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Posts Tagged ‘Saad Hariri’

Dans les milieux politiques et populaires, avis contradictoires sur l’absence prolongée de Hariri

11 juin 2011 Poster un commentaire

Par Danièle ARAMOUNI GERGÈS | 11/06/2011

Débat Le Premier ministre sortant Saad Hariri a quitté le Liban depuis une cinquantaine de jours. Son absence suscite des spéculations et une amorce de débat sur les raisons de cet auto-éloignement et sur le timing de son retour. Nous avons sondé les divers avis sur le sujet.

Depuis près de 50 jours, le Premier ministre du gouvernement démissionnaire Saad Hariri s’est installé à l’étranger. Son absence prolongée suscite maintes interrogations et divers commentaires aussi bien de la part de ses alliés qu’au niveau de ses détracteurs. Quels sont les facteurs qui expliquent cet éloignement ? Doit-il revenir pour au moins gérer les fonctions administratives de l’État ? Est-il préférable qu’il soit à Beyrouth pour suivre de près les développements régionaux, notamment en Syrie ? Dans une tentative d’apporter des éléments de réponse sur le sujet, L’Orient-Le Jour a sondé les avis des forces politiques et de l’opinion publique. Lire la suite…

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Le Liban, éternelle victime de ses divisions

13 janvier 2011 Poster un commentaire

LEMONDE | 13.01.11 | 13h18

A l’intérieur des frontières du Liban, l’état de non-belligérance ne doit pas être pris pour autre chose que la continuation de la guerre civile par d’autres moyens. C’est l’une des leçons que l’on peut tirer de la démission de onze ministres, majoritairement proches du Hezbollah, mercredi 12 janvier. Une fois de plus, le Liban n’a plus de gouvernement.

La crise découle de la volonté du Hezbollah, parti chiite islamiste, de bloquer les travaux du Tribunal spécial pour le Liban qui doit juger les assassins de l’ancien premier ministre, Rafic Hariri, tué le 14 février 2005. Le Parti de Dieu redoute sa mise en cause dans un attentat qui remonte à l’époque où les proconsuls syriens, ses alliés, faisaient la loi à Beyrouth.

Le Hezbollah souhaitait que le premier ministre libanais, le propre fils de Rafic Hariri, Saad, prenne ses distances avec ce tribunal au nom de la stabilité du pays. Son chantage ayant échoué, le parti chiite claque la porte, entraînant avec lui ses alliés chrétiens.

Cette situation produit beaucoup de perdants : un premier ministre affaibli, y compris dans son propre camp, une opposition claquemurée dans son intransigeance, une médiation syro-saoudienne stérile… Seuls Israël, hostile à toute forme de coalition libanaise intégrant son ennemi juré qu’est le Hezbollah, et l’Iran, qui augmente sa capacité de nuisance à la veille de conversations sur le nucléaire avec les Occidentaux, peuvent s’en satisfaire.

Ces démissions vont priver le pays de gouvernement, peut-être pour longtemps. Celui-ci était né d’un accord laborieusement conclu en 2008 après un coup de force de la milice du Hezbollah dans les rues de Beyrouth.

Mais l’accord a vite montré ses limites. Ni l’élection d’un président, ni le renouvellement du Parlement, ni même la composition d’un gouvernement n’ont permis la remise en route d’institutions victimes des fractures profondes qui traversent le pays.

La démocratie "consensuelle" qui doit théoriquement régir le seul Etat de la région où les principales communautés religieuses se partagent constitutionnellement le pouvoir est depuis longtemps moribonde – sans que personne n’ose pour autant proposer le dynamitage d’un confessionnalisme qui a prouvé depuis longtemps sa nocivité. Cette faiblesse devenue consubstantielle a fait du Liban le jouet des influences extérieures et le théâtre régional de confrontations par procuration.

C’est aujourd’hui le cas entre les Etats-Unis (le Hezbollah a claqué la porte au moment où Saad Hariri était reçu à Washington par Barack Obama) et l’Iran, alors que la France se retrouve à soutenir le tribunal tout en s’accrochant, au nom de la stabilité libanaise, à un dialogue avec la Syrie qui ne veut pas entendre parler dudit tribunal. Le temps des milices est passé au Liban. Lui a succédé le règne d’une seule, celle du Parti de Dieu, ce qui fait que les affrontements fratricides d’hier ne sont peut-être plus à redouter. Mais l’incapacité des Libanais à transcender leurs clivages les condamne au triste statut d’otages des conflits du Proche-Orient.

Article paru dans l’édition du 14.01.11, LeMonde.fr

Liban : "Une crise qui prend une importance disproportionnée"

13 janvier 2011 Poster un commentaire

LEMONDE.FR | 13.01.11 | 17h45  •  Mis à jour le 13.01.11 | 18h03

Au lendemain de la chute de son gouvernement, le Liban se retrouve à nouveau plongé dans un chaos politique, jeudi 13 janvier, alors que le premier ministre, Saad Hariri, doit rencontrer Nicolas Sarkozy dans la journée. Prudente, la presse internationale ne peut cacher son pessimisme quant à l’issue de cette crise, l’espoir de trouver rapidement un compromis étant quasi inexistant tant la situation est complexe.

Nicolas Sarkozy va donc être le premier acteur international à entrer dans les discussions entre le bloc du 14-Mars (composé des sunnites du parti de M. Hariri et de plusieurs partis chrétiens) et celui du 8-Mars (auquel appartiennent dix des onze ministres démissionnaires) après l’échec de la Syrie et de l’Arabie saoudite pour apaiser les tensions autour du Tribunal spécial pour le Liban (TSL).

"La diplomatie française [...] pourrait entrer de plain-pied sur ce terrain maintenant que Damas et Riyad ont eux-mêmes constaté leur échec", écrit Elie Masboungi de L’Orient-Le Jour. Selon le journaliste, pour qui "la France peut maintenant faire mieux et plus vite", Nicolas Sarkozy serait désormais prêt à "faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard".

UNE "IMPORTANCE DISPROPORTIONNÉE"

La crise interne du Liban serait alors à nouveau exposée sur le théâtre international. "Comme souvent avec le Liban, les crises internes prennent une importance disproportionnée. Le Hezbollah est soutenu par l’Iran et la Syrie, tandis que les Etats-Unis, la France et l’Arabie saoudite soutiennent le gouvernement de M. Hariri", explique Nada Bakri, du New York Times.

D’ailleurs, selon le journal israélien Haaretz, "la démission collective du Hezbollah avait pour but de montrer à la Syrie les limites de son influence sur le mouvement et de lui dire que si elle voulait montrer à Washington qu’elle pouvait préserver la stabilité au Liban, le Hezbollah et l’Iran auraient le dernier mot ". Pour le journaliste Zvi Bar’el, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est celui qui détient les clés de la crise. "Peu enchanté de voir les relations entre la Syrie et Hariri se resserrer et craignant que cela ne ronge sa puissance, il veut maintenant remanier le gouvernement, avoir un nouveau premier ministre et briser la coalition", écrit-il.

De son côté, le président libanais, Michel Sleimane, a annoncé jeudi – après avoir chargé Saad Hariri de la gestion des affaires courantes – qu’il commencerait lundi les consultations avec les groupes parlementaires pour nommer un nouveau premier ministre. Mais Simon Salame, professeur de loi constitutionnelle libanais, rappelle au journal Now Lebanon qu’après les élections législatives de 2009, il avait fallu des mois pour qu’un accord soit trouvé sur un premier ministre.

UNE "NOUVELLE ESCALADE"

Les débats seront d’autant plus délicats que la coalition 14-Mars a rejeté tout compromis sur le TSL alors que, de son côté, le Hezbollah, qui accuse le TSL d’être "à la solde d’Israël et des Etats-Unis", fait pression sur Saad Hariri pour qu’il désavoue le tribunal.

Selon Sahar Atrache, analyste à Beyrouth pour l’International Crisis Group, cité dans le même article de Now Lebanon, cette action du Hezbollah est une réponse à la politique mené par Saad Hariri qui "essayait de gagner du temps" en attendant les conclusions du TSL. "Ces démissions sont une nouvelle manière de gérer cette impasse. C’est une nouvelle escalade."

La différence, note la journaliste du New York Times, est que, "alors que l’administration de George W. Bush soutenait ardemment M. Hariri et ses alliés, M. Obama n’a pas promis un soutien aussi large".

Source: LeMonde.fr

Le Hezbollah fait tomber le gouvernement libanais

13 janvier 2011 Poster un commentaire

12/01/2011 | Mise à jour : 20:44 – Par Sibylle Rizk

Réunis autour du ministre de l'Energie, Gebran Bassil, les membres du gouvernement Harari issus du Hezbollah et de ses partis alliés ont annoncé leur démission lors d'une conférence de presse, ce mercredi à Beyrouth. (Crédits photo: Sharif Karim/Reuters)

Les tensions autour de l’enquête sur l’assassinat du premier ministre Rafic Hariri, en 2005, ont eu raison d’un attelage instable.

 

Le gouvernement de Saad Hariri est tombé ce mercredi, avec la démission collective de onze ministres emmenés par le Hezbollah, au lendemain de l’échec des tentatives de conciliation syro-saoudiennes qui duraient depuis des mois.

Formé fin 2009, ce cabinet d’union nationale est le théâtre de confrontations sur la quasi-totalité des dossiers. Dans les faits, il était paralysé depuis plusieurs semaines déjà, le Conseil des ministres ne se réunissant plus.

Ce sont les positions irréconciliables du Hezbollah et de ses alliés d’un côté, celles de Saad Hariri de l’autre, à propos du Tribunal spécial pour le Liban qui ont accéléré la chute. L’acte d’accusation émanant de ce tribunal -chargé de juger les auteurs de l’attentat qui a tué l’ex-premier ministre Rafic Hariri en février 2005- est attendu incessamment, d’ici à la fin janvier, dit-on de source diplomatique. Le procureur Daniel Bellemare s’apprêterait à mettre en cause des membres du Hezbollah, selon de nombreuses fuites concordantes.

Confronté à cette perspective, le «Parti de Dieu» a appelé au boycott du tribunal, affirmant qu’il est un instrument aux mains des États-Unis, et que ses accusations ne sont pas crédibles car fondées, selon lui, sur de faux témoignages ainsi que des données émanant du réseau libanais de télécommunications, «contrôlé» par l’espionnage israélien.

Consultations avec Obama et Sarkozy

Le spectre d’une flambée de violences interconfessionnelles opposant partisans chiites du Hezbollah et partisans sunnites de Hariri a amené le roi Abdallah d’Arabie saoudite et le président syrien Bachar el-Assad à se réunir fin juillet dernier à Beyrouth pour se poser en garants de la stabilité libanaise.

La médiation syro-saoudienne a cherché par tous les moyens à forger un compromis. Mais son échec a été finalement entériné en début de semaine. Les explications divergent à Beyrouth quant aux raisons de cette impasse, chaque camp en rejetant la faute sur l’autre.

«Les deux pans du compromis en discussion étaient en fait respectivement inacceptables pour chacune des parties», explique-t-on de source diplomatique.

«Les Saoudiens se sont engagés à obtenir des résultats, mais ils ont finalement jeté l’éponge, Saad Hariri refusant certaines concessions. Les États-Unis, en particulier, ont fait pression pour bloquer tout cadeau éventuel à l’Iran, principal allié du Hezbollah, avant la reprise des discussions sur le nucléaire iranien fin janvier», analyse un proche du premier ministre.

D’un côté, Saad Hariri était invité à passer outre ses sentiments filiaux et à torpiller le tribunal en désolidarisant le Liban de cette institution judiciaire mixte, créée au titre du chapitre 7 de la charte de l’ONU -qui lui donne une force obligatoire. De l’autre, le premier ministre réclamait des garanties pour pouvoir exercer son autorité sur la politique libanaise- en clair, de revenir sur le droit de veto accordé au Hezbollah et ses alliés au niveau du pouvoir exécutif.

C’est justement en vertu de ce droit, consacré par l’accord interlibanais de Doha en mai 2008, que le Hezbollah et ses alliés ont pu ce mercredi signer la mort du gouvernement (ralliant à leur cause un ministre théoriquement neutre). Ils ont fait coïncider symboliquement leur retrait avec le début de la rencontre entre Saad Hariri et Barack Obama à Washington. Dans la foulée, M. Hariri s’est envolé ce mercredi soir pour Paris, où il doit s’entretenir ce jeudi avec Nicolas Sarkozy.

Une nouvelle crise institutionnelle s’ouvre au Liban, dont personne n’est en mesure de prédire à ce stade la durée ou les contours. Débarrassé en 2005 de la tutelle syrienne, qui avait été consacrée après la guerre de 1975-1990, en vertu d’un parrainage américano-saoudien, le Liban vit depuis six ans dans l’instabilité chronique, liée à l’incapacité des forces politiques libanaises -et de leurs alliés régionaux et internationaux respectifs- à trouver un nouveau modus vivendi.

Une crise liée au Tribunal international

10 juin 2007. Création du Tribunal spécial pour le Liban pour juger les auteurs de l’attentat qui a tué l’ex-premier ministre libanais Rafic Hariri le 14 février 2005.

21 mai 2008. Un accord est conclu à Doha pour mettre fin à près de deux ans de crise provoquée par la démission de six ministres chiites du gouvernement de Fouad Siniora et la vacance de la présidence de la République à l’issue du mandat d’Émile Lahoud. Michel Sleiman est élu président, un gouvernement d’union nationale est formé, dans lequel le Hezbollah et ses alliés ont un droit de veto.

9 novembre 2009. Malgré la victoire de son camp aux législatives de juin, Saad Hariri, fils de Rafic, est contraint de former un gouvernement d’union.

22 juillet 2010. Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah dit s’attendre à ce que des membres du Hezbollah soient accusés par le TSL. Il réclame ensuite le boycott du tribunal.

29 au 29 juillet 2010. Sommet syro-saoudien à Beyrouth et début d’une médiation entre Damas et Ryad pour amener leurs alliés libanais respectifs à un compromis.

9 décembre 2010. Le greffier du TSL annonce qu’un acte d’accusation va être présenté «très, très bientôt». Les tractations syro-saoudiennes reprennent de plus belle, pour finalement échouer.

LIRE AUSSI :
» Georges Ibrahim Abdallah : la mise en garde du Hezbollah à la France
» Assassinat de Hariri : les scénarios de la crise qui s’annonce
» Le Syrien Assad et le roi d’Arabie au chevet du Liban
» Assassinat d’Hariri : que veut le Hezbollah avant les inculpations ?

Source: Le Figaro.

Marécages

9 janvier 2011 Poster un commentaire

08/01/2011, Par Ziyad Makhoul

Première semaine de 2011. En dents de scie.

Impressionnante est la faculté de ce pays, toutes composantes confondues, à dynamiter dans ses moindres recoins le concept d’évolution. L’avortement est quasi immédiat, spontané : si par le plus pur des hasards un changement, miraculeusement, pointait le bout de son nez, qu’il commençait à balbutier, qu’un peuple se surprenait, tout frémissant, à espérer, hop, on l’explosait dans l’œuf. Ou bien implosait-il, faute de (bonnes) volontés. L’histoire a beau être ce bon vieil éternel recommencement, au Liban, elle finit par ne ressembler qu’à une miteuse peau de chagrin.

La nouvelle année commence exactement comme la précédente s’était terminée. Pire encore, parce qu’en ce pays, on ne stagne même plus – si seulement : janvier 2011 ressemble déjà furieusement à janvier 2008. Les tentes qui, il y a trois ans, pullulaient et polluaient ce all man’s land absolument sacré qu’est le centre de la Cité, ces tentes sont revenues ; elles sont bel et bien là, solidement amarrées, et si elles ne sont pas encore visibles, elles sont extrêmement efficaces : le Conseil des ministres est au chômage technique, le Parlement ne s’est pas réuni en séance plénière depuis des lustres (les promesses gasconnes de Nabih Berry valant ce qu’elles valent…) et le chef de l’État n’arrive même pas à exercer une de ses rares réelles prérogatives, à savoir imposer un nouveau round de la table de dialogue, aussi folklorique et oiseuse soit-elle.

À l’ombre de ces tentes virtuelles jusqu’à nouvel ordre (iranien), un néo-Doha, tout aussi métaphorique, se cuisine depuis des semaines pour prévenir et empêcher (c’est ce qui se dit officiellement…) la réédition de mai 2008 que provoquerait la publication de l’acte d’accusation du Tribunal spécial pour le Liban – laquelle publication, il faut le dire, devient aussi attendue qu’une interview en mondovision de l’époque d’une Greta Garbo percluse de caprices.

Les fourneaux ont beau être syro-saoudiens et non plus qataris cette fois, Saad Hariri a beau multiplier ses sauts de puce à New York au chevet du convalescent Abdallah d’Arabie, Washington a beau agiter en même temps, avec une étonnante dextérité, carottes et bâtons à l’adresse de Damas et de Téhéran qui boudent, menacent puis minaudent comme les plus consommées des bimbos, le fait est là : c’est sans aucun doute un Doha II. On ne stagnait plus pour mieux reculer certes, sauf que désormais, c’est littéralement que l’on s’embourbe – et pas n’importe où : dans les cloaques pas si lointains de l’Anschluss syrien, lorsqu’aucune solution libano-libanaise n’était souhaitée, tolérée ou admise.

Et à l’exception de quelques voix qui continuent de s’époumoner dans un désert d’indifférence, cet état de fait ne dérange pas grand monde. Le problème est d’ailleurs bien plus retors que cela : ceux qui appellent infatigablement leurs compatriotes à se transcender pour accoucher d’un règlement 100 % local et s’éviter ainsi les écarlates stigmates d’un piteux (et énième) assistanat savent pourtant que ce serait là une gigantesque naïveté : depuis quand les Libanais ont-ils réussi seuls et armés, tous, de cette évidence que cheikh Mohammad Mehdi Chamseddine semble avoir emmenée avec lui : que leur pays est une patrie définitive, depuis quand ont-ils réussi à s’autogérer, à tous les niveaux ?

Très étrangement, s’ils l’avaient voulu, ces Libanais auraient pu profiter de l’hyperonusien TSL pour commencer cette longue œuvre au blanc ; profiter de l’affaire du siècle, l’assassinat de Rafic Hariri, pour apprendre à organiser ensemble leur être-au-monde, avec toutes leurs différences et leurs rares et petits dénominateurs communs, et sans ingérences extérieures, quelles que soient leur nature ou leur forme. Cela aurait été certainement plus aisé si la victime de l’attentat du 14 février 2005 n’avait pas été sunnite et si les suspects présumés toujours virtuels n’avaient pas appartenu à une formation chiito-chiite, et pourtant, rien ne garantit que dans ce cas-là, les Libanais auraient voulu amorcer la plus nécessaire de ces (r)évolutions qu’on leur interdit ou qu’ils s’interdisent : l’autogestion….

L’année 2010 s’était pourtant achevée sur une belle initiative, concoctée par Samir Frangié et le 14 Mars et d’inspiration sud-africaine post-apartheid : le Rassemblement pour la justice et la réconciliation – une espèce de Liban arc-en-ciel à l’image de ce que Nelson Mandela et Desmond Tutu avaient voulu pour leur patrie qui s’était férocement déchiquetée et que l’on avait espéré dans ces mêmes colonnes depuis avril 2005…

Cette initiative aurait été le terreau idéal : rien n’est plus urgent, aujourd’hui, que ces deux concepts, justice et réconciliation, seuls à même d’assurer au Liban sa stabilité plus que bancale et de catalyser la construction de son avenir. Rien. Sauf qu’avant cela, il s’agit pour le Hezbollah non seulement d’accepter que justice se fasse, mais de se réconcilier d’abord avec lui-même. De cesser donc d’écouter le CPL et son chef.

Une résolution, aussi utopique soit-elle, que l’année 2011 et la quasi-totalité de la communauté chiite accueilleraient sûrement avec plaisir et soulagement.

Source: L’Orient Le Jour

Aux bons soins d’un accord syro-saoudien

9 janvier 2011 Poster un commentaire

Dans l’attente des résultats de l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, les spéculations vont bon train. Des consultations syro-saoudiennes sont aussi en cours pour éviter une guerre civile liée à l’acte d’accusation.

05.01.2011 – The Daily Star

Des affiches rendent hommage à Rafic Hariri, assassiné le 14 février 2005, Beyrouth, février 2008

L’initiative syro-saoudienne est comme l’abominable homme des neiges. Certains disent l’avoir vu et peuvent même la décrire. Mais lorsqu’on se rend dans les terres gelées où la créature aurait été aperçue pour la dernière fois, on ne voit que de la neige, rien d’autre. On entend ici et là des petites phrases utiles. Selon une source diplomatique arabe, Damas et Riyad négocient un accord global sur le Tribunal spécial pour le Liban chargé de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Cet accord pourrait inclure un changement de gouvernement avec le même Premier ministre, Saad Hariri, et une refonte des appareils sécuritaire et judiciaire du Liban.

L’élément le plus parlant est le dernier, à savoir la réorganisation des services de la sécurité et de la justice. Le fait est que tous les changements concernant l’armée et les principaux organes de sécurité – les postes de commandement de l’armée et du renseignement militaire ainsi que la direction de la sécurité générale, de la sécurité aéroportuaire, etc. – affecteraient principalement des proches du Hezbollah [parti chiite allié de l'Iran]. Et pour que la Syrie et l’Arabie saoudite retirent quelque chose au Hezbollah, il faudrait que l’Iran donne préalablement son approbation.

En public, les porte-parole libanais prosyriens donnent une lecture légèrement différente de la situation. Ils concèdent qu’un remaniement gouvernemental est dans l’air, mais ils n’admettent aucune divergence avec le Hezbollah. Ils laissent entendre que le contexte politique est favorable à la Syrie et au Hezbollah, et que le gouvernement, les services de sécurité et d’autres organismes publics doivent refléter cette tendance. Certains vont jusqu’à suggérer qu’une refonte radicale du système politique libanais est nécessaire pour conférer davantage de pouvoir à la communauté chiite. Mais de telles idées ne font pas un accord syro-saoudien. Quelles que soient les propositions acceptées par Damas et Riyad, elles devront obtenir, non seulement l’approbation de l’Iran, mais également celle des Etats-Unis.

Le président syrien, Bachar El-Assad, est engagé dans un délicat exercice d’équilibriste. Il peut tirer profit des tensions irano-saoudiennes mais doit veiller à ne pas s’aliéner l’une ou l’autre partie. Il souhaite compromettre la légitimité du tribunal spécial, car il ne veut pas que ce dernier affaiblisse le Hezbollah ou mette en cause les responsables syriens. Mais il ne peut pas laisser le Hezbollah humilier M. Hariri comme il l’a fait en mai 2008 [le Hezbollah avait pris par la force le contrôle de Beyrouth], sachant que cela nuirait à ses relations avec les Saoudiens et renforcerait la position de l’Iran en tant qu’acteur dominant de Beyrouth.

Il y aussi les Etats-Unis. Syriens et Saoudiens ne doivent pas seulement prendre en considération la manière dont l’Iran perçoit leurs pourparlers, mais aussi celle dont Washington va réagir. Le président El-Assad doit rétablir des liens avec Washington s’il veut avoir d’autres options que son alliance fructueuse, mais souvent humiliante et contraignante, avec l’Iran. Et il doit également se protéger contre les Israéliens, dans l’éventualité où ces derniers verraient le Hezbollah comme une menace stratégique, ce qui déclencherait au Liban une guerre dans laquelle la Syrie serait impliquée.

Si, pour défendre le Hezbollah, le président El-Assad s’en prend trop au tribunal, les Etats-Unis et Israël vont commencer à grincer des dents. Washington n’est pas prêt à renoncer à une institution qui pourrait prochainement accuser le Hezbollah (ce qui ne veut pas dire que les Américains manipulent le tribunal). De son côté, Israël ne verra pas d’un bon œil des mesures libanaises qui, en protégeant le Hezbollah d’un procès, renforcerait implicitement son pouvoir militaire, et par suite celui de l’Iran.

Voilà le contexte terriblement complexe dans lequel se déroulent les pourparlers syro-saoudiens, et c’est pourquoi il ne faut pas trop s’attendre à une solution dans un avenir proche. Ces pourparlers mettent en présence deux pays qui ont une influence importante sur les affaires libanaises mais pas forcément le dernier mot. Quelles que soient les décisions auxquelles ils parviendront, il leur restera des obstacles à surmonter et la tâche ne sera pas facile.

Source: Courrier International.

Grenade contre le domicile de Fayçal Omar Karamé à Tripoli

3 janvier 2011 Poster un commentaire

03/01/2011

Le domicile du fils de l’ancien Premier ministre Omar Karamé, Fayçal, à Tripoli a été la cible d’une grenade à main dans la nuit de samedi à dimanche.

Dimanche vers 1 heure du matin, des inconnus ont lancé une grenade à main en direction du domicile du fils de l’ancien Premier ministre Omar Karamé, Fayçal, dans le quartier de Maarad. La grenade a fait deux blessés légers, Salah Issa et Mohammad Habib, rattachés à la garde de M. Karamé. Ils ont été transportés à l’Hôpital islamique. La grenade a occasionné des dégâts matériels, notamment dans le véhicule de M. Karamé.
Au cours de la journée d’hier, MM. Omar et Fayçal Karamé ont tenu une conférence de presse conjointe.
Prenant la parole, l’ancien Premier ministre s’est voulu rassurant, indiquant que « les services de sécurité sont capables d’endiguer toute tentative susceptible de provoquer des débordements ». « Nous misons, a-t-il ajouté, sur les capacités des forces de l’ordre. » Il a révélé que, dix jours plus tôt, des inconnus à bord d’une voiture avaient procédé à des tirs en l’air devant le domicile de son fils. « Nous n’avions pas pris l’affaire au sérieux », a-t-il poursuivi.
M. Karamé a indiqué également que « les caméras de surveillance ont pu filmer ce qui s’est passé et que le film est actuellement entre les mains des forces de l’ordre, qui nous ont promis des résultats d’ici à 48 heures ». Il a aussi refusé d’accuser une quelconque partie de l’incident.
Pour sa part, Fayçal Karamé a souligné que « personne ne peut semer la zizanie à Tripoli », notant que cet acte « est d’ordre politique ».
L’incident de Tripoli a provoqué une série d’indignations.
Le président de la République, Michel Sleiman, le Premier ministre Saad Hariri ainsi que le président du Parlement Nabih Berry sont entrés en contact avec l’ancien chef de gouvernement pour condamner l’agression contre le domicile de son fils.
M. Karamé a notamment reçu des appels téléphoniques des anciens Premiers ministres Fouad Siniora et Sélim Hoss, des ministres Ziyad Baroud, Ghazi Aridi, Boutros Harb, du député Tammam Salam, de l’ambassadeur d’Arabie saoudite Ali Ousseiri, du directeur général des FSI, le général Achraf Rifi, et du chef des services de renseignements des FSI, le général Wissam Hassan.
Plusieurs personnalités se sont également rendues auprès de l’ancien Premier ministre, notamment le député Samir Jisr ainsi que divers notables et délégations de Tripoli et du Liban-Nord.
Accompagné d’une délégation tripolitaine, le secrétaire général du Courant du futur, Nader Hariri, s’est rendu au domicile de Fayçal Karamé. « Nous sommes venus nous enquérir de la santé de Fayçal Karamé », a expliqué M. Hariri.
Source: L’Orient Le Jour

Face à l’arrogance du Hezbollah…

13 décembre 2010 Poster un commentaire

Par Michel HAJJI GEORGIOU | 13/12/2010 – L’Orient Le Jour

Le serment de Gebran Tuéni résume en lui toute la symbolique de l’instant historique de réconciliation représenté par la journée du 14 mars 2005.

Le serment de Gebran Tuéni résume en lui toute la symbolique de l’instant historique de réconciliation représenté par la journée du 14 mars 2005.

Feuille de route Un groupe d’une centaine de cadres et d’intellectuels, qui représentent quelque part la fibre civile qui a vibré tout au long de l’intifada de l’indépendance, vient de lancer, mardi dernier, le Rassemblement pour la justice et la réconciliation (RJR). « Justice et réconciliation », proposent-ils, aux antipodes du discours incendiaire tenu depuis quelques jours par un Hezbollah paniqué, qui cherche inlassablement à faire passer les bourreaux pour des victimes et vice versa – comment sinon expliquer cet acharnement particulier contre les survivants, Marwan Hamadé, May Chidiac ou Élias Murr, uniquement coupables de n’avoir pas succombé, sinon contre les morts, dont la mémoire est salie au quotidien par certains pôles et certains organes médiatiques du 8 Mars.
Mais qu’on ne s’y trompe guère : il ne s’agit pas, ici, de se « réconcilier », stricto sensu, avec ceux qui pourraient être mis en cause par la justice, quels qu’ils soient, régime syrien ou Hezbollah. Il est vrai que Ghassan Tuéni avait déjà appelé à « enterrer la haine et la vengeance », au lendemain de l’assassinat, le 12 décembre 2005, de son fils Gebran, symbole du courage et de la liberté face à la terreur et au totalitarisme.
Mais de « haine » et de « vengeance », pas l’ombre d’une trace dans le discours des forces du 14 Mars. Tous s’en remettent à la justice internationale, acceptant d’ores et déjà son verdict, quel qu’il soit. La loi tribale, ainsi que le discours assoiffé de « haine » et de « vengeance », c’est le Hezbollah qui continue à s’y référer en permanence. Ne serait-ce, à titre d’exemple, que lorsqu’il évoque Saad Hariri en termes de « waliy el-damm », le « dépositaire du sang », avec qui il serait donc légitime, dans la plus pure conception tribale, de conclure un marché pour « enterrer la justice » à travers un compromis vaseux.
Le Hezbollah occulte – dans une volonté manifeste de faire oublier aux Libanais tout ce que l’intifada de l’indépendance a représenté – le fait que c’est un peuple tout entier qui s’est mobilisé le 14 mars 2005, puis périodiquement depuis, pour réclamer la vérité et la justice. C’est cette constituante, formée de l’opinion publique du 14 Mars, qui est dépositaire du sang de ceux qui sont tombés dans ses rangs ; et elle rejette catégoriquement tout compromis éventuel qui pourrait tuer encore une fois ses symboles tombés courageusement sur le front de la lutte pour la liberté, la vérité, la souveraineté, l’indépendance, la justice, le droit et la renaissance de l’unité nationale. Or, ce compromis que le Hezbollah recherche désespérément pour saboter définitivement le TSL sera celui qui ouvrira véritablement la voie, dût-il exister un jour, à la haine et la vengeance, puisqu’il empêchera tout travail de deuil, tout apaisement de la colère des victimes, qui n’ont de cesse de réprimer leur douleur et de la contenir face à l’arrogance et à la condescendance des discours actuels du Hezbollah. Un tel compromis empêcherait aussi, et surtout, toute application future de la justice, cette dernière devenant désormais inféodée à jamais à la toute-puissance du Hezbollah et de son arsenal divin.

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Koweït: un avocat koweïtien intente un procès au Premier ministre libanais

29 novembre 2010 Poster un commentaire

KOWEIT – Un avocat koweïtien connu pour défendre des activistes islamistes a annoncé dimanche avoir intenté un procès au Premier ministre libanais et au ministre libanais de l’Intérieur pour détention illégale et maltraitance.

Dans une déclaration à l’AFP, Oussama al-Mounawer a affirmé qu’il réclamait des dédommagements pour sa "détention illégale" au Liban l’an dernier.

"J’ai intenté aujourd’hui un procès contre le Premier ministre libanais (Saad Hariri) et le ministre de l’Intérieur (Ziad Baroud) pour avoir été illégalement détenu et maltraité à Beyrouth", a-t-il déclaré à l’AFP.

Il a précisé qu’il avait été arrêté et interrogé par plusieurs organes de police et de renseignement pendant deux jours en juillet 2009, après son arrivée au Liban.

Un haut responsable des services de sécurité au Liban a indiqué à l’AFP que M. Mounawer avait été arrêté à l’aéroport international de Beyrouth le 26 juillet 2009 à son arrivée d’Allemagne.

Il a été détenu à la suite d’un mandat d’arrêt émis par un juge libanais à la demande de l’armée pour l’interroger.

"Il a été remis à la police militaire pour être interrogé car il est soupçonné de liens avec une organisation proche d’Al-Qaïda", a dit le responsable, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

L’avocat koweïtien, qui a défendu des islamistes accusés de liens avec Al-Qaïda, a indiqué que les enquêteurs lui avaient "demandé des informations au sujet de ses (anciens) clients, et ont dit qu’ils agissaient à la demande des autorités koweïtiennes".

Il a affirmé avoir été détenu dans des cellules exiguës avec plusieurs prisonniers.

M. Mounawer a indiqué qu’un tribunal koweïtien allait entamer le 20 janvier l’examen du cas.

L’avocat a ajouté qu’il avait également l’intention de porter l’affaire devant des tribunaux européens, la justice koweïtienne n’ayant pas de compétence sur les officiels libanais.

(©AFP / 28 novembre 2010 22h14) Source: Normandie News

Le Premier ministre libanais Saad Hariri en visite "historique" en Iran

27 novembre 2010 Poster un commentaire
Saad Hariri à Kwashra, au Liban, le 24 novembre 2010

Saad Hariri à Kwashra, au Liban, le 24 novembre 2010

De Laurent MAILLARD (AFP) – Il y a 2 heures

TEHERAN — Le Premier ministre libanais Saad Hariri a entamé samedi une première visite officielle "historique" en Iran, destinée à poursuivre une normalisation des relations entre les deux pays dans un contexte de forte tension politique au Liban.

Lors de sa visite de trois jours, M. Hariri rencontrera notamment le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, un mois après une visite de ce dernier au Liban où il avait été accueilli en héros par les partisans du mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran.

La visite de M. Hariri est "historique et très importante", a estimé l’ambassadeur d’Iran à Beyrouth cité samedi par l’agence officielle Irna.

Elle intervient en pleine crise politique au Liban, où un bras de fer oppose M. Hariri au Hezbollah au sujet du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) créé par l’ONU pour enquêter sur l’assassinat en 2005 à Beyrouth de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, père de Saad.

Le puissant mouvement chiite dément toute implication dans l’assassinat, mais a dit s’attendre à ce que le TSL, à la "solde d’Israël" selon lui, publie un acte d’accusation mettant en cause des membres du parti.

Lire la suite…

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