…), un combat pour la liberté qui transcende toute division. » Et de préciser : « La presse libanaise s’est fixé pour slogan et pour but l’unité des Libanais pour que règne la liberté. » Dès lors, « il incombe à la presse de veiller sur cette liberté » et de rester à l’affût de tout élément apte à entraver son exercice, a-t-il ajouté. « En fin de compte, la liberté existe là ou vit un peuple libre, parce que c’est l’être humain qui en est l’incarnation vivante et la seule garantie », a-t-il affirmé. « Les Libanais sont intrinsèquement libres, et leur passion dans l’exercice de la liberté » devrait dissiper toute crainte de voir cette liberté lésée, à condition qu’ils s’y attachent « en toute foi et confiance », a-t-il conclu.

Notons que M. Baalbaki participera aujourd’hui à 11 heures à une cérémonie au cours de laquelle il déposera deux couronnes de fleurs au cimetière des martyrs du 6 mai à Beyrouth. De même à Damour, le représentant de l’ordre de la presse, M. Jihad Akl, déposera une couronne sur le mémorial des journalistes du Damour. Le siège du syndicat accueillera en outre à midi les personnes désirant exprimer leurs vœux au président de l’ordre de la presse et au vice-président de l’ordre des journalistes.

Enfin, le parti Tachnag a choisi de commémorer les martyrs du 6 mai 1917 par une cérémonie autour de la statue des martyrs, où des élèves d’écoles arméniennes déposeront aujourd’hui des couronnes de fleurs, en présence des chefs religieux et de députés arméniens.

La liberté d’expression au Liban au cœur d’un rapport de l’UNESCO

En présence du ministre sortant de l’Information, Tarek Mitri, et de nombreux représentants du monde de la presse et de la société civile et académique, le bureau régional de l’Unesco à Beyrouth, en collaboration avec l’association Maharat, a donné une conférence de presse hier matin dans les locaux de l’Unesco à Bir Hassan, à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, sur le thème suivant : « La presse du XXIe siècle, nouveaux horizons, nouveaux obstacles ».

L’occasion pour les présents de lire le rapport annuel de la liberté d’opinion et d’expression au Liban, préparé par l’observatoire du même nom, fondé en 2003 par Maharat et par le bureau régional de l’Unesco.

De nombreux responsables ont pris la parole à cette occasion. Georges Aouad, du bureau de l’Unesco, a expliqué que la liberté de la presse est « un principe » sur lequel doivent s’appuyer les organisations et les États du monde pour « publier leurs informations », dans un souci de transparence et pour en faciliter l’accès à tous.

Il a longuement parlé du journaliste et analyste iranien emprisonné, Ahmad Zed Abadi, lauréat du prix Guillermo Cano pour la liberté de la presse pour l’année 2011, rappelant son courage en dépit des tortures qu’il a subies, de nombreuses incarcérations, et même de l’exil, pour le punir de faire son métier comme il faut, c’est-à-dire prôner ouvertement la liberté d’expression, critiquer, comme il l’a fait dans une lettre ouverte, le traitement infligé aux journalistes emprisonnés, et appeler au boycott des élections.

Georges Sadaka, de Maharat, a pour sa part estimé que la presse au Liban a plusieurs défis à relever, à savoir rénover les lois de la presse, améliorer les conditions de travail des journalistes en leur assurant des services sociaux nécessaires et libérer la presse des pressions de la censure.

L’avocat Tony Mikhaël a évoqué les nombreuses agressions contre les journalistes, physiques autant que morales et matérielles, pressions et menaces qui peuvent aller jusqu’à des démissions forcées.

Tarek Mitri a abordé la question de la liberté d’expression dans un cadre particulier, et s’il a salué « une autocensure qui contribue au respect de l’autre » et de ses susceptibilités, il a en revanche déclaré qu’il y a « beaucoup à faire pour organiser les métiers de la presse au Liban ».

En revanche, il a été critique à l’égard de la réserve qu’ont manifestée les auteurs du rapport quant à l’application de la loi dans certains cas, notamment quand il s’agit d’interdire certaines radios non légales. « Appliquer la loi, a-t-il rappelé, n’est pas une atteinte aux libertés. »

Source: L’Orient Le Jour

Le pays tombe en déliquescence… et toujours point de gouvernement

27 avril 2011 Laisser un commentaire

Par Élie FAYAD | 27/04/2011

La situation

Un monde arabe à nos portes en proie aux débordements de toutes sortes, des indicateurs économiques qui virent au rouge l’un après l’autre, des prix de combustibles qui s’envolent, un chaudron social en état d’ébullition, un tourisme morose, des prisons en mutinerie quasi permanente, une culture de l’illégalité gagnant les esprits comme les terres, une administration plus exsangue que jamais et, last but not least, un ministre sortant des Affaires étrangères qui gère la diplomatie libanaise comme on gère un héritage familial : le Liban vit des moments très difficiles, mais cela n’est, semble-t-il, toujours pas suffisant pour que le sentiment d’urgence prévale chez nos faiseurs de gouvernement.

Un constat s’impose : si, depuis que le 14 Mars a annoncé sa décision d’entrer en opposition, le canevas gouvernemental s’est révélé si compliqué à composer, c’est que le fil qui unit entre eux les autres protagonistes est tout sauf solide.

De fait, pas un jour ne passe sans que l’on ait l’impression que ce fil est sur le point de craquer, que les composantes du 8 Mars sont à la veille de se crêper le chignon – ce qu’elles font déjà, mais à fleurets mouchetés – et que le 8 Mars d’un côté et les « centristes » de l’autre sont à deux doigts d’un conflit planétaire entre eux.

Qu’elle est belle, la nouvelle majorité ! Elle l’est d’ailleurs à un point tel qu’on se demande si le gouvernement, à supposer qu’il soit formé de sitôt, ne serait pas à son image actuelle, c’est-à-dire un ensemble informe dont les éléments se guettent les uns les autres, s’observent en chiens de faïence, se chicanent les privilèges et les prérogatives, se renvoient la balle et les pointes acérées. Auquel cas point n’est besoin d’un gouvernement, si ce n’est que pour perpétuer le dépérissement de l’État, des institutions et de la vie publique au Liban.

Dans tout cela, il s’en trouve d’aucuns qui ne perdent pas le nord (ou plutôt, en l’occurrence, l’est). Prompt à défendre en tout temps la cause du régime syrien, le président de la Chambre, Nabih Berry, a mis une pointe d’honneur hier à dédouaner ce dernier de l’impasse gouvernementale libanaise. « Le retard pris pour former le cabinet est un complot contre la Syrie », a-t-il lancé. Qui donc, au sein de la nouvelle majorité, comploterait-il contre celle par qui le basculement de majorité a été rendu possible ? Est-ce Michel Sleiman, Nagib Mikati ou le général Michel Aoun et ceux qui, jusqu’ici, continuent, vaille que vaille, de le soutenir ?

La question mérite d’être posée d’autant que la sortie de M. Berry est intervenue après une entrevue, quelques heures auparavant, avec le Premier ministre désigné, lequel lui a fait savoir, primo, qu’il ne comptait pas se récuser et, secundo, qu’il ne saurait être question de livrer le ministère de l’Intérieur au général Aoun.

Comme il fallait s’y attendre, ce dernier a réagi en tirant à boulets rouges sur le tandem Sleiman-Mikati, le premier se voyant invité à ne pas confondre la Constitution avec une « serpillière » et le second à ne pas rejeter la faute sur les autres quand c’est lui qui temporise, les yeux rivés sur les événements de Syrie.

Mais ils sont nombreux ici à suivre avec anxiété l’évolution de la situation de l’autre côté de la frontière. L’un d’eux, Walid Joumblatt, se trouvait hier à Damas et l’on pense que les nouvelles fraîches qu’il apportera à son retour, aujourd’hui, serviraient d’indicateur pour ce qui est du sort du processus gouvernemental.

Au cas où cela intéresserait encore quelqu’un.

Source: L’Orient Le Jour

Sleiman de Bkerké : Le Liban appuie la volonté de réforme en Syrie

27 avril 2011 Laisser un commentaire

26/04/2011

Le président Sleiman s’adressant aux journalistes à Bkerké, hier : L’armée libanaise a eu une « conduite civilisée » envers les manifestants. Photo Émile Eid

Le président Sleiman s’adressant aux journalistes à Bkerké, hier : L’armée libanaise a eu une « conduite civilisée » envers les manifestants.

Communauté À partir de Bkerké, où il a assisté à la messe de Pâques, le président Sleiman a mis les points sur les « i », en matière de gouvernement et à l’égard des troubles en Syrie et dans le monde arabe.

« La Constitution ne donne de part à personne, mais organise la procédure de formation (du gouvernement) et accorde aux autorités en charge des institutions la responsabilité de ce processus. »
Le chef de l’État, le général Michel Sleiman, a mis dimanche les points sur les « i » au sujet du processus de formation du gouvernement, et en particulier concernant la volonté du général Michel Aoun d’être représenté dans le nouveau cabinet par un nombre de ministres proportionnel à l’importance de son bloc parlementaire, sans tenir compte du chef de l’État.
Le président Sleiman , qui a assisté à la messe de Pâques au siège patriarcal, conformément à la tradition, a précisé devant les journalistes accrédités à Bkerké que le Premier ministre désigné « n’a pas posé de délai » à la formation du gouvernement, mais a affirmé qu’il en serait question « après les fêtes » dès la reprise des consultations.
« Il n’y a pas d’obstacles extérieurs » qui empêchent la formation du gouvernement, a précisé le président. « Les obstacles, s’il faut les appeler ainsi, proviennent des demandes formulées par les blocs parlementaires. »
« Il faut, a-t-il enchaîné, discuter de ces demandes dans le cadre des dispositions constitutionnelles qui organisent la procédure de formation du gouvernement. La loi accorde au chef de l’État la responsabilité de respecter toutes les dispositions de la Constitution et affirme que le chef de l’État est le commandant suprême des forces armées et que c’est lui qui, avec le chef du gouvernement, négocie et ratifie les traités internationaux. »
Le chef de l’État a affirmé qu’il faut « un surcroît de concertations » en ce qui concerne le ministère de l’Intérieur.
Sur un autre plan, le président Sleiman a affirmé qu’il ne craint pas que les troubles qui marquent la vie de certains pays arabes gagnent le Liban. Il a affirmé que le Liban est un pays démocratique, sous-entendant que ces troubles éclatent dans des régimes autocratiques. Il a en outre fait l’éloge de la conduite de l’armée qui, depuis 2005, a suivi une « conduite civilisée » envers la société. Il a enfin fait état des combats livrés par les soldats à Israël et au « terrorisme », à savoir l’intégrisme de Fateh el-Islam.
Selon ses proches, le chef de l’État a voulu dire que ces combats ont suffi pour donner à ces jeunes un certain discernement qui les empêche de se lancer dans n’importe quelle aventure.

De possibles brèches
Le président Sleiman a convenu qu’il pourrait cependant y avoir « des brèches » et s’est promis de les colmater. « Nous sommes immunisés, ce qui n’exclut pas qu’il faut prévenir d’éventuels dérapages », a-t-il dit, précisant qu’il est en contact permanent avec le président syrien Bachar el-Assad.
Au sujet de l’attitude du Liban à l’égard de la révolte populaire en Syrie, le président a affirmé que le Liban « est en faveur de la stabilité de la Syrie et du monde arabe », mais surtout en Syrie, car « tout le monde sait que la sécurité de la Syrie et du Liban sont interdépendantes ».
Mais le Liban se tient aussi aux côtés des réformes en Syrie – levée de l’état d’urgence, loi sur les partis, lois sur les médias. « Le Liban reconnaît enfin la légitimité des réformes réclamées par les Syriens, à condition que cette volonté de réforme soit sincère, et non pas un prétexte pour la discorde confessionnelle. »
De son côté, dans son homélie, le patriarche Raï a souhaité une fois de plus la formation rapide du gouvernement, tout en souhaitant l’arrivée aux postes de responsabilité de personnes compétentes et intègres, « libres de toute avidité au détriment de l’argent public ».
Le patriarche a également réclamé, en substance, une politique étrangère plus active de manière à ce que le Liban « retrouve son rôle comme facteur de stabilité et de paix dans son environnement arabe », une plus grande culture de la convivialité, une démocratie ouverte aux droits de l’homme, l’égalité entre tous en droits et devoirs, la reconnaissance des droits des expatriés et l’octroi de la nationalité à ceux qui la méritent, l’appui à la justice, etc.

Audi et Gemmayzé
Par ailleurs, les offices religieux de la Pâques ont été célébrés sur toute l’étendue du territoire. À Beyrouth, le métropolite Élias Audi, qui officiait dans la cathédrale Saint-Georges, a mis en garde contre « les volcans qui se réveillent autour de nous et a dénoncé les égoïsmes et l’arrogance » qui empêchent la formation du nouveau gouvernement, une flèche indirectement dirigée contre Michel Aoun.
Le métropolite de Beyrouth s’est dit outré de ce que le quartier des pubs de Gemmayzé ne se met pas au diapason de la semaine sainte. « Pourtant, je pense que la plupart des filles qui le fréquentent sont des chrétiennes », s’est-il indigné.

Le sommet religieux du 12 mai
Sur un autre plan, les préparatifs du sommet religieux qui doit se tenir le 12 mai à Bkerké, à l’initiative du patriarche Raï, se poursuivent.
Le chef de l’Église maronite a chargé Mgr Boulos Matar, archevêque de Beyrouth, de mettre au point, de concert avec les chefs politiques chrétiens qui ont assisté aux assises restreintes de Bkerké (Amine Gemayel, Michel Aoun, Samir Geagea et Sleimane Frangié), une étude comprenant les appréhensions de la société chrétienne et les « propositions concrètes » susceptibles de conforter les « constantes chrétiennes ».
M. Harès Chéhab, le président du Comité national pour le dialogue islamo-chrétien, qui assiste l’archevêque de Beyrouth dans sa tâche, a précisé hier que « les choses sont toujours à l’état de préparatifs » et que les organisateurs du sommet s’efforcent d’y associer « le plus grand nombre de figures religieuses possible ». « Nous travaillons sur un discours unifié et rassembleur », a-t-il précisé.
Sur base de ce document, le patriarche doit préparer un brouillon de document qui serait finalisé lors de la prochaine réunion mensuelle du collège épiscopal maronite, en prévision de son examen et de son approbation lors du sommet religieux.
Signalons pour finir qu’au niveau des gestes nouveaux produits par les assises chrétiennes restreintes de Bkerké, le président des Forces libanaises, Samir Geagea, a adressé ses vœux au général Michel Aoun et à M. Sleimane Frangié.
Pour sa part, le président de la Chambre, Nabih Berry, a adressé ses vœux à tous les Libanais, et en particulier aux communautés chrétiennes, en cette occasion.
Pour Pâques, le chef de l’État, lui, a reçu un télégramme de félicitations du président syrien.

Source: L’Orient Le Jour

À Bkerké, la détente, en attendant le consensus

20 avril 2011 Laisser un commentaire

Le quatuor maronite réuni sous les auspices de Mgr Raï.

20/04/2011

Le patriarche Béchara Raï a réussi hier son pari d’amorcer un processus de détente entre les quatre principaux chefs politiques maronites, Amine Gemayel, Michel Aoun, Samir Geagea et Sleimane Frangié, qu’il a réunis à Bkerké dans une ambiance « fraternelle et patriotique ». Défricher les terrains d’accord entre chrétiens et règlementer leurs divergences, tel est l’objectif de ce processus.

Poignée de main « historique » et plaisanteries diverses

Premier arrivé à Bkerké, M. Frangié a été suivi peu de temps plus tard par M. Geagea. Les caméras de télévision étaient à ce moment-là tenues à l’écart, mais des photographes de presse ont pu capter la poignée de main, rarissime, entre les deux hommes.

Plus tard, au cours de la réunion, on a relevé qu’à plusieurs reprises le chef des FL et le général Aoun ont échangé des plaisanteries, contribuant de ce fait à détendre l’atmosphère, par ailleurs dominée par un climat spirituel.

Outre le patriarche Raï, qui présidait la table rectangulaire autour de laquelle étaient placés d’un côté MM. Gemayel et Geagea et de l’autre le général Aoun et M. Frangié, étaient présents les évêques Roland Aboujaoudé, Youssef Béchara, Boulos Matar et Samir Mazloum.

Un crucifix sur pied était posé sur la table face à Mgr Raï et on avait allumé une bougie pour marquer la semaine sainte.

Les quatre leaders se sont tour à tour exprimés, chacun faisant état de son point de vue et de ses craintes, sans qu’il n’y ait d’échanges contradictoires.

Puis, avant le déjeuner, composé essentiellement de poissons et de fruits de mer (pour cause de carême), ils se sont rendus dans l’aile du siège patriarcal réservée au patriarche Nasrallah Sfeir pour le saluer et boire le café avec lui.

La réunion interchrétienne de Bkerké : un peu plus que de la glace brisée

Par Élie FAYAD | 20/04/2011

La poignée de main entre MM. Frangié et Geagea.

La poignée de main entre MM. Frangié et Geagea.

Communautés Les quatre principaux chefs politiques maronites se sont rencontrés hier à Bkerké sous l’égide du patriarche Béchara Raï, ouvrant la voie à un processus de dégel devant déboucher, si tout va bien, sur de solides consensus interchrétiens.

Réunir Amine Gemayel, Michel Aoun, Samir Geagea et Sleimane Frangié dans une ambiance largement dominée par le spirituel – le lieu, Bkerké, et le temps, la semaine sainte, n’y sont pas pour rien – et traversée de moments décontractés paraissait il y a quelques jours encore être hors de portée.

Ce n’est certes pas la première fois que les quatre hommes se retrouvent autour d’une table. Récemment, ils se joignaient encore aux autres leaders politiques du pays dans le cadre de la conférence du dialogue national, que parrainait le président de la République, pour discuter de stratégie défensive.

Mais outre le fait que ce dialogue-là a été rompu – jusqu’ici du moins -, les quatre n’y prenaient part qu’au titre de leur affiliation à l’un ou l’autre des deux grands camps politiques en présence dans le pays. Hier, grâce aux efforts du nouveau patriarche, cette dimension-là était sinon effacée de la rencontre, du moins en retrait par rapport à l’autre dimension de leur leadership, celle de tenir entre leurs mains le sort des chrétiens du Liban et peut-être même au-delà.

Il est vrai que le patriarcat nouvellement inauguré constituait une occasion propice à ce type de rencontre. Il est vrai, en outre, que le volontarisme manifesté par le patriarche Raï à cet égard et, surtout, l’absence de contentieux historique qui l’opposerait à l’un ou l’autre des protagonistes concernés étaient de nature à faciliter la démarche.

Mais il est tout aussi naturel que, dans le contexte d’une région en pleine ébullition et d’une scène locale figée par le poids grandissant des désaccords, des chefs politiques chrétiens ressentent le besoin d’opérer une sorte de retour aux sources.

Dès le début, il n’a jamais été question d’effacer les divergences fondamentales opposant le général Aoun et M. Frangié d’un côté à MM. Gemayel et Geagea de l’autre. L’ordre du jour de la réunion de Bkerké ambitionnait simplement de créer progressivement le cadre adéquat à une sorte d’organisation ou de règlementation de ces divergences.

En ce sens, la démarche peut d’ores et déjà être qualifiée de positive et l’on a vu par exemple le chef des Forces libanaises donner, dès son retour à Meerab, des directives aux services de presse FL et à d’autres départements concernés leur enjoignant d’accorder au CPL et aux Marada le même traitement que celui réservé aux formations chrétiennes amies, comme les Kataëb, le PNL et le Bloc national.

De son côté, le général Aoun a souligné plus tard dans la journée que la réunion a dépassé le stade de la glace brisée. « Un débat a été entamé et le débat peut mener au dialogue si nous voulons étudier les questions en profondeur. Cela est de nature à rassurer le peuple libanais. Il n’y a pas d’inimitié et nous ne brandissons pas des mitrailleuses les uns contre les autres. La réunion a été très satisfaisante », a-t-il dit.

De fait, Bkerké aspirait aussi à défricher les espaces d’entente possibles, réels, entre les protagonistes chrétiens. Là aussi, et autant que la réserve médiatique volontairement entretenue autour de l’événement pouvait le permettre, la réunion semble avoir été fructueuse, même si l’on a procédé davantage à une énumération des sujets consensuels qu’à un débat de fond sur ces thèmes.

Décentralisation administrative, naturalisation des émigrés ayant perdu leur nationalité libanaise, contrôle des ventes de terrains à des non-chrétiens dans des régions sensibles, loi électorale stable, consolidation du rôle de la présidence de la République : tels étaient hier les principaux sujets d’entente entre les quatre chefs politiques. Ces dossiers devront bien entendu être creusés en vue d’un projet d’accord général qui sera proposé ultérieurement à une réunion chrétienne élargie. Dans l’intervalle, des évêques maronites plancheront sur un document incluant aussi les sujets de désaccord, comme la question des armes et celle du Tribunal spécial pour le Liban.

Comme l’indique le communiqué lu à l’issue de la réunion par le nouveau porte-parole de Bkerké, Walid Ghayad, « les thèmes ont été envisagés sous l’angle de la distinction entre ce qui est consensuel et ce qui fait l’objet de divergences politiques légitimes dans le cadre d’une nation démocratique respectant les libertés et les différences tout en préservant son unité, ses constantes et ses intérêts fondamentaux ».

« La réunion a été fraternelle et patriotique. Elle a été dominée par un climat de franchise, de responsabilité et d’amitié », souligne le communiqué, précisant que d’autres rencontres du même genre auront lieu chaque fois que le besoin s’en fera ressentir.

Satisfaction dans les milieux politiques

Le ministre sortant de l’Intérieur, Ziyad Baroud, a qualifié la rencontre de Bkerké de « satisfaisante » et souligné qu’elle « donne le sentiment que les choses sont sur la bonne voie ».

« Le patriarche Raï a un rôle rassembleur. Bkerké doit jouer ce rôle de manière permanente », a ajouté M. Baroud. Selon lui, le patriarcat maronite « ne se permet pas d’entrer au cœur des clivages politiques. Il agit dans le cadre d’une stratégie nationale et du rôle des chrétiens dans ce qui se passe au Liban et dans la région ».

Samy Gemayel, député du Metn et coordinateur du comité central Kataëb, a estimé que « la rencontre de Bkerké est un acte fondateur pour d’abord briser la glace, et ensuite enchaîner sur une phase de réunions intensives permettant de parvenir à des accords sur de nombreux sujets ».

« C’était le début que l’on souhaitait, et il était vain d’espérer parvenir à un accord à partir d’une seule réunion », a ajouté M. Gemayel.

Pour le député FL Antoine Zahra, « le fait même qu’il y ait une réunion interchrétienne à Bkerké est une bonne chose ». « J’espère que cette initiative conduira à de nombreux espaces communs entre les leaders qui ont participé à la réunion, afin que les idées partagées évoluent pour devenir des positions partagées », a-t-il ajouté.

Membre du Bloc du changement et de la réforme, le député Salim Salhab (Metn) a souhaité que la rencontre soit productive, dans la mesure où elle intervient dans des circonstances actuelles positives, différentes des circonstances précédentes.

« Il faut voir le bon côté de la réunion, d’autant que les quatre dirigeants ont accepté d’y participer sans poser de conditions préalables et en laissant au patriarche Raï le soin d’en établir l’ordre du jour », a ajouté M. Salhab.

« L’essentiel, c’est le mécanisme qui va être mis en place après la réunion », a-t-il dit, émettant le souhait que les différents partenaires parviennent au final à « une stratégie servant l’intérêt des chrétiens d’abord, puis celui des Libanais ».

Son collègue Ibrahim Kanaan a vu dans la rencontre de Bkerké « la mise en place d’une dynamique nouvelle, même si les points de vue demeurent divergents » entre les divers acteurs.

Le député Kataëb de Zahlé Élie Marouni a jugé « positive » toute rencontre interlibanaise, « surtout en cette période cruciale de l’histoire du Liban, marquée par le vide ».

Pour M. Marouni, les développements dans les pays arabes, et notamment en Syrie, « peuvent avoir facilité la tenue de la réunion en poussant la partie adverse (le général Aoun et M. Frangié) à répondre positivement à l’appel ».

Le député a affirmé toutefois ne pas s’attendre à ce que cette réunion ait « d’autres résultats que de briser la glace entre les chefs chrétiens ».

Soulignant que le patriarche Raï est soucieux d’exploiter le soutien officiel et populaire dont il bénéficie, M. Marouni a fait valoir que « toute rencontre devrait être axée sur le rejet de la violence et du recours aux armes à l’intérieur ».

Stéphane Doueihy, député de Zghorta et membre du bloc Frangié, a souligné que la réunion de Bkerké est « une affaire de la plus haute importance ». L’appel à cette rencontre était « plus que nécessaire », a-t-il estimé, affirmant qu’il s’agit d’« une occasion réelle d’en finir avec les craintes partagées et de sortir des clivages partisans ».

Nidal Tohmé, député du Akkar (Courant du futur), a émis l’espoir que la réunion de Bkerké « pourra, du fait de sa symbolique forte, consacrer le triomphe de la pensée chrétienne ouverte sur toute autre option ».

De son côté, le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, a lancé un appel aux dirigeants chrétiens réunis à Bkerké, leur demandant de « demeurer en contact entre eux, de coopérer ensemble et de s’occuper du Liban ». « Nous sommes contre l’exclusion et la marginalisation », a-t-il dit.

L’immunisation de la présidence de la République au centre des préoccupations de Bkerké

Par Philippe Abi-Akl | 20/04/2011

Éclairage

La première réunion des pôles chrétiens s’est donc tenue hier, comme prévu, à Bkerké à l’initiative et sous l’égide du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, en présence de l’ancien président de la République Amine Gemayel, de l’ancien Premier ministre Michel Aoun, de l’ancien ministre Sleimane Frangié et de M. Samir Geagea, chefs des quatre principaux partis chrétiens.

Pari tenu pour le patriarche Raï, qui avait manifesté son intention de réunir les quatre dirigeants pour les fêtes pascales sous le signe du lavage des cœurs et de la réconciliation. La réunion, première en son genre à Bkerké depuis l’élection du nouveau patriarche, a été l’occasion, par exemple, d’une poignée de main entre Samir Geagea et Sleimane Frangié, ce qui n’arrive guère tous les jours. Il convient de rappeler combien le cardinal Nasrallah Sfeir avait peiné durant son mandat pour pouvoir réunir les quatre hommes, sans résultats. Depuis son élection à la présidence de la République, Michel Sleiman a lui aussi déployé ses efforts pour jeter les bases d’une réconciliation interchrétienne, mais il s’était violemment heurté à l’époque à certaines positions hostiles. De petites réunions s’étaient aussitôt déroulées à Bkerké en présence de représentants des partis chrétiens, avant que l’affaire ne se termine, divergences politiques insolubles obligent, en queue de poisson.

Certes, la séance d’hier a principalement porté sur la présence chrétienne au Liban et dans la région, mais la nécessité de consolider et d’immuniser la présidence de la République a également été au cœur des entretiens, dans la mesure où cette responsabilité incombe d’abord aux leaders maronites. Toute entreprise visant à marginaliser ou briser le poste et la fonction présidentiels, surtout à l’étape actuelle, celle de la formation du cabinet, devrait en effet être fermement rejetée. Pour certains leaders maronites, la présidence de la République est une autorité nationale par excellence, et il est nécessaire de la redynamiser et de la consolider, d’autant que le président Sleiman joue un rôle pivot en faveur de l’unité et de l’entente et œuvre pour préserver la présidence au-dessus des polémiques et des tiraillements internes et lui assurer la capacité d’exercer une fonction d’arbitrage.

C’est d’ailleurs par respect envers la fonction qu’il occupe et son rôle consensualiste que le chef de l’État s’est gardé jusqu’à présent de tomber dans le piège des polémiques et des réponses aux attaques dont il fait l’objet de la part de certaines parties du 8 Mars. Certaines de ces parties tentent même de donner une portée politique bien déterminée à leur campagne, en insistant sur le fait que le chef de l’État devrait « bien lire le message qui lui est adressé ». Or il apparaît que ceux qui s’en prennent de la sorte au président Sleiman réclament en même temps une audience à Baabda… Cependant, le président, trop pris par ses tâches quotidiennes, ne parvient pas à leur fixer de rendez-vous… Le message est clair : Michel Sleiman refuse d’entrer dans des polémiques stériles et enfantines. Ses contacts permanents avec son homologue syrien balaient d’un revers de la main toutes les théories des pourfendeurs du président, qui cherchent à donner l’impression que leurs positions seraient fondées sur un certain climat hostile au chef de l’État, en vogue à Damas. Car les contacts avec le président Assad se déroulaient au moment même où cette personnalité politique, de retour de la capitale syrienne, prétendait convoyer un message du régime de Damas à travers ses attaques contre le président Sleiman. Ce qui n’a d’ailleurs pas manqué de semer le trouble dans les milieux politiques libanais, au point de se demander quelle serait la partie syrienne qui mène la campagne en question contre le chef de l’État à travers cette personnalité politique libanaise… comme s’il existait en Syrie plusieurs pôles de décision. Le président suit d’ailleurs de près l’affaire des accusations syriennes contre le député Jamal Jarrah. Il aurait demandé dans ce cadre au président du Conseil supérieur libano-syrien, Nasri Khoury, de contacter les autorités syriennes concernées afin qu’elles fournissent un dossier comprenant les griefs présumés contre le député Jarrah, qui serait ensuite transmis aux autorités judiciaires libanaises par les voies officielles. Le chef de l’État insiste sur le fait que le dossier syrien devrait être minutieusement examiné au Liban, dans la mesure où le député Jarrah représente la nation et qu’aucune accusation sans fondement ne devrait être lancée contre lui. Parallèlement, des sources politiques bien informées font état de contacts au plus haut niveau entre une personnalité libanaise et le directoire syrien pour une prochaine visite qui pourrait contribuer peut-être à décrisper la tension entre les deux pays…

Mais revenons à nos moutons. Dans le cadre de leur campagne contre le président de la République, certains vont même jusqu’à évoquer la question de la constitutionnalité de l’élection de Michel Sleiman et la nécessité d’écourter le mandat présidentiel. Ce qui fait dire à un magistrat et ancien ministre de la Justice qu’il est « honteux de poser le problème de l’élection de Michel Sleiman sous l’angle de sa légalité et de sa légitimité après la chute des délais constitutionnels requis – trois jours – pour présenter un recours en invalidation, d’autant que ceux qui suscitent la polémique ont participé à l’élection du président ».

Qu’à cela ne tienne, le chef de l’État refuse d’accorder à ces polémiques sensationnalistes plus d’attention qu’elles ne le méritent. Surtout que toute son attention est actuellement reportée sur ses efforts communs avec le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, pour déblayer les obstacles qui empêchent encore la formation du cabinet.

 Source: L’Orient Le Jour

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