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Articles Tagués ‘Samir Kassir’

Le Festival du printemps de Beyrouth, une 4e floraison prometteuse !

23/05/2012

Gisèle Khoury et Randa Asmar annonçant le programme à la presse.Photo Michel Sayegh

Gisèle Khoury et Randa Asmar annonçant le programme à la presse.

CONFÉRENCE DE PRESSE Du 3 au 9 juin, le Festival du printemps de Beyrouth essaimera son désormais traditionnel bouquet de manifestations culturelles de qualité.

C’est ce qu’ont annoncé Gisèle Khoury et Randa Asmar, qui ont tenu une conférence de presse à l’hôtel Riviera pour divulguer les rendez-vous de cette 4e édition du Festival à la programmation, comme toujours, pluridisciplinaire et gratuite. Des spectacles, disséminés dans plusieurs salles et théâtres de la capitale et qui de la danse contemporaine aux chansons patriotiques libanaises, en passant par le théâtre, les musiques du monde, l’électro-fusion soufi et le hip-hop ainsi qu’une conférence, sont dédiés à la mémoire de Samir Kassir et à son héritage intellectuel et humain, dont ce festival se veut le porteur.

Rappelons que ce festival, institué en 2009, est baptisé «Printemps de Beyrouth» du titre de l’un des derniers articles écrits par Samir Kassir. Il a vu le jour grâce au soutien d’amis et de nombreux sponsors, mais surtout de la société civile libanaise.

En voici le programme :  Lire la suite…

Du despotisme… et du printemps arabe

Par Ziad MAJED | 25/03/2012

L’ORIENT LITTÉRAIRE Partant d’une fable qui traite de certains instruments du despotisme, Ziad Majed – qui dédie ce texte à Samir Kassir – déconstruit les principes de la tyrannie. Une déconstruction qui a commencé en Tunisie et en Égypte.

Dans une de ses nouvelles, Les tigres au dixième jour, l’écrivain syrien Zakaria Tamer raconte comment un dompteur est parvenu, en présence de ses élèves, à dompter un tigre fier en dix jours. Le premier jour, il l’affame. Le deuxième jour, il le force à imiter les cris des animaux domestiques avant de lui donner à manger. Le troisième jour, il l’oblige à écouter ses discours et à l’applaudir même s’il n’en comprend rien… Au neuvième jour, le dompteur lui apporte une botte d’herbe. Alors, le tigre dit : « Qu’est-ce que tu m’apportes ?! Je suis carnivore ! » Le dompteur répond : « À partir d’aujourd’hui, tu ne mangeras que de l’herbe. » Le tigre sur le point de mourir de faim essaie d’en manger. Rebuté par son goût, il s’en éloigne dégoûté. Il revient tout de même peu après pour réessayer de manger, et s’habitue peu à peu à son goût. Au dixième jour, le dompteur disparaît, ses élèves, le tigre et la cage aussi. Le tigre se transforma alors en citoyen et la cage en ville.

Le résumé de la nouvelle en dit long sur une certaine condition politique dans la plupart des pays du monde arabe. Une condition qui est le fruit de décennies de despotisme.  Lire la suite…

Samir Frangié appelle à « achever la révolution de mars 2005 pour jeter les bases d’un Liban de paix »

26 janvier 2012 Laisser un commentaire
MM. Najjar et Audi remettant la médaille du prix Phénix 2011 à Samir Frangié, hier soir, au centre-ville.

MM. Najjar et Audi remettant la médaille du prix Phénix 2011 à Samir Frangié, hier soir, au centre-ville.

PRIX PHÉNIX 2011 C’est entouré de ses parents, amis et proches, pour cet hommage bien mérité – et depuis si longtemps ! – que Samir Frangié s’est vu décerner hier le prix Phénix 2011 de littérature pour son essai Voyage au bout de la violence, publié fin octobre par les éditions L’Orient des livres. La cérémonie de remise du prix – qui consiste en une médaille en or de la Monnaie de Paris, représentant Orphée, et un chèque d’une valeur de 2 000 euros – s’est déroulée dans la soirée d’hier au siège de la Bank Audi, au centre-ville, dans l’amphithéâtre situé à l’intérieur de cet imposant bâtiment. L’occasion pour un Samir Frangié critique de souligner que « la bataille de la paix ne peut pas être menée aujourd’hui par les forces politiques » traditionnelles actuelles. « C’est à nous, citoyens de ce pays, d’assumer nos responsabilités. Comment ? En redonnant vie à cette révolution que nous avons lancée un jour de mars 2005 (… ) et qui n’a pas été l’œuvre de partis politiques, mais de simples citoyens (…) », a-t-il martelé.

Le prix Phénix 2011 est décerné chaque année à un écrivain francophone par un jury présidé par l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf et composé de grandes plumes, comme Yann Queffélec, Paule Constant, Josyane Savigneau, Daniel Rondeau, Mouna Béchara, Lucien George, Vénus Khoury Ghata, Nicole Avril, Salah Stétié, Jean Lacouture et Jabbour Douaihy. Il a déjà récompensé, entre autres, des écrivains de talent comme Ghassan Salamé, Georges Corm, Dominique Eddé, Samir Kassir, Carole Dagher, Joseph Chami, Fady Stéphan, Charif Majdalani et Richard Millet.

Trois orateurs se sont succédé à la tribune durant cette cérémonie : le PDG de la Bank Audi et du groupe Audi Saradar, l’ancien ministre Raymond Audi, le rédacteur en chef de L’Orient Littéraire, l’écrivain Alexandre Najjar, et M. Frangié lui-même.  Lire la suite…

I love you habibi

13 décembre 2011 Laisser un commentaire

13/12/2011

« Il ne fait pas bon être Arabe de nos jours. Pourtant, la situation n’a pas toujours été aussi tragique. Comment en est-on arrivé là ? » Samir Kassir. « Considérations sur le malheur arabe ».

Beyrouth, quartier d’Achrafieh, un matin ensoleillé. Un centre commercial « open space » à moitié vide. Les vendeuses se liment les ongles ou rangent pour la énième fois la pile de pulls. Soupirs d’ennui. La journée sera longue. Le chaland semble paresseux en ce début de décembre un brin morose. Les sapins plantés papotent avec Flash McQueen. Les enseignes clignotent. La fausse neige fait partie de la fête. Le Père Noël s’est invité depuis plus d’un mois dans les rues de Beyrouth. Les petits mendiants dansent et se faufilent entre les voitures. Aucun changement visible pour eux. Une petite blonde assise sur le bord du trottoir compte ses pièces. Un autre insiste pour nettoyer un pare-brise et se fait licencier illico presto par un doigt assuré. Ils se regroupent dans un coin et se tapotent comme pour se consoler de cette vie qu’ils n’ont pas choisie. Je pense à mes petits sur leurs bancs d’école. À leurs caprices parfois. À leurs cris. À la lettre écrite au Père Noël avec des étoiles plein les yeux. À l’abondance obscène de nos sociétés. À son indifférence. À nos bulles ouatées si maternelles. Vivre et survivre à la misère qui nous encercle. Otages malgré nous. Une vieillarde tape à ma vitre. Une main tendue. Coupable, je lui donne quelques billets froissés. Je ne croise pas son regard. Je ne veux pas plonger dans sa détresse qui l’a poussée à arpenter le bitume. Lire dans les sillons de ses rides. Voler un peu de sa triste vie. Une vendeuse vient m’extraire de mes pensées. Elle me propose des cartes « originales ». I love u ktir ktir ktir ou I love u habibi, ou encore habibi toi luv u sooo much. Le Liban aux trois langues. Je demande I love u habibti. Je suis désolée, nous n’avons pas de habibti. C’est un terme arabe utilisé dans les pays du Golfe. J’hésite entre l’éclat de rire ou l’explosion de colère. Je choisis de ruminer devant le tourniquet. L’adrénaline monte. Impossible de la contrôler. Absurdité inacceptable. J’achète finalement deux cartes. Mabrouk, it’s a boy. Elle insiste. Habibi c’est à la fois masculin et féminin. C’est du libanais. Ce n’est pas de l’arabe. Je me fâche. Vous devriez être fière d’être arabe. Je suis libanaise et fière de l’être. Mais qui êtes-vous et d’où venez-vous, me demande-t-elle intriguée par cette agression. Elle ne le saura pas. Je n’ai pas envie de lui dire. Paralysée d’avoir eu honte d’être arabe pendant si longtemps…

Tahani Khalil GHEMATI, Architecte libyenne

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Hamzah, 13 ans, “juste un peu tué”, selon Fifi Abou Dib

Par Tahar Ben Jelloun, écrivain et poète | 12/06/2011

L'âme d'Hamza, frêle et légère, plane au-dessus des manifestants. On dit qu'elle ira au paradis. L'enfer est sur Terre, dans tant de pays arabes dont les dirigeants s'accrochent au pouvoir avec une pathologie pathétique.

L'âme d'Hamza, frêle et légère, plane au-dessus des manifestants. On dit qu'elle ira au paradis. L'enfer est sur Terre, dans tant de pays arabes dont les dirigeants s'accrochent au pouvoir avec une pathologie pathétique.

Publications Ce qui fait l’homme, c’est la lumière” (Victor Hugo). Hamzah Al-Khatib fut un homme à 13 ans. Il est mort emportant avec lui cette part de lumière que donnent le courage et la dignité. Comme l’écrit l’éditorialiste Fifi Abou Dib dans le quotidien libanais L’Orient-Le Jour (2 juin 2011), “pour la Syrie, Hamza n’a pas été torturé. On l’a juste un peu tué”. Article publié par Le Monde.fr, écrit par Tahar Ben Jelloun•

Arrêté le 29 avril à Deraa pour avoir chanté “A bas le régime !”, il fut torturé, reçut des décharges électriques, fut brûlé aux pieds, aux coudes et aux genoux ; on lui a coupé le sexe, lacéré le visage et achevé ensuite par trois balles, dont l’une en pleine poitrine. Il fut rendu le 31 mai à sa famille. En même temps, le père a été arrêté et obligé d’accuser publiquement les salafistes d’avoir martyrisé son fils. Le corps devenu violet était en décomposition, mais les traces de torture étaient visibles. Ceux qui ont fait ça sont des rats, même pas des loups, simplement des rats charognards et hallucinés. Leurs nuits seront peuplées de fantômes d’enfants, aussi légers que des papillons se cognant contre la lumière d’une vitre. Je suis sûr qu’ils dorment bien et font des rêves. La brutalité criminelle conserve et ouvre des perspectives pour de nouvelles séances de torture et de mort. Ils ont été élevés dans le jus nauséabond du parti Baas, l’idéologie totalitaire du régime. Lire la suite…

Ziad Majed à « L’OLJ » : Après la Tunisie et l’Égypte, je ne peux que penser à Samir Kassir, martyr du printemps arabe

14 février 2011 Laisser un commentaire

Par Michel HAJJI GEORGIOU | 14/02/2011

Ziad Majed, à droite sur la photo, aux côtés de son ami Samir Kassir, le 28 février 2005. - Ziad Majed, à droite sur la photo, aux côtés de son ami Samir Kassir, le 28 février 2005.

Ziad Majed, à droite sur la photo, aux côtés de son ami Samir Kassir, le 28 février 2005.

Interview

Les soulèvements populaires en Égypte et en Tunisie, qui ont débouché sur des bouleversements drastiques, provoquant la chute des présidents en exercice, sont, à n’en point douter, une source de profonde réflexion pour nombre d’intellectuels libanais et arabes. Politologue et auteur de plusieurs articles et études sur le Liban et la région, Ziad Majed analyse, dans une interview accordée à L’Orient-Le Jour, la portée historique et sociopolitique des deux révolutions blanches en Égypte et en Tunisie, et leur possible impact sur la région. Il évoque à cette occasion le souvenir de Samir Kassir, qui appelait dans la foulée de l’intifada de l’indépendance de 2005 à Beyrouth à l’extension du phénomène de la révolution du Cèdre dans le monde arabe et qui, à ce titre, a été en quelque sorte le précurseur des mouvements de contestation populaire dont le monde arabe est le théâtre aujourd’hui.

« La révolution formidable dans le plus grand pays arabe et méditerranéen, la destruction, par la détermination, le courage et l’humour, du mur de la peur et du despotisme en Égypte aura certainement des conséquences à moyen et long terme partout dans la région, souligne d’emblée Ziad Majed. Nous sommes devant un phénomène irréversible dans la relation entre les citoyens et la chose publique. Même si le processus politique sera très compliqué, rien ne sera plus jamais comme avant le 11 février 2011. »

« Par ailleurs, je ne peux que penser aujourd’hui à Samir Kassir, martyr du printemps arabe, qui voyait déjà ses bourgeons après notre soulèvement libanais en mars 2005, soulèvement étouffé au lendemain de sa naissance par les assassinats, les voitures piégées et la médiocrité d’une grande partie de l’élite politique », relève fort à propos Ziad Majed qui ajoute aussi dans ce cadre : « Je ne peux que penser à Omar Amiralay et au vent de liberté qu’il attendait à Damas, à Nasr Hamed Abou Zeid et à tous ces intellectuels et ces hommes et femmes qui se sont battus tout au long de leur vie pour une renaissance culturelle, pour une dignité retrouvée, pour une fierté qui remplacera notre malheur arabe, du Caire à Damas, à Beyrouth et à toutes nos cités. »

Dans l’immédiat, et d’une manière concrète, quelle lecture peut-on faire des derniers événements en Égypte et en Tunisie et de leurs conséquences à plus ou moins moyen terme ? « Tirer des leçons de ce qui se passe en Tunisie et en Égypte exige plus de temps, surtout si nous voulons faire la distinction entre les deux expériences et comparer leurs causes et leurs formes, déclare Ziad Majed. De même, parler de leurs conséquences exige un peu plus de recul, d’autant que les processus politiques seront épineux et pourraient faire face à de nombreux détours dans les jours et mois à venir. »

« Il reste qu’une première lecture de ces deux événements majeurs peut nous mener à plusieurs observations, souligne Ziad Majed. D’abord, le lancement de ces mouvements a accompagné une charge émotive (le jeune Bou’azizi qui s’est immolé en Tunisie, et les jeunes confrontant la police suite à la mort d’un des leurs sous la torture) qui a permis de briser les contraintes de l’autocensure et de libérer l’individu et la société du poids symbolique des institutions autoritaires, pour briser le mur de la peur et affronter le despotisme. C’est ce bannissement de la peur qui pousse l’expression de la colère, accumulée au fil des années ou des décennies, à ses limites maximales dans un moment de confrontation, pour se venger de décennies d’oppression. Les manifestants se sont approprié les places publiques, qui étaient auparavant monopolisées pour les célébrations des deux régimes pour vanter ce qu’ils appelaient les réalisations, sans compter l’installation des affiches soulignant l’allégeance aux régimes. C’est cela qui a brisé l’influence des deux systèmes et a établi, pour la première fois depuis longtemps, un pont entre espaces publics et privés, reconstruisant les liens sociaux et politiques que les régimes avaient brisés. Les photos des deux présidents ont été brûlées : c’est le meurtre symbolique du dictateur – l’omniprésence des affiches dans les différentes places, portraits géants en signe d’intimidation pour que les citoyens se sentent toujours observés. En effet, les despotes se considèrent comme des divinités incarnant la symbolique de la paternité et du leadership bien rassurant et apprécié… »

Ziad Majed relève en outre que « les gens ont montré qu’ils sont capables de tenir dans les rues et de persévérer, en refusant de mettre fin à la quête de leurs objectifs tant qu’ils estiment qu’il y a une ouverture à l’horizon. Ils résistent aussi longtemps qu’ils perçoivent que le mécanisme de la répression a perdu pied, ou que la machine n’est plus en mesure d’exercer sa violence oppressive, étant donné la présence populaire massive ».

Sur les causes des derniers soulèvements populaires en Égypte et en Tunisie, Ziad Majed souligne que « les conditions de vie misérables des personnes, l’étouffement de la liberté d’expression, la corruption rampante et la visibilité ostentatoire des richesses ont la capacité de mobiliser ». « Dans une certaine mesure, cela a été sous-estimé par les acteurs politiques, plus préoccupés par les questions juridiques ou celles liées à la politique étrangère », ajoute-t-il.

Comparaison avec d’autres pays arabes

Le succès des soulèvements en Égypte et en Tunisie pourrait-il provoquer un effet boule de neige dans le monde arabe, et dans quelle mesure est-il possible de faire une comparaison entre un cas et l’autre ? Ziad Majed indique sur ce plan que « la Tunisie et l’Égypte ont un caractère distinctif, relié à des éléments qui ne se manifestent pas dans tous les autres pays du monde arabe, en particulier dans le Levant et le Golfe ». « Les régimes tunisien et égyptien sont des systèmes sans bases sociales sectaires ou tribales, dans leur système de défense, précise-t-il. À la place de telles bases, certaines familles, des hommes d’affaires et des partis au pouvoir constituaient la plus vaste structure sur laquelle se basait le système, fournissant aux partisans des avantages financiers, permettant la corruption et le renforcement des réseaux de clientélisme. Toutefois, cette structure n’a pas la capacité de défendre le régime dans des moments comme ceux que nous avons vécus, si les institutions de sécurité ne sont pas unies et capables de le protéger. »

« C’est ce que nous avons vu en Tunisie, où l’armée est devenue l’armée de l’État plutôt qu’une armée du régime, forçant le départ de la tête du système, pour éviter un effondrement total de toutes les institutions, suite aux vagues de colère populaire, indique Ziad Majed. C’est aussi ce que nous avons vu en Égypte, même si l’armée est l’épine dorsale de l’État et du régime en même temps. Mais face à une explosion populaire à grande échelle, l’armée a décidé d’éviter la défense du régime et la confrontation avec les masses. Elle a opté pour la négociation avec toutes les parties et donc pourrait rester le pilier de l’État tout entier, et de tout gouvernement de transition. Ceci est l’autre aspect de la différenciation avec la plupart des pays du Levant et du Golfe (et aussi de l’Algérie), où la direction des armées et des forces de sécurité stratégique appartient à la même secte, tribu ou famille que celle des présidents. »

Des questions pour les semaines à venir

Compte tenu de la portée historique et de l’ampleur des derniers événements sur les scènes égyptienne et tunisienne, comment peut-on envisager l’avenir et les prochaines étapes qui pourraient poindre à l’horizon dans les prochaines semaines. Lucide et réaliste, Ziad Majed soulève sur ce plan une série de questions, plutôt que de se lancer dans des supputations : « Serons-nous témoins de moments de transition démocratique, de l’émergence d’autorités élues en fonction de nouvelles lois électorales, de la séparation des pouvoirs et du respect de la Constitution et de la primauté du droit, ou sommes-nous face à une phase de transition lente et compliquée, avec d’éventuelles modifications du rapport de force, laissant l’armée (dans le cas de l’Égypte) ou l’ancienne élite politique (dans le cas de la Tunisie) jouer le rôle central ? Quel est le rôle futur des Frères musulmans dans ces deux États, en particulier en Égypte, et qu’est-ce que ces changements profonds exprimeront-ils si la confrérie monte en puissance et provoque l’anxiété et la peur chez certains de leurs partenaires dans le soulèvement populaire et chez les autres acteurs en dehors du pays ? S’il y a progression des Frères musulmans, faut-il penser aux conséquences dans plusieurs autres régions et États, en particulier la bande de Gaza, la Jordanie et la Syrie ? Serons-nous face à des modèles inspirés de l’expérience turque, où une armée – laïque – partage le pouvoir avec les islamistes modérés tout en acceptant l’ouverture du jeu politique et l’acceptation de la diversité politique ? »

Et d’ajouter : « Qu’en est-il de la politique étrangère des deux gouvernements à venir, notamment en Égypte, pays stratégique et d’une importance exceptionnelle en ce qui concerne les frontières et les relations avec Israël. Quels seront les termes de son alliance avec les États-Unis et son rôle à la fois dans le monde arabe et le monde islamique ? Et enfin, serons-nous face à de nouvelles surprises dans la région, ou bien les régimes en place tentent-ils de contenir la colère avant son explosion en proposant des réformes – populaires – et des mesures concrètes. Le roi de Jordanie a ainsi limogé son gouvernement et a nommé un nouveau Premier ministre avec un programme de réformes ; le président de l’Algérie a promis de mettre fin à l’état d’urgence dans son pays ; le président du Yémen a déclaré qu’il ne serait pas candidat aux élections de 2013, et enfin le président de la Syrie a déclaré que son régime – le plus répressif du monde arabe – allait bientôt entamer des réformes dites progressives ? »

Et Ziad Majed de conclure : « Il ne fait aucun doute que les semaines à venir seront pleines de changements et de transformations. Plusieurs réponses commenceront à se profiler, apportant avec elles de nouvelles questions. Néanmoins, nous pouvons dire aujourd’hui que même si les processus politiques seront très compliqués, et parfois décevants, quelque chose a changé dans plusieurs pays de la région : la peur a changé de camp, et cela est probablement irréversible ! »

La position des pays occidentaux

Abordant le cas de la position adoptée par les États occidentaux, notamment, lors des soulèvements populaires en Égypte et en Tunisie, Ziad Majed souligne que « les puissances étrangères, en particulier les États-Unis dans les deux cas et la France dans le cas de la Tunisie, sont devenues secondaires pour ce qui a trait à leur influence et ont eu une attitude confuse au niveau de leur politique, du fait qu’elles ont été incapables de s’en tenir à une logique consistante et cohérente ». « Cela ne signifie pas, toutefois, que les puissances étrangères n’ont pas d’influence, surtout à moyen et long terme, précise-t-il. Les capacités économiques et politiques des acteurs étrangers ont un impact profond. Mais tous semblent incapables, à un moment de sursaut populaire, de comprendre ce qui se passe et d’évaluer ses dimensions. Une déclaration durant ces moments-là est détachée de la réalité que la rue, libérée de toute terreur, exprime. »

L’impact des outils de communication

L’un des éléments nouveaux qui caractérisent désormais les soulèvements populaires est sans conteste l’impact des outils modernes de communication. Ziad Majed souligne à ce propos : « Les effets politiques de l’ère de la communication et des outils de la mondialisation technologique jouent un rôle essentiel dans le moment que nous vivons. Les satellites diffusent des images en direct, des sites Web et des blogs publient des informations, les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter ou YouTube sont devenus des outils efficaces pour la mobilisation. Les téléphones mobiles avec des caméras et des SMS ont été transformés en armes de la plus haute importance ; il est difficile d’en contrôler ou d’en arrêter les porteurs. La transmission instantanée engendre la sympathie immédiate lors des événements, sans aucun effet retard, comme cela se produisait par le passé. Les gens de tous les coins du monde sont touchés par ce qu’ils voient, simultanément, sans qu’il soit nécessaire d’initier une expression coordonnée de solidarité et de sympathie. Plus important encore, la communication assure la diffusion et la transmission des sentiments, crée un effet de contagion et inspire ou motive la rébellion dans les pays et sociétés souffrant du même mal. »

Source: L’Orient Le Jour

Hommage demain à Paris à Samir Kassir

1 juin 2006 1 commentaire

Un hommage au journaliste Samir Kassir, assassiné il y a un an à Beyrouth, sera rendu demain vendredi sur le parvis des Droits de l’homme au Trocadéro à Paris par Reporters sans frontières (RSF), a annoncé hier cette organisation. À cet hommage, qui aura lieu à 10h30, seront notamment présents Jad Tabet, membre fondateur de l’Association des amis de Samir Kassir, Robert Ménard, secrétaire général de RSF, et un représentant de la Gauche démocratique, mouvement politique dont Samir Kassir était l’un des fondateurs.

Un an, jour pour jour, après l’assassinat du journaliste, RSF, qui s’est constituée partie civile dans cette affaire aux côtés de la famille de la victime, rappelle l’importance de la mobilisation de tous.

D’autre part, des amis du journaliste vont se retrouver à partir de 19h00 au Collège de France pour annoncer la création de « l’Association des amis de Samir Kassir ». L’association « se propose d’œuvrer en vue de propager son héritage intellectuel et de maintenir sa mémoire vivante », ont précisé les organisateurs. L’ancien ministre de la Culture, Ghassan Salamé, la déléguée générale de Palestine auprès de l’UE, Leïla Chahid, l’écrivain Amin Maalouf, le journaliste Edwy Plenel (ancien rédacteur en chef du Monde) notamment figurent parmi les fondateurs de l’association.

Éditorialiste depuis dix ans au quotidien an-Nahar, écrivain et historien, Samir Kassir possédait la double nationalité franco-libanaise. Il était le correspondant de la chaîne francophone internationale TV5 et avait longtemps collaboré au mensuel français Le Monde Diplomatique. Il était également professeur de sciences politiques à l’USJ.

Source : L’Orient Le Jour

Soirée “Liban, la liberté assassinée” : appels à la mobilisation

2 février 2006 Laisser un commentaire

Au cours d’une soirée organisée par Reporters sans frontières et présentée par Christine Ockrent, le 1er février 2006, à l’auditorium du musée d’Orsay à Paris, les familles de Samir Kassir, Gebrane Tuéni et May Chidiac, ainsi des que personnalités françaises et libanaises, ont rendu un vibrant hommage aux deux journalistes libanais assassinés et à la présentatrice grièvement mutilée.

A cette occasion, Nayla Tuéni, fille de Gebrane Tueni, Gisèle Khoury, veuve de Samir Kassir, Micheline Chidiac Baaklini, sœur de May Chidiac, les anciens ministres français Michel Barnier et Bernard Kouchner, Ghassan Salamé, ancien ministre libanais de la Culture, l’écrivain Amin Maalouf et Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, ont livré leurs témoignages sur les journalistes engagés qu’ils étaient et ont appelé l’opinion publique internationale et la France à la mobilisation pour que leurs morts n’aient pas été vaines. Le pianiste franco-libanais Abdel Rahman El Bacha a également offert un récital en mémoire des journalistes.

Christine Okrent a débuté la soirée en rappelant la force des liens d’amitié et de respect entre le Liban et la France.

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Hommage à Tuéni Kassir et Chidiac

30 décembre 2005 1 commentaire

 

Les étudiants de divers courants du 14 mars, qui ont relancé les tentes de la liberté à la place des Martyrs, ont organisé hier une exposition en hommage des journalistes cibles des attentats

 

 
 

Exposition en hommage à Tuéni Kassir et Chidiac 

 
Les étudiants de divers courants du 14 mars, qui ont relancé les tentes de la liberté à la place des Martyrs, ont organisé hier une exposition en hommage des journalistes cibles des attentats : le PDG d’an-Nahar et député de Beyrouth Gebran Tuéni assassiné le 12 décembre, Samir Kassir éditorialiste d’an-Nahar, tué le 2 juin dernier, et May Chidiac qui a échappé par miracle le 25 septembre 2005 à un attentat.

 

L’exposition a été inaugurée par l’épouse du PDG d’an-Nahar, Siham Asseily Tuéni, l’épouse de Samir Kassir, Gisèle Khoury, et la sœur de May Chidiac, qui est hospitalisée actuellement dans un hôpital parisien, Micheline Baaqlini.

Les étudiants, qui ont exposé dans les tentes de la liberté des portraits et des éditoriaux des journalistes et diffusé la dernière interview effectuée par May Chidiac, ont également distribué aux automobilistes de passage place des Martyrs le dernier texte portant la signature de Gebran Tuéni.

 

Source: L’ORIENT LE JOUR

 

Rassemblement

8 juin 2005 3 commentaires

Un autre martyr pour la liberté du Liban

SAMIR KASSIR

Journaliste franco-libanais

Suite à l’assassinat perpétré au Liban, le 2 juin 2005, de Samir Kassir, journaliste franco-libanais, collaborateur de quotidiens français et libanais.

Les Libanais en France et Reporters sans frontières

Appellent à un rassemblement le jeudi 9 juin 2005 à 18h, en face de l’Ambassade du Liban à Paris, (place Victor Hugo) de tous ceux qui veulent crier leur colère, exprimer leur peine, clamer haut et fort que la flamme de Samir ne pourra jamais s’éteindre. Sa liberté de pensée, sa liberté d’action, sa liberté de paroles resteront à jamais gravées dans la mémoire de chaque journaliste, de chaque personne luttant pour la liberté.

Vive le Liban, Vive la Liberté

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